Aulnay-sous-Bois, Hadama Traoré veut oublier la polémique et «rendre la ville au peuple»

Le cofondateur du collectif La Révolution est en marche, poursuivi pour apologie du terrorisme après ses propos sur la tuerie de la préfecture de police de Paris, vise la mairie d’Aulnay. Sans être tête de liste.

Pour une fois, il met son solide mètre 90 et sa gouaille sonore en retrait. Pour parler des élections municipales auxquelles il est candidat, Hadama Traoré, 34 ans, militant associatif à Aulnay-sous-Bois, laisse la parole aux colistiers qui l’épaulent dans sa conquête de la mairie.

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Surprise : il ne sera que cinquième sur la « Liste citoyenne et intergénérationnelle » dont il est pourtant la figure la plus connue. Il l’assure : « Cela résume la philosophie de notre projet : l’homme providentiel n’existe pas, il n’y a que des citoyens au service de leur ville, avec leur vécu, leurs idées ! On veut rendre la ville au peuple. »

Un ancien maire-adjoint (PS) comme tête de liste

C’est Raoul Mercier, 80 ans, qui, « parce que l’administration oblige à déterminer une tête de liste », sera au sommet des cinquante noms. Il fut maire-adjoint PS entre 2008 et 2014, et fondateur du CADA (Cercle amical démocratique aulnaysien), une association dont le maire Bruno Beschizza (LR) ne boude pas les réunions.

Parmi les colistiers, Mariatou Sacko, une aide-soignante, Abdel Naït-Addi, un étudiant impliqué dans les actions culturelles de la commune, Cynthia Pastor, associative malentendante, ou Omar N’Diaye, gardien d’immeuble, fondateur avec Hadama Traoré de la Révolution est en marche, le collectif avec lequel ils mènent leurs actions.

Dans les projets, des cours de langue des signes dans les écoles

« Seul Raoul (Mercier) a déjà été élu. Nous ne sommes pas des pros de la politique et pourtant, depuis la création de notre mouvement en 2017, on a fait plus pour les habitants que beaucoup de politiques! » résume Omar N’Diaye. Parmi les actions, « quinze expulsions de logement évitées, et plus de cinquante relogements », égrène-t-il, déplorant que 9000 habitants soient en attente d’un HLM.

Autre fierté : le travail réalisé pour les sourds et malentendants. « Pendant deux ans, nous avons donné des cours de langue des signes gratuitement, rappelle Cynthia Pastor. Malheureusement, la mairie a supprimé notre salle! » Dans les cartons de l’équipe figure ainsi le projet d’instaurer, dans toutes les écoles, des cours de LSF (langue des signes française).

L’ombre de la polémique sur la tuerie de la préfecture de Paris

Au rayon culture, Abdel Naït-Addi juge la ville comme « un désert », regrettant que trop d’initiatives ne trouvent pas d’écho. « Quand j’ai travaillé sur une découverte sonore du quartier des 3000, aucun jeune fréquentant les structures municipales ne s’était inscrit, regrette-t-il. Il faut créer une dynamique ! »

Mais, en toile de fond de cette candidature, difficile pour Hadama Traoré d’éluder la polémique sur la tuerie de la préfecture de police de Paris.

En octobre dernier, après l’assassinat de quatre agents par Mickaël Harpon, après voir pris contact avec des proches du tueur, il avait balayé les explications officielles arguant d’un acte terroriste islamiste. Et suggéré l’hypothèse d’un « pétage de plombs » de Harpon à cause des discriminations liées à son handicap.

Source, image et article complet : Le Parisien

Publié le 13 janvier 2020, dans Politique, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Hadama Traoré à eu le courage d’affronter le Clan Benlarbi !
    Il nous en faudrait d’autres des comme lui

  2. @ samy

    Oui Samy, Hadama Traoré est un homme courageux qui a d’ailleurs payé très cher tout ce qu’il a dénoncé et qui n’était pas flatteur pour l’exécutif local, lequel a mis tout en oeuvre jusqu’à l’acharnement pour l’anéantir professionnellement, économiquement et socialement, ce que personnellement je désapprouve totalement ! Mais contrairement à Bruno Beschizza qui a menti, trahi et déçu, Hadama est un homme de cœur apprécié, en dépit du fait que son impulsivité lui fait commettre parfois des erreurs qui se retournent contre lui…

    C’est d’ailleurs la marque de fabrique de tous ces politiques arrivistes et imbus d’eux mêmes de nuire, lorsque une fois élus, ils outrepassent leurs prérogatives fonctionnelles et abusent de leurs pouvoirs à l’excès pour détruire la vie entière de certains administrés qui n’ont eu que pour seul tort de s’être courageusement et citoyennenement opposés à des projets décriés par la population, en se faisant leur porte parole !

    C’est le sort scandaleux qui me fut réservé en juin 2013 par Gérard Ségura en personne, avec la complicité honteuse de quantité d’élus et d’agents qui ont contribué par leur lâcheté et leur silence à couvrir toutes les violations de lois qui ont été rendues nécessaires pour m’infliger ce qu’en jargon administratif on nomme  » une sanction déguisée « , elle même résultat d’une discrimination politique pourtant interdite par la loi !

    Gérard Ségura et consorts ont pratiqué ce qu’on nomme le  » délit d’octroi d’avantages injustifiés à personne ne disposant d’aucune des qualités requises pour en bénéficier  » et bizarrement les contrôles de légalité ( préfet et juge administratif ) n’ont rien retoqué, alors que plusieurs lois ont été clairement transgressées et que c’est pourtant leur leur rôle fondamental de veiller à la FRANCE UNE et INDIVISIBLE et au respect de l’état de droit.

    A Aulnay sous Bois depuis Gérard Ségura, nous vivons dans une république bananière où les élus s’autorisent des libertés abusives ( passe-droits, clientélisme et favoritisme ) et s’accordent indument des pouvoirs discrétionnaires que les statuts et les lois réprouvent et encadrent pourtant très strictement !

    Je suis heureuse malgré tout qu’il ait fallu attendre toutes ces années pour que la Chambre Régionale des Comptes dénonce les nombreuses irrégularités constatées dans les recrutements, ce qui confirme ce que j’ai moi-même activement dénoncé en 2013, en tant que victime gravement lésée et lanceuse d’alerte, sans jamais avoir été entendue ni aidée, au contraire !

    Le dénigrement hallucinant, mensonger et disproportionné dont j’ai été régulièrement la cible est la preuve formelle qu’il fallait me faire taire par tous les moyens, tellement ce que je révélais et dénonçais mettait en lumière le non respect des statuts de la fonction publique territoriale et le viol de plusieurs lois par le premier magistrat de la ville et par tous ses complices en mairie !

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