Le Collectif Pour le Triangle de Gonesse ne veut pas de la ligne 17 même si cela crée des emplois !

Le CPTG répond au communiqué de presse daté du 26 octobre 2020, sous le titre « Desserte du Nord-francilien par la ligne 17 du Grand Paris Express :la CCI Paris Ile-de-France alerte sur un grave dérapage de calendrier ». En publiant des données fausses, sans précision des sources, c’est la CCI Paris Ile-de-France elle-même qui dérape.  

  • Elle annonce que le taux de chômage du Grand Roissy dépasse 30% ». Selon le recensement INSEE de 2016, le bassin dit du Grand Roissy Le Bourget (2 intercommunalités, 50 communes) comptabilisait 51 600 chômeurs pour une population active de 291 000 travailleurs occupés ou disponibles. Soit un taux de chômage de 17,75%, à comparer à la moyenne régionale d’Ile-de-France de 12,71%. On est loin des 30% affirmés dans le communiqué !
  • Elle prétend que « pas moins de 250 000 voyageurs par jour pourront emprunter la ligne 17 ». Le site https://www.societedugrandparis.fr/gpe/ligne/ligne-17 de la société du Grand Paris, dans « Chiffres clés », indique 40 à 50 millions de voyages/an attendus, soit 110 000 à 137 000 /jour. Une offre bien surdimensionnée au regard des besoins de 16 500 actifs du territoire travaillant à Roissy, dont 10% en transports en commun.
  • Elle invoque le développement des zones d’activités économiques aux portes de Paris et 80 000 emplois nouveaux. Il existe pléthore d’offres de zones existantes qui peinent à se remplir (Saint-Denis, friche PSA Aulnay, Aérolians/ Tremblay, Paris-Nord 2, Villepinte…) Quelle valeur accorder à ce chiffre de « 80 000 emplois nouveaux » affirmé sans la moindre preuve, alors que les chantiers des pôles d’affaires autour de l’aéroport sont à l’arrêt et que l’activité du pôle de Roissy a diminué de 70%. On promettait jadis 10 000 emplois pour EuropaCity à Gonesse, alors qu’Auchan aujourd’hui a fermé 21 grandes surfaces et annoncé 1500 licenciements. Le gouvernement, sans attendre la pandémie, a évité au territoire une catastrophe sociale, économique et environnementale en décidant l’abandon d’EuropaCity.
  • Enfin, la CCI Paris Ile-de-France méconnaît gravement les tendances du marché des bureaux, exacerbées par la crise sanitaire : baisse de la demande avec le développement du télétravail et la réduction des charges immobilières des entreprises, recherche par les employeurs d’implantations dans des quartiers mixtes logements/activités, désaffection des salariés pour les transports en commun. Bref, tout l’inverse d’une ZAC Triangle de Gonesse excentrée, desservie par une gare en plein champ.

La ligne 17 n’est pas la pièce manquante du puzzle régional des transports comme le déclare le président de la CCI Paris Ile-de-France, Didier Kling.

En ce qui concerne « la connexion espérée entre les bassins de vie et les bassins d’emplois », il s’agit là encore d’une fable. En dehors du « quartier des Aviateurs » de Blanc-Mesnil qui serait desservi par la gare du Bourget /Aéroport, la ligne 17 Nord relierait des pôles d’activités entre eux (Triangle de Gonesse, Parc des expositions, Roissy T2 et Roissy T4), ce qui représente 3% des besoins des usagers de la région d’après l’Enquête Globale des Transports*. Et faut-il un métro au Mesnil-Amelot, petit village d’à peine un millier d’habitants ? Les véritables pièces manquantes demandées par les habitants du Val d’Oise et de la Seine Saint Denis sont plutôt les suivantes : 

  • L’amélioration des RER B et D. Pour le RER D ce sont avant tout la régularité et le prolongement de la desserte de certains trains jusqu’à Louvres ou Survilliers-Fosses, actuellement en terminus à Villiers-le-Bel qui sont demandés.
  • L’achèvement du tram-train T11 (anciennement tangentielle Nord) Sartrouville-Argenteuil-Epinay-Le Bourget-Noisy le Sec avec deux gares dans le Val d’Oise, au cœur du Val d’Argent (50 000 habitants) et en plein centre-ville d’Argenteuil (1ère ville du Val d’Oise : 110 000 hab.) bien plus utile aux Val d’Oisiens que la gare Triangle de Gonesse sans habitants.
  • La desserte par la ligne H de la nouvelle gare Saint Denis-Pleyel du Grand Paris Express.

La crise sanitaire et climatique a montré la nécessité d’envisager d’autres modes de développement basés sur une relocalisation de l’économie près des zones d’habitat, la valorisation de circuits courts et la remise en cause d’une course à la « mobilité », aussi illusoire que mal vécue par les usagers.

Source : Collectif Pour le Triangle de Gonesse

Publié le 5 novembre 2020, dans Actualité, Emploi, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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