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Aulnay-sous-Bois : Contre l’arrêté antimendicité, ils distribuent… des mendiants !
Entre deux tracts pour les élections européennes, les promeneurs qui faisaient leur marché en centre-ville, hier à Aulnay, ont aussi eu droit à des figues fourrées, raisins secs ou petits chocolats maison, autant de variations de « mendiants », comme on nomme ces desserts traditionnellement confectionnés à base de restes et de fruits secs. « Un mendiant pour lutter contre la pauvreté, pas contre les pauvres », scandaient les militants du collectif citoyen de gauche « Vivre mieux, ensemble à Aulnay » à l’origine de cette distribution symbolique en réponse à l’arrêté anti-mendicité pris par le maire Bruno Beschizza (UMP) le 29 avril. Jusqu’au 30 septembre la quête est interdite de 8 heures à 20 heures sur six secteurs de la ville, dont le quartier du centre gare. Passée la surprise, la réaction des passants hier était variable. « Gardez ça ! », répond violemment une quinquagénaire qui remet le tract, avant de tourner les talons. « Vous trouvez que Ségura a fait mieux lui ? » Bertrand, la cinquantaine découvre l’arrêté par la même occasion. Hervé, 44 ans, tout nouvel Aulnaysien, est d’accord avec le collectif à tel point qu’il fouille dans son porte-monnaie pour trouver une pièce à donner. « Mais non, on ne demande pas de sous ! » lui répond Anne-Sophie, militante du collectif qui avait présenté une liste aux municipales. « Interdire les mendiants, c’est comme si on interdisait les chômeurs pour combattre le chômage », compare Hervé Suaudeau, militant Europe Écologie. La police municipale passe, tout le monde se salue. A l’arrière, un mendiant justement n’est pas inquiété et continue de faire la manche.
« Ce n’est pas une chasse aux pauvres », réagit de son côté Bruno Beschizza, qui ne tient pas de bilan chiffré de l’arrêté. « Depuis une semaine systématiquement, les policiers municipaux ne sont pas dans la répression mais ils expliquent à tous ceux qui s’adonnent à la mendicité qu’un texte le leur interdit. Cet arrêté n’est pas un coup de pub, mais un moyen de faire comprendre que la mendicité agressive n’est plus la bienvenue à Aulnay-sous-Bois ». Si la « mendicité agressive » persiste dans la durée, il n’exclut pas que la police municipale prenne des mesures pour « mettre à disposition » de la police nationale les récalcitrants. Le collectif lui, appelle à poursuivre le débat, lors d’une réunion publique demain de 19 h 30 à 22 heures, salle Dumont.
Source : Le Parisien du 12/05/2014
Arrêté anti-mendicité à Aulnay-sous-Bois: Vivre mieux ensemble appelle à chasser la pauvreté, pas les pauvres
Une des premières décisions du nouveau maire d’Aulnay-sous-Bois a été de prendre un arrêté anti-mendicité. Cet arrêté constitue un acte discriminatoire en s’attaquant aux droits des plus fragiles. Cette pénalisation stigmatise les plus précaires, sans apporter de solution aux problèmes de pauvreté des Aulnaysiens.
Vivre mieux ensemble n’accepte pas cette décision qui punit les victimes de la pauvreté et appelle le maire d’Aulnay-sous-Bois à renoncer à cet arrêté injuste.
Au lieu d’imposer des amendes à ceux qui n’ont rien, va-t-on mettre en place une vraie politique de lutte contre la grande pauvreté ? Va-t-on rendre des moyens d’action au Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) ? Qu’en est-il des subventions aux associations de solidarité ? Combien d’hébergements d’urgence doit-on mettre en place ? Ce sont toutes ces questions qui doivent être posées pour lutter contre les effets de la misère et non pénaliser les plus démunis.
Le nouveau maire n’avait pas hésité à distribuer des gâteaux lors de sa campagne électorale. De notre côté, nous distribuerons des mendiants ce week-end sur les marchés afin d’interpeller la population aulnaysienne sur l’absurdité et l’iniquité d’une telle mesure.
Luttons contre la pauvreté, pas contre les pauvres !
Source : communiqué Vivre mieux, ensemble à Aulnay-sous-Bois
Vidéo : Les mendiants priés de quitter Aulnay, les Roms visés
La police municipale applique le nouvel arrêté antimendicité, qui vise notamment les Roms. Ceux-ci sont invités à circuler. S’ils reviennent faire la manche, ils seront verbalisés.
Hier matin, jour de marché, dans le centre-ville d’Aulnay. Par équipe de deux, les agents de la police municipale patrouillent au milieu des étals des marchands. Objectif : prévenir les personnes qui ont l’habitude de faire la manche dans ce secteur de l’existence de l’arrêté municipal antimendicité, pris le 29 avril par le nouveau maire UMP, Bruno Beschizza*.
« Pour l’instant, nous menons un travail d’information, explique Laurent Chemin, chef de service des brigades de jour à la police municipale. Nous expliquons l’arrêté aux contrevenants et nous leur demandons de quitter les lieux. S’ils reviennent, nous les verbaliserons. Ils risqueront alors jusqu’à 38 EUR d’amende. » Le message est semble-t-il passé puisque, fait exceptionnel, hier en milieu de matinée, seul un homme mendiait devant le Monoprix. « Dès 9 heures, nous avons demandé à une jeune femme rom, avec un bébé dans les bras, de circuler. Nous avons également informé un autre membre de sa famille qui faisait la manche un peu plus loin. Ils ont compris puisqu’ils sont partis en direction de la gare où ils ont pris le train. » Un jeune homme qui vendait du muguet sur le parking du marché a également été prié de quitter les lieux.
« Cet arrêté n’a pas pour objectif d’engorger les tribunaux, martèle Bruno Beschizza, venu faire un tour sur le marché. C’est un outil juridique pour permettre aux polices municipale et nationale de lutter contre la mendicité. » Le nouveau maire ne s’en cache pas : cet arrêté n’est que le prélude à l’évacuation des trois bidonvilles roms qui abritent près de 2 000 personnes.
Annie, Josette, Claude et Gilles, un groupe de retraités, n’en attendaient pas moins du maire : « Des gens qui font la manche, il y en a toujours eu. Mais là, il y en a trop. Ils sont sur le marché, dans le souterrain de la gare, partout. Et c’est sans parler des bidonvilles… Alors, oui, cet arrêté, c’est bien. » Michaël, un des barmen du quartier de la gare, ne dit pas autre chose. « Vendredi, ils étaient encore à l’entrée et à la sortie du souterrain de la gare et près du Monoprix. Il y en a qui demandent un peu d’argent, d’autres qui jouent de la musique. Cette semaine, une Rom est entrée dans le bar. J’ai dû la chasser ! Elle importunait les clients. » Même écho chez une des fleuristes du marché : « Ils vendent du muguet, du lilas, pour rien du tout ! Moi, mes fleurs, je les achète aux Halles. Du coup, c’est plus cher et personne n’en veut ! Alors, oui, que le maire les chasse ! »
Pour autant, les habitants d’Aulnay ne sont pas tous, loin de là, favorables à cet arrêté. « Moi, je prends le train tous les jours à la gare et, honnêtement, les Roms ne m’embêtent pas du tout. Pour moi, cet arrêté, c’est de l’affichage politique », commente Anette, 52 ans. « C’est vrai qu’ils sont presque tous les jours dans le souterrain de la gare. Mais franchement, ils ne sont pas agressifs, estime Ayat, 29 ans, une pharmacienne du quartier. Personnellement, je leur donne régulièrement de l’argent. Et je ne suis pas la seule. A la pharmacie, on a des clients qui achètent du lait pour leurs enfants. » Attablé au comptoir d’un café, Dominique, 58 ans, s’avoue gêné par cet arrêté : « Moi, j’habite dans les quartiers nord. Ils sont tous les jours au carrefour de l’Europe. Mais, si on ne veut pas donner, on ne donne pas. Et puis, ce sont des êtres humains. Il faut un peu d’humanisme ! »
De fait, nul n’est dupe. Cet arrêté ne va en rien régler la question rom. « Je veux juste faire passer le message que si dans certaines villes du département, tout leur est permis, à Aulnay, ils ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent », conclut le maire UMP
* Il est interdit de faire la manche de 8 heures à 20 heures dans six secteurs de la ville, jusqu’au 30 septembre.
Source : Le Parisien du 05/05/2014
Bruno Beschizza prend un arrêté antimendicité à Aulnay-sous-Bois
L’ancien policier, devenu maire UMP de la ville aux dernières élections, a décidé d’interdire la mendicité dans plusieurs zones de sa ville.
Un arrêté visant à interdire la mendicité a été pris mardi par le maire d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) Bruno Beschizza (UMP), élu fin mars à la tête de cette ville de 81 000 habitants, a-t-on appris auprès de la municipalité.
L’arrêté, effectif à compter du 29 avril, interdit la mendicité «lorsqu’elle trouble la tranquillité des personnes ou entrave leur passage ou gêne la commodité de la circulation», précise le texte, dont l’AFP a obtenu copie. Valable jusqu’au 30 septembre 2014, il concerne plusieurs secteurs de la ville, dont celui de la gare, détaille l’arrêté, qui fait état d’un «nombre croissant de personnes» mendiant dans la ville, «parfois de manière agressive ou avec enfants».
Bruno Beschizza, ancien policier, a été élu fin mars avec plus de 60% des voix face au socialiste Gérard Ségura au second tour des élections municipales. Il est membre de l’aile droite de l’UMP.
Plusieurs villes de France, comme Nice, Montpellier, Chartres ou Nogent-sur-Marne, ont pris par le passé ce type de décisions. A Paris, trois arrêtés antimendicité avaient été pris en 2011, sur les secteurs des Champs-Elysées, des Grands magasins et du Louvre. Jugés inefficaces, ces arrêtés n’ont pas été reconduits en 2012.
Source : AFP
De quelle façon l’exploitation de la mendicité peut-elle être réprimée ?
Le fait de recueillir les dons de personnes en se faisant passer pour sourd-muet et en faisant croire que l’on représente une association de bienfaisance, ou non, constitue une manœuvre frauduleuse pouvant caractériser le délit d’escroquerie prévu et réprimé par les articles 313-1, 313-2 3°, 313-7 et 313-8 du code pénal. Les peines sont portées à sept ans d’emprisonnement et à 750 000 euros d’amende lorsque l’escroquerie est réalisée par une personne qui fait appel au public en vue de la collecte de fonds à des fins d’entraide sociale.
C’est ainsi, par exemple, que, par un arrêt du 13 avril 2011, la cour d’appel de Montpellier a confirmé le jugement du tribunal correctionnel de Rodez du 10 mars 2010 qui a prononcé une condamnation pénale pour ce genre de pratique délictuelle.
En outre, l’exploitation de la mendicité est réprimée spécifiquement par le code pénal. Défini à l’article 225-12-5 comme «le fait par quiconque de quelque manière que ce soit d’organiser la mendicité d’autrui en vue d’en tirer profit; de tirer profit de la mendicité d’autrui, d’en partager les bénéfices ou de recevoir des subsides d’une personne se livrant habituellement à la mendicité; d’embaucher, d’entraîner ou de détourner une personne en vue de la livrer à la mendicité ou d’exercer sur elle une pression pour qu’elle mendie ou continue de le faire; d’embaucher, d’entraîner ou de détourner à des fins d’enrichissement personnel une personne en vue de la livrer à l’exercice d’un service moyennant un don sur la voie publique», elle peut être sanctionnée d’une peine de cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 75 000 euros, notamment lorsqu’elle est commise à l’égard d’un mineur ou d’une personne vulnérable.
Ces dispositions permettent aux services de la police nationale et aux unités de la gendarmerie nationale de déférer devant l’autorité judiciaire les personnes participant, organisant et tirant profit de ces pratiques.
