Archives de Catégorie: Santé

Lancement de la campagne « AVC, Agir Vite C’est important »

avcEn France, 130 000 nouveaux cas d’AVC surviennent chaque année, dont 25% chez les moins de 65 ans. Il peut également survenir chez l’enfant.

L’AVC est la première cause de handicap acquis chez l’adulte : environ 500 000 personnes souffrent au quotidien des séquelles d’un AVC.

Souvent appelé « attaque cérébrale », l’AVC est provoqué par un arrêt brutal de la circulation sanguine dans une partie du cerveau, qui entraîne la mort des cellules cérébrales dans la zone touchée. Plus la prise en charge se fait tôt, mieux l’AVC peut être traité.

C’’est pourquoi cette campagne engage à mobiliser le grand public, afin que l’AVC soit perçu comme une extrême urgence. Il s’agit de reconnaitre les signes d’alerte de l’AVC, de réagir avec les bons gestes permettant de mettre en place au plus vite le traitement spécifique.

Dans le cadre du plan national AVC 2010-2014, de nombreuses avancées ont été réalisées. Ainsi 126 unités neuro-vasculaires sont mobilisées en France pour la prise en charge en urgence de l’AVC. L’enjeu majeur est la réduction de la mortalité et de la gravité des séquelles et handicaps.

A l’occasion de cette campagne, la ministre des Affaires sociales et de la Santé tient à rappeler l’importance de la prévention pour lutter contre les facteurs de risques de l’AVC. Car plus on cumule de facteurs de risques, plus on augmente le risque de faire un AVC, et il est possible d’agir sur un grand nombre de ces facteurs : hypertension artérielle, diabète, tabagisme, obésité, taux élevé de cholestérol,… Agir sur sa consommation de tabac, sur son alimentation, augmenter son activité physique, sont des gestes de prévention utiles pour se protéger. Des actions de prévention et d’éducation en santé qui seront un des axes majeurs de la stratégie nationale de santé que la ministre des Affaires sociales et de la Santé vient de lancer le 23 septembre dernier.

Signée « AVC, agir vite c’est important », la campagne a pour objectif de faire connaître les signes d’alerte de l’AVC et la conduite à tenir en cas d’apparition de ces signes.

La campagne 2013, qui débute le 29 octobre, comprend la diffusion d’un spot radio (jusqu’au 11 novembre), une campagne internet (jusqu’au 29 novembre), ainsi qu’une campagne d’affichage et un kit de communication pour les relais.

Spot radio 
« L’accident vasculaire cérébral – l’AVC – est la 3e cause de décès en France. 
Il se manifeste soudainement par :

  • une déformation de la bouche
  • une faiblesse d’un côté du corps, bras ou jambe
  • des troubles de la parole

Si vous êtes témoin d’un de ces 3 signes, réagissez. Appelez immédiatement le SAMU, faîtes le 15. AVC, agir vite c’est important. »

Problèmes de chauffage quartier de Mitry à Aulnay-sous-Bois : des habitants excédés !

Mitry_AulnayjpgRien ne va plus dans le quartier de Mitry d’Aulnay : après un démarrage tardif du chauffage dans la majorité des appartements de la cité (mi-octobre), des habitants nous informent que la température dans les pièces à vivre est plus que préoccupante (16°C voire moins).

La faute à la chaudière centrale et à la volonté de faire des économies compte tenu de la situation financière précaire pour la plupart des résidences qui composent ce quartier.

La colère est telle que des habitants nous ont confié envisager une descente à la Mairie en guise de protestation !

Les autorités publiques dont le Maire est au courant de la situation mais pour l’instant, rien ne semble bouger.

Base de données publique des médicaments

medicamentsHébergée sur medicaments.gouv.fr, cette base de données marque la première étape du projet du Gouvernement de mettre en place un service public d’information en santé.

En effet, comme l’a rappelé Marisol Touraine lors de la présentation des grands axes de la Stratégie nationale de santé, chaque Français doit pouvoir accéder aisément à une information fiable, qu’elle concerne des médicaments, des établissements ou des professionnels de santé.

Sous le pilotage de la direction générale de la santé, la base de données publique des médicaments regroupe des données issues de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), de la Haute autorité de santé (HAS) et de l’Assurance maladie (CNAMTS). Elle fournit des informations sur l’intégralité des spécialités pharmaceutiques commercialisées sur le marché français ou dont l’arrêt de commercialisation date de moins de deux ans.

Sont présentés pour chaque médicament les indications, les précautions d’emploi, les contre-indications, les autorisations de mise sur le marché, le statut au regard de la commercialisation, le prix, le taux de remboursement et des informations relatives à la sécurité d’emploi. Des icônes indiquent si le médicament est délivré uniquement sur prescription, s’il est remboursé par la sécurité sociale et s’il appartient à un groupe générique.

Ces informations peuvent être facilement, grâce à la fonction d’autocomplétion, recherchées par le nom du médicament ou de son principe actif. La base est accessible sur ordinateur, une version spécifique ayant été développée pour les mobiles et tablettes.

L’accès à la base se fait à l’adresse medicaments.gouv.fr qui offre un espace dédié exposant au grand public de manière pédagogique et transparente ce qu’est un médicament, comment il est commercialisé, avec quelles précautions il doit être utilisé, comment déclarer les effets indésirables éventuels…

Sur ce même espace, l’internaute pourra déclarer un effet indésirable, dans le but d’améliorer les signalements des professionnels et des patients eux-mêmes. Pour la première fois, des informations simples et de référence sont publiées sur un endroit unique et répondent aux questions que se posent les citoyens sur le médicament.

La base de données publique des médicaments évoluera dans les prochains mois afin de répondre aux suggestions que ne manqueront pas de faire les citoyens et les professionnels de santé, en particulier la mise à disposition de recommandations.

Tout savoir sur le bon usage des produits de santé avec la base de données publique des médicaments

medicamentsLa base de données publique des médicaments permet au grand public et aux professionnels de santé d’accéder à des données et documents de référence sur les médicaments commercialisés ou ayant été commercialisés durant les deux dernières années en France.

Cette base de données administratives et scientifiques sur les traitements et le bon usage des produits de santé est mise en œuvre par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), en liaison avec la Haute Autorité de santé (HAS) et l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM), sous l’égide du ministère des Affaires sociales et de la santé.

Elle a été réalisée en application de l’article 8 de la loi du 29 décembre 2011 relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé.

Lire la suite sur le site du ministère

Aulnay-sous-Bois : Aux Etats-Unis, l’entreprise Guerbet remporte un nouveau succès

guerbet_aulnayGuerbet annonce avoir obtenu l’accord de la Food and Drug Administration (FDA) aux Etats-Unis pour catégoriser le Lipodiol comme médicament orphelin. Ce médicament, destiné aux patients atteints d’un carcinome hépatocellulaire (CHC), le cancer primitif du foie le plus fréquent, va donc bénéficier de tous les avantages liés à cette classification accordée à des pathologies affectant moins de 200.000 personnes. Outre l’obtention de subventions fédérales, Guerbet se verra octroyer des crédits d’impôts, une assistance dans ses recherches et une commercialisation exclusive pendant sept ans.

35.000 personnes sont actuellement atteintes du CHC aux Etats-Unis. Gilbert Dupont estime dans une note que les revenus potentiels que pourraient générer les ventes de Lipodiol se montent à 40 millions d’euros, ce qu’il faut donc comparer avec certains marchés pouvant peser plusieurs milliards. Cela n’en demeure pas moins une bonne nouvelle pour le laboratoire qui devrait voir sa croissance légèrement repartir à la fin de l’année toujours selon les analystes de Gilbert Dupont.

Pour rappel, l’usine est basée à Aulnay-sous-Bois, dans la zone des Mardelles.

Source : Les Echos

Consommateurs, connaissez-vous toutes les bonnes pratiques d’hygiène ?

hygieneSÉCURITÉ SANITAIRE – Comment faut-il ranger son frigo ? En quelle matière faut-il choisir sa planche à découper ? Pourquoi faut-il bien cuire son steak ? Quels aliments les femmes enceintes doivent-elles éviter ? Connaissez-vous vraiment toutes les règles d’hygiène du quotidien ?

Retrouvez toutes les réponses à vos questions dans le Guide des bonnes pratiques d’hygiène élaboré par trois associations de consommateur engagées depuis de nombreuses années dans le secteur agroalimentaire : l’Association Léo Lagrange Pour la Défense des Consommateurs, la Confédération Syndicale des Familles et Familles Rurales.

Après 7 ans de travail, ce recueil de recommandations évalué par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et validé par les pouvoirs publics voit ainsi le jour pour informer, sensibiliser et éduquer le consommateur aux règles simples mais essentielles en matière d’hygiène et de consommation.

Composé de 13 fiches généralistes sur la préparation et la conservation des aliments et de 10 fiches « produits » (œufs, produits laitiers, viandes et charcuteries …), le guide passe en revue les réflexes à adopter au quotidien tels que le lavage des mainsl’entretien des appareils ménagersle rangement du réfrigérateur, les conseils spécifiques pour les personnes fragilisées et les enfants, la gestion de la conservation des aliments, etc.

Ce guide a été élaboré par la Confédération Syndicale des Familles (CSF), Familles Rurales et l’association Léo Lagrange Pour la Défense des Consommateurs, avec le soutien conjoint des ministères de l’Agriculture (DGAL), de la Santé (DGS) et de l’Économie (DGCCRF). Il a reçu la labellisation PNA (Programme national pour l’alimentation).

Cliquez ici pour télécharger l’intégralité des fiches pratiques

Remarque : Les fiches de ce recueil ne peuvent pas être reproduites ou utilisées partiellement, ni modifiées. Toute utilisation devra explicitement faire référence à ce document.

Une nouvelle piste contre la Tuberculose ?

Une nouvelle piste pour lutter contre le bacille de la tuberculose, microorganisme qui tue encore chaque année près de 1,5 millions de personnes à travers le monde, vient d’être ouverte par une équipe franco-britannique impliquant des scientifiques du CNRS, de l’Inserm, de l’Institut Curie et de l’Université Toulouse III – Paul Sabatier. Les chercheurs viennent de découvrir qu’un acide aminé, l’aspartate, est essentiel au développement du bacille car il constitue sa principale source d’azote. Ils sont parvenus également à établir le mécanisme grâce auquel la bactérie extrait l’aspartate de son hôte. Ces résultats, publiés le 29 septembre 2013 sur le site de la revue Nature Chemical Biology, pourraient permettre de développer de nouveaux antibiotiques ainsi que de nouveaux vaccins créés à partir de souches atténuées du bacille, incapables de s’approvisionner en aspartate.

Mycobacterium tuberculosisLa tuberculose est une maladie infectieuse qui touche généralement les poumons. Tuant plus de 1,5 millions de personnes chaque année à travers le monde, elle est provoquée par une bactérie appelée Mycobacterium tuberculosis. Contre ce bacille, il existe un vaccin, le BCG, dont l’efficacité est trop variable, ainsi que des traitements antibiotiques. Cependant, les médecins sont de plus en plus souvent confrontés à des souches résistantes à plusieurs des antibiotiques disponibles. D’où la nécessité de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques et préventives.

Les chercheurs de l’Institut de pharmacologie et de biologie structurale (CNRS/Université Toulouse III – Paul Sabatier) qui ont coordonné ces travaux se sont intéressés aux mécanismes permettant à M. tuberculosis de s’approvisionner en azote, élément essentiel à la synthèse d’un grand nombre de biomolécules, protéines, acides nucléiques, et vitamines par exemple. Ils ont ainsi étudié un transporteur d’acides aminés appelé AnsP1 et montré que cette protéine transmembranaire est chargée de capturer de l’aspartate, un acide aminé, pour l’introduire dans la bactérie. En effet, un mutant du bacille inactivé génétiquement dans ce transporteur s’est révélé incapable de croître dans un milieu contenant de l’aspartate comme unique source d’azote. Dans un second temps, les chercheurs se sont demandés si l’aspartate constituait réellement une importante source d’azote pour le bacille. Pour cela, ils ont employé une technique qui permet de cartographier l’ensemble des métabolites présents dans une cellule. Les chercheurs ont nourrit des bacilles avec de l’aspartate contenant un isotope lourd de l’azote. Ils ont ainsi montré, qu’effectivement, M. tuberculosis assimilait l’azote issu de l’aspartate, qui se retrouvait dans de nombreuses molécules synthétisées par le microorganisme.

Les chercheurs ont montré, grâce à une technique d’imagerie des petites molécules, que lorsque des macrophages (cellules du système immunitaire très présentes dans les voies pulmonaires) infectés par le bacille étaient mis en présence d’aspartate lourd, celui-ci se retrouvait finalement à l’intérieur du pathogène. Autrement dit, AnsP1 permet au bacille de capturer l’azote de sa cellule hôte. Lors d’expériences in vivo, les chercheurs ont infecté des souris avec un bacille dont AnsP1 était inactivé. De façon surprenante, cette souche s’est révélée fortement atténuée : elle se multipliait plus lentement et endommageait beaucoup moins les poumons des souris que les souches normales. Ceci révèle le rôle insoupçonné de ce transporteur d’aspartate dans la virulence de la mycobactérie.

AnsP1 et les autres molécules impliquées dans le métabolisme de l’aspartate pourraient alors constituer des cibles de choix pour de nouveaux antibiotiques. Par ailleurs, cette souche mutante dont AnsP1 a été inactivée pourrait être un bon candidat pour la conception de nouveaux vaccins capables de fournir une meilleure et plus longue protection que le BCG.

Source : communiqué de presse CNRS

Grippe saisonnière : lancement de la campagne de vaccination

grippeLa campagne de vaccination contre la grippe saisonnière se déroule du 11 octobre 2013 au 31 janvier 2014. L’Assurance maladie invite notamment les assurés de plus de 65 ans et ceux atteints de certaines maladies chroniques (asthme, diabète, insuffisance cardiaque…) à se faire vacciner.

Le vaccin est pris en charge à 100 % pour les populations à risque, le calendrier vaccinal 2013 ayant intégré dans les populations éligibles les personnes atteintes d’une hépatopathie chronique avec ou sans cirrhose. Des courriers sont donc envoyés aux personnes concernées avec un bon de vaccination permettant la délivrance gratuite du vaccin (jusqu’au 31 janvier 2014).

Pour ceux qui ont déjà été vaccinés les années précédentes, le vaccin peut être retiré directement en pharmacie. L’injection peut alors être réalisée par un service infirmier. En revanche, les bénéficiaires d’une primo-vaccination, les femmes enceintes et les personnes atteintes d’une obésité sévère doivent se rendre chez leur médecin traitant pour obtenir une prescription.

Les vaccins pris en charge sont disponibles en pharmacie à partir du 11 octobre 2013. Il est conseillé d’effectuer cette vaccination avant la circulation active des virus grippaux. Après vaccination, l’organisme a en effet besoin de 2 semaines pour former les anticorps nécessaires.

Pour en savoir plus

Bilan de la qualité radiologique des eaux conditionnées produites en France

EauLa Direction générale de la santé (DGS) et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ont confié à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) la réalisation d’une série d’analyses afin de disposer d’un état des lieux récent et exhaustif de la qualité radiologique des eaux conditionnées produites en France. Au total 142 eaux conditionnées (75 eaux de source et 67 eaux minérales naturelles) ont été analysées par l’IRSN en 2012. Cette étude, menée à des fins d’information, a porté sur un seul prélèvement pour chaque échantillon d’eau, dressant ainsi une image « instantanée » des caractéristiques radiologiques des eaux conditionnées produites en France, à la date de l’analyse des échantillons.

Les mesures montrent que la qualité radiologique des eaux conditionnées produites en France est globalement satisfaisante. L’exposition aux rayonnements ionisants résultant de la consommation de ces eaux est minime.

Ces travaux complètent deux précédents bilans sur la qualité radiologique des eaux du robinet réalisés en 2005-2007 et 2008-2009. Ils s’inscrivent dans un contexte européen et national de révision de la règlementation en matière de qualité radiologique des eaux destinées à la consommation humaine.

Quelques précisions quant aux résultats des analyses

Il ressort ainsi de cette étude que :

  • les quantités de tritium et l’indicateur d’activité beta globale sont inférieurs aux références prévues par la règlementation française pour les eaux destinées à la consommation humaine ;
  • les quantités d’uranium sont inférieures à la valeur guide provisoire de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour les eaux destinées à la consommation humaine (30 µg/L) ;
  • l’indicateur d’activité alpha globale dépasse la valeur guide de 0,1 Bq/l prévue par la règlementation nationale pour 34 des eaux analysées (20 eaux minérales naturelles et 14 eaux de source). Parmi celles-ci, 6 eaux minérales naturelles dépassent la référence de qualité de la Dose Totale Indicative  (DTI) de 0,1 mSv/an définie par la règlementation nationale pour les eaux destinées à la consommation humaine. Les DTI sont cependant toutes inférieures à 0,3 mSv/an, valeur en deçà de laquelle, pour les eaux destinées à la consommation humaine, il n’est pas nécessairement recommandé d’action correctrice. En outre, ces eaux minérales naturelles ne sont pas destinées aux nourrissons car elles sont gazeuses ou à teneur élevée en fluor ;
  • 2 eaux minérales naturelles et une eau de source ne pourraient faire mention sur leur étiquetage du caractère approprié de l’eau pour l’alimentation du nourrisson et ce, bien que leur DTI soit inférieure à 0,1 mSv/an, du fait du seul dépassement de la valeur de 0,1 Bq/l de l’indicateur de l’activité alpha globale (arrêté du 14 mars 2007 modifié).

Ces résultats, obtenus à partir d’un seul prélèvement pour chaque échantillon d’eau, mériteraient d’être confortés par des mesures complémentaires sur une période de temps plus étendue, afin d’étudier l’influence de la fluctuation de la composition en radionucléides naturels de certaines de ces eaux.

L’ASN, la DGS et l’IRSN mettent le présent bilan à la disposition du public sur leurs sites internet respectifs : Consulter le rapport sur la qualité radiologique des eaux conditionnées produites en France

Seine-Saint-Denis : L’Aïd sous l’œil des services vétérinaires

mouton_aidA l’abattoir mobile installé à l’entrée du parc de La Courneuve, à Dugny, le travail du sacrificateur et l’état des bêtes sont contrôlés.

Dans l’enclos de l’aire des Vents à Dugny, plus de neuf cents moutons, tous numérotés à l’oreille, prêts à être sacrifiés dans une pièce voisine. L’odeur est forte, mais le calme est impressionnant. Pas un ne bêle. « Les moutons, ça ne fait pas de bruit! » commente un fidèle musulman. Il patiente au comptoir en attendant qu’on appelle son numéro. Il a choisi son agneau vivant et est revenu hier à l’heure indiquée, au premier jour de l’Aïd. Cette fête musulmane commémore la soumission à Dieu d’Abraham, prêt à sacrifier son fil Ismaël avant qu’Allah ne le remplace par un bélier. On est ici à l’orée du parc de La Courneuve, à l’abattoir mobile de Seine-Saint-Denis, installé pour la quatrième année d’affilée. Le Sevranais El-Bekkay Merzak applaudit : « Sur les quatre départements du CRCM (conseil régional du culte musulman), il n’y a que le 93 qui est mobilisé! » Cet abattoir, autorisé par la préfecture et installé sur un site prêté par le conseil général, satisfait à la fois aux besoins de la communauté et aux règles sanitaires. Les services vétérinaires y veillent. Hier et aujourd’hui, deux équipes se relaient entre 9 heures et 21 heures.

« Pour nous, c’est un gros moment », explique Karine Guillaume, directrice du service de la protection des personnes, qui regroupe les services vétérinaires et la répression des fraudes, 80 personnes au total. A l’abattoir, une vingtaine de femmes et d’hommes sont mobilisés. Tout de blanc vêtu, des bottes à la charlotte, on les confond avec l’équipe des Bergeries d’Aumont, l’opérateur agréé pour sacrifier les moutons.

Sur le pont depuis cet été. Pour les services vétérinaires, l’Aïd a commencé dès cet été par l’examen du dossier de l’opérateur, le même depuis 2010. Cette année, le cheptel vient d’Espagne. « Les critères ont été validés par le collègue espagnol des services vétérinaires et sont détaillés sur une notification informatique », explique Marguerite Lafanechère, chef du pôle santé protection animale à la DDPP 93. Un test a eu lieu le 30 septembre sur 20 animaux « pour vérifier l’élimination des eaux usées, du sang ». Une dérogation à l’étourdissement des animaux est ici accordée. « Depuis cette année, le sacrificateur doit aussi avoir une certification de compétence », poursuit la chef de pôle.

35 moutons sacrifiés à l’heure. Deux inspecteurs sont en poste à la saignée pour « vérifier que l’animal (NDLR : égorgé) a bien perdu connaissance lorsqu’il est suspendu, conformément au Code rural ». Il faut aller vite, l’affluence est forte. Cependant, les règles sanitaires sont respectées. D’une bête à l’autre, la perte de connaissance varie entre vingt secondes à une minute. Post mortem, des vétérinaires et techniciens vérifient l’état « sanitaire » de l’animal. En moins de deux minutes, la carcasse est scrutée, les ganglions et le foie entaillés, pour voir si la bête n’était pas malade. Précaution oblige, depuis les années 2000, les agents ôtent aussi les « matières à risque spécifique », rate, iléon, jéjunum (dans l’intestin), vecteurs de risques d’encéphalopathie spongiforme.

L’estampille sanitaire. « Les animaux impropres à la consommation sont couverts de tartrazine, qui donne à la carcasse une couleur jaune », indique un agent. Les carcasses saines, elles, sortent frappées par le cachet hexagonal, « la forme propre aux abattoirs mobiles », précise une des agents qui conserve scrupuleusement l’objet sur elle. Sécurité sanitaire oblige.

Quinze moutons saisis à Pierrefitte

Neuf cents moutons à l’abattoir mobile, il n’y a pas de quoi satisfaire tous les musulmans du 93 qui veulent fêter l’Aïd de manière rituelle, d’autant que certains acheteurs viennent d’ailleurs, puisqu’ils n’ont pas cet abattoir dans leur département. Depuis trois ans, l’Union des associations musulmanes propose de faire l’intermédiaire avec un éleveur de Normandie converti au halal. Les musulmans peuvent aussi commander leur agneau chez leur boucher ou encore au supermarché. « Mais attention, s’ils proposent des moutons pour l’Aïd le premier jour, c’est que l’animal n’est pas tué selon le rite », prévient un fidèle. Le sacrifice ne peut avoir lieu qu’après la prière, soit hier vers 8h30. Dans le doute, certains préfèrent continuer à sacrifier eux-mêmes la bête. « Il faut comprendre que ce n’est pas la viande qui compte, mais le rituel », explique Aissa Nakes, président du CRCM Ile-de-France – Centre. « Moi, je l’ai fait il y a cinq ans au Maroc, c’est merveilleux », lâche Abderrahmane Bouhout, clichois, qui admet avoir déjà sacrifié « un mouton dans la baignoire de l’appartement, avec [son] père, il y a très longtemps ». Désormais, il commande son agneau à l’abattoir mobile. « Ceux qui ont un pavillon préfèrent sacrifier leur mouton chez eux et le font aussi pour des amis qui vivent en appartement », note-t-il. Quitte à s’exposer à des contrôles. A Pierrefitte, la semaine dernière, les services vétérinaires ont saisi quinze ovins réunis dans une cour. Un cas loin d’être unique d’après les fidèles.

Source et image : Le Parisien du 16/10/2013