Insalubrité et mise en danger d’autrui selon la mairie d’Aulnay-sous-Bois

Les derniers évènements retentissants vécus à Aulnay ont mis en avant l’intervention de la police de l’urbanisme, notamment à l’occasion d’une perquisition musclée dans le lieu privé d’une association humanitaire et caritative portant secours aux femmes qui s’étaient involontairement retrouvées à devoir vivre dans la rue.

Dans le même temps, Hadama Traoré mais également Sylvie Billard, chacun à leur manière et de façon complémentaire, se sont portés au secours des centaines de familles qui vivent dans une énorme copropriété nommée la Morée, pour les aider à sortir de l’impasse dans laquelle un administrateur les a placés. A cette occasion et grâce au reportage photos édifiant publié sur Aulnaycap, nous avons pu mesurer les différences de traitements, de perception et de réaction de la mairie quand à la notion d’insalubrité, et à celle de mise en danger de la vie d’autrui !

L’association Un toit pour elles, dépendante des fonds versés généreusement par des particuliers acquis à la cause des femmes se retrouvant à la rue, avait loué sur proposition de son propriétaire un pavillon à Aulnay sous Bois, en attendant de réunir suffisamment de fonds pour acquérir un bâtiment pérenne plus grand susceptible d’accueillir jusqu’à environ 70 femmes, dont certaines avec de jeunes enfants !

Pendant que la Morée désespère de vivre dans un immeuble sain et sécurisé, UTPE s’est vue signifier son expulsion par la police de l’urbanisme de notre ville qui s’est introduit dans cette habitation privée sans commission rogatoire délivrée par un juge et sans la présence d’un officier de police judiciaire mandaté par le procureur de la république !

Hors, lorsqu’on compare les photos qui montrent l’état déplorable de la Morée avec celles du pavillon de l’association UTPE, on se demande pourquoi la remise en état de la Morée ne fait pas partie des priorités urgentes de la police de l’urbanisme, alors que cette même police s’est montrée excessivement zélée à éjecter ces malheureuses femmes de leur providentiel abri, tout de même plus salubre et sécurisant que la rue d’où l’association les avait sorties !

Comparons maintenant l’état d’insalubrité et celui de la mise en danger de la vie d’autrui, entre le pavillon UTPE et la copropriété La Morée :

Les escaliers de la Morée, non seulement pas neufs, mais sales, voire moisis !

 Les escaliers d’UTPE : D’accord, ils ne sont pas flambants neufs, mais ils sont propres !

Fils électriques apparents et sortant de partout à la Morée… Que fait la police de l’urbanisme ?

Une chambre de la maison du cœur, tout à fait correcte, propre et fonctionnelle

Une autre chambre de l’association UTPE avec des lits et matelas neufs, tout à fait correcte !

La Morée : local compteur gaz, canalisations, local internet …..

Salle à manger et salle d’activités Un toit pour elles

UTPE : Cuisine correcte et fonctionnelle

UTPE : salle de bain propre, correcte et fonctionnelle

Après avoir énoncé quantité de motifs tous plus abracadantesques les uns que les autres, la mairie a fini par déclarer que le lieu était insalubre et qu’il mettait la vie de ces femmes en danger ! Eh bien franchement, en tant que femme, je préfèrerais vivre dans la maison du cœur qui n’est ni insalubre, ni dangereuse plutôt que de devoir vivre et dormir dans les caves, les parkings, les portes cochères ou la rue, exposée à tous les dangers et à toutes les saletés !

Comme peuvent le constater les Aulnaysiens, la perception de la mise en danger d’autrui et de l’insalubrité est tout aussi relative que subjective, et relève parfois d’un point de vue uniquement à charge pour des motifs dissimulés que la mairie ne peut décemment pas invoquer sans se mettre hors la loi et sans mettre en évidence son rejet évident de toutes les formes de pauvreté et de précarité, son absence d’empathie et d’humanisme, son inexcusable défaut de solidarité et de fraternité.

Les 8384 électeurs qui soutiennent cette équipe municipale de privilégiés et nantis devraient avoir honte de se ranger dans le camps des persécuteurs qui veulent exclure de la ville, tous ceux qu’ils jugent  » indésirables  » : Les mendiants, les non imposables, les femmes mises à la rue, et toutes catégories de population marquées au fer rouge pour leur situation économique et sociale. Cet apartheid mis subtilement en place par une équipe municipale clairement extrême-droitiste sans l’assumer est insupportable dans le pays fraternel des droits humains et citoyens.

Photos Sylvie Billard ( La Morée ) et Catherine Medioni ( La maison du cœur )

Article rédigé les 27 et 28 avril 2021 par Catherine Medioni

 

Publié le 28 avril 2021, dans A vous la parole, Logement, Solidarité, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Sylvie Billard

    Bonjour Catherine, Ce comparatif est instructif. Surtout que les photos de la Morée ont été prises après la rénovation… Bien cordialement, Sylvie Billard

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :