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Les musulmans dans la campagne à Aulnay-sous-Bois

musulmans_aulnayLes associations cultuelles ont officiellement pris position pour les candidats UMP ou PS, qui les écoutent mais se défendent pourtant de tout clientélisme religieux.

« POURQUOI NOUS ne soutenons pas Gérard Ségura. » Tel est l’intitulé du communiqué publié juste avant le premier tour des municipales par l’association Espérance musulmane de la jeunesse française (EMJF) à Aulnay-sous-Bois. Jamais encore cette association cultuelle, ancrée dans les , n’avait aussi nettement pris position à la veille d’un scrutin. Plus encore, elle assume son engagement lors des précédentes municipales en faveur du maire sortant : « La campagne de 2008 fut très rude et a demandé de gros efforts. »

Des efforts dont elle estime ne pas avoir été récompensée : l’élu avait selon elle pris des engagements, notamment sur la vente d’un terrain pour y construire une école privée. Le terrain a bien été vendu, mais avec des clauses qui déplaisent à l’association, laquelle dénonce d’un ton acerbe la condescendance et l’arrogance de la majorité sortante.

A l’approche du second tour, le de l’EMJF, Hassen Farsadou, vient de franchir un nouveau pas : « Je le dis publiquement. A titre personnel, je soutiens Bruno Beschizza », le challengeur UMP arrivé en tête dimanche. Hassen Farsadou devait hier assister au meeting de campagne du candidat de droite et promettait d’y entraîner « 70 à 100 personnes ». « Il m’a dit qu’on pouvait revoir les clauses de la vente du terrain », affirme-t-il.

Une campagne électorale se gagne-t-elle à coups de promesses auprès d’associations cultuelles ? Le maire PS comme son challengeur UMP se défendent de tout clientélisme. « Le terme d’engagements n’est pas exact », affirme Gérard Ségura, certain qu’une partie des membres de l’EMJF le soutiennent : « Je ne suis pas sûr qu’Hassen Farsadou ait consulté tout le monde. » « Je ne suis pas entré dans une relation de deal, assure de son côté Bruno Beschizza. Je discute avec eux depuis six mois, ils ont peut-être apprécié ma constance. »

Bien entendu, l’EMJF n’est pas la seule association à faire campagne, mais sa prise de position publique est nouvelle. Il y a six ans, confirme Gérard Ségura, le message était resté plus discret : « Dans les cercles d’amis, elle disait qu’il valait mieux voter pour moi. » Un ancien adhérent de l’EMJF était alors sur sa liste. « Je ne l’avais pas choisi pour représenter l’association, mais parce que c’était un délégué syndical d’une entreprise de la ville. » On ne peut reprocher au maire sortant un travail exclusif avec l’association.

Si celle-ci a pu installer dès 2010 ses cours d’arabe dans une ancienne école de la Rose-des-Vents, c’est une autre structure, l’Association culturelle des musulmans d’Aulnay, qui a pu faire construire sa mosquée sur un terre-plein de la N 2. Une troisième association, des Musulmans de la Rose-des-Vents, a bénéficié de l’aide de la ville pour remettre aux normes le bâtiment industriel abritant ses salles de prière. « Il a fait avancer les choses pour nous, on soutient Gérard Ségura », indique d’ailleurs son président Mohamed Aït Hammou.

Mais le maire sortant le répète : « Je ne chasse pas les voix des associations religieuses. » Et d’accuser son rival de droite d’avoir fait « une proposition plus intéressante » à l’EMJF, qui expliquerait le revirement de cette dernière.

Ce que Bruno Beschizza dément avec assurance : « Je ne suis pas dans le contractuel. J’ai approché toutes les associations et je n’ai proposé aucune place à l’EMJF sur ma liste. » Toutefois, sa campagne, comme celle d’autres candidats de droite dans le 93, a sans doute eu un écho favorable auprès de certains membres de l’association musulmane. Il a notamment publié un tract contre la théorie du genre, dont la rumeur voulait en janvier qu’elle soit enseignée à l’école et qui avait suscité la crainte de quelques familles.

Quel est le poids d’un tel soutien ? « Il y a cinquante ans, dans les villages italiens, le prêtre disait pour qui voter, et tout le monde obéissait. Aujourd’hui, on n’est plus dans cette situation », minimise Bruno Beschizza. Gérard Ségura revendique de son côté un lien « direct et presque naturel avec les habitants, musulmans ou non, des quartiers nord, où j’ai enseigné pendant quarante ans ».

Source et image : Le Parisien du 27/03/2014

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Publié le 27 mars 2014, dans Associations, Religion, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Monsieur Segura se prend le boomerang du clientélisme qu’il a mis en place pendant 6ans. Dimanche, il est temps de lui donner une bonne leçon.

  2. La gauche ne sait pas parler aux musulmans. Elle devrait apprendre au lieu de céder sa place aux racistes hypocrites.

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