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Aulnay-sous-Bois : peut-on construire un pavillon et espérer avoir un jardin dans un terrain de moins de 200 m² ?

division_parcelleLes divisions de parcelles ne sont pas une spécialité Aulnaysienne : partout en grande couronne, mais aussi dans de moyennes villes de provinces, nous constatons une augmentation rapide de divisions de parcelles, qui réduisent à peau de chagrin ce qui peut rester de verdure dans un jardin souvent boisé.

Au hasard des alertes Google, des terrains constructibles de 180 m², parfois moins, sont proposés à celles et ceux qui souhaitent construire leur pavillon et avoir son chez-soi. Ces divisions ont été rendues possibles notamment grâce à la modification du Plan Local d’Urbanisme (PLU) de 2009, avec la suppression du Coefficient d’Occupation des Sols (qui imposait de ne pas construire sur une surface supérieure à un certain coefficient de la parcelle concernée). Pour rappel, cette modification avait été défendue par l’ancien Maire PS Gérard Ségura et son adjoint de l’époque, Alain Amédro. Objectifs : permettre aux Aulnaysiens d’agrandir leur maison et empêcher ceux-ci d’aller voir un peu plus loin en cas d’agrandissement de la famille.

Cette modification a cependant eu un effet de bord puisque les divisions de terrain en ont été facilitées : le cas du 5 Rue du Sausset, à proximité de la Ferme du Vieux-Pays, en est un parfait exemple.

Si on regarde le PLU d’un peu plus près, on remarque que pour les parcelles dont la longueur n’excède pas 10 mètres, il n’est pas obligatoire d’avoir une bande de séparation sur les côtés par rapport aux parcelles voisines : en gros, il est possible de construire sur toute la longueur, et ne plus avoir d’accès entre le devant et l’arrière du terrain qu’en passant par la maison. 40 % d’espace vert sont toutefois toujours obligatoires.

Pour une parcelle de 180 m², avec 10 mètres ou moins de longueur, il est donc possible d’avoir une construction avec emprise au sol de 108 m², tout en respectant un retrait (si existant) de 4 mètres par rapport à la rue, et de prévoir 2 places de stationnement (obligatoire en zone Ug). Avec la norme BBC et les contraintes énergétique, sans oublier les problèmes propres à Aulnay-sous-Bois (nappe phréatique proche de la surface, zones inondables…), il est parfois trop onéreux de construire en prévoyant un sous-sol total. Ces places de stationnement empièteront soit sur la surface non construite (si autorisé), soit dans un garage, qui réduira de manière significative la surface habitable.

A ces contraintes techniques se rajoutent l’impact de la nouvelle implantation par rapport au système d’écoulement des eaux usées et des différents branchements nécessaires au nouveau foyer (ce que l’on appelle souvent viabilisation du terrain).

Enfin, la suppression d’un jardin, et l’augmentation de la surface construite, si généralisée dans un secteur donné, provoquent inéluctablement une transformation substantielle du caractère initial d’un quartier, où les maisons avec parcelles sont transformées petit à petit en maisons de ville avec jardinet.

Les propriétaires qui divisent ces parcelles pour rentabiliser une opération immobilière ne sont toutefois pas à blâmer : la demande criante de logements en Seine-Saint-Denis et en Ile-de-France en général et le prix excessif de l’immobilier (qui rend impossible l’accès à la propriété aux primo-accédants) favorisent ce genre de transformation. Alors que les maisons individuelles disparaissent petit à petit dans l’hyper-centre Aulnaysien au profit d’immeubles parfois très imposants, les parcelles des zones pavillonnaires de la ville tendent à se réduire, au profit d’une demande qui ne cesse de s’accroitre. La prochaine révision du PLU promise par la nouvelle équipe municipale permettra peut-être d’atténuer ce phénomène mais ne pourra pas, sans remontrance du préfet, empêcher de telles opérations.

Alors que des secteurs entiers de France subissent désindustrialisation, pertes d’emploi et diminution impressionnante des activités (sans parler de la désertification des services publics et de première nécessité), la concentration des activités en Ile-de-France ne fera qu’accentuer ce que certains politiques appellent « le bétonnage des zones pavillonnaires ».

 

Paris : les braqueurs présumés de 500 000 € de bijoux interpellés à Aulnay-sous-Bois et Aubervilliers

Braqueur_AulnayTrois hommes, soupçonnés d’avoir participé au braquage de la bijouterie Alain Michal, le 21 décembre 2013, rue du Colisée dans le VIIIe arrondissement à Paris, ont été interpellés lundi 28 avril par les enquêteurs de la brigade de répression du banditisme (BRB) de la police judiciaire parisienne.

Selon nos informations, deux suspects, âgés de 18 et 19 ans, ont été interpellés à Aubervilliers et à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Leur complice, âgé de 27 ans, a lui été arrêté à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne). Le trois malfaiteurs présumés ont été placés en garde à vue. Ce mardi 29 avril, leurs auditions étaient toujours en cours.

Le jour des faits, vers 12 h 40, un homme pénètre dans la bijouterie à l’enseigne Alain Michal. L’homme engage la conversation avec une employée des lieux avant d’exhiber une arme de poing. Il intime l’ordre à l’employée d’ouvrir la porte sécurisée de la boutique afin de permettre à un complice, encagoulé et porteur d’un bonnet, de pénétrer dans les lieux. Les deux braqueurs attachent, avec des liens en plastique, la vendeuse et la gérante des lieux avant de faire main basse sur le contenu des vitrines.

Les deux malfaiteurs prennent la fuite avec près de 460 000 € en montres de marque Cartier, Rolex et Tag Heuer ainsi que des bijoux de marque Piaget pour un montant de 50 000 €. Toujours selon nos informations, les policiers de la BRB ont remonté la piste des suspects après avoir identifié l’empreinte génétique d’un des trois complices sur un des liens ayant servi au cours de ce braquage.

Source : Le Parisien du 30/04/2014

Bruno Beschizza prend un arrêté antimendicité à Aulnay-sous-Bois

Bruno-Beschizza_scalewidth_630L’ancien policier, devenu maire UMP de la ville aux dernières élections, a décidé d’interdire la mendicité dans plusieurs zones de sa ville.

Un arrêté visant à interdire la mendicité a été pris mardi par le maire d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) Bruno Beschizza (UMP), élu fin mars à la tête de cette ville de 81 000 habitants, a-t-on appris auprès de la municipalité.

L’arrêté, effectif à compter du 29 avril, interdit la mendicité «lorsqu’elle trouble la tranquillité des personnes ou entrave leur passage ou gêne la commodité de la circulation», précise le texte, dont l’AFP a obtenu copie. Valable jusqu’au 30 septembre 2014, il concerne plusieurs secteurs de la ville, dont celui de la gare, détaille l’arrêté, qui fait état d’un «nombre croissant de personnes» mendiant dans la ville, «parfois de manière agressive ou avec enfants».

Bruno Beschizza, ancien policier, a été élu fin mars avec plus de 60% des voix face au socialiste Gérard Ségura au second tour des élections municipales. Il est membre de l’aile droite de l’UMP.

Plusieurs villes de France, comme Nice, Montpellier, Chartres ou Nogent-sur-Marne, ont pris par le passé ce type de décisions. A Paris, trois arrêtés antimendicité avaient été pris en 2011, sur les secteurs des Champs-Elysées, des Grands magasins et du Louvre. Jugés inefficaces, ces arrêtés n’ont pas été reconduits en 2012.

Source : AFP

Vente du muguet le 1er mai : quelle réglementation ?

muguetLa vente du muguet par des particuliers sur la voie publique le 1er mai est une « tolérance admise à titre exceptionnel conformément à une longue tradition ». C’est ce que rappelle la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Le plus souvent, c’est un arrêté municipal qui précise les conditions de vente ce jour-là. Il est donc nécessaire de s’informer auprès de la mairie pour obtenir ces informations.

Les autres jours, la vente des fleurs est réglementée au même titre que celle des autres marchandises lorsqu’elle a lieu sur la voie publique et ce sont les dispositions relatives à la « vente au déballage » qui s’appliquent.

Article proposé par Annie Neveu

Cyclamed, la collecte des médicaments non utilisés

medicamentsSirops, solutions, comprimés, gélules, crèmes, suppositoires… Vous avez chez vous des médicaments non utilisés ? Vous pouvez participer à une démarche de tri sélectif en les rapportant à votre pharmacien. Découvrez le site www.cyclamed.org pour tout savoir sur le sujet.

Contenant des molécules chimiques actives, les médicaments non utilisés peuvent potentiellement être dangereux pour l’environnement s’ils sont jetés par exemple dans les toilettes ou dans l’évier. Par ailleurs, en les stockant au domicile, ils peuvent peuvent conduire à des erreurs pour les plus âgés et augmenter les risques d’intoxication pour les enfants. Il est donc recommandé de les rapporter en pharmacie afin qu’ils soient collectés et éliminés selon des procédures spécifiques. Attention, les pharmacies ne reprennent pas tout. Les thermomètres, seringues, aiguilles usagées, radiographies, produits de parapharmacie ou encore cosmétiques suivent d’autres modalités de tri.

Cyclamed est une association loi 1901 à but non lucratif regroupant l’ensemble de la profession pharmaceutique. Agréée par les pouvoirs publics, cette association a pour mission de collecter et de valoriser les médicaments non utilisés à usage humain, périmés ou non. 350 grammes de médicaments par habitant ne sont pas utilisés chaque année.

Pour en savoir plus

Guide général de la collecte des médicaments

Article proposé par Annie  Neveu

Aulnay-sous-Bois : les documents du Conseil Municipal du 30 avril sont en ligne

Conseil_MunicipalLe site de la ville d’Aulnay-sous-Bois a mis à disposition les documents relatifs au conseil municipal du 30 avril 2014.

L’ordre du jour pour ce Conseil Municipal est le suivant :

  • DEVELOPPEMENT DURABLE :
    • Présentation du rapport sur le développement durable 2013-2014.
  • FONCIER :

    • Election des membres de la commission d’appel d’offres.Approbation du bilan des acquisitions et des cessions réalisées en 2013
  • COMPTABILITE COMMUNALE :

    • Approbation du Compte de Gestion 2013 :
      • Budget Principal Ville.
      • Budget annexe Assainissement.
      • Budget annexe restauration Extra-Scolaire.
    • Vote du Compte Administratif 2013:
      • Budget Principal Ville.
      • Budget annexe Assainissement
      • Budget annexe Restauration Extra-Scolaire.
    • Affectation du résultat 2013 :
      • Budget Principal Ville.
      • Budget annexe Assainissement.
      • Budget annexe Restauration Extra-Scolaire.
    • Budget annexe Eaux et Assainissement – Exercice 2014 :
      • Affectation de l’excédent de fonctionnement du budget annexe au Budget Principal Ville.
    • Budget Principal Ville – Exercice 2014 :
      • Reprise au budget principal ville de l’excédent de fonctionnement du budget annexe Eaux et Assainissement.
    • Vote du Budget Primitif – exercice 2014 avec reprise des résultats du Compte Administratif 2013 :
      • Budget Principal Ville.
      • Budget annexe Assainissement.
      • Budget annexe Restauration Extra-Scolaire.
    • Budget Principal Ville – Exercice 2014 – Modification d’une autorisation de programme et crédits de paiement (AP/CP)
  • FISCALITE :

    • Vote des taux – année 2014.
    • Exercice 2013 – Vote du taux de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (T.E.O.M).
  • ASSOCIATIONS PARTENAIRES :

    • MEIFE – Convention d’objectifs – Année 2014 – Signature – Fixation du montant restant de la subvention attribuée pour 2014.
    • Conventions de partenariat – année 2014 – signature – fixation du montant restant des subventions attribuées pour 2014 :
      • AEPC.
      • ACSA.
      • IADC.
      • MISSION VILLE AULNAY.
      • OFFICE DU TOURISME.
      • SADDAKA.
      • FEMMES RELAIS.
      • LE RICOCHET.
      • CREA.
      • CREO ADAM.
      • GRAJAR 93.
      • MAISON JARDIN SERVICE.
      • MENAGE ET PROPRETE.
  • ASSURANCES :

    • Reprises de véhicules légers au profit de la Société SMACL ASSURANCES à la suite de sinistres. Exercice 2014.
  • SPORTS :

    • Subventions aux associations sportives – Année 2014.
    • Aides aux athlètes de haut niveau.
  • RESSOURCES HUMAINES :

    • Inscription de crédits permettant le recrutement de quatre collaborateurs de cabinet – Modalités de rémunération.
    • Indemnité de conseil au receveur municipal.
  • EDUCATION :

    • Réforme des rythmes scolaires.
  • S.I.G. – SYSTEMES D’INFORMATION GEOGRAPHIQUE :

    • Adhésion au groupement de commandes pour les services et fournitures en matière de systèmes d’information géographique (SIPPEREC).
  • RENOUVELLEMENT DES REPRESENTATIONS DU CONSEIL MUNICIPAL :

    • Association d’Entraide du Personnel Communal – A.E.P.C. (Abrogation de la délibération N° 11 du 18.04.2014)
    • Association des Femmes relais et des médiateurs Interculturels d’Aulnay-Sous-Bois.
    • Association Le Ricochet.
    • Commission communale relative au règlement de voirie
    • Commission consultative des services publics locaux (CCSPL).
    • Commission municipale compétente en matière de délégation de services publics.
    • Association Aulnay Sports.
    • Association AFTAM – Résidence Le Parc – Maison d’Accueil pour Personnes Agées Dépendantes (MAPAD).
    • Association SYNCOM
    • Association des maires pour la défense de la ligne B du RER et la promotion du transport public.
    • Association des collectivités Sites d’Industrie Automobile (ACSIA).
    • Association Ville et Aéroport.
    • Conseil d’établissement de l’Association Réflexion Action Prison et Justice (ARAPEJ).
    • Association pour Adultes et Jeunes Handicapés (APAJH).
    • Société d’Aménagement Economique et Social (S.A.E.S.)
      • Pour les assemblées générales
      • Pour le conseil d’administration
    • Conseils d’écoles (Maternelles et élémentaires).
    • Enseignement secondaire – Conseils d’établissement
    • Entente entre les villes d’Aulnay-Sous-Bois et de Sevran : mutualisation des réseaux de chaleur.
    • Entente entre les villes d’Aulnay-Sous-Bois et de Gonesse – Commission spéciale siégeant au sein de la conférence de l’entente.
  • PATRIMOINE MUNICIPAL :

    • Démolition de la crèche multi-accueil sise 39-41-43-45 rue de Toulouse – Autorisation accordée à Monsieur le Maire de déposer une demande de permis de démolir.
  • URBANISME :

    • Dépôt et signature d’autorisation d’urbanisme en vue d’un détachement de parcelle – secteur Gros Saule.
  • ASSAINISSEMENT :

    • Quartier Savigny Mitry – création d’une canalisation d’eaux usées rue d’Artois – demande d’aide financière à l’agence de l’Eau Seine Normandie.
      – Quartier Mairie Paul Bert – création d’une canalisation d’eaux usées rue Berteaux – demande d’aide financière à l’agence de l’Eau Seine Normandie.
  • RESSOURCES HUMAINES :

    • Indemnités de fonction du maire, des adjoints et des membres du conseil municipal investis d’une délégation.

Vous pouvez prendre connaissance des délibérations en cliquant ici.

Recherche foyers à Aulnay-sous-Bois intéressés par la lutte contre le gaspillage alimentaire

Gaspillage_alimentaireLe Programme Local de Prévention des déchets de la ville d’Aulnay-sous-Bois est à la recherche de foyer qui souhaiterait connaître le coût du gaspillage alimentaire dans sa globalité.

Accompagnés du bureau d’étude Verdicité, Le Programme Local de Prévention des Déchets souhaite étudier le gaspillage alimentaire dans son ensemble, calculer son impact sur les finances (essence gaspillée, temps perdu, électricité consommée, argent dépensé pour « rien »…)

Pour cela, le PLPD a besoin de 10 foyers prêts à s’engager sur une période de 2 mois. Une réunion sera prochainement prévue pour les foyers répondant favorablement à ce courriel (6 Mai)

Contacts :

LIECHTY Marianne
Responsable du Programme Local de Prévention des Déchets
Ville d’Aulnay-sous-Bois
‘ 01 48 79 66 47 Poste 6715

Aulnay-sous-Bois : Oxygène n°200

OXY_200_WEB_Page_01Le bimensuel municipal Oxygène vient de sortir dans sa 200ème édition. Au programme du canard, nous avons :

  • L’investiture de Bruno Beschizza avec de nombreuses photos
  • Le budget et l’endettement inquiétant de la ville
  • Présentation de la nouvelle équipe municipale
  • Les sports

Vous pouvez vous procurer ce numéro en cliquant ici ou sur l’image ci-contre.

La ville intelligente, une big mother en puissance?

camera_mitry_aulnayBardée de capteurs de données censés améliorer nos vies urbaines, la smart city est aussi un fantastique vecteur potentiel de surveillance. Un aspect que, faut-il s’en étonner, mettent rarement en avant ses promoteurs. Troisième volet de notre série « Smart city ».

Comme les dieux du Mont Olympe, les managers de la cité scrutent une représentation miniature holographique de la ville et de ses habitants. Au lieu de nuages atmosphériques, leur aire est posée dans un nuage computationnel. Leur omniscience ne vient pas de la divinité mais d’un réseau massif de capteurs capables apparemment de tracer tout, les chutes de pluie, les embouteillages, même les mouvements des citoyens individuels. Par le contrôle à distance des infrastructures et l’expédition instantannée de transpondeurs, ils possèdent une omnipotence qu’aucun maire n’a jamais eu. Surtout, l’ordre est maintenu dans cette vision du futur ouvertement paternaliste. Les résidents de la Shangai de 2020 se sont rendus aux gardiens derrière les écrans.

Cette dystopie miniature racontée par le chercheur Anthony Townsend dans Smart cities : Big Data, Civic Hackers and the Quest for a New Utopia (Les villes intelligentes : le big data, les hackers civiques et la quête d’une nouvelle Utopie) possède sans nul doute un caractère un provocateur. Mais cette prospective s’ancre dans des réalités techniques déjà à l’oeuvre aujourd’hui : la ville intelligente présente un fort potentiel de surveillance puisqu’elle vise à s’appuyer sur des masses de données, entre autres personnelles, pour améliorer la vie urbaine.

Puces RFID et caméras – Cette question concerne particulièrement l’approche de la smart city telle que les grands opérateurs, Cisco, IBM, etc., la conçoivent : la ville comme un tableau de bord que l’on gère via des infrastructures centralisées qui analysent des millions de données issues des réseaux, comme les « smart grids », mais aussi via des capteurs branchés sur les objets du quotidien, le tout relié à Internet. Ce qu’on appelle « l’Internet des objets ».
Pour reprendre l’expression de l’auteur de science-fiction Alain Damasio, « c’est pas Big Brother, c’est Big Mother ! »

La question de la surveillance se pose indépendamment des questions de sécurité des données. Elle n’obère pas non plus le fait que des technologies de notre quotidien, à commencer par les téléphones mobiles, permettent déjà de surveiller de façon massive. Au contraire, elle prolonge la problématique dans la conception même des villes.

Le nouveau quartier d’affaires de Songdo, en Corée du Sud, représente l’archétype de la ville ubiquitaire : les caméras scrutent les rues pour ajuster l’éclairage en fonction du nombre de passants, le trafic est monitoré en analysant les données des puces RFID embarquées sur les voitures et les bus, la consommation d’énergie, d’eau, etc.

En France, des expérimentations dans ce sens commencent. Nice a investi dans un « boulevard connecté » expérimental : « 200 capteurs en plein centre-ville installés en haut des lampadaires, dans la chaussée, sur des containers ». Issy-les-Moulineaux ou Le Havredéveloppent des smart grids à l’échelle de quartiers, sans parler des fameux compteurs communicants Linky qui renseignent sur la consommation d’électricité en temps réel.

La valeur est dans les données – Citoyens, entreprises et force publique, le tryptique induit une surveillance potentielle très étendue. Il y a d’abord celle des citoyens par les entreprises privées.
« En gros, la course au business model qu’on peut déployer à grande échelle est en cours, avec des partenariats publics-privés qui sont vraiment le seul modèle économique viable dans de nombreuses situations. Et pour les villes, comme vous savez, il s’agit, je ne dirais pas de pactes avec le diable, mais de la création de zones grises, dès lors que vous avez des données produites par les villes et les citoyens. Potentiellement, c’est là que réside la grande valeur pour le partenaire privé. Désormais, la question est de savoir quelles précautions les villes ont besoin de prendre pour se protéger elles-mêmes, et leurs citoyens, de toute mauvaise réutilisation ou redistribution des données »,résumait Anthony Townsend.
Face à des budgets au régime maigre, les partenariats public-privé paraissent ainsi inévitables pour les investissements lourds.

Des exemples de surveillance intrusive sont déjà connues. « A Wellington, en Nouvelle-Zélande, on a installé un dispositif de vidéosurveillance pour contrôler les accidents de voiture, rapporteHubert Guillaud sur InternetActu.
Consultée, la population a approuvé cette technologie globalement positive. Puis, bien plus tard, lors de la mise à jour du logiciel, les concepteurs ont introduit un système de reconnaissance faciale, qui a pu être utilisé par la police pour reconnaître les délinquants. Et bien sûr, la population n’a pas eu à se prononcer pour une simple mise à jour du logiciel. »

Daniel Kaplan, délégué général de la Fing (Fondation Internet nouvelle génération), évoque encore « le péage urbain dynamique de Londres ou d’Amsterdam, fondé sur des technologies de surveillance impitoyablement intrusives (le réseau de caméras de vidéosurveillance à Londres, la géolocalisation obligatoire aux Pays-Bas). Doit-on atteindre l’objectif environnemental au prix des libertés ? L’intelligence d’un système dispense-t-il d’en interroger les valeurs ? Finalement, les Néerlandais ont répondu par la négative et forcé leur législateur à revenir sur ce choix. »

Il est facile d’imaginer les dérives possibles : une compagnie d’assurance pourrait récupérer les données pour en déduire le type de conduite de l’assuré et adapter la tarification en fonction. Et si vous avez un arrêt maladie, on pourra voir si vous utilisez votre auto. Si vous divorcez et que votre femme/mari vous accuse de l’avoir trompé(e), ces mêmes données de déplacement constituent une preuve éventuelle d’une faute.

NSA et loi de programmation militaire – Le scandale des écoutes de la NSA et les interrogations sur le volet écoute de la loi de programmation militaire invitent aussi à s’interroger sur les dérives potentielles venues de la puissance publique : aujourd’hui on collecte les métadonnées des mails et des appels auprès des fournisseurs d’accès à internet (FAI) et des grands services en ligne ; demain, exigera-t-on des données de déplacement auprès des opérateurs de la smart city ?

Sans aller jusque-là, les puces sur les bancs que l’on aperçoit dans cette vidéo de Nice, ville connectée selon Cisco, pourraient aussi alerter la police dès qu’un occupant « indésirable », un SDF par exemple, y reste trop longtemps. Les mouvements de foule sont aussi facilement repérables.
L’administration pourrait aussi être scrutée, par les citoyens ou en son sein même, de façon encore plus précise qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Précautions contractuelles – Dans ce contexte, la rédaction des contrats et des conditions générales d’utilisation des services doit être soigneusement encadrée.
À Nice, on assure qu’aucune « donnée personnelle et nominative des citoyens n’est captée dans le cadre de l’expérimentation. Tel que défini par la convention de partenariat encadrant le projet, l’ensemble des données collectées pour les thématiques expérimentées reste la propriété de la Métropole Nice Côte d’Azur. Toutes les données urbaines sont enregistrées dans un entrepôt de données dont la gestion est assurée par la métropole et non par un tiers et bénéficient de tous les mécanismes de sécurité mis en place. »

ErDF rappelle de son côté, dans le cas de Linky, que « toutes les données de consommation sont cryptées dès la source. ERDF garantit ainsi la protection de ces informations personnelles qui sont la propriété du client ».
La Cnil en avait souligné en 2013 le danger pour le respect de la vie privée et émis des recommandations, comme le consentement « libre, éclairé et spécifique » pour les mesures, les recueils de données les plus intrusives. ErDF assure les avoir suivies, tout comme celles de l’Anssi, l’agence nationale en charge de la sécurité informatique.

La lisibilité des conditions générales d’utilisations (CGU) est donc un enjeu capital : un usager devrait pouvoir savoir facilement si un service qu’on lui propose est intrusif et le refuser ou l’accepter en connaissance de cause (1). Il apparaît ainsi nécessaire que que les collectivités qui s’engagent dans ce type de contrat y soit attentives et s’arment juridiquement en conséquence face à ces nouvelles problématiques.

Cnil aux pouvoirs limités – Les autorités chargées de veiller au respect de la vie privée  doivent montrer leur vigilance. En l’occurrence il s’agit donc de la Cnil en France, dont les moyens restent limités en regard de l’accumulation des sujets relevant de son champs de compétences.
La CNIL, avec ses consoeurs européennes, a « rendu un avisconcernant l’utilisation de ces puces RFID et la Commission européenne préconise également la réalisation d’une évaluation d’impact sur la vie privée en cas d’utilisation de puce RFID en vue d’évaluer les incidences de leur mise en œuvre sur la protection des données à caractère personnel et le respect de la vie privée. »

Pendant ce temps, les technologies continuent d’être déployées. La faiblesse des amendes que la Cnil peut infliger en cas de manquement est aussi une limite : 150 000 euros, une paille face aux enjeux qui se chiffrent en milliards.

Biens communs et frugalité – Ces précautions semblent insuffisantes face aux risques car elles ne remettent pas en cause les conditions de la surveillance potentielle : infrastructure technique et mode de gouvernance.
La chercheuse Valérie Peugeot invite à considérer les données commedes biens communs gérés avec davantage de frugalité : « Si on trouve des controverses sur l’usage de la donnée, en revanche son contrôle, l’intérêt de la donnée n’est pas discuté. Les deux visions de la Smart City ne proposent ni l’une ni l’autre une utilisation plus frugale de la donnée. »
Elle suggère de s’inspirer des logiques contributives et distribuées du logiciel libre, où tout le monde peut lire le code, l’utiliser, le modifier et reverser à la communauté les nouvelles versions. Pour les données valorisées par des acteurs privés, elle propose d’« imagin(er) une cogestion entre l’utilisateur du service et l’entreprise. »

Quelques projets explorent cette question de la gouvernance publique-privé des données, comme le projet MiData en Grande-Bretagne ouMesInfos en France.
« Il faut rendre acteur le citoyen par un apprentissage collectif, avance Norbert Friant, ‎responsable du service aménagement et usages du Numérique à Rennes Métropole et Rennes, pour mesurer le degré d’acceptance, c’est notre vision de la smart city. La souveraineté des données est un sujet très important, avec la mise en place de data centers publics. »

Le sociologue Richard Sennet abonde aussi dans le sens de Valérie Peugeot. « Sennett a demandé s’il était possible pour les usagers des technologies d’en être aussi d’une certaine manière les créateurs, si le design et le développement d’algorithmes pouvait être crowdsourcé, par exemple, rapporte Frances Coppola, éditrice associée dans unmagazine sur l’économie. Les applications open source (techniquement et juridiquement similaire au logiciel libre, ndlr) permettent cela, et de nos jours, n’importe qui peut construire une application, semble-t-il. Mais la technologie de la smart city demeure un champ de spécialistes, avec une connaissance des solutions détenues par les grands fournisseurs. Le challenge pour les habitants des smart cities consiste à reprendre le contrôle de leur propre technologie à ses fournisseurs. Et pour ce faire, ils ont besoin de la comprendre. »

Cette approche pose donc in fine la question de l’éducation : si le code informatique est le nouveau latin, que ne l’enseigne-t-on pas de façon massive pour donner au citoyen les moyens de sa maîtrise ?

Source : La gazette des communes

Article proposé par Annie Neveu

Déchets dans et autour des nouveaux abris bus à la gare d’Aulnay-sous-Bois

abris_bus_aulnay_gareMalgré les poubelles à proximité, ces nouveaux abris bus ne sont pas restés propres bien longtemps. Fainéantise ou actes de malveillance ?

Sujet proposé par Annie Neveu