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Aulnay-sous-Bois : la ville dit adieu au carrefour de la Négresse
Les surnoms sont tenaces. Le conseil municipal d’Aulnay-sous-Bois devrait décider ce soir de débaptiser le carrefour de la Négresse. L’immense rond-point coincé sous l’autoroute A3, à la lisière des villes d’Aulnay et du Blanc-Mesnil, cauchemar des apprentis conducteurs, sera renommé carrefour des Droits de l’Homme. C’est l’aboutissement d’une longue réflexion menée par le comité de dénomination des rues. Et une satisfaction pour le maire adjoint PS Grégoire Mukendi, qui en avait fait la demande. « Il suffit de consulter un dictionnaire, d’aller sur Internet, pour trouver une connotation dégradante à ce mot, qui fait référence à l’esclavagisme et à la servitude ». Le plus surprenant dans cette affaire, ce n’est pas la survivance de ce surnom, hérité du passé… Mais le fait qu’il n’est devenu nom officiel du carrefour… qu’en 2004. A l’époque, le maire UMP Gérard Gaudron avait invoqué la nécessité de « régulariser » un usage répandu. Si répandu d’ailleurs, qu’il vaut aussi de l’autre côté du carrefour, situé en terres blancmesniloises. Pourtant, de ce côté-ci de la frontière, le carrefour porte le nom du résistant Pierre Sémard, depuis 1945.
Un café à l’origine de ce nom
« Mais dans le temps, tout le monde parlait du carrefour de la Négresse. J’ai connu le café qui s’appelait ainsi », se souvient Pierre Vandervoorde, 87 ans, un riverain arrivé en 1955. C’est bien un café qui est à l’origine de ce nom. La bâtisse existe toujours. C’est une maison de ville sans grand caractère, désormais occupée par un restaurant indien, en bordure du carrefour. En fouillant dans les archives municipales, on retrouve une photo noir et blanc des années 1910, où se dresse la maison Matrand, offrant vins et liqueurs à ses clients. Dans les années 1930, elle devient le « café de la Négresse ». Les témoins de l’époque affirment qu’on surnommait ainsi l’établissement parce qu’il abritait une serveuse… auvergnate, dotée d’un teint très mat. L’enseigne marque les esprits : rapidement le café donne son nom au carrefour, qu’on appelait auparavant carrefour des Cinq-routes, ainsi qu’au garage voisin. Aujourd’hui encore, il existe un « tennis de la Négresse », situé sous le pont autoroutier et qu’indiquent deux panneaux plantés au bord de la route. Mais il faudra sans doute du temps pour que les « Droits de l’homme » chassent l’ancienne appellation. « On l’appelle toujours comme ça, c’est machinal. C’est un repère. Quand on le nomme, tout le monde sait où il se trouve », note Nicolas, 37 ans. Et pourtant, si on y réfléchit, c’est vrai que ce n’est pas très joli comme nom… »
Ce nom usuel était devenu officiel… en 2004
C’était le 27 mai 2004. Le maire UMP d’alors, Gérard Gaudron, soumettait au conseil municipal une délibération, afin de « confirmer officiellement » une appellation existant « de longue date » et de l’inscrire au plan cadastral. L’édile pointait en effet une difficulté, notamment lors d’accidents de la circulation : « Un certain nombre d’opérations de police se font dans ce secteur […]. Lorsqu’on met carrefour de la Négresse sur un compte rendu, sur un procès-verbal, sur tout acte, il n’est pas valable parce que ce lieu n’est pas répertorié, et notamment pour les assurances ». « J’avoue que cela me gêne un petit peu », avait rétorqué Bernard Labbé, élu communiste, en conseil municipal. L’élu avait rapporté que ses gendres « qui sont noirs » avaient été « surpris » de découvrir l’existence d’un carrefour de la Négresse.
Une saisine du comité de dénomination des rues
« Cela fait belle lurette que le terme n’est plus péjoratif de notre côté », assurait pour sa part un élu de droite. La délibération avait finalement été adoptée par 40 voix (37 de droite, une du groupe socialiste, 2 du groupe communiste), contre 5 abstentions (4 du groupe socialiste, une du groupe communiste). Le maire PS actuel, Gérard Ségura, a été saisi par le comité de dénomination des rues, animé par le maire adjoint PC Miguel Hernandez, qui a d’abord fait valoir le caractère « péjoratif » du toponyme. Ayant obtenu le feu vert de l’édile, le comité, qui regroupe des représentants de tous les groupes politiques, a ensuite planché sur une nouvelle proposition. « Le temps de discussion a été long, sur un sujet sensible », souligne Miguel Hernandez, qui va également proposer le nom d’Henri Soler, résistant aulnaysien, pour baptiser une allée de la ville.
Jour maudit pour les passagers du RER B hier à cause d’un caténaire à Aulnay-sous-Bois
Un colis suspect à Aubervilliers, puis la fonte d’une caténaire à Aulnay, ont figé le trafic de la ligne hier. Il doit revenir à la normale aujourd’hui.
Journée noire hier pour les usagers du RER B. Rejoindre Paris ou l’aéroport de Roissy approchait du cauchemar pour des milliers de voyageurs.
« Escalader le quai en jupe et en talons, c’est pas évident »
Tout a commencé par un colis suspect à 8 heures, dans le train en gare d’Aubervilliers. Un simple paquet abandonné mais, plan Vigipirate oblige, le service de déminage a été appelé. Il a fallu attendre son arrivée, deux heures plus tard. Nathalie, 45 ans, habitante de Drancy, était dans cette rame. « A 8 heures, on nous a fait évacuer pour aller sur un autre quai. J’ai attendu trois trains, ils étaient tellement bondés que je n’ai même pas pu monter! » explique cette chef de projet marketing qui travaille à Paris. Elle a tenté de repartir pour Drancy pour récupérer sa voiture. « Je monte dans le RER, il fait 300 m à peine et là stoppe net, pour un problème de courant! Au bout de quarante minutes, on nous a évacués. On était à pied sur les rails, aucun agent SNCF en gare de Drancy, on a été obligés d’escalader pour rejoindre le quai. En jupe et talons, c’est pas évident, mais pire encore pour les personnes âgées ou handicapées… ça questionne vraiment sur la sécurité. » Elle a pu récupérer sa voiture et arriver à Paris à 11h30.
« Un gros boum, on s’est réfugiés dans l’autre wagon »
Derrière, quatorze trains ont été mis à l’arrêt, provoquant une surcharge de tensions et la fonte d’une caténaire à Aulnay. Fabrice Scagni, Villepintois, se trouvait justement là. « Ça a fait un gros boum, comme une explosion, on s’est réfugiés dans l’autre wagon, on a attendu une dizaine de minutes avant d’avoir un premier message d’annonce, nous disant de ne pas sortir sur les voies. On est restés une heure dans le wagon avant d’être finalement évacués sur la voie par des agents, c’était la panique. C’est une honte », estime-t-il. Il a pris un bus pour Villepinte, avant de se rabattre sur sa voiture. Il s’est garé à La Courneuve, a sauté dans un métro et est arrivé dans sa banque, gare d’Austerlitz, à 12h15. Les « caténairistes » de la SNCF ont été dépêchés en urgence pour réparer l’installation. La reprise annoncée à 11h30 vers Mitry n’a finalement eu lieu qu’à 16 heures. Des bus reliaient Roissy depuis Mitry. La liaison Paris-Roissy a repris à 19 heures, mais les bus ont continué à circuler jusqu’à 21 heures.
« Deux heures pour aller d’Aulnay à Saint-Denis »
Une adolescente de Sevran, qui rejoignait son lieu de stage à Saint-Ouen, s’en est remise aux bus de substitution. « Après vingt minutes sous la pluie, j’ai vu un bus, mon sauveur! Mais j’ai vite déchanté. Le conducteur ne savait pas où il allait, il répétait qu’on l’avait briefé pour aller à Charles-de-Gaulle, dans l’autre sens. Il a mis son GPS en route et a mis deux heures pour nous déposer à la gare de La Plaine, à Saint-Denis. »
Vers un retour à la normale. La SCNF promettait hier soir un train sur deux vers le nord, et trois sur quatre au sud de gare du Nord où une centaine de gilets rouges étaient mobilisés pour aider les voyageurs. « Ces incidents prouvent que les investissements sont encore insuffisants! » déplore Didier Mignot, maire (PC) du Blanc-Mesnil, qui a déposé plainte l’an passé pour « inégalité de traitement des usagers du RER B ». Il sera à la gare ce matin à 7 heures pour collecter des témoignages.
Source et image : Le Parisien du 16/01/2014
Projet de loi Ville : un amendement gouvernemental pour la réinsertion sociale et familiale des immigrés âgés
Dans le cadre de l’examen par le Sénat du projet de loi de Programmation de la Ville et de la cohésion urbaine, François Lamy ministre délégué à la Ville, présentera un amendement gouvernemental relatif à la situation particulière des immigrés agés, souvent appelés chibanis.
Cette initiative de Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, assure la mise en œuvre des articles 58 et 59 de la loi Dalo, et la mise en place, par décret, de l’aide à la réinsertion familiale et sociale des anciens migrants dans leur pays d’origine. Elle répond directement aux préconisations formulées par la mission d’information de l’Assemblée nationale sur les immigrés âgés.
Il s’agit de permettre aux retraités étrangers, en situation régulière, qui résident en foyers de travailleurs migrants ou en résidences sociales, d’effectuer des séjours de longue durée dans leur pays d’origine et de réaliser ainsi un rapprochement familial. L’allocation prévue sera calculée en fonction des ressources du bénéficiaire.
Avec cet amendement, le gouvernement remédie aux difficultés rencontrées par les travailleurs migrants âgés pour accéder à leurs droits tout en choisissant librement le lieu de leur résidence une fois à la retraite.
Plus de 35 000 immigrés âgés de plus de 65 ans vivent actuellement dans des foyers, certains y étant contraints en raison de l’absence de portabilité des droits sociaux, et malgré des conditions de résidence souvent inadaptées aux personnes vieillissantes.
La lutte contre les stigmatisations, l’effectivité de l’égalité des droits et l’intégration des plus jeunes passent aussi par la reconnaissance de la place des anciens dans notre société : ils ont participé à la construction du pays et continuent d’y jouer un rôle social. Cet amendement vient ainsi compléter les dispositions prévues dans la loi pour favoriser des actions liées à la mémoire et l’histoire des habitants dans tous les quartiers prioritaires.
Plus d’information en cliquant ici.
Photo du terrible incendie à l’école primaire Nonneville 2 à Aulnay-sous-Bois
Aujourd’hui, un terrible incendie a ravagé l’école primaire Nonneville 2 à Aulnay-sous-Bois. Un membre de la rédaction était sur place afin de discuter avec les secours et le personnel de l’école. Il n’y a eu aucune victime, l’incendie s’étant déclaré dans une salle polyvalente dans le sous-sol de cette école.
Ile-de-France : Le pass Navigo Starck est arrivé
INFO JDD – Les nouvelles cartes de transport Navigo redessinées par le designer français Philippe Starck sont enfin disponibles. Quatre millions de Franciliens sont concernés par ce changement esthétique et technologique.
Il y a eu le ticket de métro chic et choc. En 2014, voici le pass sobre et smart. Mi-parme, mi-argent. La carte Navigo Starck, dessinée par l’un des plus célèbres designers au monde, le Français Philippe Starck, est distribuée depuis début janvier pour les forfaits mois, semaine et Améthyste, dans les points de vente RATP et SNCF*. Les Franciliens qui s’abonnent pour la première fois, ou viennent refaire leur carte après l’avoir perdue, reçoivent ainsi depuis peu la carte repensée par le créateur français. Petit à petit, au fil des mois, les quelque quatre millions de porteurs de Navigo changeront de carte.
Cet objet du quotidien reçoit ainsi ses lettres de noblesse. Le nouveau pass est plus graphique, moins chargé ; les logos sont plus discrets. « Cela ne coûte rien aux usagers », précise-t-on au Stif, le syndicat des transports d’Île-de-France, où l’on ajoute que les anciens pass Navigo violet et vert pomme pétant encore en circulation fonctionnent toujours. Philippe Starck a redessiné gratuitement, pour la région Île-de-France, l’objet qu’il a présenté en 2012, en expliquant qu’il avait voulu créer une « carte fonctionnelle et élégante », avec un travail sur « la verticalité ». Un sésame « pas si banal », selon le génial touche-à-tout, qui a déjà dessiné des chaises transparentes, des presse-agrumes effilés, des yachts, ou un vélo révolutionnaire…
Article complet sur JDD.fr
L’Onzus remet son 10eme rapport annuel au ministre délégué à la Ville
Depuis dix ans, le Rapport annuel de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles s’efforce de décrire la réalité, complexe et diverse, des quartiers de la politique de la ville pour permettre de mieux comprendre et de mieux décider. Dix années au cours desquelles l’Observatoire a agi pour consolider une information statistique éparse, provoquer la production de nouvelles données, et inciter les institutions à mieux identifier et prendre en compte les spécificités de ces quartiers. Production phare de cet observatoire, le rapport annuel valorise ces données et restitue thème par thème les principaux enseignements qu’elles permettent d’établir. L’Onzus avait aussi pour mission d’observer la situation de chaque quartier dans son agglomération. Un espace dédié à l’observation locale a vu le jour cette année sur le site internet du SIG-Ville, fruit d’un travail partenarial avec l’IRDSU.
Une convention de partenariat entre le Département de la Seine-Saint-Denis et Mozaïk RH
Lundi 13 janvier 2014, Stéphane Troussel, Président du Conseil général, et Saïd Hammouche, fondateur et directeur général de Mozaïk RH, ont signé à l’Hôtel du Département à Bobigny une convention de partenariat en présence du monde économique, d’acteurs associatifs et de jeunes diplômés de Seine-Saint-Denis.
En s’alliant avec le cabinet de recrutement Mozaïk RH qui a développé ces cinq dernières années des méthodes innovantes et des actions de terrain permettant l’accès à l’emploi des jeunes diplômés des quartiers populaires, le Conseil général concrétise ses engagements pour l’égalité et contre les discriminations. Quatre temps ont rythmé cette journée consacrée à la réussite professionnelle des jeunes diplômés de Seine-Saint-Denis.
Le Conseil général, en collaboration avec Mozaik RH, s’est engagé dans un cycle de rencontres entre acteurs public, privé et associatif pour faire émerger des collaborations utiles à l’emploi dans les quartiers populaires. Après SFR en décembre, c’est le groupe SUEZ qui a participé à ce temps d’échange qui permet d’écouter les besoins des entreprises et de générer des rencontres efficaces avec des candidats identifiés et sélectionnés.
Déroulée de la journée :
- 10h : Signature de la convention de partenariat entre le Conseil général de Seine-Saint-Denis et Mozaïk RH
- 11h-12h : Lancement de l’opération « Stages Seine-Saint-Denis Égalité » par une conférence-métiers durant laquelle des entreprises ont présenté leurs métiers aux étudiants.
- 14h30-18h : Pré-recrutement de jeunes en recherche de stage avec 18 entreprises partenaires
Une opération de pré-recrutement « Stages Seine-Saint-Denis Égalité » a permis à 60 étudiants réalisant des études supérieures et à la recherche d’un stage d’accéder à des offres de qualité et professionnalisantes.
L’objectif était de mettre en relation des employeurs et des candidats trop souvent discriminés en raison de leurs origines géographiques ou sociales, afin qu’ils puissent à l’issue du processus réaliser un stage utile à leur entrée dans la vie professionnelle.
L’accompagnement mis en place par Mozaïk RH leur a permis de se positionner en amont sur les offres de stage proposées par des entreprises partenaires de l’opération et d’aborder ainsi les entretiens plus en confiance et mieux préparés.
Pour les entreprises partenaires, c’est l’assurance d’accéder à des candidatures de qualité, présélectionnées en fonction de leurs critères et correspondant précisément à leurs besoins.
Richard Williams, descendant de Theodore Roosevelt : Je serai à Aulnay-sous-Bois pour témoigner
A l’origine de l’amitié entre les familles Coret et Roosevelt, il y a un drame, la mort de Quentin Roosevelt, le dernier fils du président américain Theodore Roosevelt*, dans un crash le 14 juillet 1918 à Coulonges-en-Tardenois (devenu depuis Coulonges-Cohan), dans l’Aisne.
C’est dans ce village que les parents du commissaire de l’exposition Noël Coret, instituteurs, sont mutés en 1954. Là, ils découvrent cet épisode de 14-18 et décident à leur manière de faire revivre la mémoire de Quentin Roosevelt en organisant une cérémonie, en faisant chanter les écoliers… Ils donnent à l’événement une ampleur incroyable, au point que cela a attiré l’attention d’Ethel Roosevelt, la fille de l’ancien président, qui est même venue en France pour participer à l’une de ces cérémonies dans les années 1950.
L’histoire s’était arrêtée avec la mort d’Ethel et des parents de Noël. Et pourtant. Il y a deux ans à peine, Richard Williams, le petit-fils d’Ethel, est parvenu à retrouver Noël Coret. « Ma grand-mère, qui avait 20 ans quand son frère est mort, me parlait souvent de cette histoire, de la famille Coret. Aujourd’hui, Noël est comme un membre de la famille », raconte Richard Williams, qui, à 69 ans, vit en France six mois par an. Cette semaine, il est venu spécialement de Californie pour participer vendredi au vernissage de l’exposition d’Aulnay qu’il parraine et où la photo de son ancêtre est accrochée. « Je serai là pour témoigner, comme tous ceux qui ont perdu un proche durant la Grande Guerre, ni plus ni moins », conclut l’Américain en toute humilité.
* Il fut président de 1901 à 1909.
Source et image : Le Parisien du 15/01/2014
Aulnay-sous-Bois fait revivre la guerre 14-18
L’endroit n’a pas été choisi au hasard. La ferme du Vieux-Pays, à Aulnay-sous-Bois, a servi de lieu de cantonnement de soldats durant la Première Guerre mondiale. Cent ans plus tard, ce sont ces mêmes murs qui accueillent l’exposition « le Chemin des drames, vie et mort du poilu pendant la Grande Guerre » jusqu’au 25 janvier. Les puristes retrouveront évidemment les uniformes bleus, les armes — des baïonnettes ou encore ces cruelles fléchettes, lancées depuis des avions pour transpercer les casques —, un taxi de la Marne qui a servi pour rejoindre le front. Les profanes auront peut-être la gorge nouée en découvrant ces objets du quotidien des soldats, un miroir et ses ustensiles de rasage, ces coupe-papiers ou ces petits avions confectionnés avec des douilles ou des obus par les soldats, tuant l’attente entre deux batailles. Mireille, une Aulnaysienne de 66 ans, reste interdite devant l’une de ces vitrines. « Ce coupe-papier, j’ai presque le même! » sourit-elle, émue. Avec précaution, elle tire de son sac une lame finement ciselée au reflet cuivré, enveloppée dans un mouchoir. « C’était au grand-père de mon mari, qui a fait la Grande Guerre », montre-t-elle. « Cette exposition, elle me parle. Beaucoup de familles ont des souvenirs comme celui-ci qu’il faut se passer de génération en génération. C’est important que les plus jeunes voient cela », confie la retraitée, séduite aussi par la scénographie.
Le visiteur suit en effet un parcours labyrinthique aux hautes parois qui évoque les tranchées. Les vitrines, les photos côtoient des œuvres d’artistes contemporains, comme ces « Fusillés » de Jacques Trouvé, ce portrait de Jaurès par Michel Quarez ou ces gueules cassées peintes par Sylvain Collomb… Un siècle les sépare et pourtant les tableaux et les 230 objets présentés se répondent, se marient. C’est l’audacieux pari qu’a voulu relever Noël Coret, commissaire général de cette exposition mais aussi président du Salon d’automne, grand rendez-vous de l’art à Paris.
Ce « Chemin des drames » est pour lui une histoire d’amitiés. La première, avec Richard Williams, arrière-petit-fils du président des Etats-Unis Theodore Roosevelt qui assistera vendredi au vernissage (lire ci-dessous); la deuxième, avec un collectionneur fou qui a des attaches à Aulnay et qui voulait montrer le fruit de trente ans de passion. « Avec l’historien Alex Courban et nos deux scénographes, c’est une œuvre collective. Nous voulions transmettre cet héritage aux plus jeunes sans les ennuyer, avec un message de paix », explique Noël Coret. A Aulnay déjà, le jeune public est au rendez-vous, cinq cents écoliers sont inscrits pour visiter l’expo déjà réservée pour d’autres dates par les municipalités de Champigny (Val-de-Marne) et Tremblay.
Pour l’occasion, les archives municipales ont elles aussi exhumé quelques petits trésors, comme ces cartes postales d’Aulnay qui était une ville d’arrière-front. C’est ici que travaillaient les boulangers réquisitionnés pour faire le pain des soldats. La ville a aussi accueilli des milliers d’Indochinois des colonies pour remplacer les hommes aux champs, comme en témoignent d’étonnants clichés.
Jusqu’au samedi 25 janvier, à la Ferme du Vieux-Pays, 30, rue Jacques-Duclos. Entrée libre de 9 heures à midi et de 13h30 à 17h30.
Film et débat
En parallèle, une deuxième exposition sur Jean-Jaurès se tient à l’hôtel de ville. On peut y voir la table sur laquelle le patriote pacifiste s’est effondré lors de son assassinat, le 31 juillet 1914, au Café du Croissant à Paris.
Au-delà de ces deux expositions, la ville propose jeudi à 20 heures un ciné-débat au cinéma Jacques-Prévert avec la projection du film de Stanley Kubrick « les Sentiers de la gloire » (tarif : 2,90 €). Le 22 janvier, une soirée cabaret est organisée à Prévert autour du personnage de Jaurès (entrée libre sur réservation au 01.48.66.49.90). Le 24 janvier, la bibliothèque Dumont accueille un café-conférence sur le rôle des femmes pendant la Grande Guerre à 18 heures (entrée libre). Le 25, une soirée musicale sera dédiée aux compositeurs de l’époque (Ravel, Debussy), une expo photo permettra de découvrir des instruments fabriqués par des soldats au conservatoire de musique et de danse (entrée libre). Enfin, le 26 janvier, un autre ciné-débat se tiendra à 16h15 autour du film « Joyeux Noël », suivi d’un échange avec un historien (2,90 €).
Source et image : Le Parisien du 15/01/2014
Paiements européens: Bruxelles prolonge de six mois la période de transition
La Commission européenne a décidé jeudi 9 janvier de prolonger de six mois la période de transition pour l’entrée en vigueur des nouvelles normes de paiement européennes Sepa, qui devait se terminer le 1er février.
« La Commission a adopté une proposition pour accorder une période de transition supplémentaire de six mois pendant laquelle les paiements qui ne correspondent pas aux normes Sepa pourront encore être acceptés », a-t-elle indiqué dans un communiqué.
L’exécutif européen a prévenu que cela « ne changeait pas la date limite formelle pour la migration du 1er février » et qu’il n’y « aurait pas de délai supplémentaire » au-delà du 1er août.
Le commissaire en charge des Services financiers, Michel Barnier, a « regretté » avoir dû prendre cette décision, en expliquant qu’il s’agissait d’une « mesure de prudence pour contrer le risque de perturbation dans les paiements (…) pour les consommateurs et les entreprises ».
Mais l’annonce de la Commission a été fraichement accueillie par la Banque centrale européenne (BCE), qui a affirmé dans un communiqué que, selon les informations récentes disponibles, « la vaste majorité des participants auront achevé leur migration à temps ».
« C’est pourquoi l’Eurosystème (la BCE et les 18 banques centrales nationales de la zone euro, ndlr) soulignent que la date pour la migration vers le Sepa reste le 1er février et appellent tous les participants à achever la transition de tous les transferts de crédit et de débit direct aux normes Sepa d’ici cette date ».
Le passage aux normes Sepa vise à harmoniser les moyens de paiement à l’intérieur de l’UE. Les virements et prélèvements européens se caractérisent par l’usage de numéros de comptes bancaires unifiés (Bic et Iban). Ils doivent permettre notamment de raccourcir les délais des virements bancaires en Europe (à J+1) et de mieux protéger les débiteurs lors des prélèvements.
L’espace Sepa couvre les 28 pays de l’Union européenne ainsi que l’Islande, le Liechtenstein, Monaco, la Norvège et la Suisse. La date du 1er février avait été fixée pour les 18 pays de la zone euro, les autres pays disposant déjà d’un délai supplémentaire jusqu’à fin octobre 2016. Mais plusieurs pays avaient pris du retard dans la migration vers les nouvelles normes, notamment la France. Selon les chiffres de la Commission, le passage aux normes Sepa a progressé, mais le taux n’était en novembre que de 64% pour les virements et de 26% pour les prélèvements, rendant illusoire le passage complet au 1er février.
En France, où sont effectués chaque année quelque 3 milliards de prélèvements, et autant de virements, le gouvernement avait lancé en décembre un nouvel appel à la « mobilisation » des entreprises. Le ministre des Finances, Pierre Moscovici, avait précisé que les adaptations nécessaires, notamment des outils informatiques, représentaient un coût de « quelques centaines d’euros » pour les plus petites entreprises à « quelques milliers d’euros » pour les plus importantes.
Le délai supplémentaire doit encore être approuvé par les Etats membres et le Parlement européen, que la Commission a appelés à agir « le plus rapidement possible ». Pour éviter que les entreprises ne soient pénalisées si la décision est formellement adoptée après le 1er février, elle prendra effet de façon rétroactive au 31 janvier.
Source AFP