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Beauséjour, un spectacle de Marianne Rubinstein le vendredi 26 janvier au Nouveau Cap

Vous êtes cordialement invité(e)s au spectacle « Beauséjour » de Marianne Rubinstein 

Vendredi 26 janvier à 19h au Nouveau Cap 

Il s’agit de la restitution du travail de recherche mené à Aulnay-sous-Bois par Marianne Rubinstein, artiste et chercheuse associée aux Ateliers Médicis en 2017, en résidence d’écriture à Aulnay (Bibliothèque Dumont).

« Arrivée à Aulnay-sous-Bois, j’ai rencontré ceux qui y vivent, y travaillent ou y ont travaillé. Ensemble, nous racontons un peu de cette histoire qui nous est commune, celle des évolutions successives du capitalisme, telles qu’elles s’incarnent dans la ville et dans nos vies. »

La représentation est suivie d’une rencontre conviviale avec Marianne Rubinstein et tous les participants.

Marianne Rubinstein est écrivain et économiste, maître de conférences à l’Université Paris Diderot. 

Le Nouveau Cap

56 rue Auguste Renoir

93600 Aulnay-sous-Bois

Entrée sur réservation : 01 48 66 40 38

« A la parution de Detroit, dit-elle à l’automne 2016, les Ateliers Médicis me proposèrent une résidence d’écriture en Seine-Saint-Denis, à Clichy-sous-Bois, Montfermeil ou Aulnay-sous-Bois. J’acceptai avec enthousiasme, et choisis immédiatement Aulnay-sous-Bois comme « camp de base », dans un effet de symétrie avec Detroit.

Ici comme là-bas, l’automobile avait investi les lieux, depuis qu’une grande usine Citroën s’était installée à l’orée des années 1970 dans les champs de betterave du nord de la ville avant de plier bagage en 2014.

Ici comme là-bas, la violente crise en cours de transformation du capitalisme s’enracinait dans l’histoire du lieu et des gens.

Ici comme là-bas, cette transformation était perceptible, incarnée, ce qui la rendait plus intelligible et plus émouvante.

Je partis donc à Aulnay avec l’économie (mon métier) et l’écriture (mon stylet), dans l’espoir d’imprimer un peu du mouvement du monde dans la trame d’un texte.

Le parallèle s’arrête là.

Pas tant parce qu’il est difficile de comparer Aulnay, banlieue de Paris de 82 000 habitants, à Detroit, centre urbain de presque 700 000 habitants, au territoire dépassant en superficie ceux de Manhattan, Boston et San Francisco réunis.

Ou parce que Detroit se déclinerait en Noir et Blanc, la ville étant composée à 83% de Noirs et entourée de certaines banlieues presque exclusivement blanches, alors qu’à Aulnay, même si de telles statistiques n’existent pas (en France, elles sont interdites), la population semble beaucoup plus mélangée : provinciaux, immigrés, vieilles familles aulnaysiennes, français de parents immigrés, ex-parisiens chassés par la cherté de l’immobilier, etc.

Et si Aulnay se situe à 8,6 miles de Paris, soit quatorze kilomètres à vol d’oiseau (un trajet relativement rapide à dos de Jars pour Nils Holgersson, ou en RER pour moi), cela n’a pas rien de comparable avec le fameux 8 mile, qui inspira le film éponyme avec Eminen et qui sépare le Detroit pauvre et noir au sud de la banlieue plus blanche et plus riche au nord.

D’autant qu’Aulnay, bien que 23 fois moins étendue que Detroit, a en fait de solides frontières au cœur même de la ville, entre le sud et le nord de la voie ferrée, entre le sud et le nord de la RN2, rendant l’autre frontière, celle qui coupe Paris de sa banlieue, plus lointaine et moins quotidienne.

En fait, ce qui rend l’expérience d’Aulnay-sous-Bois si différente de celle de Detroit, c’est la proximité.

Car ce que j’appris à Detroit, par exemple des relations entre Noirs et Blancs aux Etats-Unis, de l’Underground Railroad, chemin de fer clandestin pour esclaves en fuite, qui passait par Detroit, de l’arrivée massive des noirs du sud au 20e siècle pour travailler dans les usines, des émeutes raciales de 1967, du départ des blancs vers la banlieue, de l’élection de Coleman Young, premier maire noir en 1974 et qui restera 20 ans à son poste, c’est un pan de l’histoire américaine.

Mais le développement du capitalisme industriel au 20e siècle en France, la déportation des Juifs du camp de Drancy par la gare du Bourget, le départ des usines et des ouvriers de Paris, l’arrivée des immigrés dans les années 1960-1970, leurs enfants perdus, leurs petits-enfants révoltés, la construction de cités radieuses qui perdirent bien vite leur éclat, les émeutes de 2005, l’opposition entre campagne et banlieue, entre province et Paris, tout cela, c’est notre histoire, la mienne, la vôtre, à partir de laquelle j’aimerais, dans une restitution mélangeant anecdotes, résidus, lubies, rêveries, rencontres, données statistiques, théories économiques, sociologie, souvenirs personnels et collectifs, et même contes de fée, tisser une robe couleur de temps.

Je ne serai heureusement pas seule dans cette tâche difficile, mais accompagnée de:

Martine Thiam, bibliothécaire-documentaliste à la bibliothèque Dumont et conteuse les jours de pluie ;

Christian Bonnin, ouvrier pendant 41 ans chez Citroën dont 29 sur le site d’Aulnay, désormais à la retraite ;

Tishou Aminata Kane, danseuse et professeure au centre de danse du Galion, dans la cité des 3000 ;

Brigitte Chambard, professeure des écoles à Aulnay, avec le chœur d’enfants de Drancy, dont elle est l’infatigable chef de chœur »

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Publié le 16 janvier 2018, dans Culture, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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