Un toit pour elles anéantie par la mairie renaîtra-t-elle de ses cendres ?

Au départ l’association a fonctionné en payant des nuitées d’hôtel aux femmes qui étaient dans la rue, parfois avec de jeunes enfants, ou en sollicitant un hébergement solidaire par l’intermédiaire de leur compte Facebook. Ainsi donc des particuliers femmes se proposaient d’accueillir gracieusement pour quelques jours ces femmes dans l’embarras.

Ces solutions n’étant cependant pas pérennes et fort coûteuses ne permettaient pas vraiment aux femmes de pouvoir se  » poser  » durablement pour effectuer leurs démarches de recherche de logement et de travail. C’est ainsi qu’un toit pour elles a eu l’idée de louer un pavillon qui d’ailleurs leur a été spontanément proposé par un propriétaire héritier qui avait pris connaissance de leur recherche et de leur projet.

C’est donc en toute connaissance de cause que la personne qui avait hérité de ce pavillon à Aulnay sous Bois, avait accepté de le louer à cet association qui recueillait les femmes involontairement placées dans la rue. Un bail a été conclu de gré à gré et l’association a du effectuer 4000 euros de travaux pour rendre ce pavillon habitable.

Des lits, des matelas, des draps et tout ce qui est nécessaire à un bon accueil ont été achetés. La mairie a prétendu dans un premier temps que des voisins soupçonnaient un squat, puis ensuite a déclaré que cette habitation n’était pas aux normes, et enfin qu’il y avait un problème parmi les héritiers dans la succession de ce pavillon…. Désormais elle publie un communiqué où elle accuse clairement l’association de ne pas être en conformité avec les règles d’hygiène et de sécurité

Difficile de ne pas soupçonner que la mairie n’a pas cherché délibérément la petite bête pour obtenir la fermeture de ce modeste pavillon qui avait au moins le mérite, à défaut d’être un hôtel 5 étoiles, d’être fonctionnel et d’accueillir jusqu’à une dizaine de femmes, parfois avec leur bébé. Réunies dans ce pavillon, elles avaient reconstitué une sorte de famille, s’entraidant entre elles et se soutenant moralement. Elles ne faisaient rien de mal, au contraire car cet hébergement plus pérenne que les nuitées discontinues leur permettaient bien davantage d’accomplir leurs démarches administratives et de réinsertion, tant par la recherche d’un logement que d’un travail, d’une formation, d’une alternance ou d’une poursuite d’études suspendues….

Nous pouvons constater que la démarche de cette association est très différente de celle de l’équipe municipale actuelle ! La première trouve des solutions concrètes avec peu de moyens et beaucoup d’engagement et de travail bénévole, tandis que la mairie qui dispose des impôts abondés par tous les Aulnaysiens préfère détruire et anéantir du jour au lendemain le travail persévérant d’une association caritative et humanitaire qui apportait pourtant des solutions pragmatiques et des résultats à une situation désastreuse vécue par les femmes que l’état et même les collectivités territoriales prennent insuffisamment en considération, pour ne pas dire qu’elles s’en désintéressent totalement !

Les exigences astronomiques de la mairie qui ne fait que se réfugier vers des textes et articles de lois tous plus sont fastidieux et abscons à lire et impossibles à réaliser, même avec la meilleur volonté du monde, ne peuvent que s’adresser à des institutions étatiques, pas à des citoyens bénévoles qui se mobilisent pour réparer les injustices engendrées par les pouvoirs publics qui ne font rien ou si peu pour solutionner cette préoccupante problématique des femmes à la rue qui perdure depuis de trop nombreuses années !

Alors peut-être qu’effectivement ce pavillon n’était pas idéalement adapté à l’accueil de quelques femmes, cependant il faut savoir que celles qui y ont été hébergées sont venues de leur plein gré en sollicitant le secours de un toit pour elles, et qu’elles étaient heureuses de se sentir enfin en sécurité et libérées des tourments de la rue !

 L’une d’entre elles, étudiante en master II, s’est retrouvée à la rue dès le 1er confinement car ayant perdu son travail qui lui permettait de payer le loyer de sa chambre, a été contrainte de la quitter. Elle s’est réfugié en plein hiver dans une cave pour se protéger des agressions de la rue et se chauffait en brûlant des morceaux de bois et de papier à l’intérieur d’une boîte en fer pour ne pas créer d’incendie. Croyez-vous vraiment que vivre dans la maison du cœur à Aulnay sous Bois ne représentait pas pour elle une amélioration très nette de ses conditions de survie ?

Une autre jeune femme a été contrainte d’arrêter ses études après sa licence pour prendre en charge sa mère atteinte d’un cancer et en même temps quitter un mari violent ! Pensez-vous que se réfugier dans la maison du cœur n’était pas pour elle un havre de paix bienvenu comparativement à sa situation antérieure ?

Une autre encore s’est retrouvée enceinte avec un conjoint qui l’a abandonnée. Elle élève seule son bébé de 6 mois, le père ne semblant pas se soucier de son fils …. Une autre encore s’est retrouvée sans travail et rapidement sans logement puisqu’elle ne pouvait plus payer son loyer….

Toutes ces femmes ont été heureuses de quitter des situations potentiellement dangereuses pour intégrer la maison du Cœur à Aulnay sous Bois et n’ont pas eu à se plaindre de tout ce qui a été mis à leur disposition pour pouvoir se nourrir, se soigner, dormir en paix, se laver, entretenir leurs vêtements et accomplir leurs démarches administratives avec la sérénité d’avoir une adresse qui ne change pas tous les quatre matins. Elles ont également bénéficié d’ateliers encourageant leur autonomie et favorisant de multiples apprentissages grâce à l’intervention gracieuse de bénévoles chacun spécialistes en leurs domaines.

La mairie qui dispose d’un énorme budget abondé par les Aulnaysiens peut-elle se targuer ou s’enorgueillir d’en faire autant ?

La mairie voudrait-elle nous faire croire qu’elle a le réel souci de ces femmes accablées par la vie et souvent malheureusement par les hommes qui se comportent de façon indignes envers elles ?

Est-il juste de se réfugier derrière quantité de normes impossibles à assumer financièrement pour une association, pour mettre un coût d’arrêt sans appel, sans états d’âme et sans scrupules à ses activités charitables alors même que le secours qu’elle apporte est précieux et indispensable, et qu’elle supplée justement aux défaillances et à tous les manquements des pouvoirs publics et des collectivités territoriales qui devraient au contraire s’emparer de cette cause mettant les femmes à l’abri de la rue et de la prédation des hommes !

Pourquoi la mairie qui juge que rien dans ce pavillon n’est aux normes ni conforme aux prescriptions légales préfère contraindre l’association à arrêter totalement ses activités et son bénévolat, plutôt que de reconnaître le bien fondé et le positif de son travail, en lui fournissant sur la ville un lieu de substitution adapté et conforme à toutes les règles qu’elle exige et impose ?

Elle en a pourtant le pouvoir et les moyens financiers !!!

Nul n’est dupe des manœuvres non fraternelles et non solidaires de la mairie et de ces élus sans cœur qui cherchent à coup de communiqués de presse infamants et sous couvert d’une hallucinante inflation de normes et de règles accablantes pour une modeste association, à se faire passer pour de bons samaritains qu’ils ne sont absolument pas !

Article rédigé les 10 et 11 avril 2021 par Catherine Medioni

Publié le 11 avril 2021, dans Actualité, Associations, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :