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Vœux d’Aulnay En Commun contre les violences policières et le racisme dans la police

La mort de George Flyod lors d’une interpellation le 25 mai dernier à Minneapolis aux États-Unis a provoqué une indignation mondiale et une mobilisation sans précédent de femmes et d’hommes, pour le respect des droits humains et la lutte contre toutes les formes de racisme et de discriminations.

La mobilisation historique du 2 juin devant le tribunal judiciaire de Paris ainsi que celle du 13 juin Place de la République, à l’initiative du Comité «La vérité pour Adama» montrent à quel point la question du racisme et des violences policières dépasse les frontières et fait un écho auprès de la jeunesse des quartiers populaires.

Force est de constater que la police pratique un usage disproportionné de la force au cours de leurs opérations. Ce sentiment, largement partagé dans les quartiers populaires depuis des années a explosé à la face des Françaises et des Français lors des manifestations des gilets jaunes et du personnel soignant. Rappelons le lourd bilan des manifestations des gilets jaunes ( 5 mains arrachées, 27 personnes éborgnées…) .

Les violences policières furent condamnées par Amnesty Internationale, le Défenseur des Droits, le Parlement européen, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme, le Syndicat national des Journalistes, Reporters Sans Frontières…

Les violences policières et le racisme dans la police sont deux réalités françaises qu’il faut reconnaître, condamner et combattre Notre ville n’est pas épargnée, ainsi à Aulnay l’affaire Théo est encore dans toutes les têtes.

Pendant le confinement dans notre ville, des contrôles de police se sont fort mal passés, des policiers ont traité de « sale arabe » un aulnaysien qui rentrait du travail.

A Bondy, Gabriel âgé de 14 ans a été grièvement blessé lors d’une interpellation (plusieurs dents cassées et un traumatisme crânien).

Ces quelques exemples s’ajoutent aux vidéos et aux témoignages qui circulent depuis de nombreuses années.

Il ne s’agit pas de nier en bloc le travail difficile et dangereux des policiers au quotidien.
L’immense majorité des policiers fait son travail avec honneur et dévouement et nous n’oublions pas les actes de bravoure de certains, notamment lors des attaques terroristes.

Mais les rapports entre la police et la population se sont dégradés ces dernières années, en raison des contrôles abusifs, au faciès et d’interpellations musclées. Or la mission première des policiers est de protéger toute la population sans distinction aucune et d’être exemplaire dans ses interventions.

En 2019 les saisies auprès de l’IGPN pour violences volontaires ont augmenté de 40%.

La « discrimination systémique » est une réalité qu’il faut regarder en face. Une personne noire ou arabe a 20 fois plus de probabilités de se faire contrôler par la police. Les harcèlements subis par les habitants noirs et maghrébins ont d’ailleurs été dénoncés par le Défenseur des Droits J. Toubon.

Tous ces faits plaident pour que l’Etat revoie enfin les modalités des contrôles d’identité dont l’efficacité est sujette à caution et qui par contre minent la confiance de la population vis-à-vis des forces de l’ordre. La solution d’un récépissé délivré à la personne contrôlée permettrait de limiter ces dérives.

Les tirs de LBD comme méthode de contact et le plaquage ventral comme mode d’interpellation nuisent à l’intégrité physique et à la dignité des personnes dans des proportions inédites dans l’histoire récente de notre pays.

De deux choses l’une : soit ces violences sont commises par des « brebis galeuses » qu’il faut alors sanctionner avec fermeté, soit le problème est plus profond et c’est notre modèle du maintien de l’ordre qu’il faut remettre en cause.

Or, aujourd’hui, les sanctions administratives ou judiciaires visant des policiers ayant commis des bavures ou des actes de violence sont extrêmement rares.

Sur l’ensemble de ces sujets (racisme dans la police, contrôles discriminatoires, violences policières), les réponses de l’Etat par la voix du Président de la République et du Ministre de l’Intérieur sont clairement insuffisantes. Qui croira qu’il suffit de quelques mots et d’une
instruction ministérielle pour remettre la police sur pied, créer de la confiance et améliorer les rapports police/population ?

La mobilisation inédite des citoyen.ne.s et particulièrement de la jeunesse en France et dans le monde marque un tournant que les pouvoirs publics ne peuvent ignorer. Il y a un enjeu républicain à ce que la confiance soit rétablie entre la police et la population, qui ne doit pas craindre les forces de l’ordre mais doit se sentir au contraire en sécurité.

Il faut ouvrir un véritable chantier national qui parte de l’expérience vécue en associant chercheuses et chercheurs, associations, fonctionnaires de police, élu.e.s de terrain et citoyen.ne.s, notamment les plus jeunes, pour converger, ensemble, vers des rapports entre la police et la population dignes de notre République.

Considérant pour toutes les raisons qui précédent, qu’il y a urgence à voir, nous élu.es. du Conseil Municipal d’Aulnay-sous-Bois:

  • Condamnons fermement et sans réserves les violences policières, les actes et propos racistes commis par des dépositaires de l’autorité publique
  • Appelons le gouvernement et la justice à sanctionner tout acte et propos contraires au code de déontologie de la police nationale
  • Exigeons l’interdiction du plaquage ventral comme mode d’interpellation et l’usage du LBD
  • Exigeons la mise en place d’une cellule de veille en Seine-Saint-Denis présidée par le Préfet
  • Exigeons la mise en place d’une police de proximité dans les quartiers Politique de la ville et une refonte de la formation et de la déontologie des forces de l’ordre pour tendre vers des rapports plus apaisés avec la population.
  • Exigeons le démantèlement de l’IGPN et la création d’une commission totalement indépendante ou conférer les missions au Défenseur des Droits.

Source : Voeux du groupe politique Aulnay En commun

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