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Réaction de Jacques CHAUSSAT sur Dernière voiture produite à PSA Aulnay-sous-Bois
Ce vendredi est sortie des chaînes la dernière voiture produite à l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois. Comme beaucoup d’Aulnaysiens, je ressens aujourd’hui une très grande tristesse de voir ainsi se tourner une des plus belles pages de l’histoire industrielle de notre ville.
L’absence de vision sur la gestion du choix lié à la fermeture du site PSA a été criante. Malgré les nombreuses promesses faites par le Gouvernement depuis cette terrible annonce en juillet 2012, les problèmes n’ont pas été anticipés tout comme les solutions de reprise. Le Maire PS d’Aulnay, fort habilement, avait même tenté en son temps de jouer avec l’espoir des employés en menaçant le groupe PSA d’une éventuelle expropriation sur l’intégralité du site. Comme l’avait laissé supposer en vain le Ministre du Redressement productif. Les effets d’annonce ont vite laissé place au désespoir. Les lendemains qui chantent ou autres « grands soirs » annoncés n’ont pas eu lieu. J’avais pourtant indiqué que, malheureusement, « la messe (était) dite » et tiré la conclusion inéluctable que nous devions traiter en priorité la question essentielle de l’emploi des salariés.
Aujourd’hui, l’important est de continuer à faire en sorte de manière pragmatique, que les employés qui seraient encore sur le bord de chemin puissent retrouver un emploi à la hauteur de leur savoir-faire et de leur expérience.
L’important, c’est aussi l’avenir du site. Nous souhaitons une ré-industrialisation pour répondre à cette problématique essentielle mais aussi pour reconstruire une production aulnaysienne, francilienne et en définitive française, propre à favoriser la création de nouveaux emplois. Seules des initiatives concertées entre les responsables politiques et l’entreprise PSA permettront d’apporter les bonnes solutions.
Nous disposons d’atouts considérables : une population jeune, où se trouvent les futurs talents ; une situation géographique privilégiée ; un espace économique exceptionnel en Ile-de-France. Un avenir industriel est possible à Aulnay.
Source : communiqué de Jacques Chaussat, candidat UDI aux élections municipales d’Aulnay-sous-Bois
Fermeture PSA Aulnay-sous-Bois : Bruno Beschizza attaque Gérard Ségura sur la gestion du dossier
La dernière C3 produite à Aulnay-sous-Bois a quitté aujourd’hui la chaîne de montage de l’usine PSA.
Je prends acte avec émotion de cette situation qui marque une étape importante pour notre ville : l’usine PSA fait partie de l’histoire d’Aulnay-sous-Bois, de ses racines et du quotidien de beaucoup de ses habitants. Malheureusement après la fermeture de cette usine, une exigence se pose : permettre la possibilité d’un nouveau départ à ce site industriel d’exception.
En effet, des questions demeurent encore aujourd’hui sur le devenir du site. Il y a une totale opacité qui règne sur la gestion de ce dossier par les pouvoirs publics : Gouvernement, Région Île-de-France et Municipalité.
Hier encore Arnaud Montebourg était en visite à la Plaine Saint-Denis. Je m’étonne que le ministre du redressement productif, pourtant toujours si prompt à faire des annonces tonitruantes sur tous les sujets, fasse preuve d’une telle discrétion au sujet d’Aulnay-sous-Bois. Ce silence assourdissant à quelques kilomètres de cette usine est inquiétant pour l’avenir de ce site.
Face à ce mutisme, la municipalité, elle, a régulièrement dissimulé la réalité de son suivi du dossier PSA : non publication de l’étude Sofred, modification du PLU, subvention municipale au mouvement de grève… Par cette attitude et ses gesticulations, la municipalité a ainsi pu empêcher d’éventuels repreneurs d’être intéressés par ce site. Nul doute cependant qu’à la veille des élections municipales, le maire socialiste, candidat à sa réélection, fera miroiter quelques promesses…
Source : communiqué Bruno Beschizza, candidat UMP aux élections municipales de 2014 à Aulnay-sous-Bois
PSA Aulnay-sous-Bois : 1 000 emplois industriels supplémentaires proposés sur le site
Quatre projets industriels, totalisant un peu plus de mille emplois, pourraient voir le jour sur le site de PSA d’Aulnay-sous-Bois, voué à la fermeture en 2014, a annoncé jeudi à l’AFP la direction du groupe automobile.
Ces quatre projets, qui ont été présentés jeudi lors d’une réunion du comité de pilotage pour la réindustriallisation du site, viennent s’ajouter à l’implantation — déjà actée — de l’entreprise ID Logistics, qui proposera à terme 590 emplois, a annoncé le groupe.
Cette annonce intervient alors que l’usine emblématique de Seine-Saint-Denis doit livrer vendredi matin sa dernière voiture, et alors qu’environ mille salariés sur les 3.000 qui travaillaient sur place ne sont pas encore fixés sur leur sort.
Les projets présentés « concernent des activités industrielles à forte valeur ajoutée », notamment « dans le domaine de l’éco-industrie » et « de la mobilité », a précisé à l’AFP Bernard Weill, directeur des projets industriels chez PSA.
L’un des projets proposés aux membres du comité a trait à la fabrication et à l’entretien de matériel roulant pour le transport public, a-t-il dit. Les autres concernent la fabrication de systèmes d’éclairage à base de leds, de packs de batteries pour véhicules légers et d’éléments de mobilier pour les collectivités.
« L’ensemble de ces activités sont susceptibles de créer entre 2014 et 2020 plus de 1.000 emplois, qui s’additionnent aux 590 emplois d’ID Logistics, avec des créations d’emplois dès 2014-2015 », a affirmé M. Weill.
Si ces projets étaient retenus par le comité de pilotage, le groupe automobile proposerait un nombre d’emploi « supérieur aux engagements » pris dans le cadre du plan de sauvegarde de l’emploi, selon la direction.
A l’annonce de la fermeture du site, qui employait avant 2012 environ 3.000 personnes, le constructeur automobile avait promis 1.500 reclassements en interne et la création, via l’installation d’autres industries sur le site, de 1.500 autres emplois.
Source : Nordnet.fr
Le prof de Paris-8 a écrit un livre sur la fermeture de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois
On l’avait aperçu à plusieurs reprises, dans les manifestations des grévistes, aux portes de l’usine d’Aulnay… Sylvain Pattieu, maître de conférence à la fac d’histoire Paris VIII de Saint-Denis, a « cheminé », durant de longs mois, avec les ouvriers de PSA. Noircissant un carnet de notes, au gré des anecdotes et confidences des uns et des autres.
Alors que la dernière Citroën C3 sortira vendredi de la ligne de montage, le jeune enseignant de 34 ans, auteur de plusieurs essais historiques et romans, vient de publier « Avant de disparaître ».
Le livre, qu’il nomme « documentaire littéraire », dévoile ces témoignages recueillis par fragments. Une vingtaine de salariés y content par petits bouts l’annonce de la fermeture, l’incertitude du lendemain, l’usine à l’arrêt, mais aussi leur attachement au métier, leur usure, les relations avec les chefs… « Des fragments de vie, de travail, de loisir », glisse Sylvain Pattieu. Une employée du ferrage parle de moto, un ouvrier évoque Dostoïevski, un syndicaliste dit sa « fierté » d’avoir « gardé la tête haute ».
« C’est un livre qui montre le monde ouvrier d’aujourd’hui », indique Sylvain Pattieu. Il avait commencé à fréquenter l’usine à l’automne 2012, soit quelques mois après l’annonce de sa fermeture. Il a mis un point final à son ouvrage en mai dernier, avec la fin de la grève (conduite par la CGT, et décriée par la direction de PSA et certains responsables syndicaux). « Au début, avec mon petit carnet, certains m’ont pris pour un flic », se souvient-il avec amusement. Le début de la grève, en janvier, lui a permis d’entrer dans l’usine, de se rapprocher de certains salariés.
L’auteur assume un regard subjectif. Même s’il a pris soin de recueillir le point de vue de non-grévistes et d’ouvriers non-syndiqués, Sylvain Pattieu, par ailleurs militant au Front de gauche, a pris position du côté de ceux qui ont débrayé, un matin de janvier, et ont tenu jusqu’au printemps. « Ils ont été courageux et n’ont pas baissé la tête. Ils savaient que l’usine fermerait de toute façon, mais ils ont réussi à gagner certaines choses », estime-t-il.
Au plus fort de la grève, et alors que PSA et plusieurs responsables syndicaux dénonçaient la « violence » de la grève, Sylvain Pattieu avait signé, avec le sociologue Vincent Gay, une tribune dans le journal Le Monde, mettant en cause la « violence patronale », exercée à l’encontre des salariés d’Aulnay. « Une usine qui ferme, ce sont des gens qui perdent leur boulot, mais dont on bouscule aussi les relations sociales, les repères », rappelle-t-il aujourd’hui. Au fil du livre, c’est aussi sa voix qu’on entend. Celle de l’historien, qui exhume du passé d’autres figures ouvrières, d’autres grèves. Et du militant, peu clément à l’égard d’un gouvernement qui s’est montré, dit-il, « en dessous de tout ».
« Avant de disparaître », chronique de PSA-Aulnay (Editions Plein Jour), 344 pages, 19,50 €.
Source et image : Le Parisien du 22/10/2013
PSA : La dernière voiture produite dans l’usine d’Aulnay-sous-Bois le 25 octobre 2013
La dernière voiture produite dans l’usine de Seine-saint-Denis, qui doit fermer en 2014, sortira de la chaîne me vendredi 25 octobre.
La livraison du dernier véhicule « montre que le reclassement des salariés avance », a indiqué un porte-parole du groupe.
Une activité réduite se poursuivra jusqu’en 2014 à l’atelier ferrage, par la fabrication de pièces détachées.
Les salariés de PSA en quête de reconversion à Aulnay-sous-Bois
Il y a un an, les voitures sortaient par centaines des ateliers de PSA Peugeot-Citroën d’Aulnay-sous-Bois. Fin octobre, les ouvriers de cette usine emblématique livreront leur dernière automobile. Sur le site les salariés se reconvertissent vers de nouveaux métiers. Reportage dans ces quelque 200 hectares quasi désert.
Sur le site de PSA de Aulnay la voiture est de rigueur pour se déplacer. Aussi grande que le quartier de la Défense, l’entreprise, située dans le nord de Paris, est située entre plusieurs autoroutes et l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Pour profiter de l’espace, la direction a choisi de placer dans ses locaux des centres de formation pour accompagner les salariés dans leur démarche de recherche d’emplois. Ainsi, d’un centre de formation à l’autre, il faut rouler un bon kilomètre entre des murs gris et des hangars vides. L’usine semble abandonnée. Plus qu’un millier de salariés foulent les couloirs des entrepôts et des bureaux. A plein régime, l’usine automobile, devenue un symbole de la désindustrialisation en France, pouvait produire 700 voitures par jour. Aujourd’hui uniquement une dizaine de voitures sortent des chaines d’assemblage.
Source et article complet : Les Inrocks
Jean-Luc Vergne: « L’avenir du site d’Aulnay-sous-Bois était écrit dès 2008 »
Jean-Luc Vergne, DRH des groupes Sanofi, Elf Aquitaine, puis de PSA et de BPCE livre dans « Itinéraire d’un DRG gâté » un témoignage unique dans les coulisses de quatre grandes entreprises françaises. Interview.
Dans votre livre, vous exprimez votre méfiance par rapport aux théories de management. N’est-ce pas surprenant pour le DRH que vous êtes?
En management, rien ne vaut la pratique. Ce n’est pas pour rien que les écoles de management travaillent sur des « cas »! Dans ma carrière, j’ai fait le choix de mettre des gens très jeunes en situation, capables d’acquérir des compétences pour « enthousiasmer le collectif ». Manager quelqu’un c’est avant tout une relation interpersonnelle. Cela tient à l’individu, à la prise en compte de son environnement. Il faut faire ce métier si on aime les hommes, si on a envie de les comprendre, avec générosité, convivialité, mais aussi, quand il le faut, avoir le courage de dire non. Les deux principales qualités d’un manager sont le coeur et le courage.
Votre propos peut sembler un peu trop optimiste dans un contexte de crise, où les plans sociaux se succèdent…
L’image du DRH c’est le porteur de mauvaises nouvelles, ou pire, celui qui porte le cartable du patron. J’ai voulu faire un livre positif, pour valoriser ce métier à l’image largement écornée: ce n’est pas un précis de management, mais un livre de témoignage sur ce que j’ai vu et appris en 43 ans de métier.
Quel regard portez-vous sur la situation de PSA Peugeot-Citroën, dont vous avez été DRH de 1999 à 2009?
Je n’ai pas compris le rapprochement avec GM. Cela a fait capoter les autres partenariats envisagés, avec BM notamment. C’est vrai que cela me fait mal au coeur de voir la situation de PSA. C’est une entreprise formidable.
S’agissant de l’usine d’Aulnay-sous-Bois, je regrette que nous ayons perdu du temps. L’avenir du site était écrit dès 2008, et j’avais à l’époque défendu l’orientation de créer un grand pôle industriel en région parisienne à Poissy, transformant Aulnay en annexe de Poissy. On y aurait alors placé une direction unique, avec une unification des produits fabriqués et du management. J’ai bien conscience que le changement de président du directoire et es enjeux électoraux de l’année 2012 ont entraîné des retards dans le traitement du problème, qui s’est soldé par une annonce brutale en juillet 2012. Au total, ce sont quatre années qui ont été perdues, et qui auraient pu être mieux utilisées à pratiquer des reclassements, dans un contexte moins difficile que celui de 2013.
Quelle est votre doctrine en matière de relations sociales?
Je me suis mis beaucoup de patrons à dos, parce que je fais l’apologie de la démocratie sociale. Si l’on ne veut pas que le législateur ou le juge intervienne, il faut que les syndicats avancent et règlent les problèmes, avec le patronat. Il n’y a pas de tabous. Il faut que tous les problèmes soient abordés avec les partenaires sociaux. C’est toujours préférable à l’intervention de députés ou de sénateurs qui connaissent moins bien les dossiers.
Quelle est votre position sur le travail du dimanche?
Je suis pour à condition que les syndicats soient en situation de négocier un certain nombre de contreparties et des rémunérations dignes de ce nom. Je ne vois pas pourquoi l’on empêcherait les salariés qui souhaitent travailler le dimanche de le faire!
La réforme des retraites va-t-elle dans le bon sens selon vous?
Il faut allonger la durée des cotisatons, c’est la seule solution. Mais les entreprises doivent surtout négocier des régimes de retraite complémentaires pour les salariés.
Source : l’expansion
Lutte ouvrière sur PSA Aulnay-sous-Bois : après les requins, les vautours
1 200 travailleurs de l’usine PSA Aulnay-sous-Bois, dont la fermeture est prévue en mars 2014, sont toujours sans solution d’emploi. Mais le terrain suscite bien des convoitises. Quand Citroën l’avait acheté en 1972 pour une bouchée de pain, il avait déjà fait une opération foncière en revendant les 16 hectares de l’usine de Javel, dans le 15e arrondissement de Paris, pour 375 millions de francs. Quarante ans plus tard, les 160 hectares d’Aulnay, desservis par trois autoroutes, proches de Paris et des aéroports de Roissy et du Bourget, valent cher. Dans son plan secret prévoyant la fermeture du site, en 2011, la direction de PSA escomptait déjà une vente à 300 millions d’euros. Mais on parle aujourd’hui de un à deux milliards d’euros. Les offres se bousculent… mais pour l’instant PSA n’est pas vendeur.
C’est que le trust n’est pas seulement un licencieur, c’est aussi un spéculateur : une gare de métro du Grand Paris Express doit être construite à proximité, et tout laisse à penser que Peugeot attend que les prix grimpent. Quitte à ce que, en attendant, le terrain reste une friche industrielle.
Le conseil régional d’Île-de-France, dirigé par le PS, se dit prêt à mettre un milliard d’euros sur la table pour acheter le terrain avant de le revendre. Comme si l’argent public devait servir à cela ! La seule mesure qui s’imposerait serait l’expropriation. Mais elle ne viendra pas d’un pouvoir politique qui a laissé les mains entièrement libres à PSA pour supprimer 11 000 emplois avec un plan social qui ne lui a rien coûté.
Après avoir exploité à Aulnay des milliers de salariés qui ont fabriqué des millions de voitures pendant quarante ans, PSA va réaliser une nouvelle opération spéculative, avec la bénédiction du gouvernement.
Source : Lutte Ouvrière
Les PSA d’Aulnay-sous-Bois s’inquiètent de leur sort auprès de l’Etat
Ils sont venus taper du poing sur la table. Et demander un soutien auprès de la Direction départementale du travail et de l’emploi de Bobigny. Hier, une centaine de salariés de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois avaient fait le déplacement pour tenter de faire bouger les choses. « Au début du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), la direction avait clamé haut et fort que tous les salariés seraient reclassés, lâche Philippe Julien, secrétaire de la CGT de PSA Aulnay. Aujourd’hui, nous constatons sans surprise que cela n’était qu’un mensonge. »
Car sur les 3000 salariés du site, 1200 attendent toujours une solution de reclassement. Mais il est encore trop tôt pour tirer des conclusions, selon la direction. « La période de volontariat n’est pas encore terminée, explique une porte-parole de PSA. Ni celle du reclassement en interne. Les discussions sont encore en cours avec de nombreux salariés. »
Déjà, environ 600 ouvriers du site ont été mutés dans le groupe et quelque 600 ont déjà quitté l’entreprise. Pour les autres? « Nous sommes enfermés dans une usine qui ne tourne plus, poursuit Philippe Julien. Alors que la direction s’était engagée à continuer la production jusqu’en décembre 2014, tout est à l’arrêt depuis mai. On est dans un vaisseau-fantôme et tout est fait pour nous encourager à partir et nous faire craquer. »
SNCF, RATP, ADP : des possibilités jusqu’en décembre
Ce qu’ils déplorent : les promesses non-tenues de reclassement. « On nous avait fait miroiter 300 postes à la SNCF, à la RATP et à ADP, précise le syndicaliste. Mais actuellement, seuls vingt anciens salariés du site de PSA ont été reclassés là-bas. » D’autres sont encore en discussion, assure la direction de PSA qui précise que les employés ont jusqu’à décembre pour prendre une décision et que les sessions de recrutement se poursuivent.
Et si, hier, le directeur du Travail a bien entendu les revendications des PSA, ces derniers ne souhaitent pas s’arrêter là. « Nous voulons que l’Etat mette son nez dedans comme il l’a fait dans d’autres dossiers, à l’image de Continental par exemple, demande Philippe Julien. Cela pousserait PSA à respecter le PSE qui était négocié au départ. »
Et pour « motiver » le gouvernement à mettre les mains dans le cambouis, les salariés désœuvrés comptent bien demander un rendez-vous au ministère mais aussi à la région Ile-de-France. « Nous avons appris récemment que la région envisageait de racheter le terrain de l’usine à PSA, assure-t-il. Là encore, le groupe va s’en sortir avec une belle plus-value immobilière. Si la région et l’Etat peuvent investir dans l’immobilier, ils peuvent aussi soutenir les salariés. »
Source : Le Parisien du 10/10/2013
PSA Aulnay-sous-Bois : les ouvriers défilent au bureau du syndicat
L’usine PSA d’Aulnay se vide, mais pas le couloir qui fait face au bureau de Tanja Sussest, déléguée du SIA (syndicat indépendant de l’automobile). Depuis la mise en œuvre du plan social (signé par cinq syndicats dont le SIA en avril), elle a vu affluer les visiteurs. La syndicaliste de l’usine reçoit tous les matins, un peu comme un médecin. « Maintenant, je donne des heures de rendez-vous, sinon les gens attendaient des heures », confie-t-elle. Ici viennent les ouvriers qui n’ont pas trouvé les réponses qu’ils cherchaient auprès de leurs chefs ou de la cellule de reclassement. Et il y en a encore beaucoup. Selon les derniers chiffres de PSA, 1100 personnes sont toujours sur le site (1575 ayant opté pour un départ du groupe ou une mutation en interne). Parmi elles, 350 n’ont « pas de solution identifiée ».
« Comment on fait maintenant? », lance ainsi ce cariste, à peine entré dans le petit bureau. Il travaillait à l’usine depuis vingt ans. Dans le cadre de la formation professionnelle, il a passé l’an dernier un CAP plomberie. Il veut partir aussi vite que possible. Le désœuvrement dans l’usine à l’arrêt, « ça pèse », explique-t-il. « De toute façon, PSA ne veut plus de nous. J’avais demandé une mutation à l’usine de Saint-Ouen. On m’a répondu : pas possible. » « Tant que tu n’as pas de promesse d’embauche, il vaut mieux attendre », lui rétorque la syndicaliste. Arrive ensuite un vieil ouvrier, haute silhouette et regard inquiet. Il est proche de la retraite, mais hésite sur la décision à prendre : congé de reclassement ou non? « Si je choisis ça, je devrais quand même venir à l’usine? », questionne-t-il. « Non, tu pourras rester à la maison et te présenter aux convocations du cabinet de reclassement, tous les trois mois », explique Tanja Sussest.
Elle reçoit ainsi beaucoup de « seniors » déboussolés, auxquels ils ne manquent parfois que quelques trimestres pour bénéficier d’un congé avec maintien d’une partie de leur salaire jusqu’à la retraite. Certains ont d’ailleurs manifesté sur le sujet avec la CGT la semaine dernière. A chaque visiteur, Tanja Sussest retrace sur une feuille blanche les étapes du plan social : la phase de volontariat s’achève le 31 décembre. « Ils n’enverront pas de lettres de licenciement avant le 1er avril 2014 », assure-t-elle à un salarié qui s’inquiétait d’être « mis dehors » dès le 1er janvier.
Calculette en main, elle annonce le montant de ses indemnités à un autre : « 50000 €? Ça va pas suffire », soupire-t-il, lui qui rêve de créer une entreprise de location de voitures au Maroc.
Une question revient sur toutes les lèvres : « Et les 19700 €? » Allusion à cette somme touchée par certains, suite à l’accord de fin de grève signé par la CGT et la CFDT. Le SIA n’a pas renoncé à obtenir de la justice l’extension de cette mesure à l’ensemble des salariés, et envisage de porter des dossiers devant le tribunal des prud’hommes.
Source : Le Parisien du 05/10/2013