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Quid de la défense des langues régionales ?

langues_regionalesEn ce début d’année non dépourvu d’actualité intéressante, nous souhaitions évoquer un sujet qui n’a rien à voir avec la Seine-Saint-Denis, à savoir la sauvegarde et l’épanouissement des nombreuses langues régionales que l’on trouve en France, et qui sont pour beaucoup en risque de disparition.

Le discours en Corse du nationaliste Corse Jean-Guy Talamoni, en langue Corse, avait heurté une grande partie de la classe politique française. Dans la constitution, la seule langue officielle de la France est le français. Ce jacobinisme qui date de la révolution Française impose ainsi que l’ensemble des papiers administratifs soit rédigé dans la langue de Molière.

Pourtant en France, il existe (ou existait) de nombreuses minorités linguistiques : Le Breton, l’Occitan, le Catalan, l’Arpitan (en Savoie), l’Alsacien, un Dialecte Germanique en Moselle, le Picard, un patois Flamand (dans la région de Dunkerque), le Basque et le Corse. Mise à à part ces deux dernières langues, les autres sont en déclin ou ont quasiment totalement disparu.

Sous la troisième république, la répression fut telle que l’apprentissage de la langue vernaculaire fut peu à peu supprimée de génération en génération.

De nos jours, il n’est pas rare de croiser des personnes qui se disent fièrement breton mais qui ne savent même pas prononcer une phrase en breton. On peut même croiser des personnes venant d’Alsace qui ne connaissent ni l’Alsacien, ni l’Allemand.

Chez nos voisins la situation est bien différente : on peut facilement trouver un Ecossais ou un Gallois parlant sa langue (de racine celtique comme le breton). Les Italiens ont protégé leurs minorités Ladine et Allemandes dans le Tyrol Italien. En Belgique, on trouve encore de nombreux Germanophones à Malmedy et à Eupen, villes annexées après la première guerre mondiale. En Espagne, le Catalan et le Basque sont couramment parlés et ne posent pas vraiment de problème aux autorités.

Outre-Atlantique, l’Espagnol est redevenu langue officielle, à côté de l’anglais, dans certains états du Sud des Etats-Unis.

Pourquoi cette particularité française ? Même si rien n’est comparable par rapport à la répression qui y est appliquée, la Chine tente de supprimer les particularités régionales au Tibet et au Xinjiang pour « uniformiser » le pays à l’image de Pékin.

Les langues régionales font partie du patrimoine national et doivent être préservées, voire défendues, pour éviter que ces langues ne deviennent de véritables langues mortes. Contrairement à ce qu’affirme certains partis souverainistes comme l’UPR, la défense des langues et des cultures régionales ne mettent pas à mal l’unité du pays, mais le renforce par les richesses apportées. On peut citer comme exemple le Canada et sa province du Quebec…francophone qui, malgré quelques tentations, est toujours restée Canadienne. Pourtant, le gouvernement Canadien aurait pu à l’époque appliquer la même politique française à l’égard des langues régionales an « angliciser » la province. Mais il ne le fit pas…

Communiqué de la Libre Pensée contre la ratification de la charte des langues minoritaires et régionales

European_UnionA l’initiative de la Libre Pensée, 400 libres penseurs, laïques, démocrates, républicains et syndicalistes, dans l’union la plus large, se sont réunis pour commencer l’action commune contre la ratification de la Charte européenne des langues régionales.

Cette Charte ne vise nullement à défendre les langues régionales ou minoritaires, elle ne vise qu’à faire éclater l’unité et l’indivisibilité de la République. Avec l’Acte III de la décentralisation, cette manœuvre antirépublicaine veut remettre l’égalité en droit des citoyens.

Devant un public attentif, sous la présidence de Christian Eyschen, vice-Président de la Libre Pensée, tour à tour :

Une communication de Françoise Morvan a été portée à la connaissance des participants Jean-Sébastien Pierre, Président de la Libre Pensée a procédé à une étude de la Charte

Puis, ont pris la parole :

  • Ramiro Riera pour  l’association Laïcité-Liberté
  • Aliette Geistdoerfer, Secrétaire générale de l’Union rationaliste
  • Un message de Gilbert Abergel, 1er vice-Président du Comité-Laïcité-République a été lu
  • Jean-François Chalot, Secrétaire général du CNAFAL
  • Yves Pras, Président du Mouvement Europe-Laïcité (CAEDEL)
  • Georges Gastaud, Président de COURRIEL
  • Jean-Noël Lahoz, syndicaliste libre penseur
  • David Gozlan, Secrétaire général de la Libre Pensée

Il a été décidé que des délégations, avec les associations présentes, demanderaient à être reçues par  les groupes parlementaires à l’Assemblée nationale et au Sénat pour demander aux députés et sénateurs de ne pas ratifier cette Charte réactionnaire et antirépublicaine.

Les réponses seront apportées à la connaissance de tous.

Source : Communiqué de la Libre Pensée

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