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Une maison médicale pour le Docteur Allouch à Aulnay-sous-Bois

Lors du conseil municipal du 8 juillet 2020, les élus ont voté pour honorer le docteur Maurice Allouch en attribuant son nom à une maison médical à Aulnay-sous-Bois. Ce médecin décédé il y a quelques mois était bien connu dans le quartier de la Rose des Vents. Il avait également participé à une commission de recherche des victimes de l’amiante du CMMP et avait repris du service alors qu’il était à la retraite.

Pas véritablement remercié de son vivant puisqu’il avait été de facto écarté de cette commission suite à l’élection de Bruno Beschizza en 2014, c’est un juste retour des choses pour celui qui avait fait de la santé des autres son cheval de bataille.

Au revoir Docteur Allouch, un grand homme qui s’est éteint à Aulnay-sous-Bois !

C’est avec beaucoup d’émotion que les militants du collectif d’associations, en lutte depuis plus de 20 ans pour la recherche et l’indemnisation des victimes de l’ancienne usine d’amiante CMMP d’Aulnay-sous-Bois et la déconstruction sous bulle du site pollué, ont appris le décès du docteur Maurice ALLOUCH.

Le docteur ALLOUCH en a été un participant actif à nos côtés dès 2008. Il a mis ses compétences, sa générosité et son humanisme au service de son prochain.

En 2009, le conseil municipal d’Aulnay lui avait confié la présidence du Comité de Pilotage ainsi créé sur ce dossier.

Durant cinq années, il a assuré bénévolement une permanence tous les mercredis après-midi au Centre Municipal de Santé (CMES) rue Coullemont. Au début sur son temps personnel car il était toujours en activité professionnelle puis ensuite en tant que retraité.

Il recevait, écoutait, conseillait, orientait les malades potentiels vers un autre médecin ou le service de pneumologie de l’hôpital Robert Ballanger, tout en mettant les malades en relation avec notre collectif d’associations pour l’aide à l’indemnisation auprès du Fonds d’Indemnisation des Victimes de l’Amiante (FIVA).

Nous avons tous apprécié son humanisme et son engagement guidé par le seul souci de la santé publique. Il était donc de plain-pied dans notre mouvement citoyen. Merci à lui de tout coeur car nous avons perdu aussi l’ami qu’il était devenu. Nous ne l’oublierons pas.

Nous adressons à sa femme, ses enfants et ses proches, toutes nos sincères condoléances et toute notre amitié.

Pour le Collectif des Riverains et Victimes du CMMP : Gérard Voide
Pour l’association Ban Asbestos France : Annie Thébaud-Mony
Pour l’Addeva 93 : Alain Bobbio
Pour Aulnay Environnement : Robert Halifax

Le docteur Allouch, ancien conseiller municipal à Aulnay-sous-Bois, nous a quitté

C’est une bien triste nouvelle : le très vénéré Docteur Maurice Allouch, ancien conseiller municipal d’opposition à Aulnay de 2008 et 2014 et ancien membre du Parti Radical, nous a quitté.

En 2013, il tenait une commission pour identifier les victimes de l’usine d’amiante CMMP. Il tenait également, en tant que médecin généraliste, un cabinet dans le quartier de la Rose des Vents (et qui ne s’appelle plus 3000 depuis longtemps, on dirait que certains aiment ce nom très peu flatteur pour ses habitants). Dans ce quartier, il était très connu.

Nous adressons toutes nos condoléances à la famille et aux proches du docteur Allouch. Le membre fondateur d’Aulnaycap, Arnaud Kubacki, le connaissait bien et avait partagé un bout de chemin ensemble. C’est évidemment pour lui un choc.

Aulnay-sous-Bois : Le « docteur Allouch » à l’écoute des victimes de l’Amiante

Maurice_AlloucheIl fait figure de patriarche ou de contremaître bienveillant, dans le travail de fourmi entrepris depuis des années par les associations et les élus autour du lourd dossier du CMMP. Maurice Allouch, médecin à la retraite, dirige bénévolement depuis 2009 le « comité de pilotage » local chargé d’informer le public et de recenser, à petite échelle, les victimes potentielles de l’amiante. L’homme est conseiller municipal d’opposition (UDI, ex-UMP), mais c’est à lui que le maire PS Gérard Ségura a fait appel. Le septuagénaire n’a pas hésité. « Ce n’était pas un projet politique, mais une affaire de santé publique et d’humanisme. » « On travaille extrêmement bien avec lui », confirme Gérard Voide, du collectif des riverains et victimes du CMMP.

C’est ainsi que l’ancien praticien s’est installé il y a plus de trois ans dans un petit bureau du centre municipal de santé de la rue Coullemont. Tous les mercredis, il tient une permanence d’information. Familles inquiètes, malades déclarés, anciens salariés de l’usine, il reçoit tout le monde avec la même bonhomie rassurante : « Quand les gens arrivent, ils sont à vif, il faut les prendre avec des pincettes », confie-t-il. Il lui faut d’abord expliquer son rôle. « Ce n’est pas une consultation, je n’ai pas la casquette de médecin », souligne-t-il. Mais à Aulnay, beaucoup connaissent le « docteur Allouch », qui avait ouvert son cabinet en 1970 à la cité de la Rose-des-Vents, après avoir étudié la médecine en Algérie. S’il consent à jeter un œil sur les radios qu’on lui met sous le nez, le retraité oriente ensuite les malades potentiels vers un autre médecin ou le service de pneumologie de l’hôpital Robert-Ballanger. Il leur explique aussi les démarches à faire pour être indemnisé : « Quand quelqu’un est touché par l’amiante au travail, il est suivi. Quand il a été contaminé ailleurs, rien n’est prévu. » Maurice Allouch prend surtout le temps d’écouter et de consigner dans de minces dossiers les récits de ses visiteurs. Comme celui de cette femme résidant en province, qui avait quitté Aulnay à l’âge de 18 ans et n’a jamais travaillé dans un milieu à risques. « A 52 ans, elle a développé un mésothéliome. Enfant, elle était à l’école du Bourg et elle habitait à côté de l’usine… »

En trois ans, il a recensé 17 cas de plaques pleurales et 6 malades atteints d’un mésothéliome, dont trois sont décédés depuis. Certains après-midi, personne ne vient. L’information autour des risques liés au CMMP n’a jusqu’à présent circulé qu’au gré du bouche-à-oreille, du réseau associatif et des articles de presse. Maurice Allouch espère que la recherche financée par l’ARS touchera le plus grand nombre. « Retrouver les personnes qui ont été exposées, c’est un espoir de faire avancer les traitements et de mieux comprendre ces maladies. »

L’enquête aura lieu

L’enquête ne commencera pas tout de suite. Mais elle aura lieu, cela a été confirmé vendredi dernier. Le ministère de la Santé a bien décidé de financer la « recherche active » destinée à retrouver les milliers d’anciens élèves des écoles voisines du site du CMMP (Comptoir des minéraux et matières premières) à Aulnay, là où se dressait jadis une usine d’amiante. Et parmi eux, d’éventuelles victimes de ce minerai toxique, qui y fut broyé de 1938 à 1975.

« Cette recherche sera une première en France, voire en Europe, puisqu’elle va à la fois permettre de retrouver les gens qui ont été exposés à l’amiante, mais aussi leur proposer un suivi médical. C’est l’aboutissement de quatorze ans de lutte des associations », se réjouit Annie Thébaud-Mony, chercheuse à l’Inserm.

Vendredi, le délégué territorial de l’Agence régionale de santé (ARS) Bernard Kirschen, a rencontré les membres du « comité de pilotage » local, qui regroupe les associations de riverains et de victimes de l’amiante et des élus de la ville. Depuis 2009, ce comité reçoit les victimes de « l’usine-poison », sous la houlette d’un ancien médecin, Maurice Allouch.

Source : Le Parisien du 02/07/2013

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