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Alain Boulanger, l’histoire d’une malédiction d’un homme politique du monde associatif pas comme les autres

Alain Boulanger est connu pour ses combats pour le commerce de proximité à Aulnay-sous-Bois, la lutte contre l’implantation du Mc Donald dans cette même ville, et pour sa volonté de peser dans les décisions ayant trait à la circulation. Dirigeant d’une main de fer une association locale (CAPADE), Alain Boulanger est aussi réputé pour son temperament explosif et ses difficultés à travailler en équipe.

Un parcours politique et des déboires parfois coûteux

Le combat d’Alain Boulanger ne date pas d’hier. On peut retracer quelques combats très anciens comme la sauvegarde du Vélodrome à Aulnay-sous-Bois. Ayant un temps appartenu au PCF, Alain Boulanger a été un adversaire politique de feu Jean-Claude Abrioux, maire RPR de 1983 à 2003. Déjà à cette époque, M. Boulanger n’avait pas sa langue dans sa poche, et un article paru dans le Parisien lui valu un célèbre procès pour diffamation, procès qu’il perdit et qui lui coûta très cher.

Il participa aux élections législatives de 2002 (sans étiquette) où il ne fit qu’un score modeste. Puis il se rapprocha du Parti Socialiste, où Gérard Ségura (maire d’Aulnay de 2008 à 2014) émergeait et imposait sa marque au détriment des barons socialistes locaux de l’époque.

C’est ainsi qu’il fut colistier de Gérard Ségura en 2008. Il adopta également l’étiquette PRG pour pouvoir contester le canton Sud, malgré des relations parfois mouvementées avec le leader local Ahmed Laouedj. Il perdit dès le premier tour dans le Canton Sud mais la liste de Gérard Ségura l’emporta au second tour avec 204 voix d’avance sur celle de Gérard Gaudron, maire UMP sortant.

Ce qui devait être une consécration pour un homme politique au parcours compliqué déboucha sur une immense déception. Alors que Monsieur Ségura lui avait promis, au travers d’Ahmed Laouedj, une place d’adjoint (selon nos informations, délégation commerces), la réunion des colistiers qui suivit la victoire de la liste PS-PRG-PCF-Les Verts lui révéla qu’il devait concéder sa place d’adjoint à Philippe Gente, acteur PS local. La réunion fut très animée et M. Boulanger claqua la porte. Ce revers lui est tellement resté au travers de la gorge qu’il ne dormit quasiment pas cette nuit là.

De cette déception, Alain Boulanger adopta dans un premier temps la politique de la chaise vide au conseil municipal. Il n’hésita pas à s’appuyer sur l’opposition UMP pour passer des messages, et réactiva son association CAPADE pour jeter des peaux de banane à la majorité municipale de Gauche. Il obtint toutefois, grâce à la capacité de persuasion d’Alain Amédro (responsable Europe Ecologie Les Vers local), un siège au SEAPFA (syndicats en charge de la gestion des déchets). Siège qu’il ne garda pas suite aux invectives lancées à Gérard Ségura au travers de communiqués interposés et du fait que Gérard Ségura lui reprocha son absence en réunion de groupe.

Alain Boulanger continua le combat et se rapprocha des Verts (qui ont quitté entre temps la majorité). Il s’inscrivit dans une alliance de circonstance avec Abdel Benjana et Fouad Guendouz, qui ont quitté la majorité PS en fin de mandat, pour former un groupe politique et avoir une tribune dans le magasine municipal Oxygène.

Les élections municipales 2014 approchant, il forgea définitivement son alliance avec Alain Amédro – candidat EELV – dont l’accord était d’obtenir la position n°3 sur la liste. Alors que tout semblait bien se passer, Alain Boulanger claqua la porte et annonça son départ de la liste, M. Amédro n’ayant, selon Alain Boulanger, pas respecté son engagement de lui donner la place de N°3. Les listes étant toutes finalisées, il se retrouva hors jeu pour la bataille des municipales, même s’il interviewa tous les candidats – à l’exception de Gérard Ségura – sur leur programme concernant la protection du commercer de proximité et leur position vis-à-vis du futur centre commercial géant Europa City.

Contre toute attente, Alain Boulanger annonça son soutien à Bruno Beschizza, candidat UMP, à quelques jours du premier tour des municipales 2014. Un soutien qui pris de court plusieurs membres de son entourage, et qui causera quelques mois plus tard la démission de plusieurs cadres de l’association CAPADE.

Retrouvera t-on Alain Boulanger sur une liste pour les municipales 2020 ? C’est possible, mais même s’il est resté plutôt en de bons termes avec Bruno Beschizza, reste à savoir si ce dernier voudra d’un « électron libre » dans sa liste (Bruno Beschizza avait déjà écarté après le premier tour Arnaud Biaou, aujourd’hui décédé, parce qu’il n’avait pas respecté ses consignes pendant la campagne et ce malgré tout le talent que M. Biaou avait).

Une vie associative à cent à l’heure mais un désir de contrôle total

Sur le plan associatif, le parcours de M. Boulanger a été un peu plus fructueux. Son association Capade est toujours debout et sait toujours attirer les foules, les sujets abordés étant il est vrai suffisamment attrayant pour attirer le citoyen lambda (sécurité, commerces de proximité, circulation…). Cependant, le caractère explosif de M. Boulanger et sa volonté d’être le seul maître incontesté à bord ont beaucoup entaché son parcours associatif malgré un réseau impressionnant (sous-préfets, préfets, politiques, commerçants, patrons…).

Au niveau de CAPADE par exemple, lorsque l’on assiste à une réunion publique, les autres membres du bureau sont presque muets. Certains diront qu’ils font tapisserie. Alain Boulanger, en tant qu’excellent tribun, monopolise la parole et la distribue au public quand bon lui semble. Les membres du bureau les plus à l’aise à l’oral ont soit quitté le navire, soit été poussés vers la sortie. Lorsque Alain Boulanger annonça son départ de la présidence de CAPADE en 2013 car en campagne avec Alain Amédro, il octroya ce poste à sa dévouée et fidèle lieutenant Evelyne Janier-Dubry, malgré le fait que des prétendants bien plus à l’aise avaient postulé et s’étaient entretenus avec lui. Malgré le fait que Madame Janier-Dubry devint un court moment présidente de l’association, c’était toujours Alain Boulanger qui prit la parole en réunion publique. Quand il quitta le navire Alain Amédro, c’est sans aucune difficulté qu’il reprit le poste de président de Capade, sans aucune résistance de Madame Janier-Dubry. Certains diront que cette dernière n’était qu’une présidente de façade et que M. Boulanger n’avait en fait jamais perdu le contrôle de l’association.

M. Boulanger participa à des collectifs mais à chaque fois cela s’est très mal terminé :

  • Capade adhéra à collectif de défense des zones pavillonnaires (Collectif pour Aulnay) mais suite à des prises de parole au nom e ce collectif sans en informer le bureau, l’association d’Alain Boulanger fut éjectée
  • Alain Boulanger travailla un temps avec l’éphémère Capade Nord mais cette association aboutit à une impasse
  • Alain Boulanger travailla ensuite dans le Collectif Pour le Triangle de Gonesse mais une divergence de point de vue le fit quitter ce collectif. Alain Boulanger reprocha aux membres du collectif de se focaliser sur la protection des terres agricoles et non sur celle des commerces de proximité
  • Alain Boulanger devint ensuite membre du collectif Euro Pas du Tout (contre Europa City) mais là également, la mariage ne prit pas, il quitta ce collectif qui serait gangrené par les centres commerciaux selon lui

Ce parcours atypique fait de M. Boulanger une personne pas comme les autres. Son talent d’orateur et ses grandes connaissances sur de nombreux dossiers ont de lui quelqu’un d’assez exceptionnel. Hélas, ses difficultés à travailler en équipe et sa relative incompatibilité à supporter la contradiction empêchent son talent de s’exprimer. Dans le monde professionnel, il serait un excellent commercial, mais un bien piètre manager.

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Publié le 12 août 2019, dans Associations, Politique, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Un bel article particulièrement élaboré et précis? enfin…!
    il fallait vraiment connaître l’Aulnaysien en question se référant d’une association Capade qui, ainsi que cela est révélé dans l’article, s’était créée contre le projet du Mac Do car on ne touche pas à Aulnay sud de cette façon, le premier échec. Ce Mac Do dérange-t-il quelqu’un aujourd’hui? Peut être? Donc une assos qui n’en a que le nom car ses quelques soldats sont si peu combatifs sur les terres aulnaysiennes, juste un Président à la barre de…? seul à bord.
    Mais quelques ambiguïtés/
    S’agit-il d’une publicité pour le Monsieur ce qui bien sûr pourrait l’honorer, appréciant la notoriété? ou
    Serait-ce une démonstration d’un parcours particulièrement sinueux qui en fait mène à pas grand chose?
    Mais aujourd’hui, se présente une ixième opportunité bonne à saisir , mais la dernière, auprès du Maire d’Aulnay car ami/ami.

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