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Sylvie Billard : Le racialisme est une menace pour la paix civile (1/2)

Cher.e.s Aulnaysien.ne.s,

À l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions du 10 mai, mon texte d’hommage aux victimes passées et actuelles a été qualifié de « révisionniste » ! L’utilisation de ce terme – réservé habituellement à l’encontre de l’extrême droite antisémite niant l’existence de la Shoah- est plus que problématique. Outre le fait que je ne suis ni d’extrême droite, ni antisémite, loin de nier les faits historiques, je les expose, car au-delà des ressassements haineux du passé, j’appelle chacun.e à assumer et à dépasser son Histoire, afin de construire pour tou.te.s un avenir de Liberté, d’Égalité et de Fraternité. Je vous laisse découvrir ces échanges et juger par vous-même ce qui est bon ou pas pour notre ville et notre pays.

Sylvie Billard

L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s

Votre.elue.citoyenne@gmail.com

Mon texte :

« Écoutons avec respect les descendants des 42 millions de personnes réduites en esclavage en 13 siècles par les traites atlantique, arabo-musulmane et intra-africaine. Ne cédons rien aux racialistes qui jugent coupables les seuls Occidentaux pourtant les seuls à avoir d’eux-mêmes aboli l’esclavage et à s’en repentir et qui épargnent les Arabo-musulmans et les Africains tout aussi responsables sans avoir jamais reconnu officiellement leur responsabilité. Ne jugeons pas les descendants occidentaux, arabo-musulmans et africains des acteurs de ces traites, car ils ne sont pas responsables des crimes de leurs aïeux.

Fort.e.s d’un passé connu, officiellement reconnu et assumé, écoutons respectueusement les souffrances endurées et luttons contre la réduction actuelle en esclavage de 40 millions de personnes. »

Le commentaire de Laurent Comparot, socialiste aulnaysien :

« Un billet scandaleux qui sous prétexte de rendre hommage aux victimes de l’esclavage et de la traite met en accusation les autres formes historiques d’esclavagisme. Madame Billard s’inscrit bien dans cette ligne révisionniste qui relativise l’esclavagisme européen. Elle évoque le racialisme comme d’autres évoquent l’indigénisme pour qualifier la pensée antiraciste décoloniale.
Il est fort heureux que madame Billard ne soit plus membre du groupe d’élus issus du mouvement Aulnay en Commun dont elle a trahi les principes et les idées. »

Ma réponse à Laurent Comparot :

Encore heureux que je rende hommage à toutes les victimes passées et actuelles (40 millions) de l’esclavage et de toutes les formes de traites ! Pas vous ?

Et en quoi évoquer les travaux d’historiens sur les formes de traites constitue-t-il un « révisionnisme » et un « relativisme » ? Si je saisie bien votre raisonnement pour ne pas relativiser la traite atlantique, il faut

relativiser les traites arabo musulmane et intra africaine. Et pour ne pas relativiser la traite négrière, il faut relativiser la traite « blanchière ». Si je saisie bien votre raisonnement :

– une traite est plus tolérable qu’une autre en fonction de la couleur de peau et de la religion des auteurs et des victimes,

– la souffrance des uns est davantage digne de respect que celle des autres en fonction de la couleur de peau et la religion des victimes.

N’est-ce pas vous qui « revisionnez » et relativisez ? Il semblerait que vous n’acceptiez l’histoire que lorsqu’elle vous permet de racialiser en rond. Moi je reprends fièrement la défense de l’universalisme de nos valeurs -que vous avez manifestement perdu de vue – en affirmant comme l’un de mes commentateurs que « toute solidarité qui ne s’applique pas au genre humain dans son ensemble porte en germe la haine de l’autre ».

Enfin, pourriez-vous expliquer en quoi consiste ma trahison aux principes et idées d’AEC à partir d’éléments factuels ? Encore une accusation que vous aurez du mal à étayer.

Sylvie Billard, mes petites brèves de mai (8/10) 23 mai : Journée nationale d’hommage aux victimes de l’esclavage

Selon la fondation australienne Walk Free, l’esclavage touche aujourd’hui plus de 40 millions de personnes dans le monde, dont 9,2 millions en Afrique (3,4 au titre du travail forcé et 5,8 du mariage forcé). C’est en Afrique que la prévalence est la plus forte (7,6 victimes pour 1 000 personnes), suivie de l’Asie-Pacifique (6,1), de l’Europe et de l’Asie centrale (3,9).

Luttons contre la réduction actuelle en esclavage de 40 millions de personnes dans le monde.

Sylvie Billard

L’élue citoyenne de tou.te.s les Aulnaysien.ne.s

Votre.elue.citoyenne@gmail.com

Sylvie Billard, mes petites brèves de mai (5/10) 10 mai : Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions

Écoutons avec respect les descendants des 42 millions de personnes réduites en esclavage en 13 siècles par les traites atlantique, arabo-musulmane et intra-africaine. Ne cédons rien aux racialistes qui jugent coupables les seuls Occidentaux pourtant les seuls à avoir d’eux-mêmes aboli l’esclavage et à s’en repentir et qui épargnent les Arabo-musulmans et les Africains tout aussi responsables sans avoir jamais reconnu officiellement leur responsabilité. Ne jugeons pas les descendants occidentaux, arabo-musulmans et africains des acteurs de ces traites, car ils ne sont pas responsables des crimes de leurs aïeux.

Fort.e.s d’un passé connu, officiellement reconnu et assumé, écoutons respectueusement les souffrances endurées et luttons contre la réduction actuelle en esclavage de 40 millions de personnes.

Sylvie Billard

L’élue citoyenne de tou.te.s les Aulnaysien.ne.s

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Commémoration de l’esclavage, de la traite négrière et de leur abolition : que chacun.e assume son histoire et construise pour tou.te.s un avenir de liberté, d’égalité et de fraternité (5/5)

Conclusion

Les soi-disant militants ‘antiracistes’ – habités par la haine des Blancs et leur désir insatiable de vengeance – condamnent uniquement la traite négrière mise en place par les Occidentaux entre les XVIe et XIXe siècles, avec la complicité d’Occidentaux adeptes de la repentance et de la ‘cancel culture’. Ces adeptes se situent souvent à gauche, dans cette gauche autrefois universaliste qui a sombré dans l’implosion, la fragmentation, le morcellement identitaire, la haine des uns contre les autres, si dangereuse pour la cohésion nationale. C’est notamment le cas d’une partie de la gauche à Aulnay-sous-Bois. Je ne m’y attendais pas.

Dans « Le Sanglot de l’homme blanc » (Paris, Grasset, 1983), Pascal Bruckner constatait déjà la ‘haine de soi’, le ‘masochisme occidental’, le devoir de repentance imposé uniquement à civilisation occidentale. Dans « La Tyrannie de la pénitence » (Paris, Grasset, 2006, Le Livre de Poche, 2017, p. 174), il s’étonna : ‘que les premières nations qui ont aboli l’esclavage, après en avoir grassement profité, soient aussi les seules qui fassent l’objet d’accusations et de demandes de réparations’

Pire, ces ‘antiracistes’ taxent de racisme les spécialistes de l’esclavagisme et font obstacle à la manifestation d’une vérité historique contraire à leur sectarisme. Historien de l’esclavage, Olivier Pétré-Grenouilleau le constate : ‘Au poncif raciste blanc – l’Occident civilisé face aux sauvages noirs – a succédé l’image tout aussi déformée de bourreaux uniquement Blancs face à des Noirs uniquement victimes’.

Il considère important de comprendre que « les Occidentaux, Orientaux ou Africains d’aujourd’hui ne sont nullement responsables des crimes commis par quelques-uns de leurs ancêtres, et qu’il ne sert à rien de monter certaines communautés les unes contre les autres ». Pour lui, « le travail de mémoire ne doit pas conduire au ressassement du passé ». Et pour l’écrivain béninois Marcus Boni Teiga, « cela n’excuse en rien la traite négrière du passé, mais la priorité c’est bien de combattre les trafics qui se déroulent aujourd’hui ».

C’est au dépassement de ce passé qu’il faut désormais œuvrer, afin de construire pour tou.te.s un avenir de liberté, d’égalité et de fraternité ! Au chemin du ressassement et de la haine, je préfère – pour nous tou.te.s – celui de la Paix, de l’Amour et de la Dignité.

Sylvie Billard
L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s
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Commémoration de l’esclavage, de la traite négrière et de leur abolition : que chacun.e assume son histoire et construise pour tou.te.s un avenir de liberté, d’égalité et de fraternité (4/5)

3. L’esclavage et la traite de nos jours

Selon la fondation australienne Walk Free, l’esclavage touche aujourd’hui plus de 40 millions de personnes dans le monde, dont 9,2 millions en Afrique (3,4 au titre du travail forcé et 5,8 du mariage forcé). C’est en Afrique que la prévalence est la plus forte (7,6 victimes pour 1 000 personnes), suivie de l’Asie-Pacifique (6,1), de l’Europe et de l’Asie centrale (3,9)

Sylvie Billard

L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s

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Commémoration de l’esclavage, de la traite négrière et de leur abolition : que chacun.e assume son histoire et construise pour tou.te.s un avenir de liberté, d’égalité et de fraternité (3/5)

2. La traite des blancs : la plus méconnue

Environ 4,5 millions de « blancs » ont été réduits en esclavage par les pirates barbaresques du Maghreb et les Ottomans entre le XVe et le XIXe siècle avec un apogée entre 1580 et 1680.

Déjà existante au XIIIe siècle, la traite barbaresque redoubla à la suite de l’expulsion des Maures d’Espagne qui – de retour au Maghreb – se lancèrent alors dans le djihad en razziant principalement les côtes méditerranéennes, mais également d’Angleterre, d’Irlande, des Pays-Bas et parfois d’Islande. Dans son ouvrage « Christian slaves, muslim masters: white slavery in the Mediterranean, the Barbary Coast, and Italy, 1500–1800 », Robert C. Davis estime qu’entre le XVIe et le XVIIIe siècle, les Barbaresques de Tunis, Alger et Tripoli réduisirent de 1 à 1,2 million de chrétiens européens blancs en esclavage et entre 1785 et 1815 environ 700 Américains. En 1816, après le bombardement d’Alger, le dey d’Alger signa un traité prévoyant la libération de tous les esclaves européens et l’abolition de la traite d’esclave. Mais c’est en 1830 que les troupes françaises libérèrent les captifs lors de la reddition d’Alger. En Tunisie, il est aboli en 1846. C’est la France qui a aboli l’esclavage dans les pays qu’elle a colonisés. Cette traite barbaresque, très lucrative, a permis notamment de financer les plus belles mosquées de ces pays. C’est le cas notamment de la Zitouna à Tunis.

Entre 1450 et 1700, l’Empire ottoman réduisit quant à lui en esclavage environ 2,5 millions européens. Les captifs étaient employés dans l’armée, la marine, les harems, au domicile des riches familles ou par des artisans. À partir du XIVe siècle, les Ottomans créèrent des unités d’élite constituées d’enfants de familles chrétiennes capturés comme esclaves qu’ils convertissaient à l’islam, encasernaient très jeunes, éduquaient en Turcs ottomans et qu’ils finissaient par émanciper en tant que janissaires, soldats d’élite de l’infanterie appartenant à la garde du sultan. En 1453, ces terribles soldats firent tomber « l’imprenable » Constantinople, dernier bastion de l’Empire romain d’Orient.

De 1500 à 1650, le nombre d’esclaves européens blancs dépassa largement celui des noirs africains déportés aux Amériques. La vie des esclaves blancs en Afrique ou en Turquie n’était guère meilleure que les pires conditions des esclaves noirs aux Amériques.

À quand une commémoration de l’esclavage, de la traite des blancs et de leur abolition au Maghreb, au Machrek et en Turquie ?

Sylvie Billard
L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s
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Commémoration de l’esclavage, de la traite négrière et de leur abolition : que chacun.e assume son histoire et construise pour tou.te.s un avenir de liberté, d’égalité et de fraternité (2/5)

1. La traite des noirs

Entre les VIIe et XXe siècles, les 3 traites asservirent environ 42 millions d’Africains :

  • L’atlantique, 11 millions sur 110 ans,
  • L’orientale, dont l’arabo-musulmane avec 17 millions sur 13 siècles,
  • L’intra-africaine, 14 millions majoritairement au XIXe siècle.

Traites occidentale et orientale des VIIe au XIXe siècles

1.1 La traite atlantique : la plus dénoncée

Pratiquée entre les XVIe et XIXe siècles, cette traite est la plus connue et la plus dénoncée. Prenant exemple sur les Espagnols et les Portugais, qui – les premiers – implantèrent l’esclavage aux Amériques, les Français s’y mirent également. Alors qu’en 1315 un Édit stipula que tout esclave touchant le sol français devait automatiquement libre, eut lieu en 1594 la première expédition négrière française. Louis XIII autorisa la traite en 1642. En 1685, Louis XIV édicta le Code noir qui réglementa la vie des esclaves dans les colonies françaises, leur dénia tout droit juridique et officialisa le statut des esclaves comme des « biens meubles », que l’on peut posséder, vendre ou échanger.

Nombre de captifs (en milliers) par pays ayant organisé leur déportation

Entre la fin du XVIIIe et le XIXe, un grand nombre d’États occidentaux décidèrent d’abolir la traite et l’esclavage.

Cette abolition – qui mis du temps à se traduire dans les faits – ne doit pas faire oublier qu’elle résulte certes des mouvements abolitionnistes européens, mais également des luttes menées par les esclaves eux-mêmes.

Le cas de Saint-Domingue (Haïti) est de ce point de vue emblématique. De 1791 à 1804, sous la direction de François Dominique Toussaint Louverture puis de Jean-Jacques Dessalines, tous deux anciens esclaves émancipés, l’île connue la première révolution anti-esclavagiste du continent américain, point d’orgue de la « chaîne des insurrections » aux Antilles.

En 1793, pour rétablir le calme et éviter que les esclaves ne livrent l’île aux Anglais en échange de leur affranchissement, l’esclavage fut progressivement aboli sur l’île avant de l’être à la Guadeloupe en 1794 par la Convention.

Mais en 1801, dans un contexte de guerre européenne pour la domination des Antilles et des Amériques, s’ajoutant aux guerres continentales, Napoléon – alors 1er Consul – fut pris de court par Toussaint Louverture qui, après sa victoire sur les Anglais, chassa les Espagnols, se nomma Gouverneur général à vie de l’île réunifiée et mena dès lors une politique indépendante. Saint-Domingue représentant plus de 50 % de la production mondiale de sucre (le pétrole de l’époque en termes d’importance économique), il était hors de question pour Napoléon de la perdre. Par ailleurs, la même année, en Guadeloupe, à Sainte-Anne et Pointe-à-Pitre, des officiers noirs se soulevèrent contre le pouvoir colonial. L’empire caraïbe était menacé. La réaction fut d’autant plus violente que Bonaparte était entouré d’un puissant lobby colonial et que les Anglais voyaient d’un mauvais œil cette abolition qu’ils n’envisageaient pas dans leurs colonies où ils craignaient un embrasement. Napoléon Bonaparte profita du répit continental suite à la signature de la paix à Lunéville avec l’Autriche en 1801, pour rétablir la souveraineté française sur Saint-Domingue et la Guadeloupe.

Après la paix d’Amiens de 1802 prévoyant la restitution par l’Angleterre à la France de la Martinique, Sainte-Lucie et Tobago non visés par le Décret de 1794, Napoléon maintint l’esclavage dans ces territoires récupérés, puis le rétablit en Guadeloupe, Guyane et Saint-Domingue. Pour l’historien Jean-Joël Brégeon, Napoléon était initialement défavorable au rétablissement de l’esclavage. Mais pour l’historien Jean-François Niort, Bonaparte – manipulé par le lobby esclavagiste – fut convaincu que le rétablissement de l’ordre en Guadeloupe et à Saint-Domingue nécessitait le rétablissement de l’esclavage. Il « réussit » en Guadeloupe, mais à Saint-Domingue l’expédition française fut défaite en 1803. La révolution de Saint-Domingue, devenue Haïti, constitua la première révolte d’esclaves réussie et Haïti devint en 1804 la première République noire indépendante du monde moderne.

Pour les historiens Pierre Branda et Charles-Eloi Vial même sans Napoléon, « le rétablissement de l’esclavage était assez probable » à l’époque. Par la suite, Napoléon dira qu’il avait commis une faute. À son retour d’exil de l’île d’Elbe durant les Cent-Jours, il ordonna en 1815 l’interdiction de la traite et de la vente d’esclaves. Battu à Waterloo, l’Empereur fut contraint d’abdiquer une deuxième fois.

Louis XVIII regagna son trône le 8 juillet et institua la Seconde Restauration. Tous les actes de « l’usurpateur » furent annulés. En 1817, Louis XVIII prohiba l’introduction d’esclaves noirs dans les colonies françaises. En 1818, la Loi renouvela l’interdiction de la traite. En 1827, la loi la qualifia de crime. En 1831, Louis-Philippe renforça les dispositions contre la traite.

Il faudra attendre 1848 pour que l’abolition de l’esclavage soit décrétée. L’abolition permit d’émanciper 250 000 esclaves des colonies françaises. Une Loi de 1849 prévoyait d’indemniser les anciens propriétaires d’esclaves « ayant dû appliquer l’interdiction de l’esclavage » et ainsi perdre leur main-d’œuvre gratuite… Loi abrogée en 2016 !

Bien que cette traite atlantique soit la plus connue et reconnue et qu’elle ait été abolie il y a 159 ans, elle est la plus dénoncée par les racialistes qui pour mieux dénoncer un soi-disant privilège blanc taisent les traites orientale et infra-africaine et plus encore celle des blancs.

1.2 La traite orientale ou arabo-musulmane : la plus taboue

La traite orientale désigne le commerce d’esclaves approvisionnant les Proche-Orient, Moyen-Orient et Orient durant l’antiquité. Le développement d’empires (Égypte, Assyrie, Babylone, Perse, royaumes hellénistiques, Carthage, Rome, Chine…) nécessitant une main-d’œuvre abondante et pas chère, des filières de commerce d’esclaves se mirent en place.

Le christianisme et l’islam ne proscrivirent que l’esclavage de leurs propres croyants, mais pas celui des « infidèles », bien que les noirs musulmans ne bénéficièrent pas de cette règle.

La traite arabo-musulmane, principale composante de la traite orientale a duré du milieu du VIIe siècle au début du XXe siècle, avec une intensification aux XVIIIe et XIXe siècles. Le monde musulman, à son apogée, s’étendant sur trois continents, de l’océan atlantique (Maroc, Espagne) à l’Inde et le sud de la Chine, la traite arabo-musulmane répondit aux besoins de main-d’œuvre et poursuivit les routes déjà empruntées durant l’Antiquité :

L’esclavage en terre d’islam a recouvert des réalités très diverses. Outre le fait que parmi les esclaves, les Africains étaient de loin les plus nombreux, les possibilités d’émancipation et d’ascension sociale différaient considérablement pour un Africain soumis au travail forcé, une Circassienne destinée à un harem ou un jeune des Balkans intégré de force dans l’armée, comme les janissaires.

La mortalité des esclaves noirs fut encore plus effroyable que dans le cadre de la traite atlantique pourtant déjà considérable. Outre les tués, les blessés ou faibles exécutés sur place lors des razzias, les décès lors du transport, pour une personne « exportée », trois ou quatre périssaient. Ensuite, le taux de survie et de reproduction des populations noires déportées dans le monde arabe – bien plus faible qu’aux Amériques où ils ont prospéré démographiquement – s’explique par leurs conditions de vie très dégradées et par la castration fréquente des captifs et l’infanticide afin que ces Africains ne fassent pas souche dans le monde arabo-musulman.

Pour l’anthropologue Franco-Sénégalais Tidiane N’Diaye, auteur du « génocide voilé » (Éditions Gallimard), la majorité des Arabes ont islamisé les peuples africains, le Coran d’une main, le couteau à eunuque de l’autre. Derrière le prétexte religieux, ils commettaient les crimes les plus révoltants et les cruautés les plus atroces.

« Cette traite, qu’il est difficile de ne pas qualifier de génocide de peuples noirs par massacres, razzias sanglantes puis castration massive, chose curieuse, très nombreux sont ceux qui souhaiteraient la voir recouverte à jamais du voile de l’oubli, souvent au nom d’une certaine solidarité religieuse, voire idéologique. »

En effet, entre musulmans on ne doit pas se critiquer. De plus, évoquer la traite arabo-musulmane reviendrait à minimiser la traite transatlantique qui lui est postérieure. Enfin, l’abolition de la traite et de l’esclavage en Afrique et en Afrique du Nord a été imposée par les puissances coloniales au XIXe et XXe siècles (remplaçant souvent l’esclavage par le travail forcé) et non suite à un mouvement abolitionniste arabo-musulman et africain.

1.3 La traite infra-africaine : la plus tue

« La question des traites internes au continent africain est un sujet quasi tabou en Afrique. Ibrahima Thioub témoigne de la sensibilité du sujet, lors d’une conférence organisée en 2001 à Bamako : “la réaction de la salle, en tout cas, du côté des Africains, a été d’une violence à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Il y a eu cette réaction épidermique, mais peu scientifique à ma communication. Quand je suis sorti de la salle, des Africains sont venus me voir […] pour me dire : ‘ce que vous dites là, c’est vrai, vous avez raison, on doit explorer cet aspect des choses, mais il ne faut pas le dire devant les blancs’ ».

Les traites orientale et atlantique ont pourtant été facilitées par la préexistence de traites internes au continent africain depuis l’Antiquité, destinées à satisfaire les besoins de main-d’œuvre de l’Afrique noire précoloniale. Selon Patrick Manning, la traite Infra-Africaine aurait concerné au moins 14 millions de personnes :

  • huit millions d’africains furent razziés en Afrique de l’Est, transportés par la route transsaharienne vers le Maroc ou l’Égypte ;
  • neuf millions furent déportés dans les régions de la mer Rouge ou de l’océan indien.

Ibrahima Thioub, chercheur sénégalais étudiant les responsabilités africaines dans la traite des esclaves, feint de s’interroger : « Est-ce à dire que les esclaves tombaient du ciel ? Il a bien fallu les produire. Il n’y a aucune puissance qui a les ressources pour venir sur les côtes africaines, pénétrer à l’intérieur du continent […] pour les exporter. Des élites africaines ont très bien compris l’avantage qu’elles pouvaient tirer de ce facteur externe qui arrive sur les côtes africaines », de ce commerce triangulaire développé entre l’Europe, l’Afrique et le continent américain.

Après leur capture à l’intérieur de l’Afrique, les esclaves étaient confiés à des caravaniers qui les ramenaient sur le littoral où ils étaient revendus en l’échange de tissus, alcool, matières brutes (métaux, tabac…), sel, épices, outils, quincailleries, verroteries très recherchées pour les parures, et les armes alimentant les guerres incessantes entre différents royaumes.

À partir du XVe siècle, les sociétés africaines répondirent à la traite Atlantique par une violence sans précédent. Entre le XVe et le XVIIIe siècle, plusieurs royaumes ont prospéré dans le golfe du Bénin grâce au commerce des esclaves.

Fin XVIIIe et courant XIXe, en raison de l’abolition de la traite atlantique, de nombreux États africains dépendants de la traite internationale des esclaves réorientèrent leurs économies vers l’exploitation d’esclaves dans les plantations domestiques.

Le géographe Yves Lacoste rappelle qu’une bonne partie des élites d’Afrique occidentale venues au pouvoir au XXe siècle appartiennent à des ethnies autrefois négrières.

« Sur la côte Atlantique, bien des bourgeoisies locales ont un lien de parenté étroit avec des rois ayant vendu des Africains aux Occidentaux. Aujourd’hui, encore, une partie de l’hostilité entre des ethnies côtières qui ont ‘collaboré’ et celles de l’intérieur du continent qui ont été déportées, est héritée de cette époque. D’autre part, de nombreux esclaves libérés se sont à leur tour livrés à la traite négrière, du Liberia en passant par la Sierra Leone ou le Bénin. (…)

Plus au nord, dans des pays comme le Sénégal et le Mali, le sujet est tout aussi délicat à aborder. Certaines ethnies, notamment les Peuls, se sont livrées à des razzias. Des ‘djihads’ qui n’aboutissaient pas uniquement à des conversions : il s’agissait aussi de fournir des esclaves au monde arabo-musulman. Aujourd’hui encore, de l’Afrique de l’Ouest au Darfour, des Africains sont vendus par des marchands d’esclaves».

Les populations locales sont d’autant moins choquées par les traites d’hier qu’elles persistent aujourd’hui encore. Pour toutes ces raisons, c’est donc naturellement que descendants de victimes et de bourreaux condamnent à l’unisson l’Occident.

Sylvie Billard
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Commémoration de l’esclavage, de la traite négrière et de leur abolition : que chacun.e assume son histoire et construise pour tou.te.s un avenir de liberté, d’égalité et de fraternité (1/5)

Introduction

En 2001, la loi Taubira reconnut comme crimes contre l’humanité, la seule traite négrière occidentale.

En 2004, l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau montra dans « Les traites négrières » qu’il existait non pas une, mais trois traites négrières : atlantique, arabo-musulmane et interafricaine, la dernière étant support des deux premières traites et de l’esclavagisme purement africain. Accusé de hiérarchiser les traites pour minimiser la responsabilité occidentale, il fit l’objet d’une plainte ensuite abandonnée.

En 2005, Jacques Chirac décida de faire du 10 mai la journée de « commémoration nationale de l’esclavage, de la traite négrière et de leur abolition ».

En 2006, à un journaliste qui l’interpellait sur son silence concernant la traite arabo-musulmane, Christiane Taubira répondit qu’il était préférable de ne pas l’évoquer pour que les « jeunes Arabes » « ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes »

Selon moi, toutes les formes de traites et d’esclavages – qui sont des abominations – doivent être dénoncées et combattues, quels qu’en soient leurs auteurs, leurs victimes, les époques. Les traites les plus connues sont celles subies par les Africains. Mais elles ont également touché des blancs. Quant à l’esclave, pratiqué par toutes les civilisations, seuls les Occidentaux ont décidé de l’abolir et ont mis les autres pays en situation de le faire notamment lors des colonisations européennes (également condamnables). Malheureusement, l’esclavage fait encore 40 millions de victimes dans le monde, l’Afrique subsaharienne étant la région la plus « esclavagiste ».

Contre les racialistes qui se victimisent sans cesse et crachent leur haine des blancs, je dis : que chacun assume son histoire dans ce qu’elle a de plus et de beaucoup moins glorieux et regarde de l’avant pour construire pour tou.te.s un avenir de liberté, d’égalité et de fraternité. Et cela passe – non pas par le rabâchage haineux et biaisé de faits anciens aussi atroces soient-ils -, mais par leur analyse rigoureuse et la lutte contre les faits présents.

Sylvie Billard
L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s
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Aulnay-sous-Bois : une réunion sur l’abolition de l’esclave organisée par Aulnay Citoyen annulée faute de proactivité ?

Aulnay_CitoyenDimanche après-midi, l’association Aulnay Citoyen organisait une réunion-débat sur l’abolition de l’esclavage à l’épreuve de la république (française).

Cette réunion était organisée dans le cadre de la journée internationale de l’abolition de l’esclavage.

Les invitations ont été envoyée très tardivement. La rédaction était sur place, mais a trouvé portes closes et peu de personnes (4) : la réunion a été au dernier moment annulée faute de salle attribuée. interrogé par la rédaction, le directeur de la Vie Associative nous a informé que la réservation de la salle n’a été effectuée que Mardi dernier, ce qui ne correspondrait pas au fonctionnement habituel (les réservations doivent avoir lieu 1 mois avant la date butoir). Il n’y avait donc ni gardien ni autre personnel pour permettre à cette association de s’exprimer.

Le départ du très célèbre Daouda Sanogo aurait-il eu un impact sur l’organisation de cette association ? En tout cas, ce débat est reporté sine die…

Seine-Saint-Denis : Dix villes fêtent l’abolition de l’esclavage, mais pas Aulnay-sous-Bois

chaines-esclavesIl y a 165 ans, un décret signé par le gouvernement provisoire de la IIe République, sous l’impulsion de Victor Schœlcher, émancipait les esclaves leur octroyant le statut de citoyen. Momentanément suspendue pendant la révolution puis réinstauré sous Napoléon Bonaparte, l’esclavage s’est poursuivi jusqu’en 1848.

Mais ailleurs dans le monde, l’esclavage a continué jusque dans notre ère, comme notamment en Mauritanie ou en Arabie Saoudite, où il fut aboli au 20ème siècle.

10 ville de Seine-Saint-Denis commémorent cette triste page de l’histoire, avec des activités diverses :

  • Clichy-sous-Bois
  • Epinay-sur-Seine
  • Pierrefite
  • Saint-Ouen
  • Sevran
  • Stains
  • Villetaneuse
  • Villepinte
  • Saint-Denis
  • Bobigny

Il n’y a pas, à notre connaissance, d’activités commémoratives à Aulnay-sous-Bois

 

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