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L’Omerta est toujours en vigueur dans les cités d’Aulnay-sous-Bois face au trafic de drogue

silenceLe trafic de drogue ne s’est jamais arrêté dans les cités d’Aulnay-sous-Bois. Tout au plus, il s’est déplacé en fonction des allées et venues des CRS qui, à certaines occasions et souvent sous une impulsion politique ou un fait divers alarmant, se sont positionnés à des endroits stratégiques.

La rédaction d’Aulnaycap a interrogé quelques résidents de ces cités qui n’ont pas souhaiter révéler leur identité. Si les dealers, les guetteurs et les hébergeurs de produits illicites ne sont pas forcément violents et casseurs comme certains l’imaginent (au contraire, le trafic illicite requiert une certaine discrétion), ils font la pluie et le beau temps dans leur quartier.

Ainsi, seuls les résidents « identifiés comme tels » peuvent partir et venir sans être réellement inquiétés. Les visiteurs doivent quant à eux montrer patte blanche. Le simple fait de prendre des photos peut paraître suspect et, à moins d’être fortement accompagnés, il n’est pas rare que des individus accostent et posent des questions avec insistance sur le pourquoi de ces clichés. Généralement sans violence, le photographe ou toute personne suspectée d’être de connivence avec la police est raccompagnée à l’extérieur du « point de deal », terme employé par la municipalité. Ces « points de deal » sont connus des services municipaux, des élus et de la police. Il y a même des consignes pour les éviter. Autant dire qu’il est pratiquement impossible de faire un reportage vidéo…

Certains halls d’immeuble restent occupées, à partir de 12h00 jusque tard dans la soirée. Selon les aveux même d’un résident de ces quartiers dits sensibles par les pouvoirs politiques, il y a une sorte d’accord tacite entre les habitants et les dealers : « On les laisse faire leur trafic, en échange ils ne nous agressent pas, ils n’importunent pas nos enfants, ne font pas de vague et ne nous cambriolent pas« . Pour d’autres, la peur empêche certaines personnes de les dénoncer, sous peine de représailles parfois physiques. Certains prétendent que la police est au courant de ces agissements mais n’intervient pas pour éviter une émeute. Pourtant, quelques descentes et perquisitions ont lieu, les filatures existent. Le manque de moyen de la police semble être un frein pour enrayer ce commerce parallèle qui fait vivre plusieurs dizaines d’individus.

Contrairement aux idées reçues, ces quartiers ne sont pas pour autant des zones d’ultra-violence, de peur et de non-droit. Au profit d’une Omerta, des actifs peuvent se rendre au travail sans avoir peur de trouver un jour, sur le parking, son véhicule brûlé. Les mamans peuvent ramener leurs enfants à l’école sans être inquiétées. Tout le monde semble s’être habitué à ce commerce parallèle, implanté pour durer. Toute personne souhaitant dénoncer ou contester cela est vite ravisée par ses voisins, toute dénonciation peut conduire à des actions parfois brutales.

Plusieurs riverains de ces quartiers ont toutefois remarqué que les patrouilles de police sont plus nombreuses depuis l’arrivée de Bruno Beschizza en 2014. Patrouilles qui rassurent mais qui ne permet pas encore de mettre à mal tout ce business. Certains affirment que les bobos et les enfants fortunés font le jeu des dealers en achetant de l’herbe et du cannabis « pour faire tendance ». Tant qu’il y aura des consommateurs, il y aura des dealers…

 

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