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Sylvie Billard : où sont passés les millions de la Morée à Aulnay-sous-Bois ? (Épisode 4)

Cher.e.s aulnaysien.ne.s,

Dans les deux premiers épisodes sur la copropriété de la Morée, je vous ai raconté l’histoire de son placement sous administration judiciaire en 1997 et de ces deux plans de Sauvegarde :

Dans le troisième épisode, nous avons découvert le témoignage de Victoire (prénom modifié) au sujet des places de parking.

Dans ce quatrième épisode, nous allons découvrir le témoignage de Cloé (prénom modifié) au sujet de l’immeuble dont elle est copropriétaire.

« Bonjour Sylvie et Sabrina,

Je vais vous faire visiter mon immeuble qui a été rénové -avec les autres immeubles de la copropriété- pour un montant de 18.5 millions.

Comme vous le voyez sur cette première photo, la porte d’entrée est en simple vitrage.

Le carrelage de l’entrée est fissuré de l’extérieur à l’intérieur.

Regardez comment dans les couloirs comment les fils électriques sont installés. Les travaux ont été bâclés. Tout est tellement laid ! Est-ce bien conforme aux normes de sécurité ?

Mais le pire est à venir :

Voici à quoi ressemble nos couloirs.

Je vous laisse admirer les finitions.

Vous pouvez voir, mais pas sentir l’odeur du gaz à certains étages. Je vais vous montrer le compteur qui est totalement accessible. Aucun local technique ne ferme.

Regardez maintenant le local des canalisations à différents étages. Certes les résidents doivent respecter les parties communes, mais vous voyez bien que le ménage n’est jamais fait ! Quelle crasse !

Je vais maintenant vous montrer le local internet.

Les portes coupe-feu ne ferment pas toutes.

Le détecteur de fumée ne fonctionne plus

Regardez maintenant quel que soit l’étage, la crasse et le délabrement de notre escalier du sol au plafond en passant par les murs !

J’ai honte de vivre dans cet immeuble. J’ai honte d’inviter des amis ou ma famille. Payer autant en fonds pour les travaux pour un résultat aussi calamiteux et payer autant de charges pour toute cette crasse, quelle misère ! Sommes-nous vraiment en France ou dans le ties monde ? Pourquoi sommes-nous traités ainsi ? 

Suite aux prochains épisodes donc avec le témoignages d’autres copropriétaires.

Sylvie Billard

L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s

Pour le compte des copropriétaires de la Morée

Votre.elue.citoyenne@gmail.com

Sylvie Billard : Où sont passés les millions de la Morée à Aulnay-sous-Bois ? (Épisode 3)

Cher.e.s aulnaysien.ne.s,

Dans les deux premiers épisodes sur la copropriété de la Morée, je vous ai raconté l’histoire de son placement sous administration judiciaire en 1997 et de ces deux plans de Sauvegarde.

Dans ce troisième épisode et les suivants, nous découvrirons le témoignage de plusieurs copropriétaires.

Je commence par celui de Victoire (prénom modifié) au sujet des places de parking.

« En 2019, j’ai appris sur mon relevé de charges que l’emplacement de mon parking allait changer. Du pied de mon immeuble, il allait être transféré 3 rues plus loin. Imaginez ma vie au quotidien. Imaginez quand je rentre des courses. Je les dépose en bas de mon immeuble en espérant que personne ne me les volera le temps que j’aille me garer 3 rues plus loin et que je revienne. Imaginez mon sentiment d’insécurité lorsque je traverse le quartier en pleine nuit l’hiver alors que l’éclairage est soit insuffisant, soit inexistant comme cela a été le cas durant plusieurs jours cette année.

Je ne suis pas un cas isolé. De nombreux copropriétaires sont dans ma situation. Nous n’avons eu aucune information, discussion préalable. Cela nous est tombé dessus insidieusement par ce relevé de charges.

Les travaux de résidentialisation de mon immeuble sont bien avancés, les parkings au pied de l’immeuble commencent à être attribués. A l’exception de ceux qui ont réussi à obtenir un passe-droit, les copropriétaires des derniers étages ne se verront remettre aucun badge d’accès aux parkings. Est-ce parce que les copropriétaires les plus combattifs habitent ces étages ?

Comme les autres, je dois laisser ma place à de nouveaux bénéficiaires alors que :

    •  je dispose de l’acte notarié de mon appartement et de ma place de parking précisant son emplacement,
    • j’ai payé 4 000 € la réfection de cette place dont je ne profiterai jamais car Blériot me met dehors !

Vous imaginez cette cruauté. Nous n’avons pas notre mot à dire. Tout est décidé par maître Blériot, l’administrateur judiciaire provisoire. Nous n’avons reçu aucun d’avis d’expropriation. L’administrateur provisoire nous dit que les actes notariés n’ont aucune valeur juridique et qu’il se base sur le cadastre. Il nous dit que des copropriétaires ont voté en conseil syndical. Mais la plupart de ces copropriétaires ne sont même pas au courant qu’ils en font partie et n’ont pas voté ce type de résolution.

Je n’ai jamais mon mot à dire. Un juriste proche du dossier qualifie la situation de notre copropriété de « Dictature judiciaire », au point que j’ai le sentiment de ne pas habiter chez moi, mais chez maître Blériot. Ce n’est plus une copropriété. C’est devenu un HLM. Mon rôle est juste de payer, payer, payer des charges courantes de plus en plus élevées, payer des travaux non votés par les copropriétaires. Je me lève tous les matins de la semaine à 5h, je travaille dur. Et pour quel résultat ? Il me reste à peine de quoi vivre. Je suis dépossédée de ma vie. Je suis aspirée dans une spirale infernale d’impuissance et de désespoir. L’un d’entre nous ne l’a pas supporté et s’est suicidé. D’autres ont divorcé à cause de ces problèmes sans fin. D’autres encore ont perdu leur appartement.

Avec d’autres copropriétaires, nous refusons ce vol manifeste, nous refusons de le subir sans rien faire. Avec l’appui de LAREEM d’Hadama Traoré, nous avons :

Ces actions portent leur fruit puisque le cabinet Blériot suspend l’attribution des places de parking.

L’actuelle majorité et les services municipaux ne nous aident pas. Sur les places de parking comme pour le reste, les services municipaux nous disent qu’il faut mettre en œuvre les décisions de maître Blériot. Citémétrie, l’opérateur choisi par la mairie, ne nous aide pas non plus, mais quel est leur choix ?

Nous rappelons que ce sont nos impôts qui financent les services municipaux pour qu’ils répondent à nos besoins. Nous rappelons que ce sont nos votes qui donnent leur légitimité aux élus et non maître Blériot.

Les seules améliorations obtenues résultent de nos luttes que nous continuerons donc avec l’appui indéfectible depuis plus d’un an de LAREEM et de notre élue citoyenne.

Que la lutte continue pour que nos droits soient enfin respectés et que la démocratie soit enfin (r)établie ! »

Suite aux prochains épisodes donc.

Sylvie Billard

L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s

Pour le compte des copropriétaires de la Morée

Votre.elue.citoyenne@gmail.com

Sylvie Billard : Où sont passés les millions de la Morée à Aulnay-sous-Bois ? (Épisode 2)

Cher.e.s aulnaysien.ne.s,

Dans le premier épisode sur la copropriété de la Morée, je vous ai raconté l’histoire de son placement sous administration judiciaire en 1997 et de son plan de Sauvegarde (2007-2012) de 18,5M€ de travaux urgents et de réhabilitation financés à 75% par des subventions publiques.

Dans ce second épisode, je vais vous raconter l’histoire du deuxième plan de sauvegarde signé en 2014 pour financer les travaux de résidentialisation.

Plan de sauvegarde pour des travaux de résidentialisation

Le 4 mars 2014 est signée entre la ville d’Aulnay-sous-Bois, l’État et l’ANAH une convention d’OPAH CD pour des travaux de résidentialisation :

  • a minima pour la remise en état de tous les sols privés (parkings privatifs et voiries intérieures), la reprise du réseau d’assainissement et la réfection du réseau d’éclairage extérieur.
  • a maxima pour la pose de clôtures et de caméras.

Les travaux minimum constituent la dernière étape indispensable en vue de la scission judiciaire de la copropriété en cinq nouvelles entités et de la fin à la mission de l’administrateur provisoire actant l’aboutissement des mesures de redressement de cette copropriété.

Des demandes de financement de travaux déjà financés

Le 27 mars 2017, Maître BLÉRIOT adresse aux copropriétaires un programme de travaux correspondant pour partie aux travaux financés par plan de sauvegarde de 2007 et figurant dans le programme adressé aux copropriétaires en 2010. Ces appels de charge 2007 et 2017 sont en pièces jointes.

Les copropriétaires craignent de perdre leurs biens immobiliers. Alors que beaucoup sont surendettés, en 2018 leurs charges courantes s’élèvent à 2 800 000 €, les travaux litigieux à 2 677 657 €, auxquels s’ajoutent les restes à charge des copropriétaires à déterminer en 2019. Comment redresser une copropriété et la sortir de l’administration judiciaire en imposant des charges si importantes à des copropriétaires qui ne parviennent déjà pas à payer leurs charges courantes ?

Malgré la contestation par les copropriétaires du financement de travaux déjà financés, le 12 mars 2018 l’administrateur provisoire procède à l’appel de fonds provisionnel correspondant aux travaux minimums de résidentialisation

Le scandale kafkaïen des places de parking

En 2019 au démarrage des travaux, les copropriétaires découvrent avec stupeur que le parking qu’ils occupent depuis l’achat de leur logement, pour lequel ils disposent d’un acte notarié et dont ils financent la réfection ne leur est plus attribué car maître Blériot ne reconnaît pas leurs actes notariés et se base uniquement sur le cadastre. Ainsi par exemple des habitants de la rue Ambourget se voient attribuer un parking rue des Aulnes à 10 minutes à pied de chez eux.

Les copropriétaires ont adressé leur acte notarié et le plan de leur place de parking à la mairie, ainsi qu’une pétition.

Rien n’y a fait. Que fait la Ville d’Aulnay-sous-Bois pourtant désignée par le préfet « coordonnateur chargé de veiller au bon déroulement du plan de sauvegarde » ?

Le déni démocratique de la scission

En juillet 2021, maître Blériot doit présenter une demande de scission judiciaire auprès du Président du Tribunal de Grande Instance de céans. En 2022, interviendra la fin de la mission de l’Administrateur Provisoire.

Qui a décidé de cette scission en 5 entités de cette immense copropriété composée de 18 bâtiments (8 de 4 étages, 3 de 9 et 7 de 12) et 897 logements ? Quelle est la viabilité de ces nouvelles entités ?

Il semblerait que cette orientation se fonde sur le nombre de stations de chauffage.

Les 08 et 20 sept. 2020, j‘ai donc interpellé la mairie pour le compte des copropriétaires :

Monsieur le maire, président de paris terre d’envol,

Monsieur le directeur général des services, 

Monsieur le maire adjoint,

Nous avons bien compris que les centrales de chauffage constituent une contrainte à prendre en compte. Dès lors, nous souhaitons savoir s’il est possible de découpler chaque problématique :

  • chaque immeuble devenant une copropriété à part entière ;
  • chaque centrale de chauffage devenant une entité de mutualisation regroupant les copropriétés concernées, à l’instar d’un syndicat intercommunal qui n’entraîne pas la disparition des villes adhérentes ;
  • tout ou partie des copropriétés constituant une centrale d’achat, à l’instar de l’UGAP (la centrale d’achat de l’État) qui n’entraîne pas la fusion de chaque ministère.

Nous souhaitons réfléchir -en toute objectivité- aux avantages et inconvénients de ces scénarios.

Je n’ai reçu aucune réponse. Pourtant les copropriétaires devraient pouvoir décider de leur avenir. Ils sont dépossédés de tout, soutenus ni par la justice, ni par la mairie qui assume insuffisamment les responsabilités qui lui ont été attribuées par le préfet.

Cher.e.s aulnaysien.ne.s, les copropriétaires de la Morée ont besoin de votre soutien. Voilà pourquoi, je vous raconterai en plusieurs épisodes leur histoire incroyable, celle de leur désespoir, de leur fatigue, mais aussi celle de leurs luttes pour leurs droits et pour la justice.

Suite aux prochains épisodes donc.

Sylvie Billard

L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s

Pour le compte des copropriétaires de la Morée

Votre.elue.citoyenne@gmail.com

Sylvie Billard : Où sont passés les millions de la Morée à Aulnay-sous-Bois (partie 1) ?

Cher.e.s aulnaysien.ne.s,

Où sont passés les 18,5 millions de la Morée investis dans le cadre de son plan de sauvegarde ? Cette question vous concerne au plus haut point, car 75 % de cette somme proviennent d’argent public, donc de votre argent. Et vous avez le droit de savoir comment il est utilisé.

Située dans le secteur de Mitry, la Morée est une copropriété privée composée de 18 bâtiments (8 de 4 étages, 3 de 9 et 7 de 12) et 897 logements.

L’organisation juridique de cette copropriété est complexe (syndicat horizontal, syndicat principal et syndicats secondaires). « La copropriété connaît des problèmes de gestion qui se traduisent par un taux d’impayés de charges important et une dette aux fournisseurs élevée. Ainsi, depuis 1997, plusieurs administrateurs judiciaires provisoires se sont succédés pour tenter de la redresser », maître Philippe BLERIOT a été désigné par ordonnance du 7 octobre 2003 en qualité d’administrateur provisoire avec tous les pouvoirs de l’assemblée générale et du conseil syndical, ce qui équivaut selon les dires d’un juriste proche du dossier à « une dictature judiciaire ». Sa mission -régulièrement renouvelée- devrait s’achever en 2022, date de la fin du redressement judiciaire de la copropriété.

cette copropriété a fait l’objet de 2 plans de sauvegarde :

  • en 2007, de 18 millions dont 12,9 de subvention publique pour financer des travaux urgents et de réhabilitation,
  • en 2014, pour sa résidentialisation.

13 ans après le 1er plan de sauvegarde, les travaux soit n’ont pas été réalisés, soit sont de mauvaise qualité. Les appels de fonds pour des travaux déjà financés ou rejetés se succèdent et les charges courantes s’envolent dans un contexte organisationnel difficilement compréhensible. L’endettement de la copropriété s’est accru de 574 846,60 (Montant des dettes en 2003 : 1 209 601,76 euros et en 2017 : 1 784 448,36 euros). Les copropriétaires à bout se sentent abandonnés par la mairie et les autres financeurs publics.

Voici leur histoire, l’histoire cruelle d’une administration judiciaire censée les aider, mais que certains qualifient de « racket », l’histoire cruelle d’une justice aussi absurde qu’inhumaine, l’histoire cruelle de pouvoirs publics qui exercent un contrôle insuffisant et les abandonnent à un face-à-face avec un administrateur judiciaire souvent honni.

Frise chronologique du plan de sauvegarde pour des travaux urgents et de réhabilitation

Le 10 octobre 2007 est signé un plan de sauvegarde pour financer les travaux :

  • d’urgence dont ascenseurs,
  • de réhabilitation (ravalement, halls, peinture, individualisation chauffage et eau, clôture de la copropriété ).

La durée du plan de sauvegarde est fixée à cinq ans à compter de la date de signature de l’arrêté préfectoral du 10 octobre 2007 :

La ville a désigné en janvier 2008, suite à appel d’offres, le Pact Arim 93 opérateur chargé du suivi et de l’animation du plan de sauvegarde de la Morée. Les subventions publiques versées par l’ANAH, la région le département et la commune d’Aulnay-sous-Bois s’élèvent à 12,9 millions, la participation des copropriétaires à 5,6. Le coût de l’ensemble des travaux estimé entre 16 630 000 et 16 691 000 euros est largement couvert par ces 18,5 millions.

Outre sa participation initiale, la ville d’Aulnay-sous-Bois a investi plus de 900 000 euros dans la rénovation de la voirie et 300 000 euros pour la remise en état du chauffage.

En 2015, maître Blériot estime les travaux finis, mais les copropriétaires l’informent que :

  • certains travaux de réhabilitation prévus dans le plan de sauvegarde de 2007 n’ont pas été réalisés (réfection des revêtements des allées et parkings),
  • d’autres (rénovation des caves) ont été réalisés, mais présentent des malfaçons ou sont inachevés : caves inaccessibles et inondées en temps de pluie, câbles électriques sans gaines pendant dans les caves et dans tous les bâtiments faisant encourir des risques d’électrocution aux habitants.

En 2017, soit dix ans après l’adoption du plan de sauvegarde, maître Philippe Blériot reprend les travaux non effectués jusque-là et procède à un nouvel appel de fonds auprès des copropriétaires, d’un montant de 3 millions à raison d’environ 3 000 euros par copropriétaires alors que ces travaux sont déjà financés par les 18,5 millions initiaux.

Fortement endettés du fait de prêts bancaires souscrits pour financer les travaux en 2007 et ne comprenant pas les raisons de ce nouvel appel de fonds, plus de 200 copropriétaires signent une pétition pour :

  • informer l’administrateur de l’état d’inachèvement des travaux de réhabilitation effectués (caves),
  • lui demander d’engager une action en responsabilité contre le maître d’œuvre, la société Brézillon,
  • lui demander de justifier de l’utilisation des 18,5 millions déjà perçus,
  • s’opposer à ces nouveaux travaux et levées de fonds qui prolongerait l’endettement de la copropriété.

Occupant seul les pouvoirs de l’assemblée générale et du conseil syndical, faute d’avoir permis aux copropriétaires d’en désigner un, l’administrateur leur oppose une fin de non-recevoir.

Les copropriétaires n’ont aucune visibilité, ni la moindre information sur l’utilisation des fonds versés dans le cadre du plan de sauvegarde de 2007, ni sur les charges courantes qui ne cessent d’augmenter. Certains sont contraints de vendre leur lot faute de pouvoir payer. La grande majorité des appartements vendus aux enchères le sont par maître Philippe Blériot. Beaucoup de copropriétaires en ont peur.

Face à l’impossibilité d’une résolution amiable, 56 copropriétaires sur 900 engagent des actions :

  • devant le tribunal de grande instance (TGI) de Bobigny pour rétracter l’ordonnance du 9 octobre 2017 prorogeant la mission de l’administrateur provisoire ;
  • devant le TGI de Paris pour demander la désignation d’un expert afin de :
    • déterminer l’étendue des malfaçons sur les travaux effectués,
    • vérifier les comptes du syndicat des copropriétaires de la Morée,
    • fixer le préjudice enduré par les demandeurs.

S’il rejette la demande d’expertise comptable, par décision du 8 janvier 2019, le juge des référés du TGI de Paris désigne un expert judiciaire bâtimentaire avec un délai de consignation de la somme de 11 200 euros au 8 mars 2019.

Les demandeurs à la situation financière précaire éprouvent beaucoup de difficultés à réunir cette somme. Ils demandent au Juge des référés la prorogation du délai de consignation.

Le lundi 11 mars 2019, les copropriétaires demandeurs au référé expertise réunissent la totalité du montant de la provision et se rendent au TGI de Paris pour y déposer lesdits chèques.

Cependant, le délai étant fixé au 8 mars 2019, la régie refuse de prendre les chèques en l’absence de décision de caducité de l’ordonnance du 8 janvier 2019.

Malgré la requête en relevé de caducité, le tribunal estime que « après examen, il apparaît que nous sommes dans l’impossibilité d’identifier 20 chèques (total de 2 400 €) de sorte que votre demande ne peut prospérer. Par ailleurs, le montant total des consignations s’élève à 11 210 euros alors que l’ordonnance de référé prévoit une provision à verser d’un montant de 11 200 €. »

Si près du but, la justice leur dérobe leur victoire.

Depuis, la situation s’enlise. Pris dans la spirale infernale des appels de fonds, des charges, beaucoup de copropriétaires ont le sentiment de travailler uniquement pour payer l’administrateur, d’être impuissants, de ne pouvoir compter sur personnes, d’un cauchemar sans fin. Certains se sont suicidés ou ont sombré dans la dépression. D’autres, malgré leur abattement, veulent se battre encore et encore.

Cher.e.s aulnaysien.ne.s, les copropriétaires de la Morée ont besoin de votre soutien. Voilà pourquoi, je vous raconterai en plusieurs épisodes leur histoire incroyable, celle de leur désespoir, de leur fatigue, mais aussi celle de leurs luttes pour leurs droits et pour la justice.

Suite aux prochains épisodes donc.

Source : Sylvie Billard, L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s

Pour le compte des copropriétaires de la Morée

Votre.elue.citoyenne@gmail.com

Compte rendu du Conseil municipal du 10 mars 2021 par Sylvie Billard (2/2)

Délibération n°8 sur le syndicat intercommunal pour le gaz et l’électricité en Île-de-France (SIGEIF) – rapport d’activité

La Ville adhère depuis 1993 au SIGEIF qui participe aux frais d’enfouissement des réseaux de distribution d’énergie.

En 2012, la CRC a publié son rapport définitif portant sur les exercices 2006 et suivants. « Au cours de la période sous revue, la qualité du service rendu par le concessionnaire s’est dégradée (…). Le réseau de distribution est (…) vieillissant, et les investissements d’ERDF paraissent insuffisants pour empêcher la dégradation de la qualité. (…) L’autorité concédante devrait (…) veiller à obtenir de son concessionnaire des engagements suffisamment précis pour être contrôlables, sur un programme pluriannuel d’investissement ».

Cette situation est préoccupante. La Ville a-t-elle veillé à ce que le SIGEIF obtienne d’ERDF des engagements, précis et contrôlables, sur un programme pluriannuel d’investissement pour améliorer le réseau de distribution ?

J’ai voté pour ce rapport d’activité.

Délibérations n°10, 13, 14 et 20 relatives à des conventionnements avec la CAF

J’ai informé le conseil municipal que la Ville n’avait toujours pas contacté la CAF pour signer une CTG qui permet pourtant de sécuriser, voire d’augmenter les financements des offres et équipements. J’ai demandé pourquoi ? Ce dispositif semble-t-il peu satisfaisant, efficace ?

Le maire a précisé que la CAF est une institution nécessaire. Les relations sont multiples. La CTG sera signée prochainement.

J’ai voté pour ces conventionnements. Mais je continuerai à promouvoir la signature d’une CTG comme je le fais depuis le 4 septembre 2019…

Délibération n°17 sur l’exonération de voirie

Je suis bien évidemment favorable à l’aide à tous les particuliers et acteurs économiques mis en difficulté par les crises économique et sanitaire.[2] Mais cela doit aller au-delà des exonérations de voirie. J’ai mentionné l’occupation de parkings par les Gens du voyage dans les zones commerciales du nord : que se passera lorsque les commerçants pourront de nouveau ouvrir si leurs clients ne peuvent accéder au parking ? Le maire et la première adjointe m’ayant demandé plus de précisions, je me suis engagée à le faire ultérieurement. C’est chose faite avec l’article en 3 volets accessibles en note de bas de page[3].

J’ai voté pour cette exonération.

Délibération n°21 relative à l’approbation d’un protocole d’accord sur les modalités portant sur le renforcement des parcours de soins auprès de l’hôpital de l’Est parisien

Monsieur le maire, mesdames et messieurs les maires adjoints et conseillers municipaux,

Je profite de cette délibération portant sur le sanitaire pour vous informer que mes soutiens m’ont mandatée pour vous remercier -vous et les professionnels qui y ont contribué- de la qualité de l’organisation de la vaccination au gymnase Scohy le weekend dernier.

Alors que la France est classée :

par l’excellence de l’organisation mise en place, vous avez démontré que les communes ont un rôle clé à jouer dans la vaccination des français et que les associer pleinement permettrait de sauver des vies et d’atteindre plus rapidement un retour à la normale pour tous ceux qui sont actuellement privés de ressources dont les jeunes dont nous aurons l’occasion de parler lors des deux vœux examinés ce jour.

Soyez-en remerciés, ainsi que les agents et les professionnels de santé ayant contribué à ce succès.

Pour en revenir plus directement à cette délibération, le fait d’avoir 2 hôpitaux à Aulnay-sous-Bois est une chance, les aider est un devoir.

Je souhaite que la Ville soutienne également l’hôpital public Ballanger et lutte contre la désertification médicale qui touche notre ville par le renforcement d’une offre accessible à tous. L’affaiblissement du CMES est de ce point de vue regrettable. Les activités de la clinique implantées dans les locaux du CMES seront-elles conventionnées en secteur 1 ?

Délibérations n° 29 et 30 relatives au commissariat

Le commissariat actuel est dans un état indigne pour les policiers et les usagers. Cela fait des années que la majorité des aulnaysiens attendent ce nouveau commissariat. Il était temps que l’État tienne ses engagements. Je me réjouis que nos FO puissent enfin bénéficier de conditions correctes de travail et d’intervention. Toutefois, compte tenu de la superficie de la Ville, l’implantation d’une antenne du commissariat est-elle possible à un autre endroit de la Ville, notamment pour les dépôts de plainte ? Je n’ai pas obtenu de réponse, mais je vous informe que la Ville investit 3 millions et la région 1

J’ai voté pour ces délibérations.

Délibérations n° 32 et 33 relatives aux RH

Dans son rapport 2019 portant sur les exercices 2011 et suivants, la CRC note que « la gestion des ressources humaines est entachée de nombreuses irrégularités » :

« Les règles de recrutement des personnels contractuels sont imparfaitement respectées. La commune procède au recrutement d’agents de catégorie A en violation des dispositions législatives inscrites dans le statut de la fonction publique territoriale. Elle n’a pas délibéré pour créer ses emplois fonctionnels ni déterminé l’enveloppe des rémunérations des collaborateurs de cabinet. »

La durée annuelle du travail des agents de la commune (1 540 heures) est nettement inférieure à la durée réglementaire (1 607 heures) du fait de jours de congés supplémentaires. Les principales dispositions du règlement intérieur relatives au temps de travail ne reposent pas sur une base régulière.

Les délibérations relatives aux heures supplémentaires et astreintes ne sont pas conformes aux textes et donnent lieu aux versements d’indemnités pouvant s’apparenter à des compléments irréguliers de rémunération.

De plus, d’importants dépassements des plafonds d’heures supplémentaires sont constatés (…) [exposant] les agents concernés à des risques en matière de santé au travail. Les règles de recrutement des personnels contractuels sont imparfaitement respectées. La commune procède au recrutement d’agents de catégorie A en violation des dispositions législatives inscrites dans le statut de la fonction publique territoriale. Enfin, en contradiction avec la réglementation, la commune n’a toujours pas délibéré sur la création des emplois fonctionnels ni déterminé l’enveloppe des rémunérations des collaborateurs de cabinet. »

En parallèle à ce rapport de la CRC, il convient également d’écouter les syndicats et notamment la CFDT qui demande au maire une concertation contre l’augmentation de la durée du travail prévue dans les collectivités.

Quelles actions la majorité et les syndicats proposent-ils pour se conformer aux obligations de la Ville et aux contraintes budgétaires ?

Débat d’orientation budgétaire

Dans son rapport 2019 portant sur les exercices 2011 et suivants, la CRC note :

-> « Un autofinancement très dégradé et un endettement critique qui appellent des efforts accrus d’économies, notamment sur la masse salariale.

-> Les charges de personnel constituent une proportion très élevée (65 % en 2017) des dépenses de fonctionnement.

—-> Rapportée à la population communale, la masse salariale atteignait 1 136 € par habitant en 2017 à Aulnay-sous-Bois contre 932 € en moyenne dans les 12 plus grandes communes de la petite couronne parisienne de la strate 50 000 à 100 000 habitants. Cet écart qui avait tendance à se creuser représentait un surcoût de 16,8 M€ en 2017.

-> Du fait de la diminution moins rapide de ses dépenses que de ses recettes de fonctionnement, la commune a vu son épargne (Caf brute) s’éroder rapidement au cours de la période sous revue, passant de 14,4 M€ en 2011 à 7,0 en 2017, soit une division par deux. En outre, en raison d’un recours accru à l’emprunt, les annuités en capital de la dette ont fortement augmenté de 4,7 M€ en 2011 à 10,4 M€ en 2013, niveau qu’elles atteignaient encore en 2017 (10,3 M€) malgré un léger recul dans l’intervalle.

—-> En conséquence, l’autofinancement (Caf nette) de la commune, qui était de 9,7 M€ en 2011, est devenu presque nul en 2013 et 2014, puis négatif les trois années suivantes (- 3,3 M€ en 2017). Ainsi, la commune a été contrainte de réduire fortement ses dépenses d’investissement, qui sont passées de 42 M€ à 44,6 M€ entre 2011 et 2013 à 26,7 M€ en 2016, avant de remonter à 31,3 M€ en 2017.

-> La capacité de désendettement de la commune était très dégradée. La commune d’Aulnay-sous-Bois est désormais placée dans l’obligation de réaliser des économies plus importantes ou de relever ses taux d’imposition, le niveau élevé de sa dette ayant atteint un seuil critique. »

Malgré la présentation détaillée des orientations budgétaires de la majorité, je n’ai pas trouvé de réponse aux constats de la CRC et de pistes d’économies. Il est fort probable qu’à Aulnay les lendemains fiscaux déchantent.

Sylvie Billard

L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s

votre.elue.citoyenne@gmail.com

Compte rendu du Conseil municipal du 10 mars 2021 par Sylvie Billard (1/2)

Cher.e.s aulnaysien.ne.s,

Suite au Conseil municipal du 10 mars dernier, je vous adresse un récapitulatif de quelques points abordés. Je vous en souhaite une bonne lecture.

Délibération n°6 sur le syndicat intercommunal de la périphérie de paris pour les énergies et les réseaux de communication (SIPPEREC) – rapport d’activité

La Ville adhère depuis 2006 au SIPPEREC qui se positionne comme accélérateur des transitions énergétique et numérique des territoires en Île-de-France.

J’ai lu avec intérêt le rapport d’activité du SIPPEREC. Comparativement à l’indigence du rapport d’activité sur le SEAPFA, celui-ci est de qualité comme tous ceux présentés dans le cadre des autres délibérations.

Par délibération n°4 du 14 décembre 2018, la Ville a adhéré à 6 bouquets proposés par la centrale d’achat du SIPPEREC SIPP’N’CO, dont 4 concernent l’informatique et le numérique, ce qui dénote l’importance que la ville porte à sa transformation numérique. Cette adhésion -apprend-on- a permis notamment à la ville de progresser dans la protection des données personnelles en application du RGPD, avec la mise en place notamment d’un DPO (c’est-à-dire d’un responsable de la protection des données) et d’audits de protection des données.

Compte tenu de l’importance accorder par la ville à sa transformation numérique, au-delà de la validation du rapport d’activité, j’aurais aimé que nous abordions sa stratégie pour les aulnaysien.ne.s. Mais ma lettre ouverte n°6 sur le sujet est restée comme les autres sans réponse.

J’ai voté pour ce rapport d’activité.

Délibération n°19 sur l’égalité homme-femme

Après qu’une élue d’Aulnay en Commun (AEC) ait longuement décrit ce que devrait faire la mairie pour améliorer l’égalité homme-femme, j’ai demandé aux élu.e.s d’AEC ce qu’ils comptaient faire pour améliorer l’égalité homme-femme en leur sein, ce groupe ayant connu la démission d’une élue et l’exclusion d’une autre.

La publication de ma lettre ouverte n°6 susmentionnée ayant entraîné mon exclusion publique, je leur ai demandé d’expliquer publiquement la stratégie de transformation numérique qu’ils veulent pour les aulnaysiens et sur quoi portaient leurs désaccords politiques justifiant censure et exclusion ?

Oussouf Siby, président d’AEC, a répondu : « je n’ai pas à répondre à Mme Billard ».

Tous les conseillers ont ainsi pu constater l’incapacité des élu.e.s d’AEC à fournir une explication politique à mon exclusion, la véritable raison étant qu’ils estimaient que je leur faisais de l’ombre.

Comme ils ont publiquement perdu la face, les élu.e.s AEC essaient à présent de :me faire passer :

–> pour une « nouvelle alliée de la majorité municipale », à la recherche « d’un strapontin », alors que l’article ayant conduit à mon exclusion – comme tant d’autres– critique le manque de stratégie et de résultats de cette majorité, à qui je n’ai adressé aucune offre de service et qui ne m’a adressé aucune proposition ;

— > faire croire que j’ai été exclue du CADA pour mon « absence de sens du collectif », alors que c’est l’inverse qui s’est produit. J’ai présenté ma démission aux Cadiens le lundi 13 avril 2020 à 17:46, qui l’ont actée le 20 avril 2020 à 15:45. Durant 5 ans, j’ai travaillé sans relâche à la mise en œuvre de la stratégie du CADA définie par Raoul Mercier, cofondateur. J’ai préparé 12 des 14 ateliers-débat que j’ai animés, j’ai rédigé et publié les CR que j’ai synthétisés dans Servir Aulnay, j’ai intégré les contributions, réalisé la mise en page du Manifeste, cofinancé sa publication, assuré sa promotion. Je me suis présenté à l’élection municipale à la demande des Cadiens qui m’avaient assuré de leur soutien sans faille… Mais une fois élue, la présidente m’a informée que le CADA -pourtant membre fondateur d’AEC- était apolitique et n’avait donc pas vocation à soutenir un candidat, quel qu’il soit… J’ai donc démissionné.

–> En conclusion, à la question posée aux élu.e.s AEC « quelle stratégie de transformation numérique veulent-ils pour les aulnaysien.ne.s », la réponse est : aucune. Leur seule stratégie pour les aulnaysien.ne.s est celle du mensonge. Ils ont bien mérité un Pinocchio d’or.

Délibération n°7 sur le syndicat intercommunal funéraire de la région parisienne (SIFUREP) – rapport d’activité

La Ville adhère depuis 2016 au SIFUREP, ainsi qu’à sa centrale d’achat.

En 2017, la CRC a analysé les exercices 2012 et suivants du SIFUREP : tarification des prestations favorable aux usagers, résultats d’exploitation en hausse, mais axes d’amélioration sur la gestion des chambres funéraires et des crématoriums avec la mise en place de comités d’éthique. La CRC note également l’imbrication forte des syndicats SIFUREP et SIPPEREC au point de suggérer une fusion.

Je me suis réjouie de ces éléments positifs au bénéfice des familles endeuillées et j’ai demandé l’action de la ville d’Aulnay-sous-Bois pour obtenir l’amélioration des points évoqués et si nous nous orientions vers une fusion SIFUREP et SIPPEREC ou une absorption par la MGP ?

La réponse : « c’est à chaque syndicat de veiller l’application des orientations de la CRC » et « nous n’avons pas été saisis de ces pistes ».

Pour ma part, je pense que même s’il faut garder son esprit critique par rapport à la CRC, chaque Ville doit veiller au nom de ses administrés à la prise en compte de ses recommandations.

J’ai voté pour ce rapport d’activité.

Comment sortir des impasses humaine, sanitaire, économique et politique de l’errance chaotique imposée aux gens du voyage (3/3)

À l’issue de la date butoir fixée par le tribunal, à 6h du matin une trentaine de policiers sont venus bruyamment nous expulser sans gentillesse et sans politesse, comme si nous étions des bêtes sauvages. Un de mes cousins est épileptique, il est très sensible, trop d’émotions pourrait provoquer une crise cardiaque et il était déjà très éprouvé. L’une des policières l’a réveillé comme si elle était un bulldozer et l’a traité comme un tas de détritus à supprimer. A ces bruits, je suis sorti de ma caravane en hurlant après les policiers : « Ça suffit, nous sommes éreintés, nous n’allons pas bien. Nous prenons des somnifères pour dormir. Nous avons des malades, des personnes âgées et des enfants. Ça suffit. Je vais réveiller moi-même les membres de ma communauté ». La tension était à son comble, je ne le cache pas. Avoir vu des proches en feu devant nous, passer une semaine dans des conditions épouvantables, être en plus être réveillés en plein sommeil et considérés comme des moins que rien, cela m’a fait mal et m’a mis hors de moi. Heureusement le commandant a fait sortir la policière du camp et la situation s’est apaisée.

Nous avons donc quitté les lieux et nous nous sommes dirigés vers un restaurant qui était fermé. Nous y avons été accueillis comme des terroristes, par une centaine de militaires cagoulés, de policiers municipaux, de policiers nationaux, de gendarmes. Toutes ces forces de l’ordre pour une vingtaine de caravanes hébergeant des personnes vulnérables et encore traumatisées.

Comme ils voulaient nous verbaliser alors que nous n’avons pas d’argent, nous avons décidé de quitter les lieux. Mais le commandant de la gendarmerie de Saint-Witz nous a ordonné de prendre la direction de Senlis qui comportait un péage. Les membres de ma communauté percevant une petite retraite ou le RSA j’ai refusé, mais le commandement persistait et décida de nous bloquer l’accès à la route sans péage.

Nous avons donc nous aussi bloqué la route jusqu’à ce qu’ils nous laissent prendre celle de notre choix. Ils nous ont alors escortés jusqu’à la zone Paris-Nord II.

Là, nous nous sommes installés sur un parking sans activité à côté de l’Usine Center, encombré de 200 blocs de béton d’environ une tonne, une tonne cinq chacun, probablement destinés à empêcher des GDV de s’installer.

Nous les avons déplacées à trois, les autres ne pouvant nous aider car étant malades, handicapés, trop jeunes ou trop âgés.

A chaque fois qu’on arrive quelque part, les propriétaires appellent la police qui saisit la justice qui mandate un huissier qui relève les plaques d’immatriculation. Après on attend le jugement d’expulsion immédiate ou de tolérance temporaire de notre présence.

N’ayant toujours pas reçu de réponse du tribunal, nous ne savions pas jusqu’à quand nous y resterions ! En attendant, sur le terrain tout se passe très bien. Nous pouvons regarder les infos, nous pouvons nous doucher, manger à la lumière, faire notre vaisselle. Une benne à ordures est à notre disposition.

Mais lorsque l’interdiction d’ouverture des commerces finira, nous souhaitons bien évidemment que les commerçants puissent travailler correctement. Ils sont si durement touchés également. Mais où irons-nous ?

Sylvie : Durant tous ces mois, nous nous sommes régulièrement parlé. Pourquoi ne m’as-tu rien dit de tous les drames que tu traversais ?

Antoine : Nous gérons régulièrement des incendies. Nous jetons de la farine pour les éteindre. Mais sur la friche PSA cela a vraiment été dramatique. Nous sommes régulièrement chassés de ville en ville. Nous sommes régulièrement désespérés. Le GDV prennent majoritairement des antis dépresseurs. Les gens comme toi sont choqués par ce genre d’histoires. Mais pour nous, c’est la norme. Parle-t-on de ce qui est normal ?

Sylvie : Que souhaites-tu dire pour conclure ?

Antoine : Un processus sérieux doit être mis en place pour mettre un terme à ces accidents, ces déscolarisations, ces discriminations. Les gens du voyage en ont assez de cette errance aussi chaotique que subie. Ce sont des voyageurs épris d’espace et de liberté. Ils sont français et ont apporté à la France de grands artistes comme Django Reinhardt ou Manitas de Plata. Ils participent à l’animation des villes et villages de France avec leurs cirques et leurs fêtes foraines. Mais ils ne peuvent plus se déplacer librement. Ils peuvent être chassés à n’importe quel moment. Ils n’ont plus de vie.

A l’époque de nos anciens, il y avait plus de tolérance. Maintenant, il y a de plus en plus de violence. Être « accueillis » par 100 policiers pour 20 caravanes, c’est violent. Subir les agressions verbales des forces de l’ordre durant les expulsions, c’est violent. Nous nous entendons régulièrement dire que nous sommes hors la loi, nous sommes des voleurs…

L’errance n’existe pas dans notre culture. Elle est subie et forcée. On s’y est habitué. Ce n’est pas dû à notre culture mais au manque de places dans les aires et au durcissement de la lutte contre le stationnement illicite. Avant nous étions expulsables au bout de 72h, maintenant au bout de 48 h. Mais pour aller où ? Il n’y a pas assez de places dans les aires d’accueil !

Nous sommes comme des animaux en cage, que l’on chasse de place en place et notre culture se meure faute de pouvoir apprendre comme avant de nos anciens et des autres ethnies : les roms, sintis, yéniches, manouches, gitans. Nous voulons préserver nos grands rassemblements pour garder notre culture. :

  • Celui du printemps d’une semaine en mai ou juin : ce pèlerinage des évangélistes accueillent des gens qui viennent de partout y compris des athées et des catholiques. Toutes les ethnies sont présentes. Ce pèlerinage est ponctué de prières, de débats et de moments de convivialité.
  • Ceux de l’été durant lesquelles les missions religieuses se déplacent dans toutes la France.
  • Celui de fin aout durant lequel toutes les missions se retrouvent et font le bilan de leurs tournées.

Les grands rassemblements sont officiels et s’effectuent avec l’accord des gouvernements et des villes concernées. C’est le gouvernement qui nous impose les terrains, souvent des aéroports, des aérodromes ou des terrains militaires.

En dehors des déplacements du printemps et de l’été, certaines familles se déplacent l’hiver dans le sud pour visiter leur familles. Voilà en quoi consiste notre nomadisme, qui ne doit surtout pas être confondu avec l’errance qu’on nous impose.

Les Lois -de plus en plus répressives- sont appliquées à la lettre. Mais les Lois en notre faveur ne sont pas respectées. Nous savons qu’entrer chez quelqu’un est un vol. Mais si nous sommes fatigués, si nos femmes sont enceintes ou viennent d’accoucher, si nous avons des nouveaux nés et des malades, nous devons bien aller quelque part pour nous reposer. Nous n’avons souvent pas le choix. Au lieu de nous attaquer, les propriétaires devraient attaquer les pouvoirs publics et non les GDV, mais c’est plus simple de s’attaquer aux plus faibles.

Au sein de l’ETP Paris Terre d’Envol, nous ne voulons pas engager de poursuite pour mise en danger d’autrui contre ceux qui nous ont accueillis sur la friche. Au contraire, nous les remercions de nous avoir tolérés. Mais nous voulons être reçus pour présenter nos propositions de résolution durable de ces problèmes, pour sortir ensemble par le haut de cette situation inhumaine qui ne peut perdurer.

« Il faut respecter la Loi pour que les GDV puissent la respecter ».

Nous sommes français et comme tout français nous voulons être LIBRES – ÉGAUX – FRÈRES.

Source :

Sylvie Billard, L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s / votre.elue.citoyenne@gmail.com

Antoine Sauser, Représentant des gens du voyage

Sylvie Billard accuse les élus Aulnay En Commun de dérives politiques sectaires et de misogynie

Lors du conseil municipal du 10 mars 2021 à Aulnay-sous-Bois, la conseillère municipale indépendant Sylvie Billard a reproché aux élus Aulnay En Commun (AEC) son exclusion sans motif apparent, tout en la censurant lorsqu’elle appartenait encore à ce groupe.

Lors d’un échange houleux entre Oussouf Siby (leader du groupe AEC) et Sylvie Billard, cette dernière voulait des explications et de la transparence pour mieux comprendre ces pratiques. Entonnement, alors que les élus AEC prônent à tout va la transparence totale et une politique nouvelle, M. Siby n’a pas voulu répondre aux questions de Madame Billard.

Enfin, Sylvie Billard reproche aux élus AEC de misogynie à peine voilée, affirmant que ce élus préféraient voir ces femmes obéissantes.

Pour visionner cet échange houleux, cliquer sur l’image ci-dessous :

Raoul Mercier apporte son soutien à Sylvie Billard et tire à boulets rouges sur les élus Aulnay En Commun

Le torchon brûle entre Sylvie Billard, ex-membre du groupe Aulnay En Commun au conseil municipal d’Aulnay-sous-Bois et aujourd’hui conseillère municipale indépendante de la société civile, et ses anciens collègues. Après un conseil municipal où elle dénonça sa mise à l’écart et les pressions exercées sur elle par plusieurs élus Aulnay En Commun, ces derniers ont répliqué en affirmant que Sylvie Billard voulait faire cavalier seul, pointant son incapacité à travailler en équipe. De plus, les élus Aulnay En Commun ont affirmé que Sylvie Villard avait été exclue de l’association CADA, alors qu’un militant prétend dans le même temps que Sylvie Billard serait sur le point de rejoindre la majorité municipale.

Face à ces attaques, Sylvie Billard nous affirme vouloir rester indépendante, au service des Aulnaysiens. Elle obtient de plus un soutien de taille en la personne de Raoul Mercier, ancien adjoint au Maire (2008-2011), ancien président de l’association CADA et chevalier de l’ordre national du Mérite.

Des réunions mascarades chez Aulnay En Commun pour désigner les colistiers

Raoul Mercier est bien connu pour ses prises de position humaniste et pour avoir mené l’association CADA comme véritable interlocuteur avec la municipalité sur des sujets de fond. Pour M. Mercier, les valeurs portées par les associations CADA et Aulnay Bien Commun on été trahies par les « apparatchiks » qui ont envahi les instances dirigeantes d’un Parti Socialiste qu’il avait fui en 2014, après avoir fait loyalement campagne.

Il souligne l’efficacité de Sylvie Billard au sein de l’association CADA qui devait apporter un nouveau souffle démocratique dans la ville. M. Mercier souligne également la contribution de Sylvie Billard sur le manifeste  » SERVIR AULNAY » que les soi-disant amis ont bafoué, 
préférant tout réinventer lors de réunions-mascarades uniquement destinées à camoufler l’entente déjà signée entre les partis verts, rouges et roses. M. Mercier affirme également que ces hommes et femmes politiques ont « osé pousser l’hypocrisie jusqu’à vouloir masquer leur appartenance derrière le slogan participatif et citoyen« .

Pour Raoul Mercier, Sylvie Billard est la seule élue citoyenne des Aulnaysiennes et Aulnaysiens, grâce à son excellent travail que tout le monde le reconnaîtra bientôt.

Enfin, Raoul Mercier regrette qu’après avoir financé le cercle pour l’édition du manifeste réalisé à 90% par Sylvie Billard et lui-même, il eut été contraint de démissionner. Il rappelle avoir payer la conférence de presse au Novotel en septembre 2019 pour un montant minimal de 4000€ sans le moindre remerciement de ses pairs.

Sylvie Billard : Comment sortir des impasses humaine, sanitaire et économique de l’errance chaotique imposée aux gens du voyage (1/3)

Cher.e.s aulnaysien.ne.s,

Lors du Conseil Municipal du 10 mars dernier, j’ai abordé la situation des gens du voyage (GDV) installés dans la zone commerciale du nord de la ville et des commerçants de cette zone. Le maire et la première adjointe ayant affirmé ne pas être informés de cette situation, je me suis engagée à leur fournir davantage de précisions ultérieurement. Je tiens mon engagement avec cette interview exceptionnelle que je partage avec vous, d’un membre des GDV, Antoine Sauser, qui va nous expliquer pourquoi sa communauté est installée sur le parking de l’Usine Center.

Je vous propose préalablement de décontextualiser son témoignage pour vous fournir des clés de compréhension.

Actuellement la situation est bloquée. Tout le monde est coincé : GDV, commerçant.e.s, entrepreneurs, propriétaires particuliers, habitant.e.s, élu.e.s, tant sur les plans humain, économique que sanitaire. Les conditions de ce blocage ont été posées depuis plusieurs décennies par les gouvernants et les élu.e.s territoriaux de droite comme de gauche. Deux grandes dates sont à retenir : 1988 et 2016.

En 1988 est définie la politique de construction des aires d’accueil définitives des GDV. Comme il y avait de nombreuses familles de GDV en Seine Saint-Denis, les pouvoirs publics leur ont demandé de se déplacer dans les départements limitrophes et notamment en Seine et Marne le temps de construire dans le 93 des aires définitives. Malgré les investissements publics pour la construction d’aires d’accueil dans le cadre du schéma départemental de 2016, les objectifs de construction d’aires d’accueil sont loin d’avoir été atteints quantitativement et qualitativement par les villes du département en général et de l’ETP Paris Terre d’Envol en particulier. Concernant les Gens du voyage, « Les premiers qui n’appliquent pas la loi, ce sont les maires ». N’oublions pas que l’aire de Tremblay est provisoire depuis 16 ans et que les conditions de vie y sont particulièrement indignes.

En 2016, les pouvoirs publics ont retiré aux GDV leur carte de circulation qui leur permettait de circuler dans tous les pays européens, tout en organisant par l’absurde leur circulation en France avec une capacité d’accueil des aires insuffisante et une durée de stationnement licite réduite.

La législation et les pratiques territoriales ont plongé les GDV dans une situation kafkaïenne. A coup d’expulsion, ils sont ballotés de ville en ville, de département en département. Alors qu’ils sont la plupart du temps français depuis plusieurs siècles, ils sont généralement moins bien traités que les sans papier qui viennent d’arriver. A ces derniers, on trouve souvent des solutions d’hébergement, tandis qu’on demande aux GDV souhaitant se sédentariser dans une commune de justifier un an de résidence dans cette commune alors que les aires d’accueil ne peuvent les accueillir plus de trois mois et que le stationnement licite a été réduit de 72 à 48h.

Cette situation aboutit à un important stationnement illicite de GDV dans des zones économiques privées et des terrains de particuliers ne permettant pas à l’Etat d’intervenir. Les conséquences sont catastrophiques :

  • pour les entreprises, commerçants dont l’activité peut être compromise : qu’adviendra-t-il de l’Usine Center et des commerces avoisinants lorsque l’activité reprendra si les GDV stationnent encore ?
  • pour les particuliers qui ne peuvent jouir de leurs terrains en cas de stationnement,
  • pour les populations avoisinantes, car la circulation erratique des GDV favorise la circulation de la COVID 19,
  • pour les GDV particulièrement discriminés qui vivent des situations inhumaines et dangereuses.

Vu l’importance de l’épidémie parmi les GDV, les enfants scolarisés n’ont plus accès aux établissements scolaires. Tandis que les enfants sur stationnement illicite sont largement déscolarisés. Dès lors comment s’étonner de l’importance du taux d’analphabétisme dans cette population.

Les aires d’accueil du territoire ne sont plus entretenues normalement car les entreprises en charge de l’entretien ne peuvent plus intervenir. Les fosses septiques et les poubelles ne sont plus vidées.

Cette situation est une bombe à retardement dont le coût économique de construction et d’entretien est aussi important qu’opaque. L’avenir semble plus sombre encore : combien d’aires d’accueil -financées sur fonds publics- survivront-elles à la pression immobilière du grand Paris ?

Puisque tout a été fait pour que les GDV ne puissent plus ni voyager ni s’installer, il n’y a pas d’autres choix que de trouver une solution pour :

  • sécuriser leur parcours,
  • lutter contre les discriminations qu’ils subissent notamment scolaires et sanitaires,
  • favoriser les régularisations de leur situation notamment fiscales,
  • tout en réduisant le coût exorbitant et l’opacité de la gestion des aires.

Je travaille actuellement avec des représentants de GDV dont Antoine Sauser, des professionnels associatifs et de services publics, des avocats à l’élaboration de solutions plus humaines, plus efficaces et beaucoup moins onéreuses. Nous vous les présenterons prochainement. Je vous propose de découvrir le témoignage d’Antoine Sauser dans l’article suivant.

Sylvie Billard

L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s

votre.elue.citoyenne@gmail.com

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