La FCPE de l’école Nonneville d’Aulnay-sous-Bois dit stop à la délocalisation d’une classe CLIS
Monsieur le Directeur Académique des Services de l’Education Nationale,
Nous avons appris récemment que vous avez décidé de « délocaliser » à Gagny une des 2 classes CLIS 3 (Classe d‘Inclusion Scolaire pour déficients visuels) de l’école Nonneville 2.
Avec les parents, nous soutenons la mobilisation des enseignants qui se battent pour défendre un dispositif qui a fait ses preuves depuis des années.
Votre décision est inacceptable parce que cela met tout simplement en péril la réussite de la scolarisation des enfants qui seraient touchés par cette mesure.
En effet :
- Pour certains enfants, la continuité et la stabilité de la prise en charge scolaire sont essentielles tant en terme de lieu (ce sont des enfants qui ont à construire des repères qui leur sont propres), qu’en terme d’environnement humain. Les liens tissés avec patience au cas par cas par les enseignantes spécialisées et les ATSEM spécialisées sont primordiales à la réussite de « l’inclusion scolaire ».
- Les réseaux humains, sociaux et sanitaires mis en place au fil des années permettent d’apporter des réponses aux besoins des enfants. Ils sont indispensables à leur réussite scolaire. Une délocalisation arbitraire et précipitée serait de ce point de vue catastrophique.
Notre conseil de parents d’élèves du groupe scolaire Nonneville s’oppose pour cette raison à cette décision technocratique, et dénonce l’absence de concertation, la précipitation de la mise en oeuvre de cette décision qui nie les exigences pédagogiques, éducatives et sanitaires auquel un service public digne de ce nom se doit de répondre. Le projet de délocalisation pour la rentrée de septembre doit être stoppé.
Les échanges que nous avons multipliés avec les enseignants, les familles nous conduisent à poser des exigences soulevées par l’annonce de ce mauvais projet et nous demandons :
- Le retrait sans condition du projet de délocalisation de la classe de CLIS 3 en septembre 2015
- A vous et à Mme la Rectrice rendiez publics les besoins de scolarisation des enfants déficients visuels sans réponse aujourd’hui. Il y a une insuffisance de CLIS 3 sur le département. Plutôt que délocaliser, il faut créer de nouvelles classes de ce type selon un maillage articulé aux besoins, permettant de limiter des temps de transports superflus !
- Nous voulons la confirmation que tous les partenaires essentiels à une telle prise de décision, et clairement nommés dans le Bulletin officiel n° 31 du 27 août 2009, aient été consultés : l’I.A.-D.S.D.E.N, le groupe technique départemental de suivi de la scolarisation des enfants et des adultes handicapés, la C.D.A.P.H., et services médico-sociaux qui ont à intervenir dans les écoles pour contribuer à la réalisation des P.P.S. Et nous voulons en connaitre les résultats !
- La mobilisation des moyens financiers par l’Etat qui à ce jour laisse à la charge des collectivités le financement des équipements et installations adaptées. La localisation des CLIS sur le département ne doit pas être fondée que sur le seul critère de la richesse relative de la commune d’accueil ! L’Etat doit garantir aux enfants, à leurs enseignants et accompagnants l’environnement spécifique et adapté, gage de leur réussite scolaire.
- Que tous les acteurs de la communauté scolaire et acteurs de la prise en charge des handicaps (avec leurs associations et leurs syndicats) se mettent autour d’une table afin de définir à long terme un projet départemental rendant possible l’inclusion scolaire de tous les enfants déficients visuels et visant sa réussite.
- Nous vous demandons Monsieur de recevoir une délégation de parents et de représentants de parents d’élèves dans les plus brefs délais.
Source : lettre de la section locale FCPE
Publié le 9 juin 2015, dans Education, et tagué Aulnay, Aulnay-sous-Bois, FCPE, Gagny, Nonneville. Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.
@ Aux auteurs de ce communiqué punchy : il serait intéressant de venir nous décrire le quotidien de ces enfants, et notamment les différences majeures avec la scolarité des autres enfants, dans leur mode d’apprentissage et leurs relations avec les enseignants spécialisés.
Le décisionnaire d’une telle mesure peut-il justifier avec des arguments solides et fondés le déplacement de cette classe à Gagny ? Pour quelles raisons soudaines la scolarité de ces enfants déficients visuels ne pourrait plus se poursuivre à Aulnay ?