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Pas de fermeture définitive du site de PSA Aulnay-sous-Bois avant que chaque salarié ne dispose d’une issue à sa situation
Devant l’annonce de l’arrêt anticipé de la production de la C3 sur le site aulnaysien, Gérard Ségura rappelle la direction du groupe ses engagements. Veuillez retrouvez sa déclaration.
L’annonce de l’arrêt anticipé de la production de la C3 sur le site de PSA-Aulnay n’est en aucune façon une surprise. Dès le printemps dernier, à l’issue du mouvement de grève qui a paralysé l’usine de longs mois, j’avais indiqué à la direction du constructeur automobile que cette éventualité, qui équivaut à une quasi cessation d’activité, ne pouvait être envisagée sans que chacun des salariés n’ait au préalable trouvé une issue à sa situation.
La Ville d’Aulnay-sous-Bois a pris ses responsabilités tout au long du conflit tant dans le soutien politique et logistique apporté aux organisations syndicales que dans l’accompagnement social et financier des salariés habitant notre commune.
Nous avons également pris nos responsabilités dans le traitement prioritaire du dossier d’implantation de la société IDLogistics en vue du reclassement du plus grand nombre de salariés de PSA-Aulnay dans des conditions de salaire et de carrière qui se rapprochent le plus possible des attentes du personnel. En juillet dernier, seuls 5 salariés avaient manifesté le souhait de rejoindre les effectifs d’IDLogistic. A ce jour, la direction de PSA évoque un objectif d’embauche de 150 salariés d’ici fin 2013. Je constate donc que nous sommes très loin des 540 emplois annoncés.
J’attends de la direction du groupe automobile qu’elle respecte scrupuleusement ses engagements en la matière et ne se décide pas à fermer l’usine en laissant derrière elle un seul salarié sans emploi ou sans un projet solide de reconversion. De même, j’entends que les engagements pris par PSA concernant l’installation d’IDLogistics dans la partie nord-est du site ne soient pas remis en cause, ce qui équivaudrait à un désaveu lourd de conséquences.
La Ville d’Aulnay-sous-Bois, en coopération étroite avec le Département de la Seine-Saint-Denis et la Région Ile-de-France, travaille depuis des mois à l’élaboration d’un projet industriel haut de gamme combinant des technologies de pointe et un pôle de formation aux métiers d’avenir. Ce site immense dispose en effet d’un potentiel de développement et d’emploi unique dans notre pays en raison notamment de son positionnement au cœur de la métropole parisienne entre deux aéroports internationaux et au carrefour des plus grands axes d’ouverture sur l’Europe.
Cette vision ambitieuse de reconquête est partagée par le Ministre du redressement industriel, Arnaud Montebourg, avec qui j’ai pu échanger longuement à ce sujet. Je compte que dans les prochains jours les différents échelons territoriaux concernés, avec l’appui du gouvernement, soient en mesure de donner l’impulsion décisive à ce projet d’avenir qui ferait du site d’Aulnay-sous-Bois un concentré exemplaire de la France industrielle de demain.
Source : communiqué de Gérard Ségura, Maire d’Aulnay-sous-Bois
Aulnay-sous-Bois : PSA cesse l’assemblage fin octobre
L’usine PSA Peugeot-Citroën d’Aulnay-sous-Bois, en région parisienne, qui doit fermer en 2014, cessera définitivement de produire des voitures fin octobre, mais continuera de fabriquer des pièces détachées pour d’autres sites, a annoncé aujourd’hui la direction.
La direction explique cette décision par un manque d’effectifs sur la chaîne de montage qui permet d’assembler les Citroën C3, alors que la moitié des salariés, soit quelque 1400 personnes, ont déjà été reclassés en interne ou trouvé un nouvel emploi ailleurs.
Après fin octobre, « on se concentrera sur la production de pièces comme des capots, des portières, on ne fera plus de véhicules complets », a précisé une porte-parole, insistant sur le fait que le groupe « respecte son engagement de maintenir une activité industrielle sur le site jusqu’en 2014 ». Cette annonce a été faite vendredi matin aux syndicats en comité d’établissement.
L’usine, qui avait été paralysée par une grève de quatre mois entre janvier et mai, ne produisait déjà plus qu’une quinzaine de voitures par jour ces derniers mois, un grand nombre de ses ouvriers étant envoyés en renfort dans d’autres usines, absents pour des recherches d’emploi ou des formations. Avant l’annonce de sa fermeture, elle pouvait produire jusqu’à 700 C3 par jour.
Source : Le Figaro
Communiqué du syndicat SUD PSA Aulnay-sous-Bois concernant la fin de la production en octobre
La direction vient d’annoncer au CE de ce matin la fin de la production de la C3 sur le site d aulnay sous bois en mois d’octobre 2013.
Aucun véhicule ne sera produit après la fin octobre 2013.
Le syndicat SUD condamne avec fermeté les mensonges de la direction qui annonçait la fermeture D’aulnay en 2014 et c’est finalement en 2013 que PSA compte fermer aulnay.
Le syndicat SUD compte sur la cour d’appel de Paris pour remettre en cause le plan social.
Le délibéré est prévue le 23 septembre.
Sachant que seul le syndicat SuD poursuit la bataille juridique.
Pour SUD
Mohamed Khenniche
Secrétaire général
PSA Aulnay-sous-Bois : un syndicat dénonce une « inégalité de traitement »
Grévistes et non-grévistes ont-ils été traités sur un pied d’égalité à l’usine PSA d’Aulnay? Réponse de la justice le 10 septembre. Hier, lors d’une audience en référé (procédure d’urgence) au tribunal de Paris, le SIA (syndicat indépendant de l’automobile, majoritaire à Aulnay) a mis en cause l’accord conclu en mai par la direction avec la CGT et la CFDT locale, à l’issue d’une grève de quatre mois. Une « indemnité » de 19700 € a été versée à 160 ex-grévistes qui choisissaient de quitter l’usine sans bénéficier des mesures de reclassement du plan social. La direction de PSA a ensuite étendu ce dispositif à tous les candidats au départ, à condition qu’ils présentent une promesse d’embauche. Si 300 personnes ont pu partir en percevant l’indemnité de 19700 €, d’autres n’ont pu en bénéficier. Le SIA a demandé hier l’extension de cette mesure à l’ensemble des salariés la réclamant.
Source : Le Parisien du 17/08/2013
PSA : taux d’utilisation à 100% en 2016 grâce à la fermeture du site d’Aulnay-sous-Bois ?
A l’occasion de la publication de ses résultats semestriels, le groupe PSA a fait savoir qu’il proposerait aux syndicats, dans le cadre des négociations compétitivité, une modération salariale et une simplification du système des RTT. Les discussions doivent reprendre en septembre…
Porter le taux d’utilisation à 100% d’ici 2016
Cette plus grande flexibilité doit permettre à PSA d’atteindre ses objectifs, c’est-à-dire de porter le taux d’utilisation de ses capacités de production en Europe à 100% d’ici 3 ans. Actuellement, pour s’adapter à la faible demande en France et en Europe, Peugeot est en sous-utilisation de ses capacités de production, avec en 2012 un taux de 75% sur la base de deux équipes cinq jours par semaine. Il se situe même autour de 50% à Rennes, Mulhouse et Aulnay. Le groupe espère boucler son « contrat social » à l’automne, sur le modèle de celui signé par Renault au mois de mars dernier.
Le plan social avance bien
La marque au lion a par ailleurs indiqué que son plan social annoncé l’an dernier, qui prévoit 8.000 suppressions d’emplois en France et la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois, a recueilli à ce jour 5.100 demandes d’adhésion à une mesure de mobilité ou de départ, soit un taux d’engagement d’environ deux tiers.
Source : Boursier.com
Tristes vacances chez PSA à Aulnay-sous-Bois
Ils discutent par petits groupes, assis à l’ombre des arbres devant l’usine. Certains jouent aux cartes entre les lignes de montage pendant qu’un autre fait la sieste sur un matelas déposé à la va-vite, dans le coin de l’un des ateliers désespérément vides. Hier matin, les ouvriers de PSA Peugeot Citroën d’Aulnay sous Bois attendent leur paie et la traditionnelle coupure estivale qui doit commencer dans quelques heures à peine. « Mercredi nous avons sorti 19 voitures quand l’usine peut en produire 700 », soupire Hassan Chedraoui, mécanicien et responsable de la CFTC. « Les gars partent en vacances mais ils pensent au retour, pas au départ. » Le retour, ce sera le 2 septembre.
Trois mois plus tard, l’usine doit fermer définitivement. L’une des salariées, qui ne souhaite pas donner son nom, ne sait pas ce qu’elle fera à son retour. Elle n’a pas été replacée sur le site de Poissy (Yvelines) où trois cents de ses collègues ont déjà été envoyés. Dans ce contexte, la question des vacances ne fait plus partie de ses préoccupations principales : « Je suis déprimée. D’habitude, à cette époque de l’année mes valises sont bouclées, tout est prêt. Là je ne parle pas de vacances, je ne parle que de PSA. »
Roger Torrinha travaille pour le groupe depuis 35 ans. Il fait partie des 1500 salariés officiellement toujours présents sur les lieux et à 55 ans, il observe l’usine où il a passé presque toute sa vie se vider : « la fermeture, c’est comme un gouffre qui se rapproche. Partir en vacances c’est essentiel, même si pour la majorité des gens, la maison, les enfants, les vacances ça passe à la trappe. » Qu’ils soient mutés à Poissy ou sur un autre site de PSA, qu’ils partent à la retraite, en formation ou que leur destin reste flou, tous les travailleurs redoutent la reprise.
Marcel* fait parti de ceux qui iront dès la rentrée grossir les rangs de l’usine de Poissy. « Je vais devoir me lever à 2 heures du matin pour prendre un bus à 3h30 et commencer le boulot à 5h30. Mais je n’ai pas peur », glisse-t-il. Malgré tout, il se méfie : « partout où on va, on entend : “à Aulnay c’est des révolutionnaires, ils foutent le bordel” alors qu’on est des bosseurs! » Quelques mètres plus loin, Jurgen est amer : « La direction nous a donné la carte d’un psy une semaine avant le départ en vacances alors qu’on ne sait pas ce qu’il va se passer à la rentrée. C’est une honte. »
De son côté, la direction précise que le service des ressources humaine assure une permanence tout le mois d’août. « Les salariés pourront joindre quelqu’un s’ils ont besoin d’information pour leurs projets de reconversion », ajoute la responsable de la communication.
* Le prénom a été changé
Source : Le Parisien du 26/07/2013
A PSA Sochaux, Isabelle tourne la page Aulnay-sous-Bois
Il y a un an, elle apprenait la fermeture annoncée de l’usine d’Aulnay après 18 ans surplace. A 45 ans, l’ouvrière prend un nouveau départ.
Ne lui parlez plus d’Aulnay. Isabelle Blanchet ne veut pas regarder en arrière. Il y a un an, pourtant, lorsqu’on l’avait rencontrée aux portes du site PSA d’Aulnay, elle le disait avec conviction dans nos colonnes, au lendemain de l’annonce du plan social : « C’est notre vie, cette usine! » Ce morceau de vie-là — dix-huit années passées sur place — vient de s’achever.
Il y a trois semaines, l’ouvrière qualifiée de 45 ans a pris son poste à l’usine de Sochaux (Doubs). Elle y a retrouvé quelques visages familiers, ceux des quelques dizaines d’anciens Aulnaysiens ayant eux aussi obtenu leur mutation au sein de l’usine historique de Peugeot. « On reste solidaires entre nous, on est un petit noyau d’exilés, de résistants », explique-t-elle dans un éclat de rire. Isabelle fait partie du millier de salariés dont PSA indique qu’ils ont trouvé « une solution d’emploi ».
Mais le changement est brutal. Isabelle ne dira rien de cette année éprouvante, d’attente, de tensions, au sein d’une usine qui se savait condamnée. Elle n’en dira pas davantage de sa séparation avec son mari, un salarié de l’usine lui aussi, en mission à l’étranger. Elle avoue simplement : « Moralement, c’est dur. Je suis déracinée. Il faut tout régler d’un seul coup. Le logement, les travaux, le déménagement, les inscriptions des enfants, la maison à vendre… » Elle peste un peu contre l’entreprise : « Une cellule était censée nous aider dans nos démarches pour le déménagement, mais c’est difficile d’avoir les infos! »
Isabelle est arrivée seule, laissant les enfants dans la demeure familiale, à Crépy-en-Valois (Oise), en compagnie de leur grand-mère. « Je viens seulement de trouver un logement, je l’aurai la semaine prochaine. Pour l’instant, j’habite chez des amis, encore des anciens d’Aulnay! Ça m’a permis d’éviter l’hôtel. »
Et puis il y a la découverte de l’usine, de ses ateliers où sont produits sept modèles différents. Isabelle a retrouvé un poste au service qualité. « C’est immense, c’est un labyrinthe, je m’y perds encore! Et ça n’a rien à voir avec nos petites Citroën C3 d’Aulnay! Ici, on est sur du haut de gamme : la 208 coupé, la 3008… » Elle découvre ce nouvel univers avec étonnement : « Les mots ne sont pas les mêmes. On ne parle pas de montage, mais de système. On ne dit pas équipe, mais tournée. Il faut s’y faire! »
D’ici peu, les enfants la rejoindront, dans le nouvel appartement familial. L’usine va fermer en août. « On ne partira pas en vacances, confie Isabelle. On va refaire les peintures, et puis découvrir la région. » Avant cela, cette ancienne déléguée du SIA (Syndicat indépendant de l’automobile) reviendra une dernière fois à l’usine d’Aulnay pour régler quelques formalités et assister à une dernière réunion.
Source : Le Parisien du 12/07/2013
Lutte Ouvrière PSA Aulnay-sous-Bois : Extrême Droite, un danger pour toute la classe ouvrière
Clément Méric a été frappé à mort par des skinheads. Son tort? Avoir été antiraciste et ne pas l’avoir caché. Les groupuscules d’extrême droite n’en sont pas à leur premier coup. Armés, ils s’entraînent à frapper et agressent ceux dont la tête ou les idées ne leur plaisent pas, étrangers, homosexuels, ou encore militants de gauche, au hasard des rencontres.
Ce meurtre politique aurait pu survenir .n’importe quand, mais il s’est produit après les manifestations contre le mariage homosexuel, transformées en démonstration de force de la droite réactionnaire. Il s’est produit alors que des groupes violents ont profité de ces manifestations pour se mobiliser, faire de la surenchère et multiplier les agressions.
Cet assassinat doit d’autant plus nous alerter qu’il y a dans le pays un climat qui favorise le renforcement du Front national et de ces groupuscules fascisants.
Quoi qu’en dise Marine Le Pen, les deux vont de pair. Depuis qu’elle a pris la tête du FN, elle dit avoir exclu ceux qui affichaient des idées fascisantes. Elle a compris que les petits patrons anti-ouvriers, les calotins et les ex-légionnaires ne suffiraient pas à la faire élire. Pour brasser plus large, il lui faut donc rendre le FN plus présentable.
Mais le Front National s’est créé et continue de prospérer sur l’idéologie raciste et nationaliste, sur la perspective d’un régime .autoritaire et haineux à l’égard des pauvres et impitoyable avec les travailleurs et leurs organisations. Jean-Marie Le Pen, qui a été dans sa jeunesse un pilier de l’extrême droite fascisante et
parachutiste dans l’armée tortionnaire pendant la guerre d’Algérie, ne s’en est jamais caché.
Même quand Le Pen fille cherche à donner au FN une allure respectable, sa politique empeste le racisme. Le FN prétend se battre pour que chacun ait un emploi et un logement, mais c’est à condition d’être français. Il s’oppose à la baisse des allocations familiales pour les Français ; pour les travailleurs immigrés, il défend leur suppression!
Il n’y a donc rien d’étonnant de voir des nervis à croix gammée grenouiller dans le milieu du FN. Et rien de surprenant à ce que Marine Le Pen elle-même soit liée personnellement à ces gros bras.
Plus le FN se renforcera, plus ces gens-là se sentiront confortés.
Source et article complet : communiqué Lutte Ouvrière PSA Aulnay-sous-Bois
1700 salariés encore présents sur le site PSA à Aulnay-sous-Bois
Formations, forums de l’emploi, entretiens d’embauche… Voilà ce qui rythme désormais les journées au sein de l’usine d’Aulnay, où la ligne de montage ne tourne presque plus. 1700 salariés environ sont encore présents sur le site, contre 3300 l’an dernier (intérimaires compris). Sur l’effectif de juillet 2012, la direction indique que 1000 personnes ont trouvé une « solution d’emploi », 1000 ont « une piste sérieuse », et que le dernier tiers « hésite encore ». Parmi les salariés qui ont déterminé leur choix, 700 ont pour l’heure opté pour une mutation vers un autre site, et 1300 pour un reclassement externe. 200 d’entre eux ont ainsi souhaité avoir un contact avec l’entreprise ID Logistics, qui doit s’installer sur le site de PSA, avec 600 emplois à pourvoir.
Alors que le sort des salariés concentre l’attention des syndicats, le devenir du site fait toujours l’objet de contacts réguliers entre les élus locaux, les pouvoirs publics et la direction du groupe. Le maire PS d’Aulnay, Gérard Ségura, indique avoir rencontré le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, mercredi, sur ce sujet. « L’idée est de faire de ce site une référence en matière d’industrialisation », explique-t-il.
Mais c’est aussi l’objectif affiché par la direction immobilière du groupe PSA, qui s’apprête à présenter à l’ensemble des acteurs concernés une « image directrice » du site, laissant entrevoir son évolution « à vingt, trente, cinquante ans », avec la construction de logements, d’équipements de loisirs, l’installation d’activités tertiaires. « Mais on veut augmenter significativement la surface dévolue à l’activité industrielle et logistique, ainsi que les espaces verts », souligne Sigrid Duhamel, directeur immobilier groupe.
Source : Le Parisien du 12/07/2013
Ces ouvriers de PSA Aulnay-sous-Bois vont devenir chauffeurs de bus
Il y a peu, Inyas, Abdallah, Sébastien et Jonathan portaient encore leur tenue grise d’ouvrier. Désormais, c’est en chemise et cravate qu’ils se rendent à l’usine d’Aulnay. Celle-ci doit fermer en 2014. Mais pour eux, l’après PSA a déjà commencé, au volant d’un bus qu’ils s’exercent à conduire sur l’un des immenses parkings désormais déserts du site. S’ils valident leur formation, fin septembre, ils seront embauchés par la RATP. « Il faut avancer, on ne va pas attendre que l’usine soit démolie au-dessus de nos têtes », glisse Abdallah, 36 ans.
Trois cents salariés visés
Tous quatre font partie des premières recrues du centre de transition professionnelle (CTP). Pilotée par l’Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes), la structure doit permettre à 300 salariés de l’usine (qui abrite encore 1800 personnes) de se former pour travailler à la RATP, la SNCF et Aéroports de Paris. C’est un peu la « troisième voie » du plan social, en marge des mutations au sein du groupe (qui doivent concerner 1300 salariés d’Aulnay) et des départs volontaires (346 ont déjà eu lieu). Cette mesure avait été plutôt bien accueillie par les syndicats lors des négociations. « Je n’ai que de bons retours pour l’instant », assure Tanja Sussest, déléguée du SIA (syndicat indépendant de l’automobile).
Le CTP s’est installé dans un bâtiment vide de l’usine. Depuis son ouverture à la mi-mai, 170 candidats se sont pressés aux tests de présélection. Sur 60 candidats pour la RATP, 20 seulement ont échoué. « C’est un bon résultat, note Nicolas Rivier, chef de projet de l’Afpa. D’habitude, la RATP ne retient qu’un candidat sur 15 ». Dans les salles de formation, on révise son code de la route, ou certains gestes de maintenance pour l’entretien des voies et des trains SNCF. Certains salariés sont invités à réviser le français ou les maths, à améliorer leur expression orale ou écrite… « Le CTP sert de sas. Il permet de réaliser qu’on va changer d’entreprise et qu’il faudra s’adapter », indique Marie-Christine Isla, consultante senior à l’Afpa. « Le changement, ce sera quand on aura eu nos diplômes et qu’on quittera l’usine », nuance Sébastien. Comme ses collègues, il espère retrouver à la RATP ce qu’il pensait avoir trouvé à PSA : « la sécurité de l’emploi ».
Source et image : Le Parisien du 05/07/2013