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Emeutes à Baltimore : quand les médias français attisent les problèmes raciaux à l’étranger

baltimore_emeuteVous en avez certainement entendu parler dans la presse et les médias nationaux : suite à la mort d’un individu à Baltimore suite à une arrestation, la ville de Baltimore subit de véritables émeutes, notamment dans ses quartiers populaires. Les bavures policières ne sont pas rares aux États-Unis, et ce n’est pas la première fois cette année qu’un individu meure de circonstance étrange suite à une altercation avec la police.

Les médias français, friands de sensationnalisme, jouent la carte raciale en indiquant les origines de l’individu décédé. Dans le Parisien par exemple, nous pouvons voir le titre : « Etats-Unis : émeutes à Baltimore juste après l’enterrement d’un jeune Noir« . Vous avez bien lu, c’est avant tout un « Noir » et non un être humain, un américain, qui est décédé lors d’une arrestation par la police de Baltimore. Si prompt à pointer les problèmes raciaux ailleurs, les médias français, en général, sont beaucoup plus complaisants avec les problèmes d’intégration dans l’hexagone. Si la population noire d’Amérique, issue majoritairement de la déportation de populations africaines lorsque l’esclavage était autorisé, est proportionnellement plus pauvre et plus exclue que la majorité d’origine européenne du pays, la France ne connait pas, dans une certaine mesure, les mêmes symptômes ? Les descendants des immigrés venus entre 1950 et 1975 sont aujourd’hui entassés dans des cités, des quartiers que certaines personnalités politiques appellent « des Ghettos ». Des échauffourées, des affrontements avec les forces de l’ordre ne sont pas rare non plus. Mais ici, le traitement de l’information est différent.

Ainsi, lorsqu’un jeune homme est tué en France dans l’un de ces quartiers défavorisés, que ce soit par les forces de l’ordre ou via un règlement de compte, les médias français n’indique pas « mort d’un jeune noir« , « mort d’un jeune arabe« , « mort d’un jeune chinois« , mais parle de « jeune » tout court. Pourquoi cette différenciation dans le traitement de l’information ? Allez savoir. Les médias français devraient peut-être balayer devant leur porte avant de pointer les problèmes raciaux ou d’intégration à l’étranger.

 

 

 

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Publié le 28 avril 2015, dans Actualité, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. Premier point, pour que les médias français puissent « attiser » les problèmes raciaux à l’étranger, aux Etats-Unis en l’occurrence, encore faudrait-il que ces médias aient une quelconque once d’influence dans ce pays.
    Peut-être avez-vous lu dire « montent en épingle les problèmes raciaux ». 😉

    Deuxième point, les Etats-Unis, comme les pays anglo-saxons, divisent leur société sur des considérations ethniques, raciales. Les stats ethniques ne posent pas de souci chez eux, alors qu’elles restent interdites pour des raisons idéologiques chez nous.
    Les gens s’y voient donc comme blancs, latinos, noirs, asiatiques, native american en tout cas pour ce qui en reste; ce qui ne les empêche nullement de se sentir Américains voire même profondément Américains. Suffit d’observer l’entame de n’importe quel match de basket NBA de saison régulière et la ferveur du public, toutes couleurs de peau confondues, lorsqu’est entamé l’hymne national avec présence systématique sur le parquet de militaires représentant des différents corps d’armée. Impensable ici.

    Troisième point, j’ai souvenir qu’en 2007-2008 lors de la campagne présidentielle américaine, une certaine gauche française antiraciste tombait en pâmoison devant Obama et, lorsqu’il a été élu, l’a érigé en symbole, en modèle. Non pas pour son programme politique, mais pour… sa couleur de peau. Et ces mêmes antiracistes se prenaient à rêver en un Obama français, càd en un président noir.
    Il serait donc raciste de voir ce jeune tué par la police comme étant un noir, mais antiraciste de voir Obama comme un noir ?

    Quatrième point, on ne peut dresser de parallèle entre l’histoire des jeunes noirs américains, dont la présence sur le sol américain est la conséquence d’une déportation massive depuis le continent africain à des fins de traites négrières, et les jeunes d’origine immigrée nés en France.
    Mis à part les descendants d’Antillais et autres Ultra-marins, les jeunes d’origine africaine, maghrébine – habituellement en 1e ligne à chaque émeute – ne sont absolument pas des descendants d’esclaves, et leurs parents n’ont pas été déportés vers la France à des fins d’esclavage. Et cela, même si les territoires dont sont originaires tous ces jeunes étaient des colonies (je suis moi-même issu d’une ancienne colonie française et je n’ai pas un « faciès très catholique »; qu’on ne me fasse pas un énième procès en racisme).

    En outre, dans ces fameux « ghettos », vivaient jusque là des Français, des immigrés européens. Ces barres HLM n’ont donc pas été bâties afin d’y entasser des noirs et des arabes, pour la faire courte, mais pour y loger des Français, immigrés européens qui jusque là végétaient dans des bidonvilles. Malheureusement, le bétonnage à outrance était très en vogue à l’époque, ce qui a donné ces grands ensembles lugubres.

    PS : Parmi les jeunes qui se tuent en voulant fuir la police ou que la police tue, ou encore qui se font dessouder lors de règlements de compte, je ne crois pas qu’il y ait énormément de « jeunes chinois ».

  2. JEAN LOUIS KARKIDES

    En effet,nous ne sommes ni en Afrique du Sud ,ni aux Etats Unis où l’esclavage des noirs par les bancs a laissé des cicatrices et des relents nauséabonds encore de nos jours.
    Les médias français n’empêcheront pas les importantes manifestations aux USA lorsqu’un jeune noir est abattu.
    Mais notre pays dans une moindre mesure n’est pas à l’abri d’actes racistes de certains policiers.
    Le contrôle au faciès montre comme la façon dont sont traités certains CV que le ver est encore dans le fruit de notre démcratie

  3. Six policiers sont désormais inculpés pour homicide suite à la mort du dénommé Freddie Gray, un jeune noir.
    Le policier faisant face aux charges les plus lourdes parmi les 6 inculpés s’appelle Caesar R. Goodson Jr. Et il est… noir.
    Du reste, sur les 6 policiers poursuivis par la justice, 3 sont blancs et 3 sont noirs (dont une femme).

    http://www.washingtonpost.com/local/who-are-the-police-officers-charged-in-the-death-of-freddie-gray/2015/05/01/dde6bc2e-f01f-11e4-8666-a1d756d0218e_story.html
    http://www.nytimes.com/2015/05/02/us/freddie-gray-autopsy-report-given-to-baltimore-prosecutors.html?_r=2

    En outre, la maire de Baltimore, Stephanie Rawlings-Blake, dont dépendent les policiers de la ville * est noire, ainsi que le chef de la police (Anthony Batts).

    * Aux Etats-Unis, il n’existe pas, à l’échelon local (comtés, villes) de force de police nationale/fédérale comme chez nous; il s’agit de polices dont les chefs sont soient élus (comté) soit sous la responsabilité directe des maires (villes).

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