Archives de Catégorie: Transports

La métropole du Grand Paris doit être l’émanation des communes et communautés déjà existantes

grand-paris_pfRéuni le 2 octobre dernier, le Bureau de l’AMF s’est prononcé pour un renforcement des coopérations entre les collectivités au sein de la métropole du Grand Paris afin de mieux répondre aux enjeux du développement de la région capitale. 
Toutefois, il a alerté sur le risque d’un empilement de collectivités (alors qu’il faudrait au contraire réduire le nombre d’échelons territoriaux) et la nécessité d’établir des relations avec les territoires situés dans les départements de deuxième couronne.
Pour l’AMF, la métropole du Grand Paris doit être l’émanation des communes et de leurs coopérations déjà existantes ; les transferts de compétences ou d’actions à la métropole doivent se faire selon le principe de subsidiarité avec l’application de la notion d’intérêt métropolitain définie par les communes et/ou leurs groupements. Toute organisation infra métropolitaine doit se faire par adhésion des communes.
Face au risque d’une administration démesurée au sein de la métropole mais aussi de surcoût en termes d’organisation, l’AMF rappelle son attachement à un mode souple d’organisation des services avec les communes et/ou leurs groupements.
A ce stade d’examen du projet de loi, les élus du Bureau de l’AMF expriment leur incompréhension face à l’absence d’éléments financiers et fiscaux du dispositif envisagé, qui prévoit notamment la dissolution des communautés existantes et des retours financiers complexes. De plus, dans un contexte de maîtrise des dépenses et de baisse des dotations, il convient d’être particulièrement vigilant sur la maîtrise de la pression fiscale sur les contribuables. 

Source : AMF Asso

Ile-de-France : Des salariés usés par les transports en commun

transports_commun_idfUne étude révèle que les transports sont une source de stress pour près de deux salariés sur trois en Ile-de-France.

Prendre le RER, le métro ou le tram pour aller bosser, quelle galère! D’après une étude du cabinet Technologia, spécialiste des risques liés au travail, 63% des actifs franciliens qui passent une heure et demie par jour dans les transports en commun les considèrent comme une source de fatigue, d’usure, voire d’altération de la santé. Il fait trop chaud, on voyage souvent debout, pendant un temps de trajet trop long, au cours duquel on a parfois affaire à des passagers agressifs. Ce sont les principales causes de fatigue pointées par les personnes interrogées dans le cadre de l’étude.

Rien d’étonnant pour le patron de Technologia, Jean-Claude Delgènes, qui estime que « les salariés franciliens paient le sous-investissement pendant vingt ans sur le réseau de transports franciliens ». S’il constate qu’aujourd’hui de l’argent a été mis sur la table — en attendant le supermétro du Grand Paris à l’horizon 2030 —, il estime que ces « investissements n’ont pas encore été générateurs d’améliorations ».

Toutefois, Jean-Claude Delgènes pointe aussi du doigt les entreprises : « On ne peut pas résoudre les difficultés rencontrées par les salariés uniquement en faisant des travaux sur les réseaux. Il y a encore trop de patrons qui pensent que leurs salariés vivent à la porte de leur entreprise. La France a trop de retard sur le télétravail. Le covoiturage est sous-développé », dénonce-t-il. Il préconise le développement « des entreprises en réseaux, de bourse d’échanges d’emploi, l’embauche de conseillers en mobilité dans les entreprises ».

S’il est vrai que les entreprises paient déjà un lourd tribut pour les transports en commun (3,4 Mds€ versés en 2013 au Stif, le Syndicat des transports d’Ile-de-France), Jean-Claude Delgènes pense qu’investir davantage permettrait à terme aux entreprises de faire des économies… en arrêts maladie. « Il n’y a malheureusement pas d’études sur le sujet, mais il faudrait s’intéresser aux corrélations entre certaines pathologies, comme l’hypertension, les accidents vasculaires cérébraux et les transports en commun. »

De son côté, la patronne du Transilien plaide pour « l’effet papillon » : « Il suffirait qu’une minorité de salariés puisse travailler en horaires légèrement décalés pour améliorer l’ensemble du réseau », assure Bénédicte Tilloy. En contrepartie, les entreprises qui joueraient le jeu pourraient bénéficier d’un rabais sur la fameuse taxe transport qu’elles versent au Stif. Mais à l’heure où celui-ci se voit contraint de majorer les prix des tickets de transport de 3% jusqu’en 2025, cette piste de travail reste plus que jamais virtuelle…

Source et image : Le Parisien du 21/10/2013

Le Grand Paris fait trembler la région Ile-de-France

grand-paris_pfLe fantôme de la création d’une métropole du Grand Paris a plané hier sur les débats du conseil régional, lors de l’examen du Schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif). Un dossier essentiel en matière d’aménagement du territoire pour les 20 prochaines années qui a donné lieu à une séance marathon qui devait se prolonger dans la nuit. La droite, minoritaire, est contre, la gauche et les Verts pour. Mais là où élus de tous bords se rejoignent, c’est dans la crainte de se faire écraser par le futur poids lourd en gestation : la métropole du Grand Paris. Celle-ci devrait regrouper Paris et les 124 communes des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne dès le 1er janvier 2016… En regroupant ainsi la petite couronne, ce sont les fondements même de la région Ile-de-France qui risquent d’être ébranlés.

Des craintes relatives aux ressources financières

« Le Sdrif n’est même pas adopté qu’il est déjà caduc. Les débats en cours au parlement sur la métropole du Grand Paris ajoutent une incertitude majeure. La région risque de se retrouver dans cette situation assez paradoxale de ne pouvoir mettre en œuvre les décisions qu’elle aura elle-même prises! », pronostique Valérie Pécresse (UMP). La majorité pense exactement l’inverse : mieux vaut baliser dès maintenant au maximum le chemin pour garder la main.

Il n’empêche, en plein cœur des débats, hier, à force de voir planer le fantôme de la métropole du Grand Paris, malgré le trop plein d’amendements, les élus ont cru bon d’en rajouter un : « Le conseil régional insiste sur le fait que la création d’une nouvelle structure métropolitaine se fasse dans le respect de l’ensemble des compétences de la région et préserve la totalité de ses moyens financiers ». Autrement dit, pas question de se faire dépouiller par la future entité, ni au niveau des compétences, ni au niveau des ressources. Ce qui en dit long sur les craintes des élus régionaux. L’UMP a voté contre sous prétexte qu’en citant la métropole du Grand Paris dans cet amendement, on légitime sa création, « mais nous participons à ce combat qui est le vôtre », corrige François Durovray. Bernard Gauducheau (UDI), qui s’est abstenu, lâche ce cri du cœur : « On se raccroche aux branches ». Sous-entendu, il est trop tard… Ce qui a le don d’agacer un Jean-Paul Huchon (PS) emphatique : « Je ne comprends pas ce défaitisme. Arrêtons de dire qu’on est foutu.. Nous ne sommes pas dans une assemblée qui rend les armes. Moi, je me battrai jusqu’au bout. »

Source : Le Parisien du 19/10/2013

Aulnay-sous-Bois : Grève des chauffeurs pour handicapés

logos_flexciteIls dénoncent une « dégradation des conditions de travail » et réclament une hausse des salaires. Une partie des chauffeurs de l’entreprise Flexcité, basée à Aulnay, est en grève depuis jeudi. Cette filiale de la RATP prend en charge le service de transports Pam 93, destiné aux personnes handicapées du département. « On fait de grosses journées de travail, et on ne peut parfois pas prendre notre pause », explique Sega Diarra, délégué CFDT. La situation s’est dégradée depuis six mois, assure-t-il, parce que 8 salariés, partis en 2012, n’ont pas été remplacés. « C’est faux, certains ont été remplacés », rétorque la direction. La CFDT affirme qu’une partie des courses n’a pu être assurée ces derniers jours, du fait de la grève. Flexcité rétorque à l’inverse que « pour le moment, le mouvement n’a pas d’incidence sur l’activité », les trajets étant assurés par des non-grévistes et d’autres chauffeurs de Flexcité. La grève pourrait se poursuivre lundi.

Source : Le Parisien du 19/10/2013

 

L’abri bus sur le terrain de la sécurité sociale à Aulnay-sous-Bois

Bus_Sembat_Secu_Sociale_AulnayCelles et ceux qui se sont rendus récemment à la sécurité sociale rue Marcel Sembat à Aulnay-sous-Bois auront remarqué qu’un abri de bus empiète désormais sur le terrain de la structure. Ce sujet avait été évoqué en réunion publique il y a près de 2 ans, réunion publique qui concernait l’aménagement de la rue Marcel Sembat.

La Ville avait au départ rencontré des difficultés pour trouver le bon interlocuteur à la Sécurité Sociale afin de pouvoir implanter l’abri bus en retrait. C’est maintenant chose faite !

Le projet CDG Express est bien lancé selon ADP

CDG_ExpressAnnoncé depuis plus de 15 ans, le projet de la ligne ferroviaire directe qui sert à relier Paris à Roissy-Charles de Gaulle en 20 minutes, baptisé « CDG Express« , est bien engagé, selon Augustin de Romanet, président d’Aéroports de Paris (ADP).

« Ce qui est clair aujourd’hui, c’est que Réseau Ferré de France (RFF), probablement instruit par le Ministre des transports, accepte de se lancer dans un projet de construction d’une infrastructure avec Aéroports de Paris », a déclaré Augustin de Romanet, le 4 août 2013, à l’Association des journalistes professionnels de l’aéronautique et de l’espace (AJPAE). Le RFF a reçu, effectivement, du Ministre des transports des consignes pour concevoir cette ligne de 32 kilomètres de long de la gare de l’Est jusqu’à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle.

Reste la question du financement, CDG Express coûtera environ 1,7 milliard d’euros. Le gouvernement envisage d’ajouter une taxe supplémentaire sur les billets d’avion qui devra rapporter 400 millions d’euros au projet, selon le ministre des Transports Frédéric Cuvelier, cité dans Le Figaro. Reste à trouver encore 1,3 milliard d’euros… Pour pouvoir financer à terme le projet, certains experts estiment le billet pour l’usager final à 24 euros (contre actuellement 9 euros sur la ligne du RER B) à la mise en service de CDG Express en 2023.

Concernant la taxe supplémentaire sur les billets d’avion, le patron d’ADP la considère nécessaire : « Je pense que, compte-tenu de la situation des finances publiques, je ne dois pas demander à l’Etat quelque chose qu’il n’a pas les moyens de financer et je préfère ne pas chiffrer les coûts de la non réalisation de CDG Express. Je préfère être positif et pro actif avec RFF« .

Main dans la main avec les partenaires RFF, RATP, SNCF qui soutiennent ce projet, Augustin de Romanet estime qu’ »il est vital pour les passagers de Roissy-CDG d’avoir de la visibilité sur leur temps de parcours ce qui est impossible aujourd’hui entre les bouchons sur l’autoroute et les aléas du RER« .

Il a profité de cette rencontre avec  l’AJPAE pour démenti tout projet de privatisation d’ADP en réponse à un article de La tribune qui indiquait « qu’il envisage une privatisation ».

Diminution du bruit sur la plateforme de Paris-CDG en 2012

aeroport-roissy-charles-de-gaulleLe dernier indicateur, basé sur le bruit mesuré en 2012, révèle une baisse du bruit qui s’explique principalement par la baisse du trafic et la stagnation du trafic de nuit.

Instauré par l’arrêté du 28 janvier 2003, l’indicateur global mesuré pondéré (IGMP) a été mis en place afin de mieux évaluer l’environnement sonore sur la plateforme de Paris-CDG.

L’IGMP est calculé à partir des mesures de bruit en temps réel effectuées par un réseau de huit stations placées dans les axes des quatre pistes de l’aéroport. Il détermine l’énergie sonore totale mesurée durant une année pour les décollages et pour les atterrissages, rapportée à l’énergie calculée pour l’année de référence (moyenne des années 1999 à 2001).

Cet indicateur est évalué, à partir de mesures de bruit, de façon identique chaque année afin de suivre l’évolution de l’énergie sonore par rapport au niveau de référence ainsi fixé. Il prend en compte la majoration de la gêne en soirée entre 18 h et 22h (+ 5 dB soit un coefficient de 3) et la nuit entre 22 h et 6 h (+ 10 dB soit un coefficient de 10).

C’est le seul indicateur réglementaire, basé sur le bruit mesuré, qui permet en outre de disposer d’une série statistique depuis maintenant huit ans.

En 2011 la valeur de l’indicateur était de 81,4 (base 100 : moyenne 1999-2001), en diminution par rapport à 2010 malgré un trafic en hausse de 2,8 % sur l’aéroport de Paris-CDG en 2011 (514 000 vols).

La baisse de l’indicateur s’explique en partie par le fait qu’en 2010, le transfert de certains vols de jour vers la nuit en raison d’événements exceptionnels avait majoré l’indice de l’IGMP qui s’élevait à 82,3, affichant malgré tout une baisse par rapport à 2009 (85,6). En 2011 au contraire, le trafic n’a pas connu ces surcharges exceptionnelles la nuit.

En 2012, la valeur de l’indicateur est de 79,8 en diminution par rapport à 2011. Cette évolution s’explique principalement par la baisse du trafic total (- 3,2 %), une stagnation du trafic de nuit et une augmentation des masses maximales au décollage.

Il faut s’attendre à une augmentation du trafic dans les années à venir qui devrait aboutir à une remontée de l’indicateur, en dépit de la tendance générale à l’amélioration des flottes.

Cette année, l’indicateur a été présenté à l’autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (Acnusa) qui a remis le 9 juillet 2013 un avis favorable à la méthode et au résultat obtenu.

Le détail du calcul pour l’année 2012 est précisé dans le Rapport de présentation des conditions d’obtention de la valeur de l’indicateur représentatif de l’énergie sonore pour l’année 2012

Le Sénat vote la métropole du Grand Paris

grand-paris_pfAprès un débat marathon, les sénateurs ont fini par adopter, dans la nuit de lundi à mardi, le texte créant une métropole du Grand Paris. La loi est passée d’une courte majorité, par 156 voix contre 147, constituée de parlementaires PS, centristes et d’une partie du groupe UMP. Pour des raisons diverses, communistes, écologistes et le reste de la droite ont voté contre.

6,5 millions d’habitants concernés

« Sur la forme de la métropole, on a un accord », se félicite Marylise Lebranchu, la ministre en charge du dossier, rejointe par le corapporteur (PS) de la loi Alexis Bachelay qui salue « un véritable élan décentralisateur ». De son côté, Christian Favier (PC) dénonce un « monstre technocratique » et demande au président « d’organiser un référendum ».

Le texte prévoit l’émergence de la métropole au 1er janvier 2016, un ensemble regroupant Paris et les 124 communes des trois départements de petite couronne, soit une population de 6,5 millions d’habitants. La porte reste toutefois ouverte aux intercommunalités limitrophes volontaires. Elle prendra la forme d’un établissement public de coopération intercommunal (EPCI) ayant compétence pour lever l’impôt et qui doit se substituer aux intercommunalités. Alors qu’ils avaient rejeté le texte en bloc en juin, les sénateurs ont donc donné leur feu vert, non sans plusieurs amendements. Ils ont notamment réduit le périmètre des « territoires » qui composeront la future métropole. Ils devront compter au moins 200000 habitants dans quatre communes au lieu des 250000 habitants initialement.

Les compétences de chaque collectivité ont aussi été clarifiées : la métropole s’occupera de l’aménagement de l’espace, du logement, du développement durable tandis que les transports resteront de la responsabilité de la région. Quant aux questions locales telles que la gestion des déchets ou les cantines, elles restent prérogatives des communes. Le texte doit maintenant repartir en seconde lecture à l’Assemblée avant de passer en commission mixte paritaire (7 sénateurs, 7 députés) qui aura pour tâche d’harmoniser les propositions des deux chambres.

Source : Le Parisien du 09/10/2013

Elus Verts d’Aulnay-sous-Bois sur le RER B + : satisfaction, vigilance et propositions

01102013_Communiqué de presse_RER_B+_2La nouvelle desserte du RER B a démarré le 2 septembre dernier. C’est le résultat de plus de 15 ans de mobilisation des usagers, des associations, des élus locaux et régionaux et de la prise en compte de l’urgence d’une rénovation du RER B par le STIF présidé par le président de la Région Île-de-France
depuis 2006.

Ces projets d’amélioration ont pour objectifs : l’amélioration des conditions de transport des voyageurs, une desserte simplifiée et fiabilisée, un confort amélioré, une accessibilité des quais pour les personnes à mobilité réduite…

En sa qualité d’administrateur du STIF de 2004 à 2010, Alain AMEDRO, actuel Vice-Président à l’aménagement au Conseil Régional d’Île-de-France, a participé à la mise en place des 500 millions d’euros d’investissement du projet RER B+. Il estime cependant que cela n’est pas suffisant et appelle à un nouveau plan d’investissement rendu nécessaire par l’augmentation de la fréquentation.

C’est dans ce contexte et pour suivre de près ces changements que les élus écologistes ont initié un voeu voté à l’unanimité par le Conseil Municipal (EELV, PCF, PRG, PS, UMP et personnalités) moins trois voix. Ce voeu reconnaît les avancées réalisées, appelle à rester vigilants et fait des propositions pour améliorer la desserte, notamment en mettant en place des directs Aulnay-Paris de la ligne K Paris – Crepy en Valois.

Ainsi, la priorité a été mise sur le renforcement de la ligne K, l’abandon du projet CDG EXPRESS,
notre participation à un bilan à 6 mois réalisé par les transporteurs et en lien avec les usagers et surtout la mise en place d’un nouveau plan de rénovation ambitieux.

Source : communiqué des élus verts d’Aulnay-sous-Bois

Le nouveau RER B donne le sourire , mais pas à Villepinte et Aulnay-sous-Bois

RERB_AulnayDepuis un mois, c’est un train toutes les trois minutes aux heures de pointe entre Aulnay et Paris. Premier bilan dans une rame hier matin.

«J’ai vu mon temps de transport passer de une heure et demie à quarante-cinq minutes. Avant, j’étais obligée de prendre deux trains d’avance pour arriver à l’heure, c’était un calvaire. Maintenant, c’est nettement plus pratique. » Hier, comme chaque matin depuis un mois, c’est avec le sourire que Catherine commence sa journée. L’horloge du quai de la gare du Blanc-Mesnil affiche 8h30. La fonctionnaire de la Poste, de 45 ans, s’apprête à monter à bord du RER B en direction de Paris. Et elle est détendue : « Je sais que, si j’avais raté ce train, je n’aurais pas attendu longtemps car le suivant arrive très vite. »

La mise en service du plan RER B + Nord le 2 septembre, c’est une petite révolution pour les usagers de ces gares situées entre Paris-Nord et Aulnay, qui devaient patienter jusqu’à quinze minutes entre deux rames, voyager dans des wagons bondés, subir des retards récurrents… Désormais, tous les trains sont omnibus et passe toutes les trois minutes le matin et le soir. Dans la rame en direction de Paris hier matin, la plupart des passagers sont satisfaits. Pour Farhat, également blanc-meslinois, c’est une bonne surprise. « Avant, sur deux ou trois trains qui passaient par notre gare, un seul s’arrêtait… C’était déprimant », lâche cet employé de la restauration, qui a au total trois correspondances pour rejoindre son job. Quelques sièges plus loin, Véronique, la cinquantaine, est plongée dans un roman. « Ça nous évite de courir, de nous casser la figure. Y a pas photo! » raconte l’usagère qui est montée au Bourget. Depuis un mois, elle passe vingt-cinq minutes de moins, matin et soir, dans les transports en commun.

Certains râlent contre les omnibus

Françoise, assise sur un strapontin du wagon situé en queue de train, est plus critique. Du temps, elle en a plutôt perdu, estime-t-elle. Cette employée de la Ville de Paris, qui monte en gare de Sevran-Livry, a vu son trajet s’alourdir de trente minutes aller-retour. Une conséquence de la suppression des directs aux heures de pointe entre Aulnay et Paris. « Je trouve ça normal qu’il y ait des RER qui s’arrêtent à toutes les gares, commente-t-elle, mais j’aimerais, comme beaucoup, qu’il y ait un mixte entre ces omnibus et les directs. » Elle note un point positif : « Il y a moins de monde qu’avant, puisqu’il y a beaucoup plus de trains! » Méiraud, lui, ne fait pas dans la demi-mesure. Il prend le train chaque jour à Aulnay-sous-Bois. « Je ne suis vraiment pas content. C’est une perte énorme de temps pour moi », soupire le quadragénaire.

Aulnay et Villepinte veulent le retour des directs

Les élus de bout de ligne, grincent des dents. A Aulnay, la desserte omnibus et la saturation des rames, qui inquiétaient déjà les associations d’usagers avant le 2 septembre, restent au cœur des préoccupations. Il en a d’ailleurs été question lors du dernier conseil municipal, avec deux vœux présentés par l’opposition. Jacques Chaussat (UDI), candidat déclaré aux prochaines municipales, propose de rétablir des RER directs entre Aulnay et Paris, estimant que le temps de trajet des Aulnaysiens a augmenté « de vingt minutes par jour », entraînant « une perte d’attractivité pour la ville ». Les élus Europe Ecologie sont plus mesurés : « Il est trop tôt pour tirer des conclusions euphoriques ou négatives sur cette mise en œuvre. » Ils proposent néanmoins des premiers aménagements : le renforcement de la ligne K, permettant plus de trajets, ou l’arrêt à Aulnay des directs Paris-Roissy.

De son côté, le maire PS d’Aulnay, Gérard Ségura, a écrit à deux reprises au président du Stif, Jean-Paul Huchon, lui indiquant que la mise en place des nouveaux horaires est « ressentie par les usagers comme une desserte détériorée » et demande lui aussi un renforcement de la ligne K. Même réclamation pour le député PS Daniel Goldberg, qui juge toutefois que « le premier bilan est bon ». A Villepinte, Martine Valleton, candidate UMP et usagère du RER, a lancé une pétition pour recueillir les voix de ceux qui pâtissent de la desserte omnibus.

Source : Le Parisien du 02/10/2013