Archives de Catégorie: Budget

Budget primitif 2022 à Aulnay-sous-Bois, intervention du Président de groupe, Oussouf SIBY

Chers collègues,

Mesdames et Messieurs qui nous regardent et qui nous écoutent,

Le budget est un moment de vérité, un moment où les mots ne peuvent plus travestir la réalité des choix politiques.

Pour 2022, on note une augmentation des recettes de fonctionnement de 4,3 % soit 173 M au lieu de 166 M, une hausse  due notamment à une progression des dotations et allocations compensatrices.

Par contre, les dépenses subissent une hausse de 2,71 % soit 155 M au lieu de 151 due en partie à la reprise de l’inflation.

Afin de réduire les dépenses, vous poursuivez la politique menée depuis 2014 sur le secteur qui pèse le plus sur le budget, c’est-à-dire la masse salariale.

Le service jeunesse passe donc à l’IFAC d’où une baisse de 1,2 M. Mais cette somme se retrouve en dépense puisqu’il faut bien payer l’IFAC. Même constat pour le service propreté : le personnel n’est plus géré par la ville qui doit payer près de 1M au privé.

Ces privatisations révèlent un total désengagement de votre équipe dans des domaines si importants que sont la petite enfance, la jeunesse, les loisirs mais aussi la propreté de la ville. 

Pour autant, les charges de personnel sont affichées stables à 94,4 M comme en 2021. Or, on doute de la sincérité du montant qui n’intègre ni le glissement vieillesse technicité (GVT), ni la hausse de la valeur du point d’indice qui pourrait peser près d’1 M€ en plus.

Même remarque pour la charge financière inscrite à près de 3 M, inchangée par rapport à 2021. Les taux d’intérêt ont commencé à  augmenter fortement. Le variable dont le livret A représente 50% de la dette, si les taux augmentent de 1% cela fera près d’1 M en plus.

Au niveau des investissements, puisque l’épargne nette est négative, que des emprunts à répétition, en partie inutilisés en 2021ont fait exploser la dette, vous avez décidé de réduire les emprunts pour 2022 et de renégocier la dette mais aussi de « lisser les investissements » sur les 5 ans à venir.

Nous avons noté seulement 10, 5 M pour les projets dont 6 M pour l’école du Bourg 2 –  1,7 M pour le programme de vidéoprotection  puis des opérations plus modestes entre 600 et 200 000€ 

et une participation de 4,6 M aux équipements publics Mitry Princet

12,3 M pour l’entretien courant dont 2,7 M pour la rénovation du patrimoine bâti, 2,2 M pour les espaces publics, 1,6 pour l’informatique, 874 000 pour la piscine, 410 000 € pour l’ensemble des travaux dans les écoles soit 7454 € par école !

A Aulnay, le ratio des investissements pour les travaux et projets par rapport aux recettes de fonctionnement est inférieur aux villes de même strate (18,6 % contre 21%)

En recettes d’investissement, vous inscrivez près de 11 M de cession ? Quels terrains ou propriétés communales avez-vous déjà vendu et les actes notariés sont-ils déjà signés pour que vous puissiez déjà inscrire les sommes au budget primitif comme étant des recettes certaines ? 

Quant à la répartition des recettes et des dépenses dans les différents secteurs, nous avons la surprise de constater que nous n’avions dans la présentation du BP que des pourcentages. Les graphiques des années précédentes avec les montants accordés à chaque service avaient disparu, on se demande bien pourquoi.

Au niveau des dépenses, on note que le secteur sécurité et salubrité continue d’augmenter 12 M dont 9 uniquement pour la sécurité.

La répartition recettes et dépenses varient assez peu mais les sommes allouées à certains secteurs ont baissé régulièrement depuis 2014 : l’enseignement, les secteurs famille, logement et surtout aménagement et services urbains (42 M en 2013 , 52 en 2014 mais 20 pour 2022 )

La présentation de ce budget primitif confirme notre analyse lors du DOB : en appliquant les mêmes stratégies depuis 8 ans vous parvenez à équilibrer le budget mais sans pouvoir reconstituer l’épargne, en endettant considérablement la Ville pour des investissements minimes. Voilà l’impasse dans laquelle vous êtes parvenus et vos pistes de réflexion nous laissent perplexes :

  • réduire la masse salariale. Il s’agit surtout de casse du service public sans réelle économie.
  • « optimiser les dépenses de fonctionnement » c’est-à-dire les réduire mais dans quel domaine ? Il y a sans doute des économies nécessaires mais quand on voit que la ville dépense 3 740 € par mois pour l’entretien des plantations et de la fontaine de la Place Abrioux ou que les contrats de prestation de services passent de 518 000 € à près de 2, 8 M, on se pose des questions.

Que deviendront les subventions aux associations et aux partenaires ? Prenons l’exemple de l’ACSA . Alors que de plus en plus de familles sont en difficulté vous diminuez la subvention. En 2022 les structures des 3 Quartiers, Mitry, Albatros et Gros Saule devront fonctionner avec un budget de fonctionnement  misérable de 39 000 €.

  • « solliciter les partenaires pour participer aux travaux et projets », c’est une stratégie qui paye, tant mieux pour la ville mais « lisser les investissements » à 20 M par an, on sait que c’est insuffisant. On voit déjà des rues et des trottoirs dans un état lamentable et un retard de travaux dans les bâtiments publics qu’il sera difficile et fort coûteux à rattraper dans les années à venir.
  • « une politique tarifaire plus juste ». C’est tout-à-fait votre stratégie annoncée au DOB 2016 lorsque vous disiez Monsieur le Maire : « Plutôt que de faire le simple choix d’augmenter la fiscalité, ce qui est inéquitable au regard des administrés et plus particulièrement du contribuable qui n’utilise pas l’ensemble des prestations portées par la ville, la municipalité a orienté cette relation vers l’usager. » Et vous donniez l’exemple des tarifs de restauration scolaire et des centres de loisirs liés au profil de la famille et au taux d’effort en regard du coût de prestation.

On en a vu les conséquences: 700 enfants n’ont plus bénéficié de la cantine devenue trop chère.

Nous avons vu récemment que cette politique se mettait en place avec les ateliers payants pour les enfants à la Maison de l’environnement et du patrimoine.

En étant sur le principe de « faire payer les usagers » vous n’êtes pas sur une position de solidarité de tous selon ses moyens. Or, les sommes dégagées par une fiscalité contrôlée et raisonnable permettent de donner plus à l’ensemble de la population.

Le taux de fiscalité sur le non bâti, moitié moins du taux national aurait pu être augmenté depuis des années sans pour autant compromettre l’installation d’entreprises

Mais vous poursuivez une autre stratégie qui consiste à bétonner la ville du nord au sud.

Les 100 000 habitants seront vite atteints, une solution pour augmenter les recettes fiscales mais qui engendrera également de nouvelles dépenses !

Pour toutes ces raisons, nous ne voterons pas le BP 2022.

Source : Oussouf Siby, président du groupe des élus de Gauche à Aulnay-sous-Bois

Poursuite des recherches de subventions pour réhabiliter la laiterie Garcelon à Aulnay-sous-Bois

La Ville poursuit ses recherches de subventions pour réhabiliter la laiterie Garcelon, dernier vestige agricole du sud d’Aulnay-sous-Bois.

Objectif : 73% de subventions pour développer des activités pédagogiques autour de l’agriculture urbaine.

Le tribunal administratif épingle la mairie de Drancy sur son budget 2019

Jean-Christophe Lagarde.
Paris, FRANCE-18/09/2015

La justice a annulé la délibération portant sur le budget de l’année 2019. Une décision qui arrive tardivement, l’exercice en question ayant été exécuté depuis longtemps. Ce qui n’empêche pas l’opposant qui a saisi le tribunal administratif de s’en féciliter.

Le tribunal administratif (TA) de Montreuil tape sur les doigts de la Ville de Drancy. Dans un jugement rendu le 14 janvier, la juridication indique qu’Hacène Chibane, conseiller municipal d’opposition, « est fondé à demander l’annulation de la délibération en date du 11 avril 2019, par laquelle le conseil municipal de Drancy a approuvé le budget primitif pour l’exercice 2019 ainsi que, par voie de conséquence, celle de la délibération du même jour, par laquelle ce même conseil municipal a approuvé les autorisations de programme et les crédits de paiement pour 2019 et celle de la délibération portant fixation du produit fiscal et des taux des impôts locaux pour 2019 ».

Source et article complet : Le Parisien

La Cour des comptes ausculte les failles de la Seine-Saint-Denis

Observée avant la crise, la baisse du chômage en Seine-Saint-Denis n’a pas permis de réduire les difficultés des publics les plus éloignés de l’emploi. Entre janvier 2017 et octobre 2021, le nombre de foyers recevant le revenu de solidarité active (RSA) a augmenté de plus de 7 %, passant de 82 220 à 88 230. Une hausse de plus en plus difficile à gérer par le territoire, a rappelé la Cour des comptes dans un rapport publié jeudi 13 janvier 2022. Les difficultés de réinsertion de ces publics accentuent le problème, puisque 44 % des bénéficiaires du RSA en Seine-Saint-Denis le sont depuis au moins cinq ans.

Source et article complet : Le Journal du Grand Paris

Le budget du Conseil départemental de 2022 de la Seine-Saint-Denis en baisse

Une enveloppe globale en baisse pour des secteurs en hausse

Une baisse totale qui s’explique tout d’abord par la renationalisation du financement du RSA, désormais pris en charge par l’état. Cependant, cela a permis une hausse des dépenses de fonctionnement et du budget d’investissement, d’après le Département. Ces deux secteurs ont observé par rapport à 2021 une hausse de 2,6% pour l’un et de 42% pour l’autre.

Soit 37 millions d’euros dépenses de fonctionnement pour atteindre 1,48 milliard d’euros. L’augmentation du budget d’investissement de 2021 représente 122 millions d’euros pour représenter la somme « jamais égalée » de 408 millions d’euros.

Source et article complet : Actu.fr

La sous-traitance des services publics coûte 160 milliards par an à l’état

 

Une centaine d’agents et de cadres de la fonction publique s’est penchée sur le coût exorbitant de l’externalisation des services publics dont la facture s’élève à 160 000 milliards d’euros par an, ce qui représente tout de même environ un quart du budget de l’état et donc 7% du produit intérieur brut.

Désormais réunis au sein du collectif  » Nos Services publics « , ces agents de terrain et ces cadres ont additionné toutes les formes de sous-traitance, allant de la délégation de service public à la prestation de service en passant par les partenariats publics-privés qui n’apparaissent en réalité n’être que de fausses bonnes affaires pour les contribuables et les usagers qui perdent en quantité et en qualité de services d’abord et pour l’état qui paie une note très salée ensuite.

Ce collectif estime que cette dérive qui dure depuis des années résulte directement des injonctions imposées par Bruxelles, lesquelles n’ont pas d’autres objectifs que de tout transférer à l’économie de marché et au privé, en croyant naïvement que le privé saura toujours faire mieux et moins cher, ce qui est une illusion car la diminution du coût du service se traduit toujours et invariablement par une perte quantitative et qualitative des services pour les usagers, et par des conditions épouvantables de travail infligées aux salariés de ces entreprises qui pressurisent les salaires et limitent les prestations au minimum pour servir des dividendes à leurs actionnaires.

La sous-traitance de l’action publique mise en place à tous les niveaux des collectivités locales et au sein de l’appareil d’état se paie donc très cher pour des services rendus aux citoyens insuffisants et qualitativement dégradés. Il serait peut-être temps de restaurer une fonction publique efficiente que les dirigeants et les élus de tous bords politiques n’ont cessé de massacrer…. 

Article rédigé le 3 mai 2021 par Catherine Medioni

Et pourquoi pas à Aulnay-sous-Bois…un budget participatif ?

Un  Aulnaysien  adresse cette décision municipale  de sa ville d’adoption au Maire d’Aulnay-sous-Bois.

Une enveloppe de 30 000€ pour chaque quartier de la ville

Afin de renforcer les liens de proximité, de dialogue et de confiance dans les quartiers, la municipalité de la ville de …… a décidé d’allouer 150 000€ aux 5 quartiers de la ville pour faire émerger les idées soit un budget annuel maximum de 30 000€ par quartier.

La municipalité de ….. souhaite faire vivre la ville avec ses habitants. De ce fait, elle veut encourager l’information, la concertation et l’appropriation des projets dans le sens de l’intérêt général et collectif.

 Donc, pour aller plus loin, la municipalité a décidé d’attribuer des budgets participatifs aux citoyens de la ville (sauf associations et personnes morales) , âgés d’au moins 12 ans et dont les initiatives serviraient à l’intérêt générale et collectif. Avec notamment un accent porté à la dimension de fraternité, le but est clairement de toucher la population et les comités de quartiers

 Un comité de pilotage verra également le jour pour contrôler et accompagner ces initiatives

PS : la ville de …… : une municipalité LR de 48 000 habitants

Source : Un Aulnaysien

Intervention de Benjamin Giami sur le budget 2021 d’Aulnay-sous-Bois

Ce soir, nous devons donc voter le budget et faire par conséquent une analyse de vos dépenses de ces dernières années. Avant de commencer, je souhaiterais faire un bref rappel sur les chiffres financiers et budgétaires de notre ville.

Le budget global de la ville s’élève à environ 219 millions d’euros, 151 millions d’euros au titre des dépenses de fonctionnement et 68 millions pour les investissements.

Sur les 151 millions d’euros de dépenses de fonctionnement, il faut rappeler qu’il y a plus de 94 millions d’euros dédiées aux charges de personnel.

Le poste des ressources humaines est donc très, voire trop important puisqu’il représente plus de 60% des dépenses de fonctionnement. Et ce qu’on remarque, c’est que même si l’on a moins de salariés, la masse salariale continue à progresser.

Alors pourquoi ? Déjà, simple exemple, vous avez multiplié par deux le nombre de Directeurs Généraux Adjoints, les faisant passer de 4 à 8, avec des salaires très élevés, ce qui n’est pas justifié puisque vous mettez en place des délégations de services publics et que les transferts de compétences se font désormais de la ville vers le territoire Paris Terre d’Envol.

Les charges de personnel augmentent donc alors que nous sommes dans une situation financière et budgétaire extrêmement inquiétante. Alors, où allez-vous faire des économies ?

Par exemple, vos dépenses relatives aux sports et à la jeunesse passent de 5,9 millions d’euros à 4,8 millions€. Donc tout est une question de priorité, vous me direz. Mais baisser autant les dépenses dans ce domaine me semble être une erreur et un très mauvais signal à notre jeunesse.

Sur les dépenses d’investissement, vous avez de moins en moins de marge de manoeuvre. En 2020, 20% des dépenses étaient destinées au remboursement de la dette. En 2021, la part de ces dépenses dépasse désormais les 25 %. Oui, vous avez bien entendu : un quart des dépenses d’investissement est désormais destiné au remboursement de la dette. Et devinez quoi, sur les recettes de la ville, eh bien 28% proviennent de nouveaux emprunts ! Sans oublier que près de la moitié de cette dette est à taux variable. C’est un véritable cercle vicieux.

Après un mandat de mauvaise gestion, nous nous engageons sur la même voie, les dépenses d’équipement sont financées par l’emprunt… La dette s’alourdit de plus en plus, passant de 100 millions en 2014 à 160 millions d’euros aujourd’hui, pour atteindre selon vos projections 184 millions d’euros en 2025.

Le ratio de l’encours de dette par habitant augmente de près de 7% en une année, à environ 1900€ par habitant en 2021, sachant que la moyenne des villes de même strate est de 1410€. C’est-à-dire que toutes les dépenses à venir vont être grevées par cette épée de Damoclès que l’on a sur nos têtes.

Bientôt, vous ne pourrez plus rien faire, car la dette a pris une telle importance qu’elle ne pourra qu’augmenter. Les chiffres que je viens de citer sont éloquents. Et ce, en grande partie à cause des charges de personnel qui sont trop fortes et des dépenses inconsidérées que vous avez engagées ces dernières années, notamment un parking à 7 millions € où personne ne va.

Et que dire du stade nautique ? Si nous ne contestons pas l’utilité d’une piscine pour notre ville, nous nous interrogeons sur la réalité de son coût et la maitrise des dépenses à venir, quand on sait que le constructeur vient de vous demander 2,8 millions d’euros supplémentaires par rapport à ce qui était prévu, en raison de retards liés à la pandémie et à des mesures de protection supplémentaires. Ce surcoût imposé à la ville est inquiétant pour la suite de la délégation de service engagée pour 25 ans.

Encore une fois, pour justifier votre manque de marge de manœuvre, vous n’aurez pas d’autre choix que de continuer à vous défausser sur les autres pour justifier votre gestion de bon père de famille. Vous pourrez encore et toujours justifier votre dette par la baisse des dotations de l’Etat. Pourtant, les chiffres sont là et sont sans équivoque. Même si les dotations avaient été maintenues, la dette aurait augmenté drastiquement.

Et pour faire suite à ce que vous avancez, il n’y a pas de comparaison possible entre la mission du gouvernement qui est de soutenir l’économie et d’aider les différents secteurs en crise, alors qu’avant cette crise, le gouvernement s’est toujours attaché à respecter la règle des 3%, et votre gestion imprudente de la ville depuis plus de 7 ans.

Par conséquent, bien évidemment, le groupe « Aulnay Plus Fière Plus Forte » votera contre ce budget.

Source : Benjamin Giami, président du groupe Aulnay Plus Fière, Plus Forte

Vidéo, Benjamin Giami s’inquiète du budget catastrophique de la ville d’Aulnay-sous-Bois

Lors du conseil municipal du 7 avril 2021, chaque président de groupe pouvait s’exprimer sur le budget 2021 de la ville d’Aulnay-sous-Bois. Benjamin Giami, président du groupe Aulnay Plus Fière, Plus Forte, s’est exprimé sur le sujet et dresse un bilan bien sombre des finances de la ville :

  • Part de la charge du personnel
  • Salaire ahurissant des salaires des DGA malgré une délégation à Paris Terre d’Envol
  • Augmentation de la dette
  • Part du remboursement de la dette dans le budget
  • Augmentation de la facture pour le centre nautique

Compte-tenu de ce constat, Benjamin Giami a appelé à voter contre ce budget.

Ci-dessous, la vidéo de son intervention :

Benjamin Giami alerte Bruno Beschizza sur la situation financière désastreuse de la ville d’Aulnay-sous-Bois

Merci Monsieur le Maire,

Je tiens tout d’abord à remercier les services de la ville pour ce rapport qui nous a été transmis la semaine dernière. Je sais combien il a dû être difficile de fournir tant d’éléments financiers et budgétaires au regard de la situation actuelle.

Avant d’aborder le point relatif au rapport d’orientation budgétaire, je souhaiterais rappeler que la crise sanitaire que nous vivons tous, depuis le début de l’année 2020, a poussé le gouvernement et les banques centrales à prendre des mesures fortes et efficaces pour préserver au mieux notre économie.

L’ampleur du soutien de l’Etat à l’ensemble des secteurs fait de la France l’un des pays les plus protecteurs au monde. Je pense notamment aux soutiens à l’activité partielle, au fond de solidarité pour les entreprises, aux prêts garantis par l’Etat, à l’aide exceptionnelle de solidarité, à la prime jeune précarité destinée aux moins de 25 ans ayant perdu leur emploi ou leur stage en raison de la crise etc.

Pour impulser un rebond économique et atteindre un niveau de croissance permettant de revenir au niveau d’activité d’avant-crise, le gouvernement a mis en œuvre un plan de relance de 100 milliards d’euros, le plus important de tous les plans de relance des Etats membres de l’Union européenne. Sur ces 100 milliards, 40 milliards seront financés par l’Europe. Avec un objectif simple : renforcer la compétitivité des entreprises, accélérer la transition écologique et préserver l’emploi et la cohésion sociale.

Et, bien évidemment, dans votre rapport d’orientation budgétaire, vous nous faites part de votre grande inquiétude quant aux mécanismes qui seront mis en place pour apurer cette dette COVID. Pas une seule fois, en revanche, il n’est fait mention des très grandes dépenses engagées par la région, présidée par la droite, voire même du département, présidé par la gauche.

Pour revenir à Aulnay, je souhaiterais commencer ici par un point intéressant à évoquer dans cette assemblée : la différence entre votre rapport de l’an dernier, où vous prévoyiez une dette de 153 millions d’euros en 2025, avec votre rapport d’aujourd’hui où vous prévoyez désormais une dette de 184 millions d’euros en 2025. Il y a un écart de 31 millions d’euros pour cette même année 2025, entre vos prévisions de l’an dernier et aujourd’hui !

Cela en dit long sur la fiabilité des projections que vous faites chaque année et sur la sincérité de votre rapport d’orientation budgétaire. Je me souviens surtout de certains des membres de votre majorité, qui faisaient l’an dernier ici-même un exercice d’autosatisfaction sur les bons chiffres budgétaires et financiers de la ville, forts de leurs 8000 voix aux élections municipales, alors que nous n’avons cessé de vous alerter sur la pente dangereuse que vous prenez. C’est quand même préoccupant de se tromper de 31 millions d’euros d’une année sur l’autre ! Il y a de quoi se poser des questions !

Et, bien évidemment, vos présidents de groupes vont encore une fois nous dire ce soir combien la situation financière de votre ville n’est pas dramatique, ou inversement dire que c’est la faute à l’ancien maire qui a quitté ses fonctions il y a sept ans, ou encore que c’est la faute au président Hollande ou au président Macron… Bref, ce sera forcément la faute à quelqu’un d’autre !

Ce soir, nous allons encore le répéter : la ville est dans une impasse financière dramatique. Il se passe aujourd’hui exactement ce que je vous ai dit il y a deux ans.

La dette continue d’augmenter à un rythme très élevé.

  • En 2020, nous étions à 162 millions d’euros de dette.Rappelons qu’en 2014, à votre arrivée au pouvoir, nous avions une dette de 100 millions d’euros.
  • Vous avez affirmé que la dette avait grimpé sous la mandature Ségura. C’est désormais faux : sous son mandat la dette grimpait de 11 millions d’euros, sous la vôtre c’est de plus de 10 millions. Vous n’avez pas du tout infléchi la pente. Bien au contraire.

Sur l’épargne nette, qui est je le rappelle les recettes de fonctionnement moins les dépenses de fonctionnement et le remboursement de capital :

Comme nous l’avons prédit il y a deux ans, l’épargne nette de la ville est désormais négative. Cela veut dire que la ville n’a pas assez chaque année pour rembourser sa dette. La ville d’Aulnay doit désormais emprunter pour rembourser la dette. C’est le serpent qui se mord la queue ! La ville n’a donc plus aucune capacité d’investissement propre.

J’aimerais juste rappeler ici que la pandémie que nous subissons de plein fouet depuis un an n’est en rien responsable de cette situation financière catastrophique. Les recettes de la ville ne sont pas liées au cycle économique, à part les droits de mutation qui sont restés stables à environ 2,4 millions d’euros.

Maintenant le futur. Quel futur attend notre ville ?

La situation financière va empirer, année après année. Et elle correspond une nouvelle fois à ce que j’ai annoncé il y a deux ans. Voilà ce qui nous attend :

  • Une épargne nette durablement négative pour les trois prochaines années. Au moins.
  • Une capacité de désendettement qui va empirer. Je rappelle qu’au-dessus de 10 années de capacité de désendettement, c’est-à-dire le nombre d’années qu’il nous faut pour nous débarrasser de notre dette, notre ville est en mauvaise santé financière.
  • Je rappelle aussi que le plafond prévu pour les communes de notre taille par la loi d’orientation des finances publiques est de 12 ans. 12 ans de capacité de désendettement maximum.
  • En 2020, Aulnay avait une capacité de désendettement de 14 ans, ce qui n’était pas bon. Désormais, pour 2021,vous prévoyez une capacité de désendettement de 30 ans ! Oui, 30 longues années.
  • Alors, vous nous dites que vous allez faire des efforts, et que par un coup de baguette magique vous allez redescendre à 18 ans pour les prochaines années. Pour ma part, je ne crois pas à la transmutation du plomb en or.

Vous savez très bien ce qui est en train de se passer. La dette de la ville augmente d’environ 10 millions d’euros par an : elle atteindra près de 190 millions d’euros fin 2024. Soit un quasi-doublement par rapport à la situation de 2014, à votre arrivée aux affaires. Je suis même malheureusement persuadé que nous serons bien au-delà de ces 190 millions d’euros de dette.

Votre rapport d’orientation budgétaire ose même présenter une baisse des investissements et une légère baisse de la dette en 2025. C’est une plaisanterie. Nous serons à ce moment-là en période pré-électorale et, bien évidemment, ce sera tout le contraire avec une hausse de la dette et une hausse des investissements.

Par conséquent, le groupe « Aulnay Plus Fière, Plus forte » n’est plus ici pour vous alerter ou vous dire combien il est inquiet pour notre ville, il est surtout ici pour alerter les Aulnaysiennes et les Aulnaysiens sur la pente dangereuse she vous prenez pour Aulnay.

Source : Benjamin Giami, conseiller municipal et chef du groupe Aulnay Plus Fière, Plus Forte

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