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JoeyStarr devient prof de philo d’un jour au protectorat Saint-Joseph à Aulnay-sous-Bois

Le rappeur, ambassadeur d’une application de lutte contre l’échec scolaire, s’est invité ce vendredi après-midi dans une classe de terminale. Il a improvisé un cours que les élèves ne sont pas près d’oublier.

« La liberté, ça peut avoir un goût de litière de chat. » Le cours aura été bref, mais percutant. Il faut dire que le prof, campé pieds écartés devant la classe, est un professionnel de la punch line : c’est JoeyStarr, taulier du rap français et pour une petite heure, ce vendredi après-midi, invité du cours de philosophie de deux classes technologiques d’un lycée privé d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le Protectorat Saint-Joseph.

Le musicien et acteur a accepté de jouer les ambassadeurs pour une application, Studytracks, qui promet de lutter contre l’échec scolaire grâce à la musique. Le concept, né de l’imagination d’un producteur anglais désemparé devant les lacunes de son fils en physique, est simple comme un rythme binaire : rendre les cours faciles à mémoriser en les faisant chanter par des artistes, sur des mélodies et dans des styles d’aujourd’hui. L’application, qui cherche à percer en France (lire ci-dessous), a confié trois leçons à JoeyStarr, sur la liberté, la Résistance et l’affaire Dreyfus.

«Vous êtes vraiment une génération qui sert à rien»

« Je n’en reviens pas qu’il soit venu pour nous », sourit Alexandre, 18 ans, encore esbaudi d’avoir rencontré celui dont les albums résonnaient dans la chambre de son grand frère quand il était petit. Les lycéens n’étaient pas nés quand est sorti le dernier album studio de NTM, en 1998, et ils n’ont guère en tête l’œuvre du groupe. « Du rap ancien », résume Dylan comme on parlerait de parchemins surgis de l’Antiquité. Mais ils connaissent l’épaisseur de l’homme d’écrans. « On a du respect pour lui. Si le rap français existe, c’est un peu grâce à lui. »

Les têtes soudainement moins lourdes qu’à l’heure précédente, les lycéens regardent, bouche bée, « l’expert de la maison mère ». Leur réaction face à l’icône est logique : ils veulent la prendre en photo. « Je suis le professeur, attends. D’où on filme le professeur ? », répond l’artiste au premier qui ose un timide « On peut filmer ? » Et puis, il balaye l’espace de la main, avec une impatience jouée : « Allez vas-y, fais ta vie… Vous êtes vraiment une génération qui sert à rien ! » Et voilà partie la séance de selfies.

Source : Le Parisien

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