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A Sevran, on ramasse les seringues au petit matin

Seringues_SevranMunis de pinces, les agents des services techniques arpentent la ville pour la nettoyer de ces déchets dangereux laissés par les toxicomanes.

De loin, un bâton de sucette ressemble à s’y méprendre à une seringue. Mais Philippe et Farid ont l’œil. Ils n’ont pas besoin de se pencher, ni même de toucher l’objet du bout de leur chaussure pour en avoir le cœur net. Voilà près de quatre mois que, chaque matin, à Sevran, avant l’ouverture des écoles et des centres de loisirs, ils cherchent les seringues usagées, abandonnées dans les fourrés et les buissons. La société de nettoyage Sepur se charge aussi d’une partie de la ville.

Le ramassage des seringues usagées ne date pas du 17 avril, jour où des enfants se sont piqués à l’école Zola. « On travaillait à la collecte des Dasri* depuis mars 2012, explique Abdellah Quossi, directeur du centre technique municipal. A l’automne, on s’est dotés de pinces pour éviter de ramasser ça à la main. Avant on prenait des boîtes au centre municipal de santé pour les y mettre. »

Une cartographie des endroits à risque

Depuis les « événements » d’avril, le ramassage s’est intensifié. Plus de 600 seringues ont été collectées sur les douze derniers jours d’avril, 440 en mai, presque autant en juin, et 140 pour la première quinzaine de juillet. A la ville, quatre agents, dont Philippe et Farid, s’y collent, de 6 heures à 8 heures. Nous les avons accompagnés un petit matin de juillet. Aux abords du centre Poulbot et du centre de loisirs voisin, pas de seringues. L’équipe de ramasseurs n’est pas surprise : « Jamais une seringue n’a été découverte dans la cour d’une des 29 écoles de la ville », assurent-ils. Allongée à même la pelouse, au soleil, une femme dort, en chien de fusil, la tête posée sur son sac à main. Le responsable de la voirie, Abdellah, pense qu’il s’agit d’une toxicomane qui « se repose, après sa prise ». Il s’approche tout de même pour vérifier que la dormeuse n’a pas besoin d’aide.

Des détritus jonchent le sol mais Farid et Philippe s’en désintéressent. Leur boulot, au petit matin, ce sont les seringues, exclusivement. Ici, près du service jeunesse, rien. « Les soirs d’été, il y a des barbecues et en général les toxicomanes s’en éloignent pour faire leur shoot », commentent les agents. La localisation des seringues a été répertoriée sur une carte, et elle répond à une logique assez rationnelle : entre les gares RER et les points de vente (allée La Pérouse, aux Beaudottes ou au Gros-Saule, à Aulnay) et majoritairement dans des endroits à l’abri des regards, derrière le gymnase Bacquet ou sur le mail Victor-Schœlcher. « Il y a quelques points le long du canal de l’Ourcq, note Abdellah Quossi, sous une passerelle, mais ça ne pose pas les mêmes problèmes. »

Un préservatif, une capsule rouge, un flacon indiquent souvent la présence de seringues, comme à la Roseraie, dans un bosquet, où sept seringues sont ramassées. Farid et Philippe les saisissent avec leur pince et les déposent dans la boîte. A aucun moment, les agents ne les touchent de la main. Ils sont capables de dire si la seringue vient du distribox situé à l’entrée de l’hôpital Ballanger ou d’ailleurs. A côté, deux petits vélos rouillés inquiètent Abdellah. Il sait qu’un enfant pourrait être tenté de s’approcher. « Il faudra repasser pour les enlever », dit-il à l’équipe. Ce matin-là, Farid et Philippe ont ramassé une quinzaine de seringues.

*Les déchets d’activités de soins à risques infectieux.

Source et image : Le Parisien du 06/08/2013

Trafic de drogue, violence : un homme tué à Sevran

Sevran_MortUne berline allemande a pris pour cible les passagers d’une voiture dont les occupants sont connus des services de police pour trafic de drogue. Un homme a été tué, et le pronostic vital du second passager est engagé.

Deux hommes, connus très défavorablement des services de police pour trafic de drogue, ont été la cible de coups de feu jeudi soir à Sevran. Circulant en voiture dans les cités rivales du Rougement et des Beaudottes, les deux hommes étaient arrêtés à un feu rouge vers 23 heures quand une berline allemande de couleur sombre s’est portée à leur hauteur et a fait feu, selon les informations du Parisien.

Le tireur a touché à bout portant le passager avant de la voiture avant de prendre la fuite. La balle a traversé le cou de ce dernier et s’est logée dans la clavicule du passager arrière. Le conducteur n’a lui pas été ciblé. Il a immédiatement conduit les deux hommes à l’hôpital Robert Ballanger, à Aulnay-sous-Bois. L’homme touché au cou, âgé de 27 ans, est décédé. Le pronostic vital du second passager de 32 ans, touché à la clavicule, est lui engagé. L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Seine-Saint-Denis.

Une plaque tournante du trafic de drogue

«C’est un règlement de comptes», assure Stéphane Gatignon, le maire EELV de la ville. «Là, il s’agit du même système qu’à Marseille: une structuration mafieuse autour du trafic de drogue auquel il faut aujourd’hui s’attaquer». Les deux victimes gravitaient autour d’une bande qui contrôle des territoires de Sevran, l’une des plaques tournantes du trafic de drogue en Seine-Saint-Denis. L’homme blessé à l’épaule avait été jugé avec d’autres comparses en fin d’année dernière pour avoir participé en 2008 à la séquestration et au meurtre du leader d’une bande rivale, auquel ils voulaient reprendre le contrôle du trafic de drogue dans une cité de la ville. Le chef de leur gang, Issam Saad, avait été condamné à 25 ans de prison. L’homme aujourd’hui blessé avait été acquitté, faute de preuves.

Le maire de Sevran assure que ce règlement de compte n’a rien à voir avec le décès d’un jeune homme de 24 ans au cours d’une rixe entre bandes rivales, début juillet. La victime avait été touchée par plusieurs balles dans le ventre et avait reçu plusieurs coups de barre de fer.

Source : Le Figaro

Les mamans du hall du 12 rue des Aulnes à Aulnay-sous-Bois font déguerpir les dealeurs

mamans_contre_dealers_aulnayA Aulnay, les habitants d’une tour occupent régulièrement leurs parties communes. Objectif: éviter le retour d’un point de vente de stupéfiants.

A les entendre, c’est devenu un réflexe du quotidien. Quelques habitants du quartier de la Morée ont pris l’habitude de s’installer dans le hall de leur immeuble, au 12, rue des Aulnes. Leur but : empêcher l’arrivée d’intrus en lien avec le trafic de drogue qui sévit dans le quartier. « Des voisins donnent l’alerte quand ils entendent du bruit. On descend à plusieurs, et on s’installe dans le hall. En général, ça suffit à les faire partir », glisse un résident, qui tient, comme beaucoup, à rester anonyme. Début juin, une petite fête a réuni une quarantaine d’habitants de cette tour de 85 logements. « Ils sont descendus à tour de rôle. C’était une manière d’occuper symboliquement les lieux », explique Arnaud Biaou qui loue le rôle des mamans : « Elles arrivent à faire partir les jeunes qui s’installent dans les parties communes. 

Les CRS partis à l’automne

La tour du 12, rue des Aulnes abritait encore il y a un an un point de deal, identifié par les pouvoirs publics. L’immeuble était alors squatté tous les jours, ce qui n’est plus le cas. A la suite d’une manifestation des habitants, l’ex-préfet Christian Lambert avait envoyé des CRS et renforcé la surveillance. Le hall s’est vidé de ses occupants. « Mais les CRS sont partis. On voit que les trafiquants essaient de revenir, dit une dame. Ils envoient des plus jeunes en éclaireurs. Si on les laisse faire, on sait que d’autres vont venir… » La préfecture confirme le départ des CRS à l’automne, « remplacés par des effectifs locaux ». Et affirme n’avoir constaté « aucune réimplantation du point de vente de produits stupéfiants sur le secteur », malgré « deux tentatives au 12, rue des Aulnes courant mai 2013 ». La surveillance policière reste importante, selon elle, avec « une dizaine de passages (visites des halls et parties communes) par jour ».

Les habitants estiment, eux, que leur action est déterminante et décrivent un réseau toujours à l’œuvre autour de leur tour : « Ils planquent leur marchandise dans les buissons », explique l’un d’eux. « On entend les coups de klaxon des voitures qui font les livraisons en fin de semaine », selon une autre. La copropriété de la Morée, aujourd’hui en travaux de réhabilitation, touche le quartier du Gros-Saule, classé en zone de sécurité prioritaire (ZSP), et se situe non loin de la cité des Beaudottes (Sevran), point névralgique du trafic. En mairie, on souligne « l’insuffisance des effectifs de police ». « Le trafic se déplace en fonction de la présence policière », estime Arnaud Biaou. S’il est le seul à donner son nom, c’est que le jeune homme est aussi membre de l’équipe du candidat UMP aux municipales Bruno Beschizza. Lequel a déjà pris la parole sur la sécurité. Le thème sera à n’en pas douter au cœur de la campagne, tant du côté de la droite que de celui du maire PS sortant Gérard Ségura.

Source et image : Le Parisien du 16/07/2013

De l’héroïne retrouvée dans le quartier du Gros Saule à Aulnay-sous-Bois

DrogueLes saisies de cannabis et de cocaïne sont fréquentes, mais celles d’héroïne plus rares. Dimanche soir, à Aulnay, six personnes ont été interpellées, après le contrôle d’une voiture, qui partait très vite du quartier du Gros-Saule. Après perquisition, une cinquantaine de doses d’héroïne ont été découvertes, et plus de 3000 € en liquide. Deux personnes ont été placées en garde à vue. Aux Beaudottes, à Sevran, lundi, un acheteur et deux vendeurs présumés ont été interpellés en possession de drogue. Dix-huit bonbonnes d’héroïne ont été saisies et quelques grammes de cocaïne.

Source : Le Parisien du 05/06/2013

Drogue : Un habitant d’Aulnay-sous-Bois avait 2,1 kg d’héroïne dans sa valise !

DrogueNous venons d’apprendre via Le Parisien qu’une personne domiciliée à Aulnay-sous-Bois avait dissimulé 2,1 kg d’héroïne dans sa valise. Mal lui en a pris ! Il a été démasqué par des Douaniers alors qu’il s’apprêtait à prendre le train pour Milan (Italie). Il a été placé en garde à vue par la brigade des stupéfiants.

Toxicomanie, drogue, seringues : les écolos d’Aulnay-sous-Bois réclament une commission parlementaire

methadoneL’affaire des seringues dans des écoles de Sevran et de la méthadone au Gros Saule, à Aulnay, continue de susciter des réactions.
« L’arrêt du fonctionnement des distributeurs de seringues tel qu’il a pu être demandé (NDLR : par le maire de Sevran) ne ferait qu’augmenter les difficultés actuelles », avance le conseil de surveillance* de l’hôpital Ballanger qui a voté vendredi une motion pour rappeler l’utilité du travail conjoint mené par l’hôpital et l’association de prévention First, qui gère notamment les distribox.

Ils demandent la création de salles d’injection

A Aulnay, le non-remplacement de la gardienne de l’école Louis- Aragon, où des flacons de méthadone vides ont été trouvés, fait grincer des dents, et l’UMP réclame l’installation de caméras. Les parents ont accepté de lever leur blocus de l’école, mardi dernier, après les promesses du maire PS Gérard Ségura, qui s’engage notamment à renforcer la surveillance de l’établissement par des gardiens volants, déjà en poste.
A Sevran, les positions sur la légalisation de la drogue se font à nouveau entendre. Les élus Front de gauche réaffirment leur ferme opposition à toute légalisation, « qui conduirait à banaliser et minorer la dangerosité de la drogue ». Samedi, le mouvement Europe Ecologie de Seine-Saint-Denis a réclamé une commission parlementaire pour réformer la loi de 1970 qui considère le toxicomane à la fois délinquant et malade. Europe Ecologie réclame la décriminalisation de l’usage, des mesures adaptées comme la création de salles d’injection thérapeutiques sur tout le territoire et le durcissement des mesures concernant les réseaux mafieux et internationaux.

* Il est composé des représentants des villes (Sevran, Tremblay, Villepinte, Aulnay, Le Blanc-Mesnil), des médecins, du personnel, des patients, et est présidé par François Asensi, député maire de Tremblay.

Source : Le Parisien du 29/04/2013

Les dealeurs du 93 approvisionnaient les beaux quartiers

drogue« Entre les revendeurs de drogues dures et leurs clients, il y avait un monde. Les dealeurs habitaient dans les cités de Seine-Saint-Denis et leurs acheteurs les très chics avenues du XVIe arrondissement de Paris.

Lundi, l’une de ces toxicomanes fortunées a été interpellée rue Molitor, en pleine transaction avec son fournisseur. La police a retrouvé sur lui 40 g d’héroïne prête à changer de main.

L’acheteuse a été placée en garde à vue avec son compagnon et cinq de ses fournisseurs, originaires de Stains et Villetaneuse. Le lendemain, un second coup de filet a permis d’interpeller six autres membres du réseau dans différents quartiers de Seine-Saint-Denis (celui de la Source à Epinay-sur-Seine et celui de Salvador-Allende à Villetaneuse).

C’est un business très juteux qui a été mis au jour par la police judiciaire. « Les livreurs se déplaçaient tous les deux jours au domicile de leurs commanditaires pour leur vendre des doses de 50 g d’héroïne », explique une source policière. Un service express à la demande, « un peu comme un livreur de pizzas », commente-t-il. Le réseau était multiproduits et proposait également de la cocaïne et du cannabis. Lundi, les perquisitions ont permis de découvrir à Stains et Saint-Denis 105 g de cocaïne, 86 g d’héroïne, 80 g de résine de cannabis et 6000 € en liquide. Le lendemain, à Epinay, Villetaneuse, Enghien (Val-d’Oise) et Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), des petites quantités de drogues ont été retrouvées, ainsi que 3240 €. Le trafic était organisé essentiellement à partir d’Epinay et de Villetaneuse et rayonnait dans les quartiers plus huppés de l’Ouest parisien et de son arrondissement aisé.

Hier soir, seul le couple de la rue Molitor avait été relâché.« 

Source : Le Parisien