La Gauche décortique le budget 2025 pour Aulnay-sous-Bois et alerte sur les finances !

Nous avons connu cette année les pires conditions pour analyser le budget de la commune, un 1er envoi du budget primitif 2025 le 27 mars puis l’envoi du bilan 2024 le 3 avril , soit 5 jours avant le Conseil Municipal du 9 avril mais il manquait des documents essentiels et obligatoires sans lesquels l’analyse était difficile. La municipalité d’Aulnay rend la trésorerie de Sevran, responsable du problème ! Les documents ne sont arrivés le 9 avril qu’à midi pour le Conseil Municipal à 20 h ! Malgré ces problèmes, voici notre analyse du budget.

  • Bilan de l’exercice budgétaire 2024

2024 a été une année faste puisque les recettes ont augmenté de 10 millions soit 181 M.

Les dotations et subventions (État, Région, Métropole …) sont restées stables ou ont augmenté.

Les recettes des services municipaux sont en hausse, peut-être la conséquence d’un nombre plus important d’inscrits mais aussi de l’augmentation des tarifs cantine, périscolaire, loisirs, santé etc… Mais surtout il y a eu 8,5 M de recettes exceptionnelles de la vente de biens municipaux, bâtiments, terrains …

Les dépenses sont prévues à 161,4 M, en baisse par rapport à 2024. D’une part, la ville a bénéficié d’une baisse des « fluides » (eau, électricité, chauffage, carburant) d’autre part, l’équipe municipale a réduit les dépenses sur de nombreux postes électricité, chauffage, frais de voirie …

Les charges de personnel 2024, mal estimées à 92 M (nous leur avions signalé l’erreur) ont été réévalués à 95,3 M, prenant en compte les avancements d’échelon, de grade des agents et surtout un dérapage sur les heures supplémentaires.

Sur les recettes d’investissement (pour les travaux et projets), seulement 29 M ont été utilisés sur les 45 M inscrits au Budget et pour les dépenses, 22 M réalisés pour 38 M inscrits.

De nombreux travaux ont été annulés (aménagements, constructions, rénovations…). Il est clair que la municipalité freine les investissements alors que les retards de travaux s’accumulent. On comprend mieux pourquoi la ville se dégrade d’année en année.

Finalement, il n’y a eu que 3,4 M pour l’ensemble des travaux de rénovation, une misère au regard de l’état de la voirie et des bâtiments publics.

Au niveau des projets : 3M pour le Boulevard de Strasbourg, autant que pour tous les travaux ! 1,3 M pour l’antenne jeunesse Berteaux, 1,2 M pour la vidéoprotection, comme pratiquement tous les ans et moins d’un million pour la laiterie Garcelon, les berges du canal et travaux divers.

La dette 2024 est à 147,8 M mais la part annuelle à rembourser reste élevée à 14,5 M.

  • Le Budget primitif 2025

Les recettes de fonctionnement retrouvent le niveau des années précédentes,169 millions. L’embellie n’aura duré qu’un an.

Les impôts et taxes, 52 M augmentent de 750 000 €, soit une hausse de 10 M depuis 2019.

Les dépenses de fonctionnement atteignent 163 M en augmentation de 1,3 M malgré la baisse des tarifs des fluides et 1,7 M d’économies dont 300 000 € de moins pour le nettoyage des locaux.

Les enfants et les enseignants étaient gelés cet automne à cause de problèmes récurrents de chaudière. Des économies sont nécessaires mais elles ne doivent en aucun cas pénaliser les enfants des crèches, les élèves et les adultes par un manque de chauffage ou d’hygiène.

Les charges de personnel atteignent 96,4 M soit 1,1 M de plus, le montant exact de la hausse de la participation de la ville aux cotisations retraite des agents municipaux. Il est donc fort probable que les charges de personnel augmentent encore avec la prise en compte des avancements des agents.

Certaines économies impacteront le personnel : baisse pour la formation, sur les primes et indemnités, sur les dépenses de médecine du travail, presque divisées par 2 !

Les transports collectifs chutent, 7 500 € au lieu de 88 000 ! qui sera touché ? Les élèves, les seniors, les associations ?… Par contre les dépenses de réception triplent, près de 100 000 €.

Au niveau des investissements, les programmes de travaux et projets étant réduits, il y a moins de travaux réalisés dans la ville (mis à part la poussée d’immeubles !) donc moins de TVA et moins de subventions. Quant aux recettes financières, elles ne peuvent plus compter sur des excédents de fonctionnement qui ont fondu. (-14 M)

La seule issue de l’équipe municipale, pour réaliser des travaux et payer la part de dette à rembourser de 13,7 M, c’est un nouvel emprunt de 9,7 M.

Il n’est prévu que 14,7 M de projets et travaux et lorsqu’on retire les études et les subventions d’équipement, il n’y aura plus que 12,6 M ! C’est le montant nécessaire pour une ville de 25/30000 habitants soit 65 € par habitant !

3,7 M pour les travaux récurrents dans les bâtiments, la voirie… au lieu des 11 M nécessaires. Pour les équipements : Bld de Strasbourg encore près de 6 M, (le double que pour l’ensemble des travaux) 2,3 M pour la Laiterie, 2M pour les berges du canal, 350 000 pour les caméras et 180 000 pour la rénovation de la salle Méliès du théâtre Jacques Prévert.

Voici leurs choix, extrêmement limités alors que les quartiers attendent leur rénovation ainsi que les bâtiments publics, que des kilomètres de rues et de trottoirs sont dégradés et dangereux …

Ils rafistolent, ils bouchent les trous … Il n’est plus question d’adaptation de la ville au changement climatique, de mise en accessibilité, ni même d’aménagements pour les vélos et piétons.

En conclusion, 2024 a bénéficié de recettes exceptionnelles grâce aux cessions de biens municipaux et de baisses des dépenses, ce qui a permis de dégager une épargne non négligeable mais pourtant insuffisante pour financer l’annuité de dette.

Ce sera beaucoup plus difficile pour 2025 avec des recettes qui stagnent et des dépenses en hausse. Le soi-disant budget de « bon père de famille » est un budget au bord du gouffre, qui ne répond plus à l’urgence, sacrifie le patrimoine par manque chronique d’investissements. Un budget qui ne peut répondre aux besoins des aulnaysiens en rénovant les quartiers dégradés, en réalisant de nouveaux équipements tels que les écoles, crèche … pour répondre à l’augmentation de la population, conséquence du nombre croissant de nouveaux logements.

Source : Oussouf SIBY Président de groupe, Sarah KASSOURI, Guy CHALLIER, Jean-Marie TOUZIN

Publié le 14 avril 2025, dans Budget, Politique, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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