Le Parquet National Financier requiert des peines de prison et des amendes à l’encontre de cinq Proches de Nicolas Sarkozy, dans l’affaire des sondages de l’Élysée

 

 

Depuis le 18 octobre 2021, cinq anciens proches de Nicolas Sarkozy doivent s’expliquer concernant des contrats de conseil politique et de sondages conclus sans appel d’offres entre 2007 et 2012.

Durant quatre semaines, la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris  s’est  plongée dans le fonctionnement du pouvoir lors du mandat de Nicolas Sarkosy .

Après la publication d’un rapport  de la cour des comptes en 2009, Anticor avait porté plainte en 2010. Selon Jérôme Karsenti, l’avocat d’Anticor, l’affaire des sondages de l’Élysée  »  pose en particulier la question de « la manière dont Nicolas Sarkozy a exercé le pouvoir, utilisant l’Élysée et les moyens de l’État dans son intérêt personnel, se souciant avant tout de son image et de son éventuelle élection au mépris des règles de droit »

Protégé depuis l’origine dans ce dossier par son immunité présidentielle, l’ancien chef de l’État a été cité comme témoin au procès par l’association de lutte contre la corruption Anticor, à l’origine de l’affaire car selon l’association « Son témoignage est indispensable pour comprendre » le « système » alors en vigueur à l’Élysée  » !

La juridiction financière avait épinglé une convention signée avec Publifact, la société du conseiller Patrick buisson. Les multiples et nombreux sondages payés par l’Élysée, traitaient de la popularité du président, des réformes, des questions d’actualité, des échéances électorales, des rivaux politiques, des  ministres ou encore de l’image de la nouvelle première dame, Carla Bruni…..

Mais ce qui a surtout été épinglé par le Parquet financier, ce sont les contrats de communication signés avec les sociétés de Patrick Buisson et du politiste Pierre Giacometti  ainsi que des commandes directes de sondages entre 2007 et 2009 auprès de plusieurs instituts, en particulier Ipsos. Pour un total de 7,5 millions d’euros, ces dépenses ont été réalisées sans publicité ni d’appel d’offres, ce qui  est constitutif de favoritisme pour le Parquet national financier (PNF) !

Dans l’affaire de ces sondages, Patrick Buisson est soupçonné de détournement de fonds publics par Anticor car elle a compté qu’entre 2007 et 2009, 235 sondages avaient été achetés et revendus avec des marges conséquentes allant  de 65 à 71%, pour un bénéfice de 1,4 million d’euros, ces revenus s’ajoutant et se cumulant avec la rémunération mensuelle de 10 000 euros par mois  en tant que conseiller du président.

Patrick  Buisson est également jugé pour abus de biens sociaux, pour avoir fait supporter près de 180 000 euros de dépenses personnelles à ses entreprises !

Pierre Giacometti, ancien d’Ipsos, est lui aussi jugé pour recel de favoritisme en relation avec un contrat de conseil signé en 2008 par la société qu’il venait alors de fonder, Giacomettiperon, devenue depuis No Com.

Claude Guéant, l’ex-bras droit de Nicolas Sarkozy, est poursuivi pour favoritisme et détournement de fonds publics par négligence.

Emmanuelle Mignon a fait valoir qu’elle avait elle-même engagé une réforme des comptes de l’Élysée,  parce qu’elle avait constaté qu’aucun appel d’offres n’avait jamais été réalisé

Julien Vaulpré, L’ancien conseiller, comparaît lui aussi pour favoritisme. Quant à Jean-Michel Goudard, un autre membre du cabinet de Sarkosy, les poursuites à son encontre se sont éteintes avec son décès. Enfin, quatre sociétés seront également jugées : le poids lourd des sondages Ipsos ainsi que Publifact, Publi-Opinion et No Com.

À l’issue de près de trois heures de réquisitoire, les procureurs financiers ont demandé que la peine de M. Guéant, « grand manitou de l’Élysée » au « rôle central dans les infractions », soit assortie de 10.000 euros d’amende, et ont requis un an d’emprisonnement dont six mois ferme à l’encontre de l’ancien secrétaire général de la présidence Claude Guéant, jugé pour favoritisme et détournement de fonds publics par négligence.

A l’encontre de Patrick Buisson, Le ministère public a requis deux ans d’emprisonnement dont un an ferme  et 100.000 euros d’amende ainsi que 550.000 euros d’amende contre ses deux sociétés Publifact et Publi-Opinion.

L’ancien conseiller Pierre Giacometti, qui a « profité de la situation hors norme élyséenne pour accompagner son changement de carrière », doit être condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis et 70.000 euros d’amende. Une peine de 250.000 euros d’amende a en outre été demandée contre sa société No Com.

Contre Emmanuelle Mignon qui a été directrice de cabinet de l’Élysée, l’accusation a requis 10.000 euros d’amende, parlant d’un « comportement délinquant » mais d’une « ambition réformatrice qui ne peut être contestée ».

Quant à l’institut de sondages Ipsos, jugé pour recel de favoritisme, une peine de 500.000 euros d’amende a été requise.

Julien Vaulpré, l’ex-conseiller technique « opinion »  de l’Élysée considéré comme la « cheville ouvrière de l’infraction de favoritisme », se voit demander une peine de  5000 euros d’amende par le ministère public.

Voilà qui ne fait que donner raison au peuple de ne plus avoir aucune confiance dans les politiques qui se servent de l’accession au pouvoir pour abuser des deniers publics….

 

Article  rédigé  le  10  novembre  2021  par  Catherine  Medioni

Publié le 10 novembre 2021, dans Justice, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. C’est quand même beaucoup pour la famille LR qui sont surnommés par des commentateurs les RIPOUBLICAINS, ça c’est pas bien. Il paraît même qu’il y en a un qui se cache à Aulnay sous bois.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :