Parmi les personnes les plus impactées par la mesure de restriction de circulation, ce mercredi, les artisans et… les habitants de Seine-Saint-Denis qui figurent parmi les plus gros possesseurs de « vieux » diesel.
« Les Crit’Air 3 aussi vous êtes sûr ? » Au volant de son vieil utilitaire, cet artisan du bâtiment a du mal à y croire. « Je sais que les 4 et les 5 seront interdits dans Paris en juillet. Mais là, j’ai pas le choix, je vais rouler quand même », avoue Sidi, en chargeant son fourgon diesel devant un magasin de bricolage du 15e arrondissement.
Interdire aux Crit’Air 3 de rouler, ce mercredi, pour limiter la pollution à l’ozone, « c’est une mesure couperet, qui touche directement les commerçants, les livreurs et les artisans les plus modestes, du jour au lendemain », regrette Bernard Cohen Haddad, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) de Paris Ile-de-France.
« Nous sommes mis devant le fait accompli. Je demande une tolérance pour les véhicules professionnels. Bien sûr, on partage l’inquiétude face à la pollution. Mais il n’y a pour l’instant pas d’alternative. Il n’y aucun système de location d’utilitaires propres par exemple. Comment on fait pour s’approcher de la capitale ? Il faut arrêter la politique de la canonnière et privilégier l’accompagnement. »
La Seine-Saint-Denis particulièrement touchée
Outre les artisans, les habitants d’un département francilien seront très impactés : selon les chiffres de AAAdata, spécialiste de la donnée automobile, 70 % des voitures immatriculées 93 seront interdites de rouler ce mercredi. Viennent ensuite les départements de Seine-et-Marne et du Val-d’Oise. Dans les Hauts-de-Seine, seules 48 % des véhicules seraient concernés par l’interdiction.
« Ah bon, je ne peux pas prendre ma voiture mercredi ? » interroge Milord* totalement interloqué, au volant d’une Peugeot break diesel de 2004, à la sortie d’une station-service à Saint-Ouen. Il vit à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et travaille à Paris comme chauffeur-livreur. « Moi, j’ai besoin de ma voiture pour aller travailler », insiste ce quinquagénaire qui tombe des nues et n’envisage pas une seconde l’alternative des transports en commun.
Source et article complet : Le Parisien