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PSA Aulnay-sous-Bois : Mercier accusé par Montebourg, défendu par Mélenchon
« Le monde irait drôlement mieux s’il y avait davantage de Lutte ouvrière que de Montebourg! » La pique est signée Jean-Luc Mélenchon. Le dirigeant du Parti de gauche était hier après-midi aux portes de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois. Venu remettre aux grévistes un chèque de soutien, il en a profité pour tirer à boulets rouges sur Arnaud Montebourg. Le matin même, le ministre du Redressement productif avait en effet mis en cause le mouvement politique Lutte ouvrière, accusé de « radicaliser » la situation au sein de l’usine PSA. Sur France Inter, le ministre a rappelé l’« engagement personnel » qu’il avait pris l’été dernier « que personne n’aille à Pôle emploi », à l’issue du plan de restructuration qui doit se traduire par 11000 suppressions de postes au sein du groupe automobile. « Plus on utilise l’épreuve de force et plus on radicalise, moins on rend possible cet engagement », a-t-il ajouté. Auparavant, il avait rappelé que cinq syndicats sur six au sein du groupe ont signé le plan social, à l’exception de « la CGT, courant Lutte ouvrière ».
Militant de Lutte ouvrière
L’usine PSA compte en effet plusieurs militants du mouvement politique, dont le médiatique délégué CGT Jean-Pierre Mercier, par ailleurs élu municipal à Bagnolet et ancien porte-parole de Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) lors de la dernière présidentielle. Arnaud Montebourg n’a visiblement pas apprécié l’irruption, mardi, des grévistes de PSA à la gare de Lyon, alors qu’il s’apprêtait à inaugurer le train Innovation et industrie. « Manifester, est-ce montrer un signe de radicalisation? C’est un grand mot pour bien peu de chose! » a réagi Jean-Pierre Mercier, qui ironise : « Cela pose moins de problème lorsque la famille Dassault, à la tête d’un groupe industriel, compte plusieurs membres de l’UMP! » La grève a débuté mi-janvier au sein de l’usine PSA qui doit fermer ses portes en 2014, et qui comptait 2550 salariés début février.
Source : Le Parisien du 21/03/2013
PSA Aulnay-sous-Bois : les effectifs baissent, la grève continue
Ils interpellaient hier le ministre Arnaud Montebourg à la gare de Lyon, et ils seront ce matin à la gare du Nord pour distribuer leurs tracts. Les grévistes de PSA Aulnay n’ont pas entendu l’appel de Denis Martin, numéro deux du groupe PSA, qui invitait lundi la « minorité qui bloque l’usine » à mettre fin à son mouvement.
La grève se poursuit. « Pour qu’on nous écoute, il faut tout renégocier! » assure Carlos, quinquagénaire gouailleur, mobilisé depuis le début. Bien que les négociations soient officiellement terminées et qu’un accord vienne d’être signé par une majorité de syndicats du groupe, le gréviste veut encore y croire : « La famille Peugeot doit nous entendre, il faut tout renégocier. Ma prime de licenciement, avec quatorze ans d’ancienneté, serait de 20000 €. C’est moins que ce que je gagne en un an! » « Et puis, on attend ce que dira la justice », ajoute un jeune ouvrier, en allusion aux procédures lancées par SUD et la CGT pour faire annuler le plan social. Cependant, les rangs se sont clairsemés. « Il ne faut pas lâcher, s’inquiète Carlos. Je comprends que certains reprennent, mais il faut que le groupe continue… »
Une production minimale
Parmi ceux qui ont quitté la « place de la grève », cet espace situé au centre de l’atelier de montage, il y a Franck. La mort dans l’âme, ce moniteur de ligne a repris son poste il y a quelques jours : « Je ne pouvais plus puiser dans mes économies… Neuf semaines, c’est long, c’est fatigant. » En début de semaine, la chaîne de montage s’est ébranlée, à nouveau chargée de caisses de voitures. La production reste minimale lundi, 110 voitures sont sorties de l’atelier de peinture. Cependant, les effectifs ont quelque peu fondu. Plus de 150 salariés sont déjà partis dans le cadre d’une mobilité temporaire vers l’usine de Poissy (Yvelines).
« Des intérimaires ont fini leur mission et n’ont pas été remplacés », note aussi un salarié. Alors, sur quelques « brins » (tronçons de la ligne de montage), ceux qui restent sont parfois débordés, : « On est en sous-effectifs et on se retrouve impuissants », peste un jeune opérateur, profitant d’un ralentissement de la chaîne. Le jeune homme travaille à la pose des flexibles de freins. Beaucoup de ses collègues sont partis. « Maintenant, on nous demande d’assurer plusieurs postes en même temps. Au début, la production a repris par petites vagues. Hier, j’ai dû faire 60 voitures sans m’arrêter. J’avais à peine terminé qu’on m’appelait sur un autre poste. » Du côté de la direction, on pointe l’effet conjugué des départs temporaires et d’un taux toujours élevé de congés maladie. L’effet devrait s’accentuer au fil des semaines si les mutations provisoires se poursuivaient. Pour l’heure, aucun départ définitif ne peut encore avoir lieu, le plan de restructuration n’ayant pas été validé par un comité central d’entreprise censé avoir lieu courant avril.
Source : Le Parisien du 20/03/2013