En tant que femme, citoyenne et élue, je m’associe à la pétition ci-dessous que je vous invite à signer.
Sylvie Billard
Votre élue citoyenne
« Le 7 octobre, le Hamas a tué des centaines de femmes en Israël dans un Festival de musique et des fermes communautaires. Des crimes de femmes spécifiques. Des femmes sont encore otages, considérées comme un butin de guerre.
Elles s’appelaient Sarah, Karine, Céline… A l’initiative de l’association Paroles de femmes, nous lançons un appel aux féministes et sympathisants de notre cause pour que les féminicides soient reconnus dans les massacres de femmes perpétrés le 7 octobre en Israël.
Il est important que ce terme, souvent utilisé par la presse pour qualifier les meurtres de femmes par leur conjoint ou ex-conjoint, soit reconnu auprès de toutes les ONG internationales (Amnesty International, ONU Femmes…) pour ce qui s’apparente à un féminicide de masse.
C’est ce féminicide de masse que nous devons regarder en face, sans le lier au conflit israélo-palestinien. Nous savons que c’est difficile. Mais nous nous devons de le faire pour que les femmes ne soient plus les premières victimes des guerres et des conflits armés, et pour que leurs visages ne soient jamais oubliés.
De nombreux civils sont morts, mais les femmes n’ont pas été tuées de la même façon que les autres. Les violences faites sur ces femmes correspondent en tout point à la définition du féminicide, c’est-à-dire le meurtre de femmes ou de jeunes filles en raison de leur sexe. Des femmes ont été exhibées nues. Des femmes ont été violées au point de fracturer leurs bassins. Leurs cadavres ont été violés également. Leurs organes génitaux ont été abîmés. Ils ont uriné sur leurs dépouilles.
Certaines ont été décapitées, d’autres démembrées et brûlées. D’autres encore ont été prises en otages. Tout cela a été filmé et pris en photo pour susciter la terreur parce que les femmes et les enfants sont les symboles de notre humanité. Des vidéos des interrogatoires des terroristes le confirment : « Nous avons voulu les violer pour les salir. » Un tri dans les otages femmes a même été fait, les belles d’un côté ont été emmenées, et les autres tuées. Des femmes handicapées aussi ont été violées et tuées comme Noya, autiste, et Ruth, polyhandicapée.
Cet appel n’est pas politique. Cet appel est purement féministe et humaniste. Nous devons tous et toutes être solidaires. Nous avons mis une pétition en ligne afin que cette solidarité puisse continuer ».
Comme vous le savez, selon le dernier bilan malheureusement susceptibles de s’aggraver, plus de 2000 victimes et autant de blessés sont dénombrées suite au séisme de magnitude 7 intervenus au Maroc dans la nuit de vendredi 8 à samedi 9 septembre.
La France est prête à « intervenir » quand les autorités « le jugeront utile », mais le Roi du Maroc tarde malgré l’urgence à solliciter l’aide internationale.
En attendant, les associations humanitaires et caritatives françaises -comme La Croix Rouge, le Secours populaire français, l’Unicef, la Fondation de France et beaucoup d’autres encore- lancent des appels aux dons s’organisent pour aider nos frères et sœurs du Maroc.
D’après les analystes, le Maroc pourrait avoir besoin d’aide pendant plusieurs années. Je tenais humblement à témoigner ma solidarité, face à l’ampleur des dégâts humains et matériels causés par le plus important séisme ayant frappé le pays.
Le 17 avril 2023, à l’occasion de son allocution aux Français, Emmanuel Macron avait annoncé une période de « 100 jours d’apaisement, d’unité, d’ambition et d’action au service de la France ». « Le 14 juillet prochain [devait] nous permettre de faire un premier bilan ».
Le président avait fixé trois priorités – le « travail », « la justice et l’ordre républicain et démocratique », ainsi que le « progrès pour mieux vivre » – pour tenter de tourner la page après sa réforme des retraites, toujours aussi contestée malgré sa promulgation.
Cette annonce s’est fracassée sur le réel des casserolades réservées au Président et à tous ses ministres, des émeutes suite à la mort du jeune Nahel après un tir policier, des huées régulières du Président lors des grandes manifestations.
Selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro[i], pour 8 français sur 10, Macron n’a pas atteint ses objectifs. Pour 75%, il n’a pas ou peu avancé sur ces chantiers en général et pour 82% sur « la justice et l’ordre » en particulier.
Le niveau de détestation de ce Président est tel qu’il se manifeste régulièrement avec une incroyable spontanéité en dehors de toute incitation politique.
Le 02 avril, quand la chanteuse Girl in Red, en concert à l’Olympia, demanda à son jeune public de lui apprendre un mot en français, il lui cria longuement « Macron, démission ! ».
Quand Girl in Red, en concert à l'Olympia, demande à la jeunesse venue l'écouter de lui apprendre un mot en français, ça fuse: Macron, démission!pic.twitter.com/IUO2k2JzYj
Le 22 juin, lors du concert Global Citizen sur le champ de mars, l’évocation de Macron par la Première Ministre de la Barbade est accueillie par un « macron démission » copieusement crié par le jeune public.
#macron hué + « macron démission » crié par le jeune public du festival Global Citizen à Paris lorsque la cruche Première Ministre de la Barbade a prononcé son nom ! #GlobalCitizenpic.twitter.com/kA5BAySs4O
— ⭐⭐Covid COPPERFIELD⭐⭐ (@COV_COPPERFIELD) July 14, 2023
Dans ces deux derniers cas, les chaines dominantes atténuèrent les sifflets pour faire croire à des actes isolés. Mais les vidéos prises sur place à différents endroits prouvent leur caractère massif.
Le 17/07, cela n’a pas empêché le Président de se féliciter du retour au calme. « L’objectif des cent jours a été tenu et le calme est revenu », cru bon se réjouir l’entourage du président.
Cette autosatisfaction, là encore, s’est heurtée au réel.
Le 08/09, lors de la cérémonie d’ouverture de la coupe du monde de rugby, la prise de parole du Président a été copieusement sifflée et huée. Rediffusées massivement, les vidéos l’attestant disparaissent du site de chaines aux ordres. Il faut dire que certains éditorialistes se sont montrés cinglants.
Pas de chance pour la Macronie, ces vidéos -disponibles partout sur internet- ont été vues dans le monde entier.
« La violence, sous quelque forme qu’elle se manifeste, est un échec. »
Jean-Paul Sartre
Chères Aunaysiennes, chers Aulnaysiens,
En ces temps troubles, je tiens d’une part à rendre hommage à Nahel, tué par un policier et à présenter mes condoléances à sa mère et d’autre part à condamner les atteintes aux biens et plus encore aux personnes, surtout quand elles entraînent la mort.
Au-delà, ces temps troublés imposent une analyse correcte des causes multiples de ces émeutes, pour identifier les pistes qui nous permettront collectivement de nous en sortir en tant que Nation fondée sur des valeurs et des pratiques partagées.
Je veux pouvoir rendre hommage à Nahel sans être qualifiée d’extrême gauche, tout comme j’ai rendu hommage à Lola sans accepter d’être qualifiée d’extrême droite. Je suis simplement humaine et je refuse la barbarie, la violence d’où qu’elles viennent.
Je rends donc hommage à Nahel, tué à bout portant par un policier, le 27 juin 2023 à Nanterre. Dans les instants suivant sa mort, les mensonges se sont multipliés au sujet de Nahel et du policier, le premier étant présenté comme un délinquant, le second comme un homme exemplaire.
Je me méfie toujours des propos relayés par la police et les procureurs après les accidents ou pire encore les morts causés par la police, tant leur tradition du mensonge est grande. J’en veux pour preuve ces trois « affaires » emblématiques : Malik Oussekine, Zineb Rédouane et Genevière Legay. Trois parmi tant d’autres, tellement nombreuses qu’il est impossible de toutes les mentionner.
Malik Oussekine[i], étudiant de 22 ans, frappé à mort à Paris par des policiers
Dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, lors des manifestations contre la réforme Devaquet alors qu’il rentrait tranquillement d’un concert, Malik fut frappé à mort par des voltigeurs. Certains[ii] voudraient que nous oubliions sa mort pour réhabiliter les voltigeurs que l’on appelle désormais BRAV-M. Pour masquer la culpabilité des policiers, le Pouvoir chercha à :
discréditer Malik en le faisant passer pour terroriste, surfant sur l’attentat meurtrier de la rue de Rennes à Paris quelques semaines plus tôt et perpétré pour le compte du Hezbollah libanais,
puis à minimiser la responsabilité des policiers prétextant que sa mort était la conséquence d’une pathologie rénale.
Je suis née politiquement avec la dépouille martyrisée de Malik Oussekine. J’aurais pu mourir cette nuit-là si mes parents ne m’avaient pas interdit de monter à Paris pour manifester.
Zineb Rédouane, 80 ans, tuée à Marseille par le tir tendu de policiers[i].
Lors de l’acte III des Gilets jaunes le 1er décembre 2018, alors qu’elle fermait ses volets pour se protéger des gaz lacrymogènes et de la fumée, elle reçut au visage un tir tendu de grenade lacrymogène. Elle décéda le lendemain. « Le 3 décembre 2018, le procureur de la République, Xavier Tarabeux, indiqua […] que Zineb Redouane était morte d’“un choc opératoire”. Selon lui, “on ne peut pas établir de lien de cause à effet entre la blessure et le décès”. Le même jour, l’autopsie constata un “traumatisme facial sévère, avec fractures de l’ensemble de l’hémiface droite, et des fractures costales” ainsi qu’un “œdème pulmonaire aigu”. Mais le médecin légiste évoqua les antécédents médicaux de Zineb Redouane comme cause possible de la mort. Le procureur d’Alger ouvrit une enquête préliminaire le 25 du même mois et l’autopsie conclut cette fois-ci que le traumatisme facial était “imputable à l’impact d’un projectile non pénétrant […], pouvant correspondre à une bombe lacrymogène” et qu’il était “directement responsable de la mort par aggravation de l’état antérieur de la défunte”. L’enquête du journal Disclose démontra le sabotage de l’enquête et reconstitua l’enchaînement des faits mettant directement en cause la version de la police[ii]. Quatre ans plus tard, l’enquête est au point mort[iii].
Genevière Le gay, 73 ans, gravement blessée par des policiers[i].
Lors d’une manifestation de Gilets jaunes le 23 mars 2019, Geneviève Legay fut gravement blessée, victime d’une hémorragie et de plusieurs fractures au crâne, au coccyx et de côtes après avoir été projetée au sol par un policier, suite à une charge décidée par le commissaire Rabah Souchi, chargé des opérations niçoises. Ordre auquel un capitaine de gendarmerie présent sur les lieux refusa que ses hommes obéissent. Le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, confia l’enquête préliminaire à la compagne du commissaire Rabah Souchi, elle-même impliquée dans le maintien de l’ordre de cette manifestation. Le procureur confirmera que ce choix a été fait en connaissance de cause. Geneviève Legay affirma que lors de l’enquête : “les policiers ont insisté pour me faire dire que c’était un journaliste qui m’avait poussée. Or, c’est faux”. Le 10 juillet 2019, des doutes sur le déroulement de l’enquête poussèrent la Cour de cassation à dépayser le dossier au profit du tribunal de grande instance de Lyon. Les ordres de la police étaient “inadaptés” au moment de “la charge”, selon l’IGPN et un rapport de gendarmerie évoqua des consignes “disproportionnées” de la part de la police face à une “foule calme”.
Le président de la République, Emmanuel Macron, affirma le surlendemain de la manifestation : “Quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci”, en souhaitant à la manifestante “peut-être une forme de sagesse”. Jean-Michel Prêtre, procureur de Nice, démentit d’abord tout “contact” physique de la part des forces de l’ordre. Finalement, à la suite de l’exploitation d’images de vidéosurveillance et à des témoignages de policiers, le procureur revint sur sa déclaration et reconnut que Geneviève avait été poussée par un policier. Il affirma ne pas avoir voulu mettre le chef de l’État dans l’embarras “avec des divergences trop importantes” entre les versions. Il sera finalement muté à la Cour d’appel de Lyon fin 2019 »… en tant qu’Avocat général avec… un salaire supérieur. Fort heureusement, le commissaire Souchi a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Lyon. Sera-t-il condamné… ou médaillé ? La question se pose.
En effet, le policier, qui a tué Nahel, a d’abord été présenté comme ayant d’excellents états de service, la preuve : il avait été médaillé, avant que l’on apprenne que c’était par le Préfet de Police Didier Lallement pour sa participation à la répression des gilets jaunes !
Le voilà le drame, c’est la répression qui est valorisée par l’institution policière et les gouvernements successifs. Après la mort de Steve Maïa Caniço le 21 juin 2019 à Nantes, mort pour avoir dansé ! le commissaire Grégoire Chassaing, responsable de l’opération de police, fut promu directeur départemental adjoint le 29 avril 2021. Il a depuis été mis en examen pour homicide involontaire.
Quant aux circonstances de la mort de Nahel, là encore la version de la police et du procureur ne résista pas à la diffusion de vidéos. Le 29 juin 2023, Alain Bauer a expliqué sur Europe 1 qu’il y a plusieurs affaires dans cette affaire.
« Il y a les gestes techniques. Clairement, tous ceux qui ont vu ces images considèrent que les gestes techniques sont mauvais. (…) C’est lié à la mauvaise qualité de la formation initiale, à la mauvaise qualité de la formation continue, à la mauvaise qualité de la formation au tir, à l’absence de formation à la Loi de 2017 et surtout à la circulaire de la Police Nationale qui donne une interprétation de la Loi de 2017 différente de celle des Gendarmes. (…) Le policier n’a pas eu les gestes normaux qui auraient permis d’éviter ce drame ».
« Il y a le mensonge totalement contredit par les images qui ruine tout. La voiture ne lui a pas roulé dessus. La voiture n’a pas foncé sur lui. La vidéo a rendu le mensonge manifeste. Ce mensonge est impardonnable et inexcusable ».
Certes, les policiers doivent être défendus surtout quand ils sont malmenés, voire attaqués en et a fortiori hors service. Mais pas quand ils harcèlent, mutilent et tuent, pas quand ils falsifient les faits et produisent de faux documents, ce qui est trop souvent le cas. Seules les vidéos permettent de rétablir les faits, vidéos que la loi pour une sécurité globale voulait criminaliser ! Combien de victimes faute de vidéos ? Combien d’exactions et de crimes impunis ?
Alors, à l’occasion de l’hommage à Nahel, je veux rendre hommage à tous les tués et mutilés pour l’exemple par la police, aux militants des libertés publiques harcelés et brutalisés par la répression d’État. Concernant les trop nombreux mutilés pour l’exemple, je pense notamment à Jérôme Rodrigues et à Manuel Coisne. Les reconstitutions journalistiques de leur éborgnement[i][ii]mettent là encore à mal les versions policières. Mais l’IGPN apparaît comme une grande machine à les blanchir. Le 12 juin 2020, Brigitte Jullien, alors Directrice de l’IGPN, constata au sujet de la répression du mouvement des gilets jaunes en ayant du mal à ne pas en rire que sur 679 signalements d’actes violents, dont 399 faisant l’objet d’enquêtes pénales, l’IGPN n’avait fait aboutir que… 2 demandes de sanction… car les enquêtes prennent du temps. Ce qu’une centaine d’enquêteurs de l’IGPN n’a pas réussi à faire, quelques journalistes l’ont fait pour Zineb, Jérôme, Manu… Merci à eux.
Oui, l’institution policière en général et l’IGPN en particulier ont de très très gros problèmes.
Alain Bauer le 29 juin 2023 sur Europe 1 [i] a expliqué que : « La seule et bonne réforme qu’il faudrait est celle de l’IGPN en lui donnant de la légitimité dans le cadre de la confrontation avec les citoyens. Il manque toujours un représentant du défenseur des droits. Cette simple modification redonnerait de la confiance dans la capacité pour l’État à sanctionner les quelques policiers pourris, corrompus et moutons noirs de la profession qui l’ont pris entièrement en otage et qui jettent l’opprobre sur tous ceux qui respectent la Loi et qui sont les gardiens de la paix ».
Il a ajouté qu’« Il est dommageable que l’on ne puisse pas encore équiper les motards de caméra piéton à usage permanent pour protéger les policiers et éventuellement pour les sanctionner. Les services de l’État sont lourdement responsables. La bureaucratie ne saurait expliquer l’incompétence ».
Libération rappelle que « Pendant la dernière campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon proposait une réforme “de la cave au grenier” de l’institution. Devant l’ampleur du chantier, les spécialistes de la matière seraient même tentés de commencer par le cadastre et les fondations. “La première des choses serait que l’exécutif reconnaissance la situation : la police a de nombreux problèmes, et les violences illégitimes des forces de l’ordre sont systémiques” (…). Ce manque de volonté politique fait partie des premiers freins à la réforme de l’institution. [ii]»
Si le comportement de la police est problématique depuis longtemps dans les quartiers populaires et plus récemment avec les opposants politiques, je tiens à condamner les atteintes aux biens et plus encore aux personnes commises par les émeutiers. C’est pourquoi j’ai participé au Rassemblement contre les violences, ce lundi 3 juillet 2023 à l’appel des Maires de France.
La mort de Nahel ne justifie en rien les flambées de violence, les destructions de biens publics ou privés. Je pense aux commerçants indépendants qui ont déjà tellement souffert des confinements absurdes et qui se voient pillés. Je pense aux chefs d’entreprise et aux salariés qui vont se retrouver sans rien. Je pense aux habitants des quartiers qui se retrouvent sans services de proximité, sans service public, sans voiture, sans transport, sans commerce. Ces émeutes, essentiellement communautaires, fragilisent les plus fragiles, stigmatisent les plus stigmatisés. J’ai été horrifiée par la violente attaque visant le domicile du maire de L’Haÿ-les-Roses et j’adresse mon soutien à ce maire et sa famille. Ces émeutes ont connu une extension territoriale, puisque des petites villes de province ont également été touchées. Aulnay-sous-Bois a été gravement meurtrie avec la dévastation des station TOTAL du Carrefour de l’Europe, magasin du marchand de journaux rue Léon, maison Gainville, Bricoman, magasin Carter Cash… Les quartiers du Gros Saule, des étangs, des Mille-mille et des 3000 ont été particulièrement touchés. La mairie a dû être barricadée. Je remercie les mères de famille qui ont fait le tour des quartiers d’Aulnay-Sous-Bois pour demander la fin des violences dans la ville.
Des mères de familles font le tour des quartiers d’Aulnay-Sous-Bois pour demander la fin des violences dans la ville. Elles veulent sensibiliser les jeunes. pic.twitter.com/3UCOQe0UXR
Ces atteintes aux biens et aux personnes, condamnables en soi, surtout quand elles entraînent la mort, le sont d’autant plus qu’elles font le jeu de nos Franck et Claire Underwood nationaux, vous savez, ces héros de la série américaine « House of cards » qui prennent et se maintiennent au Pouvoir en semant le chaos.
L’État ne veut plus notre bien depuis longtemps. Le conseiller du Président, Thierry Solère, a 18 mises en examen. La plupart des ministres et des proches de la Macronie sont mis en examen. L’ex-directeur de l’Institut Montaigne, Laurent Bigorgne, proche de Macron, a été condamné en décembre 2022 à douze mois d’emprisonnement avec sursis et 2 000 euros d’amende pour avoir drogué à son insu son ancienne belle-sœur et collaboratrice lors d’une soirée. Le tribunal correctionnel a considéré que Laurent Bigorgne avait administré cette drogue « afin de commettre à son égard un viol ou une agression sexuelle ». Olivier Marleix, le président des LR à l’Assemblée Nationale s’interroge sur l’existence d’un pacte de corruption autour de la vente du pôle énergie d’Alstom à General Electric en 2014 décidée par Emmanuel Macron.
Ces faits ne sont pas un hasard, le Groupe d’États contre la corruption (GRECO) du Conseil de l’Europe considère depuis longtemps que la caractéristique principale de la corruption en France est qu’elle est le fait des « élites ». Le dernier Rapport d’évaluation de la France sur la prévention de la corruption et promotion de l’intégrité au sein du gouvernement (hautes fonctions de l’exécutif) et des services répressifs du Groupe d’États contre la corruption du Conseil de l’Europe du 06/12/2019 souligne des avancées accomplies, mais surtout sur celles à entreprendre. En résumé, sur les 18 recommandations adressées par le GRECO à la France, une seule est jugée satisfaisante… mais sans effet réel.
Quand la corruption est la règle au plus haut niveau de l’État, quand la prédation au profit de quelques milliardaires et fonds de pension américains est la règle, la seule relation au peuple possible est la soumission par la ruse, la contrainte, la force. « On les aura ces connards », avait écrit Emmanuel Macron au sujet des Français et de l’imposition des vaccins. « J’ai très envie de les emmerder jusqu’au bout », avait-il ajouté en parlant des non vaccinés qui lui résistaient encore.
Alain Bauer le 29 juin 2023 sur Europe 1 [iv] l’explique : « On bascule vers l’habitude du rapport de force et de la violence pour traiter des problèmes de société. Ce pays ne connaît pas la négociation, ne connaît pas la discussion, l’a peu à peu perdu de vue. Cela s’est dégradé. Et donc maintenant tout est rapport de force. Rapport de force avec les gilets jaunes, rapport de force avec les retraites. C’est l’idée même que seule la violence permet à l’État de discuter ».
C’est Emmanuel Macron qui explique le mieux ses intentions : « On est en train de réinventer un modèle, c’est plus dur de le réinventer quand tout n’a pas été détruit ».
"On est en train de réinventer un modèle. C'est plus dur de le réinventer quand tout n'a pas été détruit" 😳 pic.twitter.com/IyOd6E9ORq
Alors que dans 12 jours aura lieu la fin des 100 jours pour « l’apaisement » promis par Emmanuel Macron, jamais le pays n’a été aussi fractionné et violent.
Pour ce qui est de tout détruire, il a du talent. Mais pour reconstruire ? Et surtout quoi ?
En ces temps où la grande bascule vers l’inconnu est possible, tous les semeurs de haine de la France sont des traîtres à combattre. J’appelle mes concitoyens à retrouver le chemin de la concorde pour se défendre et construire ensemble un monde meilleur.
[ii] Invité de l’émission « C à vous » mardi 30 avril, l’ex-patron du RAID et député La République en marche Jean-Michel Fauvergue s’est exprimé sur la gestion des manifestations par les forces de l’ordre. Évoquant son expérience, il a déclaré : « Sur des maintiens de l’ordre conséquents, je n’avais pas beaucoup de renfort. (…) On était obligés de bouger beaucoup, d’aller au contact. Depuis très longtemps, en province, on va au contact. Paris commence à faire de la même manière », a-t-il commencé. « Paris a été empêchée de ça par l’affaire Malik Oussekine. Il faut l’oublier maintenant, il faut oublier cette affaire Malik Oussekine », a-t-il ensuite répété.
Les 16 mars dernier, j’ai écrit aux parlementaires de l’opposition du Sénat et de l’Assemblée Nationale pour les inviter à ne pas voter la réforme des retraites.
Cinq d’entre eux m’ont répondu et je les en remercie : Nicolas Dupont-Aignan (Député Debout la France), Stéphane Ravier (Sénateur RN), Bastien Lachaud (Député LFI/NUPES), Emmanuelle Ménard (Députée non inscrite), Cyrielle Chatelain (Députée Ecologiste).
Quatre sont opposés à cette réforme, l’une la votera. Nicolas Dupont-Aignan nous invite à signer une pétition pour réclamer un Référendum d’Initiative Partagée, visant à maintenir l’âge de départ à la retraite à son niveau actuel. J’ai signé cette pétition disponible en cliquant ICI. Stéphane Ravier a signé une proposition de loi pour permettre un Référendum sur la question. Cyrielle Chatelain évoque son soutien à cette proposition
Je partage avec vous leur réponse par ordre chronologique de réception.
Et pour mardi 28/03, je dis vive la grève !
Sylvie Billard
Votre élue citoyenne
Le 17/03/2023 à 08:01, Nicolas Dupont-Aignan a écrit :
Chère Madame,
J’ai bien pris connaissance de votre courriel par lequel vous me faites part de votre inquiétude quant au projet de réforme des retraites du Gouvernement.
Si vous me faites l’amitié de suivre mes prises de position, vous ne pouvez ignorer ma vive opposition à ce que je considère être une réforme à la fois inutile et injuste.
Inutile, parce que je maintiens que la réforme des retraites n’a aucune justification financière, que le Conseil d’Orientation des Retraites reconnait lui-même que notre système n’est pas à l’agonie, et qu’il suffirait de faire des arbitrages budgétaires différents pour trouver les hypothétiques 7 à 10 milliards d’€ nécessaires à l’horizon 2030 : lutter contre les 5 millions de fausses cartes Vitale en circulation (20 milliards d’€), réduire la participation de la France au budget de l’Union européenne (10 milliards d’€), renoncer aux emprunts de l’Etat à taux d’intérêts variables indexés sur l’inflation (15,9 milliards d’€ rien qu’en 2022)…
Je vous invite à ce titre à lire mon dernier livre « Où va le pognon – comment récupérer 100 milliards par an de fraude et de gaspillage pour rebâtir la France », qui détaille beaucoup d’autres domaines dans lesquels il y aurait fort à faire, plutôt que demander aux Français de toujours plus se serrer la ceinture !
Inutile également parce que la véritable pérennisation de notre système de retraites par répartition, devrait passer par une politique nataliste vigoureuse, une relocalisation de l’emploi, une baisse des charges salariales visant à augmenter les salaires sans impacter les entreprises et une baisse des charges patronales visant à faciliter l’embauche, afin d’augmenter sensiblement le ratio actif/retraité, dont je rappelle qu’il était de 4/1 en 1965, alors qu’il n’est plus, désormais, que de 1.7/1 !
Injuste, parce qu’au plan social, cette réforme fait l’unanimité contre elle : patronat, syndicats et salariés… y sont farouchement opposés, en considérant qu’il ne sert à rien de prolonger la durée de l’activité professionnelle jusqu’à 64 ou 65 ans, si la plupart de nos seniors sont sans emploi et placés au RSA à partir de 58 ans. Je vous rappelle à ce titre, que seuls 54,9% des 55/64 ans (étude DARES) bénéficient aujourd’hui d’un emploi. De plus, comment ignorer les résultats de l’étude Indeed datant de novembre 2022, selon laquelle 4 chefs d’entreprises sur 10, ne prévoient pas l’embauche de salariés de plus 45 ans dans un futur proche ?
Rappelons également qu’en dépit d’une espérance de vie à 85 ans, que ne manquent pas de préciser tous les défenseurs de cette réforme, l’espérance de vie « en bonne santé » n’est, elle, que de 64 ans pour les hommes et 66 ans pour les femmes !
Mais ne soyons pas dupes, cette réforme des retraites ne sert qu’un objectif : répondre aux diktats de l’Union européenne et faire subrepticement glisser notre système, unique au monde, de retraites par répartition, fondé sur la Solidarité nationale, vers un système privé de retraites complémentaires par capitalisation via des fonds de pensions style black rock, qui favorisera les plus riches au détriment des plus nécessiteux !
C’est pour toutes ces raisons que j’ai été le premier Député à prendre l’initiative d’une proposition de loi instaurant un Référendum d’Initiative Partagée, visant à maintenir l’âge de départ à la retraite à son niveau actuel, comme le prévoit l’article 11 de la Constitution.
Je vous invite, à ce titre, à signer la pétition disponible en cliquant ICI, car de son succès dépendra la véritable mise en œuvre de cette procédure, qui requiert le soutien de 185 Parlementaires et de 4.700.000 d’électeurs.
Vous comprendrez, dès lors, que je ferai tout mon possible pour m’opposer à ce projet funeste, comme je l’ai d’ailleurs toujours fait. Le Gouvernement venant d’engager sa responsabilité par une énième scandaleuse utilisation du 49-3, je n’hésiterai pas à voter en faveur de toute motion de censure visant à le faire tomber, quel que soit le groupe politique qui en serait à l’origine !
Veuillez agréer, Chère Madame, l’assurance de mes sentiments distingués.
Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député de l’Essonne
Conseiller municipal d’Yerres
nicolas.dupont-aignan@assemblee-nationale.fr
01 69 49 29 30
Assemblée nationale 126, rue de l’Université – 75355 PARIS 07 SP
Le 17/03/2023 à 15:14, Stéphane RAVIER a écrit :
Chère Madame,
Merci pour votre message et votre mobilisation.
Hier matin au Sénat j’ai voté CONTRE le texte de la réforme des retraites avant que le gouvernement ne décide de passer en force l’après-midi à l’Assemblée nationale.
En tant que sénateur, je ne peux pas voter de motion de censure, c’est le privilège des députés, mais j’ai signé une proposition de loi pour permettre un Référendum sur la question, pour que le peuple tranche et que le débat ne soit pas confisqué par quelques-uns. Nous avons déjà réuni de nombreuses signatures.
Soyez assurée de ma détermination.
Bien cordialement,
Stéphane RAVIER Sénateur des Bouches-du-Rhône Membre de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées
Conseiller municipal de Marseille – Conseiller métropolitain d’Aix-Marseille-Provence
Le 20/03/2023 à 17:09, Emmanuelle Ménard a écrit :
Madame, Monsieur,
Vous m’avez demandé de voter la censure du Gouvernement ce lundi 20 mars. Je ne le ferai pas mais je tenais à m’en expliquer auprès de vous.
Sur l’utilité et la nécessité d’une réforme des retraites tout d’abord :
L’affaire est sérieuse. Avec 340 milliards d’euros, les retraites constituent de très loin le premier poste de dépenses publiques. C’est aussi celui qui progresse le plus. Alors que dans les années 60, on comptait quatre actifs pour un retraité, on en est aujourd’hui à 1,7 actif pour un retraité. À titre d’exemple, les deux principaux régimes de fonctionnaires engendrent à eux seuls 30 milliards de déficit par an, qui viennent alimenter la dette publique…
On ne peut pas continuer ainsi. Une réforme est indispensable. Reste à savoir laquelle.
Soyons clairs, ce n’est pas le projet que je souhaitais. J’aurais aimé une réforme plus ambitieuse, plus audacieuse, qui aurait osé prendre à bras le corps les défauts structurels de notre système. Une réforme sur laquelle on ne serait pas obligés de revenir dans trois ou quatre ans pour colmater les brèches, pour écluser les déficits.
Personne ne peut contester sérieusement qu’avec l’allongement de la durée de vie et la baisse de la natalité, il faudra travailler plus. Alors disons-le clairement aux Français, disons-leur la vérité sans, pour faire passer la pilule, faire de fausses promesses sur les 1 200 € par mois et leur raconter des bobards sur les carrières longues. Cette réforme ne sera pas indolore. Elle sera même douloureuse. Et pour le plus grand monde. Il faut le dire, avoir le courage de le dire.
Aurions-nous pu faire autrement ? Je le crois.
En osant remettre à plat l’ensemble des régimes spéciaux (et pas seulement cinq d’entre eux) ;
En osant une dose de capitalisation. Bien calibrée, elle pourrait sauver notre régime par répartition ;
En osant une politique nataliste digne de ce nom qui permettrait de donner un peu de souffle à notre système ;
En osant une véritable lutte contre les fraudes aux pensions versées à l’étranger qui scandalisent les Français ;
En osant des mesures audacieuses sur la pénibilité et les fins de carrière qui permettraient de lutter contre le terrible sentiment d’injustice qui se répand parmi nos concitoyens.
En osant de vraies mesures sur le cumul emploi-retraite afin d’offrir des perspectives à nos seniors et non un index qui fera peser encore plus de contraintes administratives sur nos entreprises ou un CDI senior qui aura l’effet d’un pansement sur une jambe de bois…
Sur l’utilisation du 49.3 par le Gouvernement
Comme beaucoup d’entre vous, j’ai regretté l’utilisation de l’article 49.3 par le Gouvernement. Encore une fois, parlons franchement : la réforme des retraites n’aura pas de légitimité parlementaire puisque l’Assemblée nationale n’a pas pu la voter. En cela, le Gouvernement n’aurait pas dû avoir recours à cet article de la Constitution.
Mais pour être tout à fait honnête, rappelons que, s’il n’y a pas eu vote en première lecture, c’est à cause des députés de la NUPES, et plus particulièrement ceux de La France Insoumise qui ont fait de l’obstruction parlementaire afin de nous empêcher d’arriver au terme de ce projet de loi.
Venons-en maintenant à cette motion de censure : je ne la voterai pas. Pourquoi ? Parce que les scènes auxquelles j’ai assisté dans l’hémicycle depuis plusieurs semaines mais particulièrement jeudi dernier m’ont choquée. Je ne me ferai jamais la complice de personnes (je parle ici des députés LFI) qui ont une telle détestation et un tel mépris pour nos institutions. Je ne serai pas l’alliée objective du parti du chaos et de la violence.
Je souhaite rappeler ici ce que représente La France Insoumise, dont certains députés ont signé la motion de censure déposée par le groupe LIOT et que la totalité votera selon les consignes de JL Mélenchon :
La France Insoumise, c’est le parti de la démagogie qui propose la retraite à 1 600 € minimum pour tout le monde, y compris ceux qui n’ont jamais travaillé ! Et un départ à 60 ans bien sûr…
La France Insoumise, c’est le parti qui se réjouit des malheurs de notre pays : je ne soutiens pas le Président de la République mais je ne suis pas, comme eux, « galvanisée par l’échec du gouvernement ».
La France Insoumise, c’est aussi le parti des insultes permanentes (« assassin », pied sur un ballon de foot représentant la tête d’un ministre, appel explicite à la haine et à la violence), des menaces (« On a les noms ! »), des outrances, de la délation (certains publient « des listes » ; d’autres appellent à couper le courant chez ceux qui ne sont pas d’accord) ;
La France Insoumise, c’est enfin le parti de la haine :
– haine de la police (« La police tue ! ») ; – haine de ce que JL Mélenchon qualifie de « système », dont il a toujours pourtant bénéficié ; – haine contre E. Macron dont JL Mélenchon a régulièrement remis en cause la légitimité, pourtant acquise par les urnes (et je rappelle que je n’ai pas voté pour lui), alors que lui-même et ses députés ont, pour la plupart, voté au deuxième tour de la présidentielle pour Emmanuel Macron !
Les images de l’Assemblée nationale ont fait le tour de la presse internationale la semaine dernière. Elles ont donné une image épouvantable et dégradante de la France. C’est déplorable et dangereux. Jeudi dernier, j’avais honte d’être député.
Je ne souhaite pas ajouter du désordre au désordre. Je ne voterai pas la censure ce lundi.
Cordialement,
Emmanuelle Ménard
Député de l’Hérault
Le 17/03/2023 à 18:43, Bastien Lachaud a écrit :
Bonjour,
Je vous remercie pour votre courriel. Comme vous le savez sans doute, le groupe de la France insoumise – NUPES, dont est membre M. Bastien Lachaud, est opposé de toutes ses forces à la réforme des retraites.
Il a mené la bataille :
A l’Assemblée nationale en déposant de nombreux amendements pour proposer des alternatives au report de l’âge légal et à l’allongement de la durée de cotisation, pour revenir à la retraite à 60 ans.
En soutien aux mobilisations sociales et populaires.
Malheureusement, en pleine dérive autoritaire, le gouvernement Borne a décidé de passer en force et d’empêcher l’Assemblée nationale de voter sur le texte en utilisant le 49-3, parce qu’il se savait minoritaire et que le texte serait rejeté s’il était soumis au vote des députés.
En espérant avoir pu vous éclairer sur notre action parlementaire.
Bien cordialement,
Camille, pour l’équipe de Bastien Lachaud
Le 19/03/2023 à 23:02, Cyrielle Chatelain a écrit :
Bonsoir Mme Billard,
Depuis plusieurs semaines je suis pleinement mobilisée sur le terrain au côté du mouvement social et à l’Assemblée pour combattre ce projet de réforme des retraites injuste et injustifiée.
Je suis comme vous très préoccupée par le fait que le Gouvernement brutalise une nouvelle fois la démocratie. Il impose en effet sa réforme, très largement refusée par la population, en ayant recours à la procédure du 49.3 ; c’est-à-dire sans que l’Assemblée nationale ne vote sur le texte. Le recours à cette procédure est un aveu d’échec pour le Gouvernement puisqu’elle signifie clairement qu’il n’y a pas de majorité à l’Assemblée pour voter un tel texte.
C’est pourquoi, avec l’ensemble du groupe Écologiste que j’ai l’honneur de présider, ainsi qu’avec les autres forces de la NUPES, nous voterons la motion de censure transpartisane portée par le groupe LIOT. Cette motion, signée par 5 groupes d’opposition, est celle qui peut rassembler le plus largement les votes d’opposition au Gouvernement. Nous faisons tout notre possible pour qu’un maximum de députés vote pour la censure, ce qui conduirait automatiquement au retrait du texte du Gouvernement. Les règles constitutionnelles de la motion de censure sont cependant particulièrement restrictives et requièrent une majorité absolue de votes de l’ensemble des députés inscrits, toute abstention étant comptabilisée comme un vote contre la censure.
Si cette motion de censure n’était pas adoptée, cela ne devrait en rien mettre un terme à la mobilisation contre ce projet qui n’a plus ni légitimité populaire ni légitimité parlementaire. Je m’engage à poursuivre le combat au côté du mouvement social et dans l’hémicycle, notamment en utilisant tous les outils juridiques à notre disposition : saisine du Conseil Constitutionnel, dépôt d’une proposition de loi pour lancer un référendum d’initiative partagée (RIP)…
Restant à votre écoute, je vous prie de croire en l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Cyrielle Chatelain,
Députée de l’Isère
Présidente du groupe Écologistes à l’Assemblée nationale
Monsieur le Président du Groupe Les Républicains à l’Assemblée Nationale,
Comme à tous les Présidents de groupe d’opposition, je vous ai écrit le 16/03/2023 pour vous demander de voter la censure, pas la réforme des retraites. Seuls des représentants de Debout la France, de la France Insoumise et du Rassemblement National m’ont répondu. Comment interpréter votre silence ? Comme une forme de mépris envers vos concitoyens ? Par votre gêne face à cette crise de régime majeure dont les membres de votre groupe portent leur part de responsabilité ?
Vous aviez pourtant bien commencé votre second mandat de député :
en interrogeant les motivations d’Emmanuel Macron concernant la vente de la branche énergie d’Alstom à l’Américain Général Electric, certains donateurs de sa campagne ayant pris part à cette vente ;
en présidant la commission d’enquête parlementaire -créée en novembre 2017 à l’initiative de votre groupe- sur les décisions de l’Etat en matière de politique industrielle et notamment la cession de la branche énergie d’Alstom ;
en saisissant le 18 janvier 2019 le Parquet National Financier qui décida le 18 juillet d’y donner suite avec l’ouverture d’une enquête préliminaire.
Vous avez depuis perdu de votre superbe.
Votre parti ne peut pas se revendiquer du Gaullisme tout en bafouant systématiquement la souveraineté populaire si chère au Général de Gaulle. Votre parti a déjà violé la démocratie en faisant adopter le projet de traité constitutionnel européen, malgré son rejet par la majorité des Français. Votre parti a déjà violé la souveraineté énergétique de la France en votant l’ARENH[1] qui aboutit 12 ans après son adoption à l’endettement record d’EDF, au renchérissement des prix de l’électricité, et corrélativement à la faillite de trop de nos commerçants, artisans, chefs d’entreprise et agriculteurs.
Les trahisons de votre parti l’ont fait sombrer à 4,78 % des suffrages à la Présidentielle. N’ajoutez pas la trahison à la trahison.
Cette réforme, 93% des actifs -toute catégorie socio-professionnelle confondue- vous ont dit qu’ils n’en voulaient lors de 8 journées d’actions. Car cette réforme est basée sur des mensonges. Car cette réforme est profondément injuste. Car cette réforme n’est pas nécessaire. Car cette réforme plomberait les comptes publics. Alors non, c’est non ! Des députés Renaissance et de l’opposition dénoncent les contreparties financières d’un vote favorable. La corruption, ça suffit !
En cette période commémorative du début de la Commune de Paris, aux barricades de feu qui s’érigent dans les rues de France en réponse à la menace du 49.3, l’unique réponse est la répression, les arrestations massives, mises en garde à vue arbitraires.
Mettez fin à cette « House of cards [2]» à la française, car comme le dit la chanson « Gare à la revanche, quand tous les pauvres s’y mettront [3]».
Pour mettre un terme à cette crise de régime majeure qui pourrait faire basculer la France vers des heures plus sombres encore, les seules issues raisonnables sont la démission du gouvernement, la dissolution de l’Assemblée Nationale et la destitution du Président de la République.
Entrez dans l’histoire au côté du peuple de France ou sombrez à jamais dans l’infamie.
Les débats autour de cette réforme ont fait apparaître de nombreux mensonges :
Non, les comptes de la sécurité sociale ne dérapent pas,
Non, la réforme ne prévoit pas la mise en place d’une retraite minimum,
Non, elle ne favorise pas les femmes.
La liste des mensonges est encore longue.
Oui, cette réforme est une contrepartie demandée par l’Europe pour « bénéficier » du plan de relance européen. Sachant que pour percevoir 40 milliards de l’emprunt européen, la France devra en rembourser 66 et adopter la réforme de la retraite, les Français sont doublement spoliés, doublement maltraités.
67% des Français et 93 % des Français en âge de travailler refusent cette réforme.
65% estiment que le gouvernement doit retirer sa réforme des retraites.
63% soutiennent ou ont de la sympathie pour la mobilisation.
62 % souhaitent que la mobilisation se poursuive si la réforme est votée.
Lors de la dernière présidentielle, ceux qui ont empêché l’union de leur camp, appelé à voter Macron, et refusé de voter la dernière motion de censure portent une lourde responsabilité dans la situation actuelle.
À la présidentielle de 2022, Mme Pécresse a obtenu 4,78 % des suffrages. M. Jadot, 4,63. M. Roussel, 2,28. Mme Hidalgo, 1,75. Les Français n’en peuvent plus d’être régulièrement trahis par ceux censés les représenter notamment depuis le référendum de 2005. Ils ne vous pardonneraient pas une nouvelle trahison.
Mesdames et Messieurs les Parlementaires, au nom de l’intérêt supérieur de la France et du respect de la souveraineté populaire, votez la censure du gouvernement ! Pas la réforme des retraites !
Sylvie Billard
Conseillère municipale d’Aulnay-sous-Bois
Destinataires de ce message adressé le 16/03/2023 à 21:23 :
La réforme serait indispensable à la survie du financement des retraites par répartition : mensonge !
« Sans cette réforme, notre système de retraite accumulera durablement des déficits : 12 milliards d’euros en 2027, 14 milliards d’euros en 2030 et 21 milliards d’euros en 2035 », est-il écrit dès les premières lignes du dossier de présentation du projet. Si elle ne se fait pas, « 500 milliards d’euros de dette sur les 25 ans à venir », attendent la France, ne cesse de marteler le ministre du Budget, Gabriel Attal, pour qui « il y a urgence à sauver notre système de retraites ».
Or, selon le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites de septembre 2022[i], presque tous ses scénarios prédisent un retour à l’équilibre progressif du système sans aucune réforme, entre « le milieu des années 2030 » et « la fin des années 2050 ».
Reste à trouver les financements pour tenir lors des années de déficit, sachant que :
le déficit 2023 s’explique par les exonérations votées en 2022,
la précédente réforme des retraites « Touraine » votée en 2014 sous François Hollande – qui prévoit d’allonger progressivement la durée de cotisation à 43 annuités (pour les Français nés en 1973 et après) pour bénéficier d’une retraite à taux plein – n’a pas encore épuisé ses effets,
les réserves financières des régimes de retraite sont importantes,
la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades) disparaîtra en 2024[ii].
En effet, selon les chiffres communiqués par le COR, le système de retraite français disposerait de 127,4 milliards d’euros (après déduction du déficit).
Par ailleurs en 2024, la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades) – qui a pour mission de gérer le remboursement de la dette sociale – n’existera plus. La Cades collecte annuellement 24 milliards d’euros grâce à la Contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) et à la contribution sociale généralisée (CSG). A la disparition de cette structure, l’Etat pourrait décider d’utiliser ces 24 milliards d’euros annuels pour combler le déficit du système de retraite… ou pas.
Selon l’économiste Michaël Zemmour, la vraie raison de cette réforme se trouve page 3 du programme de stabilité que la France a transmis à Bruxelles l’été dernier. Il y est écrit noir sur blanc que la politique de baisse des prélèvements engagée par Emmanuel Macron sera compensée par des réformes structurelles comme celle des retraites. De cette manière, la France entend repasser sous la barre des 3 % de déficit d’ici 2027. Il ne s’agit pas de sauver le système de retraite, mais de financer des baisses d’impôts pour les entreprises. »
Pour en savoir plus, vous pouvez écouter l’audition, par la commission des finances et celle des affaires sociales, de Pierre-Louis Bras et d’Emmanuel Bretin, respectivement président et secrétaire général du Conseil d’orientation des retraites (COR), sur les perspectives d’évolution du système de retraite :
Chers Aulnaysiens, combien d’entre vous ont cru à la nécessité de cette réforme pour sauver notre régime de retraite ? Mentir, manipuler, faire espérer en pure perte est une honte.
Alors que ferez-vous à partir de mardi prochain ? Ferez-vous grève ? Donnerez-vous à une caisse de grève ?
Un article de Franceinfo du 25/01/2023 explique clairement pourquoi les femmes sont pénalisées[i].
« Les femmes sont plus touchées par le décalage de l’âge de la retraite parce qu’elles sont moins fréquemment en situation de carrière longue que les hommes », explique l’économiste Michaël Zemmour, maître de conférences à l’université Panthéon-Sorbonne.
Avec la réforme, les mères de famille continueront de bénéficier de trimestres supplémentaires (jusqu’à 8 par enfant). Mais pour une partie d’entre elles, le report de l’âge légal va limiter l’intérêt de cette mesure. « Une mère de famille qui, grâce à ces trimestres, pouvait bénéficier d’un départ à taux plein à 62 ans devra désormais partir à 64 ans », note Michaël Zemmour.
La revalorisation des pensions minimales prévue dans la réforme bénéficiera davantage aux femmes qu’aux hommes, mais à hauteur de 53 euros par mois malgré le recul de l’âge légal de deux ans.
L’âge d’annulation de la décote – à partir duquel tout retraité est assuré de toucher une retraite à taux plein – restera fixé à 67 ans.
La prise en compte des congés parentaux dans le dispositif carrières longues permettant de valider jusqu’à quatre trimestres pour une personne ayant commencé à travailler avant 20 ans ne concernera que 3 000 personnes environ, note Michaël Zemmour. « Avec cette réforme, les femmes avec des enfants seront davantage touchées que les hommes. »
Chères Aulnaysiennes, combien d’entre vous ont cru à plus d’équité face à la retraite ? Mentir, manipuler, faire espérer en pure perte est une honte.
Alors que ferez-vous à partir de mardi prochain ? Ferez-vous grève ? Donnerez-vous à une caisse de grève ?
La réforme devait permettre de faire des économies : mensonge !
Le report de deux ans de l’âge de départ à la retraite devrait se traduire par près de 100 000 chômeurs de 60 ans et plus[i] et par une explosion du nombre de bénéficiaires du RSA, ce qui grèverait le budget des Conseils départementaux[ii].
Combien d’entre ont cru en un retour à l’équilibre des comptes publics grâce à cette réforme ? Mentir, manipuler, faire espérer en pure perte est une honte.
Alors que ferez vous à partir de mardi prochain ? Ferez vous grève ? Donnerez vous à une caisse de grève ?
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