La liberté d’informer est un droit fondamental

liberte_expressionFabrice Arfi, journaliste à « Mediapart » et co-auteur du livre sur les nouvelles censures, « Informer n’est pas un délit » (Ed. Calmann-Lévy) révèle les manipulations, les menaces, les pressions économiques derrière chaque grande enquête d’investigation.  Je reproduis ici quelques extraits édifiants de ses propos  :

 » Les Nouvelles censures sont parfois insidieuses, comme l’époque. Et donc elles sont pires ! Ce que nous essayons de décrypter, en révélant les coulisses d’enquêtes célèbres, de manière très factuelle et sobre, c’est un écosystème pourri en France sur Ce qu’on essaye d’expliquer, c’est qu’on vole quelque chose au citoyen, quelque chose de culturel et démocratique qui est consacré par les Nations unies, la Déclaration des droits de l’Homme, notre constitution… la liberté d’informer.

 » il faut donc changer la loi sur la presse… On est dans une concentration historique des médias en France. A eux seuls, sept milliardaires dont le cœur d’activité n’est pas l’information  (Bernard Arnault, Vincent Bolloré, Martin Bouygues, Serge Dassault, Patrick Drahi, Arnaud Lagardère et Xavier Niel) possèdent la majorité des médias (1). Ils ont entre leurs mains 95% de la production journalistique. Et leur chiffre d’affaires dépend pour partie de leurs rapports avec le gouvernement français ou les Etats étrangers. On a une loi de la presse qui ne défend pas suffisamment la liberté d’informer. Aujourd’hui notre système institutionnel et judiciaire ne protège plus la liberté d’informer. Et on a un accès aux documents administratifs qui est pitoyable en France. Tout cet écosystème-là est à repenser de fond en comble, parce qu’on est dans un moment extrêmement inquiétant où, derrière les discours, s’érige un mur institutionnel, légal, judiciaire, politique de l’opacité. « 

« On ne peut pas se satisfaire de ce qui se passe en France. Pour autant, nous ne sommes pas une démocratie qui répond aux canons en la matière. Et c’est notre devoir d’interroger ce monde bizarre qui nous entoure et d’essayer de comprendre pourquoi nous volons au citoyen son droit de savoir. C’est un bien fondamental et pourtant Le silence des politiques à ce sujet est désespérant  ! « 

Article proposé par Catherine Medioni

Publié le 2 février 2016, dans Presse, et tagué . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. Mediapart s’est même intéressé à Bruno Beschizza, juste avant son élection à Aulnay. Son parcours dans le syndicalisme de la police puis comme sous préfet parachuté permet de mieux comprendre sa façon de faire de la politique.

    « Le parcours de Bruno Beschizza témoigne d’une proximité avec le politique qui décrédibilise le syndicalisme policier – qu’on entend le plus – et dont il n’est possible d’en déduire qu’une forme de clientélisme. Ce dévoiement de l’action publique qui peut expliquer en partie l’abstention des électeurs, laquelle a profité à Bruno Beschizza pour se faire élire à Aulnay sous Bois ! »

    « Bruno Beschizza est dorénavant sous-préfet. Il semble qu’il ait encore moins d’expérience comme sous-préfet qu’il n’en avait pour parler de la police. Il ne faut pas chercher bien loin le problème de l’absence de confiance de l’opinion dans ses institutions. »

    https://blogs.mediapart.fr/edition/police-co/article/040414/le-syndicalisme-de-la-police

  2. Serions nous assez naïf pour croire à la liberté de la presse?

    Comme dit dans l’article les médias sont sous la coupe de quelques capitaines de la finance et de l’industrie et eux mêmes inféodés aux pouvoirs en place.
    Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que l’arrivée d’un Vincent Bolloré à la tête de C+ coïncide avec la disparition des guignols en clair , caricatures qui exaspère au plus haut point l’ego d’un ancien président et ami. C’est un exemple parmi tant d’autres.

    Et internet me dirait vous, la encore l’information est souvent fausse, volontairement ou non, ou très orientée. Il reste à chacun de se faire sa propre opinion sur des faits rien que des faits. En allant chercher l’information à la base, en remontant aux sources et aux causes.
    Cela demande un travail quotidien pour écouter et non entendre, et remettre en cause une information tant qu’elle n’est pas vérifiée.

    Salutations républicaines et humanistes

  3. Sait-on si Médiapart va, enfin, régulariser sa situation fiscale ?…

    Le gouvernement a finalement, courant décembre, annulé un amendement qui était censé annuler le redressement fiscal frappant Médiapart (et Arrêt sur images).

    Il est tout de même question d’1.4 millions d’euros.

    http://www.marianne.net/les-deputes-gouvernement-refusent-amnistie-fiscale-mediapart-100238714.html

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