Le budget de la Seine-Saint-Denis passe, le Front de gauche explose

TRoussel_93Le budget 2013 du département a été adopté sur le fil, hier, par le conseil général. Une partie des élus du Front de gauche a voté pour, une autre contre.

l est 13h30 hier lorsque Stéphane Troussel sort ravi de la salle des séances du conseil général à Bobigny. Après quatre heures de débats tendus, son premier budget en tant que président vient d’être voté d’un cheveu : 20 voix pour, 19 contre et une abstention. « C’est une belle victoire qui n’était pas acquise il y a encore quelques semaines », sourit l’élu PS. Mais à quel prix pour le groupe communiste, citoyen, Front de gauche et ses 13 élus, membres de la majorité? Leurs divisions, jusqu’ici contenues, ont éclaté au grand jour.

Car malgré les 30 M€ obtenus du gouvernement au titre de la solidarité entre territoires, l’inscription au dernier moment de 40 M€ qui a notamment permis de réduire l’augmentation des impôts locaux de 7,5% à 5,9%, le président du groupe Front de gauche a jeté un froid d’emblée, annonçant qu’une majorité de son groupe voterait contre le budget. « Ces efforts ne sont pas au niveau. Ce budget reste un budget d’austérité », lâche Pierre Laporte. A droite et au centre, persuadés que le budget passera in fine, les élus se gaussent sur l’air de « Comme d’habitude ».

Les conseillers généraux PS, eux, ne rient pas. « Ce n’est pas au moment où l’on commence à obtenir des avancées de la part du gouvernement qu’il faut dire : on casse la baraque », tonne Claude Bartolone. C’est finalement l’ancien président PC du conseil général Hervé Bramy qui, en toute fin de séance, le visage fermé, vole au secours du budget en annonçant que lui-même et ses collègues Belaïde Bedreddine, Josiane Bernard et Jean-Charles Nègre voteront pour. Visiblement fatigué et dépité, le vice-président du groupe Front de gauche Gilles Garnier s’abstient. Ces cinq voix contrebalancent celles des huit élus du groupe Front de gauche qui ont voté contre, et le budget passe à une voix.

Sitôt la séance terminée, on refait le match à coups de superlatifs. « C’est un vrai séisme, lâche Emmanuel Constant, président du groupe PS. Il y a clairement deux lignes : ceux qui, avec Mélenchon, parient sur la défaite de la social-démocratie et ceux qui refusent d’opposer les deux familles de la gauche ». Le même s’interroge ouvertement sur un possible retrait des délégations des vice-présidents qui ont voté contre (Bally Bagayoko, Pierre Laporte, Azzedine Taïbi). « Il est trop tôt », tempère Stéphane Troussel.

Le divorce au sein du groupe Front de gauche est en tout cas patent. Pierre Laporte n’exclut pas la scission de son groupe. Et Jean-Jacques Karman n’est pas tendre avec ses collègues ayant voté pour, y voyant un « chantage » de la direction nationale du Parti communiste. « Bramy n’est pas fier : il est en service commandé du PC. » L’intéressé, secrétaire départemental du PC, dément. « Je comprends la colère qui a pu conduire à voter contre mais je ne la partage pas. J’espère qu’on n’ira pas jusqu’à la scission. On est divisés sur la marche à suivre, pas sur les objectifs à atteindre ».

Source et image : Le Parisien du 22/03/2013

Publié le 22 mars 2013, dans Actualité, Budget, Politique, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

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