Un policier municipal, mordu par un chien, poursuit le propriétaire, qui, à son tour, dépose une plainte pour « mise à mort volontaire d’un animal domestique ».
Le 18 novembre, vers 17 h 30, la police municipale d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) est alertée par un riverain : un pitbull erre dans le quartier et inquiète le voisinage. Quatre agents se présentent au domicile du propriétaire du molosse, classé a priori dans la catégorie 1 des chiens d’attaque. « Le portail du pavillon était ouvert, il faisait nuit, mais deux yeux luisants nous observaient », a raconté au Parisien l’un des policiers.
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Le propriétaire du chien, qui a passé quarante-huit heures en garde à vue, est désormais visé par deux plaintes des policiers d’Aulnay : l’une pour « menaces de mort », l’autre pour « violences volontaires ». Mais cet ouvrier de 23 ans conteste formellement la version des agents. « Mon client raconte une tout autre histoire que celle que j’ai pu lire dans la presse », confie au Point son conseil, Me Paul Latouche. Cet avocat vient, à son tour, de déposer une plainte pour « intrusion de personnes dépositaires de l’autorité publique dans un domicile privé » et « mise à mort volontaire d’un animal domestique ».
« Un animal calme et affectueux »
« Le chien en cause n’était pas un pitbull, comme il a été dit, mais un cane corso, animal calme et affectueux qui n’entre en aucune façon dans la catégorie des chiens dangereux », rectifie, « pour commencer », Me Latouche. « Le jour des faits, ajoute-t-il, mon client entend l’animal aboyer dans la cour et constate, depuis sa fenêtre, la présence de plusieurs personnes en uniforme au niveau du portail ; certaines sont cagoulées et munies de lampes torches. Alors qu’il vient à leur rencontre, les policiers ouvrent le portillon. Mon client est formel sur ce point, la porte était verrouillée. »
Comme les policiers l’ont rapporté, le chien bondit sur l’un des agents et le mord au bras. Son maître tente de le maîtriser en l’étranglant puis en le tirant par l’arrière-train. « Sous l’effet du Taser, dont mon client sentira lui aussi l’impulsion, l’animal lâche prise et rebrousse chemin, mais les policiers n’en restent pas là : ils abattent l’animal, qui ne présentait pourtant plus aucun danger », dénonce l’avocat. Une altercation s’ensuit. « Mon client, qui n’avait rien demandé à quiconque et chez qui les policiers s’étaient introduits sans motif valable, croupira deux jours en garde à vue et verra son domicile perquisitionné. »
« Un sentiment de vengeance »
« Aucun texte n’autorise un policier municipal à pénétrer dans un domicile privé sans l’accord de son propriétaire », souligne Me Latouche, qui s’interroge : « Pourquoi la police municipale a-t-elle fait irruption chez mon client alors qu’elle était censée chercher un chien errant ? Pourquoi mon client aurait-il laissé son portail ouvert alors que son chien se trouvait dans le jardin ? Rien ne colle ! » estime-t-il.
Source et article complet : Le Point