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Les villes n’ont pas vocation à croitre éternellement, dixit  Philippe Bihouix

Ingénieur centralien et avocat de la cause écologique, Philippe Bihouix tisse sa toile autour de la notion de décroissance.  Avec Sophie­ ­Jeantet et ­Clémence de ­Selva, il s’attaque à la fabrique de la ville à l’heure du zéro artificialisation nette.  Les trois auteurs reviennent sur les mantras des politiques urbaines de ces dernières années – la densification à tous crins, les politiques d’attractivité territoriale, le « choc de construction » pour répondre aux besoins de logement.   Les auteurs appellent  au rééquilibrage des politiques d’aménagement du territoire et parfois, à des orientations plus radicales, comme le zéro artificialisation brute. Ils prônent l’intensification des usages de l’existant : habitations vacantes,  résidences secondaires,  sous-occupation des logements, bureaux vides, etc…

Philippe Bihouix  :   »  l’arrêt de la croissance n’est  pas un destin affreux et inéluctable, mais au contraire, sans doute, un état souhaitable, une fois que la société aurait atteint un certain niveau de richesses. Nous avons transposé cette logique dans le domaine de l’urbain, en développant l’idée que les villes n’ont probablement pas, non plus, vocation à croître éternellement. Elles peuvent cesser de grandir, de s’étendre, devenir stationnaires, ce qui ne les empêcherait pas de se transformer, de s’épanouir, de s’adapter au changement climatique aussi. « 

 »  Nous ne sommes pas dans la volonté de décroissance des villes, encore moins quand celle-ci est subie. Mais nous pensons qu’il faut réinvestir une échelle territoriale en vogue depuis la crise sanitaire, celle des villes petites et moyennes, des bourgs, des villages. C’est une échelle à laquelle la transition environnementale sera plus facile à mener qu’à celle de la grande métropole, voire de la mégapole. Ce sera aussi le moyen de venir réinvestir le bâti existant et sous-occupé, dont – mais pas seulement – les fameux logements vacants. Il ne s’agit pas de prôner la ville qui se vide ou même se fige, mais de calmer la croissance des métropoles au profit d’une redynamisation des autres unités urbaines, de penser un aménagement plus harmonieux qu’aujourd’hui.   » 

Source  : la gazette des communes

Collecte  réalisée  le  10  Novembre  2022  par  Catherine  Medioni

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