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Les amis de Camélinat : Lettre ouverte à Monsieur le Maire d’Aulnay-sous-Bois
Vous avez fait inscrire à l’ordre du jour du conseil municipal du 15 octobre votre intention de débaptiser la place Camélinat pour lui donner le nom de Jean-Claude Abrioux, ancien maire de 1983 à 2002 et qui a habité le quartier proche de la place Camélinat.
Déjà en 2011, l’ancien maire, M. Segura, sur proposition du député Gérard Gaudron, avait annoncé son intention de rebaptiser la place Camélinat en place J.C. Abrioux. L’émotion des habitants du quartier, la mobilisation d’élus, d’enseignants, de professeurs d’histoire et de notre association avaient amené le maire d’alors à y renoncer. Et la commission municipale avait sagement suggéré de donner le nom de J.C Abrioux au futur 7e collège – ou à une maison d’accueil médicalisée située rue Robespierre, ce qui n’a pas été fait
Zéphirin Camélinat, membre actif de la Commune de Paris (mars-mai 1871), député de Paris (1885-1889), premier candidat communiste aux présidentielles en 1924, fait partie de la mémoire du mouvement ouvrier. C’est pour l’honorer que son nom a été donné à la place, c’est aujourd’hui inscrit dans la mémoire des citoyens, dans les habitudes des gens du quartier et nul ne comprendrait que l’on modifie cela.
Il nous parait légitime de vouloir attacher le nom d’un ancien maire à une rue, un bâtiment,… Mais cela ne peut se faire au détriment de notre patrimoine et nous vous demandons de sauvegarder le nom de « place Camélinat ».
Persuadés que vous entendrez cette demande, nous vous demandons de recevoir une délégation avant le prochain conseil municipal du mercredi 15 octobre.
Veuillez recevoir l’expression de nos respectueuses salutations.
Source : communiqué Les Amis de Camélinat
Sondage : souhaitez-vous renommer la place Camélinat en place Jean-Claude Abrioux à Aulnay-sous-Bois ?
Maire de 1983 à 2003, Jean-Claude Abrioux avait été la première personne de droite à battre un maire PCF (Pierre Thomas), et ce malgré les pressions. Maire aimé de son vivant, il incarnait la « force tranquille » Aulnaysienne et avait réussi à surmonter les épreuves et les dissidences grâce à l’appui des Aulnaysiens.
Sa disparition en 2011 avait attristé de nombreuses personnes, aussi bien les militants, les sympathisants ou adversaires politiques.
Pour lui rendre hommage et graver à jamais son passage dans les mémoires Aulnaysiennes, la place Camélinat avait, un moment, été proposée pour porter son nom. Mais cela avait fortement déplu à Miguel Hernandez, alors adjoint PCF, et aux apôtres de la Commune. Sous le mandat de Gérard Ségura, il était alors inenvisageable d’opter pour cette proposition.
Mais depuis la victoire de Bruno Beschizza (UMP), la donne a changé. Celui que certains nomment « le digne héritier » de Jean-Claude Abrioux saura t-il lui rendre hommage à sa juste valeur ? La place Camélinat serait-elle la meilleure option ? La rédaction vous propose de vous exprimer de de voter à ce sondage accessible jusqu’à la fin octobre.
Aulnay-sous-Bois : Gérard Gaudron est-il sorti par la grande porte ?
Gérard Gaudron, on aime ou on n’aime pas : son côté parfois taciturne, sa difficulté apparente d’aller au contact des gens et sa relative timidité en ont rebuté plus d’un. Fidèle adjoint de Jean-Claude Abrioux, la légende dit que c’était lui qui « faisait tourner la boutique« , pendant que M. Abrioux (que beaucoup regrettent) faisait de la politique de terrain. Il y a certainement une part de vérité.
Numéro deux de la majorité RPR (puis UMP), celui que certains appelaient avec dédain « Béni Oui-Oui » avait réussi, en 2003, à se faire élire par le conseil municipal après la démission de Jean-Claude Abrioux, ce qui mettait fin à 20 années de gestion de celui qui parvint à prendre la ville aux Communistes.
Conseiller général du Canton Nord à partir de 1985, il perdit face à Gérard Ségura en 1998 puis en 2004, avant de prendre sa revanche aux législatives de 2007 sous l’étique UMP, notamment grâce à la ville des Pavillons-sous-Bois. Mais cette victoire se fit dans la douleur puisque celui-ci dû affronter le Maire des Pavillons-sous-Bois, Philippe Dallier, alors soutenu par…Jean-Claude Abrioux, les deux étant alors dissidents UMP. Cette dissidence eut un impact non négligeable dans le paysage Aulnaysien, dissidence qui laisse encore des traces aujourd’hui.
Alors au sommet de sa carrière politique, le député-Maire fut l’objet d’un scandale national autour de l’affaire des Assedics, dont nous ne reviendrons pas dans les détails. Cette affaire fut habilement utilisée par ses adversaires politiques, mais aussi « quelques amis » qui n’hésiteront pas à se servir de ceci comme une arme électoraliste. Éclatée à quelques semaines des élections municipales de 2008, cette triste histoire lui couta la Mairie…pour 204 voix !
Depuis avril 2008, de nombreuses difficultés vinrent tâcher la vie politique pour celui qui fut longtemps considéré comme le leader UMP local. Tout d’abord, c’est son ex-collègue Jacques Chaussat, qu’il avait pourtant catapulté au Canton sud de la ville sous l’étiquette UMP (il était auparavant UDF), qui profita de ce moment difficile pour faire valoir ses ambitions aux municipales 2014. Il se servi d’ailleurs de Jean-Claude Abrioux pour rallier à lui l’ancienne garde du Maire Honoraire, au nom du Parti Radical. Puis ce fut Frank Cannarozzo, qu’il adouba pourtant aux Cantonales Nord en 2011 en appuyant sa fille Stéphanie Michel-Gaudron en tant que suppléante, qui montra ses ambitions. Gérard Ségura, alors Maire, parvint à conserver son poste de Conseiller Général, en s’imposant assez largement (61% des voix au second tour).
En 2012, M. Gaudron fut emporté par la vague Hollande et perdit aux élections législatives, assez largement face à Daniel Goldberg. Des problèmes de santé ont fortement perturbé le déroulement de sa campagne. Malgré ces échecs, il voulu continuer à militer pour défendre ses chances aux municipales 2014, et prendre sa revanche face à Gérard Ségura. Il eut pour adversaire Frank Cannarozzo et Denis Cahenzli, son complice d’autrefois. C’est finalement Bruno Beschizza qui fut désigné par l’UMP. Notons toutefois que M. Gaudron n’a jamais perdu son sens politique, avec par exemple son soutien à Jean-François Copé lors des élections internes UMP. Donné perdant face à François Fillon dans tous les sondages, c’est bel et bien le Maire de Meaux qui parvint à prendre la présidence du principal parti d’opposition.
A ce moment, Gérard Gaudron aurait pu exiger de l’UMP un poste d’adjoint dans liste menée par M. Beschizza, par ambition, pour toucher des indemnités ou par vanité. Mais M. Gaudron préféra se retirer tout en soutenant la famille à laquelle il a toujours appartenu. En prenant la place de 53, il indiqua par sa position honorifique qu’il soutenait Bruno Beschizza tout en voulant quitter la politique locale, comme le fit Jean-Claude Abrioux en 2008, lorsque c’était..Gérard Gaudron qui menait la liste UMP « Réussir l’Avenir Ensemble« . Certainement conscient de ses problèmes de santé et de son age, il préféra miser pour l’avenir, en adoptant une posture de stratège et de sage face au choix de l’UMP nationale.
A l’heure où on attend toujours que le nom de Jean-Claude Abrioux soit immortalisé par la commission d’attribution des noms de rues et d’espaces publics, peut être que Bruno Beschizza (que certains nomment le « digne héritier de Jean-Claude Abrioux« ) trouvera une toute petite place pour celui qui ne fut Maire que de 2003 à 2008. Peut-être que cela sera fait d’ici quelques années.
Gérard Gaudron, on aime ou on n’aime pas, mais quoique l’on puisse dire, il est sorti par la grande porte !