Plus de 600 éducateurs et médiateurs au secours des jeunes dont plusieurs à Aulnay-sous-Bois

Le ministère de la Ville annonce l’embauche en juillet puis octobre de 300 médiateurs et 300 éducateurs spécialisés pour 45 quartiers prioritaires. « Sous-dimensionné », répondent des acteurs de terrain.

« Mettre du bleu partout dans les quartiers, et des coups de matraque, ce n’est pas suffisant ! » Au ministère de la Ville, on l’assure : le mieux aller des quartiers populaires ne passe pas uniquement par la répression. A la place : de l’humain au contact des jeunes qui tiennent les murs. 600 « adultes-relais » vont être embauchés et déployés dans 45 quartiers prioritaires (QPV). Dans le détail : 300 médiateurs et 300 éducateurs spécialisés. Les premiers seront recrutés à Echirolles (Isère) en mai, 300 autres d’ici le 14 juillet, et le reste, en octobre. Une mesure à 26 millions d’euros pour 2021-2022.

Ce dispositif avait été annoncé par le Premier ministre Jean Castex lors du comité interministériel des villes (CIV) à Grigny (Essonne) fin janvier. Le gouvernement avait promis 3,3 milliards d’euros pour la banlieue, dont 2 milliards d’euros pour la rénovation urbaine. Un énième plan Marshall ? « Ces adultes-relais massivement embauchés sous l’impulsion de Nadia Hai montrent que la promesse se veut concrète », insiste-t-on au cabinet de la ministre. Les 45 quartiers sélectionnés, soient 900 000 habitants concernés, l’ont été selon différents critères sociologiques : une famille sur cinq monoparentale, un jeune sur six de moins de 26 ans au chômage, une famille sur deux vivant sous le seuil de pauvreté.

Chacun aura son rôle : les médiateurs seront mobilisés « dans les halls », « en bas des bâtiments », « tard le soir ou le week-end », détaille Mourad Remili, chargé du projet auprès de Nadia Hai. Ils seront financés à hauteur de 20 000 euros par an par l’Etat, et embauchés par les collectivités ou les associations dédiées. Quant aux éducateurs spécialisés, charge à eux de faire revenir les jeunes dans le giron scolaire, de l’emploi, en les orientant notamment. « Ils seront payés entièrement par l’Etat », précise-t-on avenue de Ségur. Dans les deux cas, ils signeront un contrat de trois ans.

Comment mesurer leur impact ? « Tous les trois mois, six, ou neuf mois, nous évaluerons différents indicateurs comme le taux de décrochage scolaire, le taux de délinquance, le chômage, au regard de quartiers comparables », détaille le Ministère. Aujourd’hui, on estime à 3000 le nombre de médiateurs en France, un chiffre en baisse depuis 20 ans.

«Les promesses du gouvernement, je les juge sur pièce»

Qu’en disent les concernés ? « Les promesses du gouvernement, je les juge sur pièce », résume Mehdi, trentenaire d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), considéré comme un « repère » par les plus jeunes. Pour lui, « les quartiers sont trop souvent le moyen de se refaire une beauté à bon compte » pour les politiques. S’il juge que « l’humain, c’est toujours une bonne idée », Mehdi veut aussi surtout qu’on « donne du travail » aux jeunes, « des remplaçants pour les profs », et qu’on « condamne sans tortiller les policiers auteurs de violences ». Car dans ces quartiers difficiles, les services publics sont en recul. A titre d’exemple, en 2018, un rapport parlementaire pointait la Seine-Saint-Denis comme moins bien dotée en matière d’école, de justice et de police.

Source, image et article complet : Le Parisien

Publié le 2 avril 2021, dans Actualité, Jeunesse, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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