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Les emplois francs un échec, difficile de trouver un travail lorsqu’on habite un quartier sensible d’Aulnay-sous-Bois

Le gouvernement a annoncé jeudi qu’il élargirait à partir d’avril les critères d’éligibilité aux emplois francs pour faire face au manque de popularité de ce dispositif qui vise à encourager l’embauche des résidents des quartiers populaires.

Le dispositif sera désormais accessible à sept nouveaux territoires: Hauts-de-France, Île-de-France, Ardennes, Bouches-du-Rhône, Haute-Garonne, Maine-et-Loire et Vaucluse.

Depuis le 1er avril 2018, il était expérimenté en Seine-Saint-Denis, Seine-et-Marne, Val-d’Oise, Essonne, à Lille, Marseille et Angers.

« Plus de la moitié des habitants vivant en quartier prioritaire de la politique de la ville est désormais éligible contre un quart précédemment », écrivent le ministère du Travail, des Outre-mer et de la Cohésion des territoires dans un communiqué conjoint.

Au 10 mars 2019, 5.699 demandes avaient été déposées, et 4.544 acceptées, précise le gouvernement, qui s’était fixé pour objectif de signer 50.000 contrats d’ici la fin 2019. Déjà en octobre, Reuters avait révélé que le programme peinait à décoller.

Sur ces contrats signés, 79% sont des contrats à durée indéterminée, 87% avec des entreprises et 13% avec des associations. « Dans un cas sur deux, le bénéficiaire travaille en dehors du quartier où il vit, ce qui prouve qu’il est possible de lutter contre l’assignation à résidence », peut-on lire dans le communiqué.

Le dispositif, qui est une promesse d’Emmanuel Macron, prévoit une prime à l’embauche de 5.000 euros par an pendant trois ans pour toute entreprise ou association qui engagerait en CDI un habitant d’un quartier prioritaire.

Les primes sont de 2.500 euros par an pendant deux ans pour les entreprises ou associations qui recruteraient un habitant en CDD de plus de six mois.

La précédente expérience d’emplois francs, qui s’est tenue de 2013 à 2015 sous le quinquennat de François Hollande, s’est soldée par « un échec » (moins de 300 emplois), avait dit le ministère du Travail au lancement de son programme, en raison des « critères très restrictifs » mis en place.

En ce qui concerne cette expérience, la déléguée générale du syndicat patronal CPME 95, dans le Val-d’Oise, Laura Violas, expliquait en octobre que beaucoup d’entreprises avaient encore de la difficulté à comprendre comment fonctionnait le dispositif, d’où leurs réticences.

Certains salariés hésitent aussi souvent à dire à leur employeur qu’il viennent d’un quartier défavorisé, avait ajouté le directeur de l’agence Pôle emploi d’Aulnay-sous-Bois, Silvino Ramos Furtado.

Source : Reuters

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