Nous avons besoin d’une médiathèque à Aulnay-sous-Bois !

Trois constatations préliminaires pour Aulnay :

  • Une vie culturelle intense, de par le nombre important d’associations et d’artistes locaux, et la qualité des grandes institutions : Conservatoire, École d’Art Claude Monet, CREA, Centre Prévert, Le Cap. Sans négliger l’existence d’événements comme la Fête de l’Arbre, les Futuriales ou les bals du dimanche.
  • L’indigence des équipements de base: une bibliothèque centrale qui n’ouvre que la moitié du temps et qui n’a que les dimensions d’une bibliothèque de quartier, une salle polyvalente qui n’est qu’un gymnase des années 30, des salles de réunion indigentes, sans équipement moderne, comme la vidéoprojection. La moindre commune de 20 000 habitants est mieux dotée que notre ville quatre fois plus peuplée. Les communes voisines possèdent une médiathèque moderne. Nous n’avons même pas de salle des fêtes.
  • Une politique culturelle actuellement quasi-inexistante. Entendons par là, à partir d’une réflexion globale, la coordination et l’encouragement à travailler ensemble insufflée par la municipalité, avec une équipe de médiateurs culturels. Quand l’ambition se résume à « l’esprit village », on ne peut s’étonner que nos équipements communaux concordent avec cette vision étriquée.

Nous avons besoin d’une équipe et d’un lieu pour mettre en œuvre cette politique culturelle.

La culture présente deux versants :

  • d’un côté, elle rassemble. Pour cela, il faut des lieux de partage. Il y a plusieurs décennies, le choix a été fait de créer un réseau de bibliothèques de quartier. Nul doute que les équipes de ces établissements font de leur mieux. L’avantage de ce choix est la proximité, mais c’est aussi l’inconvénient du morcellement des initiatives et de la dispersion des moyens, avec un rayonnement limité.
  • D’une autre côté, elle sépare. Chaque quartier, chaque communauté va valoriser ses spécificités, ses cultures propres. Chaque classe d’âge va se replier sur ses loisirs traditionnels. Car l’étendue de notre ville et la diversité des groupes humains ne facilitent pas les contacts. Il faut se garder d’une politique de clientélisme culturel qui ne conduit qu’à la concurrence entre les communautés.

Dans le contexte particulier d’Aulnay-sous-bois, une politique culturelle doit essentiellement viser à surmonter les fractures territoriales et culturelles.

Cette politique culturelle doit partir de l’existant : le réseau des équipements de quartier, en y ajoutant la structure qui permettra de créer une dynamique commune et de diffuser les initiatives. Cette structure, c’est la médiathèque centrale.

  • Idéalement, une médiathèque comprend outre des salles de lecture et de travail, un espace d’exposition, un auditorium pour des petits concerts et des conférences si possible un espace de restauration. Elle doit être ouverte tous les jours, tôt le matin et jusqu’en soirée. Mais elle doit aussi, d’une façon ou d’un autre, être en proximité de services autres que culturels, par exemple à caractère social ou administratif, de façon à ce que le public attiré par ces services franchisse plus facilement l’obstacle mental que peut représenter la culture, éventuellement perçue comme élitiste ou superflue. Une façon pour la culture d’aller vers son public.
  • Elle est dotée d’une équipe qui assure la liaison entre les activités des grandes institutions et avec la vie associative. Elle diffuse auprès du public qui vient avec une demande précise une information la plus exhaustive sur toutes les possibilités d’enrichissement personnel offertes par la culture, dans les quartiers et au-delà.

Une triste constatation : la ville a raté le coche. L’appauvrissement des moyens financiers ne permet pas actuellement de nous doter à court terme de cet équipement, d’autant que les choix récents ont été de se lancer dans d’autres dépenses de prestige, comme un centre nautique de loisirs qui ne correspond pas aux besoins réels de la population, ni à ses capacités financières, et qui pèsera lourdement sur les finances communales. 

Faisons alors un pari sur l’avenir, avec la création d’une médiathèque virtuelle. Virtuelle matériellement, mais pas humainement. Que la prochaine municipalité crée l’équipe qui mettra en œuvre cette politique :

  • en assurant par un bulletin culturel « Le Courrier de la Médiathèque » paraissant tous les quinze jours la diffusion de l’information sur toutes les activités et événements culturels
  • En organisant des rencontres régulières de tous les représentants du tissu associatif, et en sollicitant aussi régulièrement la population pour mieux connaître ses besoins, avec l’appui d’un Conseil des usagers de la Médiathèque
  • en encourageant des projets communs entre institutions, associations et acteurs culturels individuels. Par exemple, une exposition de prestige en mairie devrait être relayée dans les quartiers et les écoles par des expositions de club photo ou d’arts plastiques. Ce serait là le rôle des médiateurs culturels
  • en mettant un accent particulier sur les rencontres entre associations de culture et d’origine spécifique pour développer le « vivre ensemble »
  • en organisant des événements (expositions, concerts) qui pourront tourner d’un équipement de quartier à l’autre
  • en organisant un festival développé sur toute une saison sur un thème commun associant musique, cinéma, arts plastiques, cultures ethniques, et même clubs sportifs.

Il est temps que notre ville sorte du repli sur soi, et qu’elle  rayonne comme la 50e ville de France. Il est temps qu’Aulnay apparaisse dans l’actualité autrement que dans la rubrique des violences urbaines et les jugements sévères de la Cour Régionale des Comptes. Il est temps que les Aulnaysiens puissent être fiers de se revendiquer comme tels.

Faisons le pari qu’avec le temps, le travail de l’Équipe de la Médiathèque virtuelle rendrait évidente la nécessité de la création de l’équipement destiné à accueillir le public. Mais cela ne peut pas se faire en une seule mandature. Pour cela, il faudrait que disparaisse l’esprit politicien qui fait qu’arrivée au pouvoir, une municipalité va s’acharner, dans les faits et par sa propagande, à démolir et dénigrer ce qu’a fait la précédente, comme nous l’avons vu après les dernières élections. Il faut pour cela que l’intérêt général l’emporte sur les passions partisanes. Peut-on faire raisonnablement ce pari ?

R-A BOUGOURD

Publié le 27 janvier 2020, dans A vous la parole, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Merci’et bravo pour cet article. Un seul chiffre pour dénoncer l’indigence de la politique de lecture publique de la ville: 80 000 habitants et 80 places assises dans les bibliothèques de la ville. L’ouverture de la nouvelle bibliothèque Jules Verre à Balagny est une honte ridicule de 200 m2 il en faudrait d’après les préconisations de la Drac (Ministère de la Culture) 8000 m2 pour répondre aux besoins de la 50 ème ville de France. La seule, oui la seule sans médiathèque digne de ce nom.

  2. Pour moi aulnaysien qui a, par le passé, travaillé 5 ans @bibaulnay en tentant de le moderniser et qui aujourd’hui travaille dans l’une des médiathèques qui fait référence en France @DurasBib le constat du manque pour #aulnay est amère et cruel.

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