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Quand l’art fait le mur au fort d’Aubervilliers

Art_Mur_AubervilliersJusqu’au 14 juillet à quelques pas du métro, au cœur du Fort d’Aubervilliers, c’est un terrain immense d’où l’on n’entend presque plus la ville. Des parkings vides à ciel ouvert, des hangars entourés d’une végétation indomptée. Ce calme ne va pas durer.

De partout en France, d’Espagne, de Norvège, une quarantaine d’artistes ont commencé à investir le terrain pour le transfigurer. Issus du mouvement de l’art urbain, dotés d’une imagination débordante et du goût de la provoc’, ils préparent l’In Situ Art festival du Fort d’Aubervilliers

« Un lieu mystérieux »

Cet événement marque un tournant radical pour le site. Destiné à devenir, à terme, un écoquartier comprenant logements, commerces et équipements, il fait partie de la ZAC (Zone d’aménagement concerté) créée en février. La casse et la fourrière qu’il hébergeait viennent de quitter définitivement les lieux. « Pour beaucoup d’habitants, c’est un lieu mystérieux, encore associé aux activités automobiles et à leurs nuisances. Par ce festival, nous voulons ouvrir le site et accompagner son changement d’image en l’inscrivant dans le “territoire de la culture et la création” », explique Chloé Duval-Zack, à l’AFTRP (Agence foncière et technique de la région parisienne) qui en est propriétaire.

Pour l’organisation, l’agence a fait appel à un « chasseur de murs », comme se définit elle-même l’association Art en ville. Traquer les espaces vierges, les bouts d’immeubles, pour qu’ils soient transformés, détournés, par des artistes, telle est sa mission. 
« Ici, avec 2 hectares, nous disposons d’un espace énorme à l’échelle urbaine. Ce festival sera un rendez-vous unique d’art urbain, d’une ampleur rare en Europe », s’enthousiasme Olivier Landes, fondateur de l’association.

Des fresques jusqu’à 8 m de haut et 50 m de long

Côté création, l’art sera partout, jusque dans les moindres alcôves, avec des fresques et photos monumentales – jusqu’à 50 mètres de long et 8 de haut –, des installations, des performances.

« Les associations de la Ville, l’Omja, le centre d’arts plastiques, les centres de loisirs sont consultés et trouveront leur place dans le festival », ajoute Olivier Landes. 
Pour favoriser un nouveau lien entre ce site et les habitants des quartiers voisins. Volonté illustrée par cette immense fresque au sol qui représente le visage d’une responsable associative reconnue du quartier Emile Dubois-Maladrerie. « Ceci, dans un esprit de dialogue. L’envie de dire, merci pour ce que vous faites », explique l’artiste contemporain Jorge Rodriguez, qui compte à son actif un portrait géant de 5 hectares – visible par satellite ! – à Belfast en Irlande.

A découvrir d’urgence, la plupart des créations, monumentales mais éphémères, seront détruites à l’issue du festival. Car, à l’automne, démarre la démolition préalable au grand chantier d’aménagement auquel ce site du Fort est promis.

Source : communiqué Naï Asmar, proposé par Annie Neveu

Les PSA Aulnay-sous-Bois tractent au Millénaire

PSA_aulnay_millenaireEn chasuble fluo devant les vitrines, une trentaine de grévistes de l’usine PSA Aulnay ont investi hier à 17 heures les allées du centre commercial Le Millénaire, à Aubervilliers. Après presque trois mois de grève, le mot d’ordre n’a pas changé. « Il faut interdire les licenciements », proclame le tract tendu par les salariés qui récoltent des « bon courage » par dizaines. Chariot en main Camel, 40 ans, buraliste de Saint-Denis leur propose même sa vitrine : « Amenez-moi une grande affiche, je vous la placarde. » Alberte, guadeloupéenne en visite chez sa fille, glisse 5 € dans la caisse de grève. « Ça va être difficile malgré tous leurs efforts », commente-t-elle.

A quelques mètres, de l’autre côté de la darse du canal, le délégué CGT Jean-Pierre Mercier participe à une réunion avec la direction de PSA et le directeur départemental du travail, Marc Leray, qui se poursuivait hier dans la soirée. Au menu notamment : les sept mises à pied (dix selon la CGT) annoncées le jour même par la direction après « l’envahissement » mardi des cinq comités d’hygiène et de sécurité (CHSCT) consacrés aux conséquences du plan social. « On y est allé pacifiquement réclamer à la direction une expertise sur les risques psychosociaux et on récolte dix mises à pied. C’est comme si on prenait 30 ans de prison pour avoir grillé un feu rouge », peste le syndicaliste. La direction elle, évoque « un délit d’entrave » après une action menée par « une centaine de personnes ».

Source : Le Parisien du 04/04/2013

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