« Mon bébé a quatre jours et ils vont me sortir de l’hôpital… Je ne peux pas dormir dehors avec mon bébé ! » ; « M. F. choisit la cage d’escalier dans laquelle il passera la nuit en fonction du lieu où il fait héberger son fils, lorsque c’est possible, grâce à des copains de l’école »… Chaque jour, depuis le 1er décembre et jusqu’à Noël, une triste scène de la vie de sans-abri en Seine-Saint-Denis est racontée en 280 caractères sur les réseaux sociaux, à la façon d’un calendrier de l’Avent.
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Quelques passages, en vrac, tirés du livre : « La France qui déclasse » de Pierre Vermeren
Tout est dit : Gilets jaunes, désindustrialisation, crise de l’école, stagnation sociale, entre-soi des élites françaises dans les métropoles, déstructuration de la France périphérique, porte ouverte au populisme, crise du COVID qui révèle la fragilité de notre santé publique mais aussi, sortir du déclassement, renouer avec la production, reconstruire l’école et la fierté de travailler, revenir à l’aménagement du territoire, remédier à la désertification et à l’appauvrissement de la France en marge.
« La France a bradé avec zèle ses fleurons industriels et stratégiques. »
« La logique industrielle cède le pas à un consensus idéologique bâti sur la fin du travail, la désindustrialisation, la mort de l’ouvrier, l’abandon des secteurs productifs et l’avènement du tout tertiaire et la financiarisation. »
« Au sein de la haute fonction publique, banquiers et énarques ont pris le pas sur les ingénieurs et les innovateurs des années 1960. »
« Nous vivons la fin du travail et l’avènement d’une société de loisir. »
« Les BTP et les sociétés de services sont devenus les rois d’un capitalisme qui vit de la commande publique. »
« La finance et les travaux publics tiennent la main du politique. »
« La démographie nourrit le BTP par une constante pénurie orchestrée de logements et d’équipements. Elle alimente l’économie d’endettement par les déficits sociaux et publics. »
« La machine productive recourt désormais à un nombre réduit de salariés tandis que la financiarisation et la tertiarisation occupent des personnes plus qualifiées. »
« Ce que le XIXème siècle avait fait en créant un chemin de fer au service de tous les Français et de l’industrie, la 5ème République l’a repris en réorganisant l’espace français au profit des cadres des métropoles. »
« … la France continue en outre de privilégier les formations intellectuelles (même très dégradées) au détriment des filières manuelles et techniques… Mais les formations intellectuelles sont peuplées d’insatisfaits. »
« …depuis une vingtaine d’années, le prix des logements urbains est très fortement poussé à la hausse par la proximité des écoles et lycées les plus réputés ou les mieux classés. »
« La fracture est devenue un abyme entre les élites des métropoles mondialisées et le reste du peuple majoritaire, chassé vers la France périphérique par le cumul de la désindustrialisation et de la hausse des loyers du secteur privé. »
« La déconnexion des élites technocratiques et bourgeoises est avérée. Elles ont perdu pied face à une société qu’elles méconnaissent… »
« Christophe GUILLUY a raison d’insister sur le fait que pour la première fois dans l‘histoire, les classes dominantes peuvent se passer des classes dominées… Au XXIe siècle, les cadres constituent 20% des actifs, soit près de 10 millions de personnes avec leur famille, non compté la frange aisée des retraités. Ils forment un bloc cohérent et compact qui peut vivre presque entièrement replié dans l’entre-soi. »
« En trente ans, une grande partie des classes moyenne et populaire ont été chassées des métropoles par l’envol des prix de l’immobilier urbain. »
« Les modes de vie et de consommation des urbains ont divergé au point de compter aujourd’hui deux Frances/ La première est celle des métropoles et de leurs élites ayant fait sécession. La deuxième, celle des supermarchés, se confond avec la France périphérique que Christophe Guilluy a identifiée et dont il estime qu’elle représente 61% de la population française. … comment a-t-on fait de cette majorité du pays une France invisible aux yeux des élites sociales et politiques qui dirigent le pays ? »
« En un siècle la France a échoué à promouvoir dix à vingt millions de Français/ déculturés par un système scolaire en panne et une télévision qui a renoncé à instruire, taraudés par le chômage de masse, fragilisés par des familles fracturées, et distraits par les nouveaux médias, ces Français sont restés dans leurs conditions. »
« Selon une étude de 2014 publiée en ligne, entre 1983 et 2014, les 50% les moins rémunérés parmi les Français auraient capté 22 % des fruits de la croissance, contre 42% pour les 10% les plus rémunérés. Or, dans les années 1830, Paris était peuplé de 36% d’ouvriers, ce chiffre est tombé à 5% en 2018, les élites sociales les ayant remplacés. Aujourd’hui, Paris est peuple à 60% de diplômés du supérieur contre 20% en France… Les conséquences sont très diverses et sous estimées : en médecine, les étudiants étant maintenant recrutés dans les classes supérieures des métropoles, les jeunes médecins refusent d’être affectés en dehors de celles-ci. »
« Quand les ouvriers étaient intégrés à la société dans les années 1960, pris en charge par tout un appareil politique, syndical voire religieux, ils votaient communiste ou gaulliste. Maintenant que la classe ouvrière est désintégrée, en ce début de siècle, elle vote pour une grande part, Front National, mais elle s’abstient pour l’autre, étant en opposition radicale au système politique et social qu’elle subit, pourquoi ? La première réponse tient à la dégradation de sa dignité. Autrefois, le travail était rude mais il faisait vivre. Aujourd’hui, il est une denrée rare qui ne permet plus de subvenir aux besoins d’une famille puisque les classes populaires vivent pour moitié des aides sociales… La seconde réponse à la question du vote populaire tient à la dégradation incroyable de leur utilité sociale et de leur image publique. »
« La France ne subit pas de crise du logement. La France, où l’on aime la rente, a investi et spécule sur l’immobilier ou sur les titres d’Etat. Un tsunami social et culturel a encouragé cette dynamique en faveur de toujours plus de logements : fractionnement de la famille en micro foyers, vieillissement de la population, croissance démographique importée, hyper congestion francilienne… ».
Chaque citoyen / électeur se devrait de parcourir ce livre si passionnant pour mieux comprendre notre société d’aujourd’hui ….
Une France clivée:
« …nationalistes contre mondialisés, chantres de l’immigration contre partisans de sa fin, soutien des forces de l’ordre contre ceux qui chantent « Tout le monde déteste la police », athées contre catholiques, islamistes contre laïcs, jeunes contre vieux, actifs contre retraites, zélateurs du pass-sanitaire contre insoumis, droite extrême contre gauche extrême, élites contre peuple, ruraux contre urbains, métropolitains contre France périphérique, coloniaux contre historiens et ainsi de suite…»
… et se poser les bonnes questions avant toute élection démocratique …
Ou ces quelques livres récents sur les mêmes thèmes Sociétaux :
Christophe Guilluy : « la France périphérique » et « Comment on a sacrifié la France populaire »
Jérôme Fourquet : « L’archipel français » et « Naissance d’une nation multiple et divisée »
Laurent Izard : « Quand la France vend son avenir»
Source : Christian avec l’aimable autorisation de Pierre Vermeren
Bruno Beschizza veut faire du lycée Voillaume Aulnay-sous-Bois un véritable campus d’enseignement digne du 21ème siècle
Ce matin, j’ai accueilli le Ministre de l’Education Nationale Pap Ndiaye t la Présidente de la Région Île-de-France Valérie Pécresse pour une visite du Lycée Voillaume à Aulnay-sous-Bois.
Nous avons pu faire un point sur l’avancement des travaux de reconstruction du lycée. Depuis 2017, la Région Île-de-France a engagé plus de 47 millions d’euros pour la reconstruction d’un internat, ainsi que des bâtiments B et C, et la rénovation du bâtiment D.
Un nouveau chantier va commencer en 2023 pour aménager de nouveaux équipements sportifs de plein air.
Malgré cet ambitieux plan de reconstruction, qui permettra de faire du Lycée Voillaume un véritable campus d’enseignement digne du 21ème siècle, des travaux d’urgence restent à faire dans les bâtiments qui n’ont pas encore été rénovés et qui sont occupés par les élèves.
Avec Valérie Pécresse, nous avons décidé ce matin de réaliser en urgence des travaux dans le bâtiment A. Ces travaux seront réalisés avec le soutien de la Ville d’Aulnay-sous-Bois.
Nous sommes pleinement mobilisés pour améliorer rapidement les conditions d’enseignement des élèves.
Source : Bruno Beschizza, Maire d’Aulnay-sous-Bois
Le Lycée Voillaume à Aulnay-sous-Bois devenu tristement célèbre dans l’émission TPMP de Cyril Hanouna
Depuis ce matin, la situation du lycée Voillaume à Aulnay-sous-Bois a fait le tour de la France. Des lycéens obligés d’utiliser le flash de leur téléphone portable pour travailler faute d’électricité, chauffage défaillant, WC sans porte, carreaux cassés… L’émission Touche Pas à Mon Poste (TPMP) de Cyril Hanouna en a fait la part belle aujourd’hui.
Une élève et une mère s’exprimaient sur le plateau pour décrier la situation. Geoffrey Carvalhinho, conseiller régional Île-de-France, était là également pour défendre Valérie Pécresse par rapport à cette situation. Il fut violemment pris à parti :
Geoffrey Carvalhinho a ensuite utilisé de la langue de bois habituelle pour justifier l’injustifiable, en mettant en doute la sincérité de la vidéo, et en disant que tout était de la faute de la Gauche qui gérait la région avant 2015.
Echange houleux entre le leader associatif d’Aulnay-sous-Bois Hadama Traoré et des policiers
Ce mercredi 7 décembre, Hadama Traoré, leader de l’association Force Citoyenne, s’est rendu au siège de 1001 Vies Habitat afin d’obtenir une audience avec le directoire.- Des multiples réunions de travail,
- Un accompagnement spécifique sur les demandes de mutation,
- Plus de 50 locataires rélogés,
- Deux Expulsions évitées,
- Accompagnement des expulsions effectives,
- Réunion publique au sujet des charges : 200 places assises au nouveau CAP,
- Travaux sur les échanges entre voisins finalisés par un document administratif,
- visite de site trimestriel,
Ci-dessous la vidéo où l’on voit Hadama Traoré protester devant le siège de 1001 Vies Habitat et l’intervention de la police.
La féerie de Noël s’installe dans le centre commercial O’Parinor Aulnay-sous-Bois
Pour émerveiller ses visiteurs et leur offrir une parenthèse enchantée, Hammerson organise des événements de grande envergure tout au long du mois de décembre dans ses 4 centres français. Ces initiatives sont le reflet de l’ambition du Groupe : créer de véritables lieux de vie et de divertissement, propices aux rencontres et aux échanges.
Grâce à leur positionnement unique en cœur de ville, les centres Hammerson France occupent une place toute particulière dans le quotidien des habitants. Pour leur offrir de beaux moments de partage en famille ou entre amis à l’occasion des fêtes de fin d’année, Hammerson met en place de nombreuses animations féériques et hautes en couleur. Ouvertes à tous, elles plongeront petits et grands dans l’univers merveilleux de Noël.
Du 3 décembre jusqu’à la fin de l’année, le centre commercial O’Parinor accueillera des chalets de Noël ainsi qu’une grande patinoire en plein air, ouverte tous les jours de 11h à 19h30. Des animations spéciales seront également mises en place les mercredis matin de 11h à 12h30 à la patinoire.
En outre, le centre offrira des animations de Noël les mercredis et week-ends du mois de décembre : ateliers créatifs, stand du Père Noël, déambulations et autres festivités rythmeront cette période magique, pour le plus grand plaisir des visiteurs !
Source : communiqué Hammerson
Des foyers toujours privés de chauffage et d’eau chaude à Aulnay-sous-Bois
Cela fait maintenant 18 jours qu’une famille d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), rencontrée par le 13H de TF1, grelotte dans son salon. Elle est privée de chauffage et d’eau chaude avec trois enfants. Ils n’ont pas pu être raccordés au gaz depuis l’emménagement dans leur nouvelle maison. Il y fait ce dimanche matin treize degrés, malgré les moyens de substitution. « Là, on a mis un chauffage d’appoint pour la pièce de vie », montre Louisa, mère de famille, dans le reportage ci-dessus. « L’eau est super froide, donc on est obligés de chauffer l’eau pour se laver. C’est des conditions un peu extrêmes », poursuit-elle.
Source et article complet : TF1
Raymond Nguon, dit Tonton Raymond, honoré à Aulnay-sous-Bois avec son nom donné à un bassin
Raymond Nguon est décédé au Viêt Nam le 1er novembre, à l’âge de 67 ans. La mairie a décidé de baptiser le bassin de son centre aqualudique du nom de cette figure de la vie locale. La famille organise un « moment de partage » ce mardi à 17h30.
À l’annonce de la mort de Raymond Nguon, beaucoup à Aulnay-sous-Bois ont appris à ce moment-là le patronyme d’un homme pourtant connu de plusieurs générations d’habitants. « Pour nous, c’était Tonton Raymond, confie Séverine Maroun, qui insiste sur la volonté de l’intéressé de transmettre savoir-faire et valeurs à ses élèves. Personne ne l’appelait par son nom. »
Source et article complet : Le Parisien
Des salariés non déclarés dans des fast-food à Aulnay-sous-Bois
À Paris, 134 entreprises ont été contrôlées par l’Ursaff. Dans 33 d’entre elles, les inspecteurs ont constaté du travail dissimulé, avec 43 salariés non déclarés sur les 379 contrôlés.
En Seine-Saint-Denis, neuf fast-food ont été concernés par l’opération, à Aulnay-sous-Bois et Noisy-le-Grand. Les inspecteurs ont contrôlé 25 salariés. Parmi eux, quatre étaient en infraction.
Dans le Val-de-Marne, dans les 17 établissements visités, de Créteil et Fontenay-sous-Bois, un seul salarié n’était pas déclaré.
À noter que ces chiffres peuvent évoluer légèrement puisque « certaines situations doivent encore faire l’objet de vérifications complémentaires », indique l’Ursaff Île-de-France. Le seul département francilien qui n’a pas été concerné par l’opération sont les Hauts-de-Seine.
Source et article complet : Actu.fr
Le journaliste Amaury Bucco accuse Rachel Kéké et Hadama Traoré d’avoir voulu empêcher l’expulsion d’un islamiste Ivoirien
Le 14 novembre, la députée LFI Rachel Kéké s’est rendue au centre de rétention (CRA) de Plaisir pour apporter son soutien à un ressortissant ivoirien (dénommé Mousse B.) sur le point d’être expulsé dans son pays, après de nombreux démêlés judiciaires.
Mousse B. est né en 1984 en Côte d’Ivoire. Il est ajd âgé de 38 ans. Il est arrivé régulièrement en France à l’âge de 4 ans, au titre du regroupement familial, et entame dès l’adolescence un long parcours de délinquant « qui se déploie sur 20 années au total » selon les autorités. Ses déboires avec la police et la justice commencent à la fin des années 90. Il se fait peu à peu connaitre dans le milieu criminel sous les alias « l’Afrique » ou « Buldo ». Il est rattrapé par la justice et condamné à de multiples reprises entre 2003 et 2021, notamment pour des faits de: port d’arme, association de malfaiteur, vol avec violence, délit de fuite, violences & outrages, refus d’obtempérer, etc. « Le quantum total de ses peines s’élèvent à plus de 15 années d’emprisonnement » indique les autorités préfectorale dans un document consulté par CNEWS.
Il est d’ailleurs incarcéré en continue de mai 2012 à novembre 2020. Sa détention est marquée par plusieurs incidents. En 2015, par exemple, après une permission, il ne réintègre pas la prison, ce qui est considéré comme une évasion. Quelques semaines plus tard, il donne un coup de tête à un surveillant.
Selon les services de renseignement, il se radicalise en prison, où il fréquente des détenus proches de la mouvance islamiste. Il est donc inscrit en 2018 au FSPRT (fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste). En conséquence, peu après sa sortie de prison en 2020, il est visé par une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance (Micas) qui l’oblige à respecter certaines contraintes, comme ne pas sortir de son département et de pointer au commissariat. Mesures qu’il viole à plusieurs reprises, ce qui lui vaut 2 nouvelles condamnations à de la prison ferme, l’une en 2021, l’autre en 2022. Lors de cette seconde peine, plusieurs ouvrages «présentant une vision salafo-whabbite de l’islam» sont retrouvés dans sa cellule, selon les renseignements.
Pour toutes ces raisons, le ministère de l’Intérieur songe à expulser Moussa B. vers son pays d’origine, la Côte d’Ivoire. D’autant que, selon les autorités préfectorales, Mousse B. n’a obtenu qu’un titre de séjour en 2004 au titre de sa vie privée et familiale. Titre qu’il n’a jamais renouvelé par la suite, ce qui lui a valu un arrêté de reconduite à la frontière en 2006.
Oui mais voilà : Mousse B. bénéficie d’une protection quasi absolue contre les expulsions, puisqu’il est arrivé avant l’âge de 13 ans en France et qu’il possède des attaches familiales en France: son père, sa sœur, un enfant (reconnu tardivement) né d’une précédente relation, et une compagne. Le seul moyen de l’expulser est donc de prendre un arrêté ministériel d’expulsion basé sur le danger qu’il représente pour la sureté de l’Etat du fait de sa radicalisation. Un peu comme pour l’Imam Hassan Iquioussen. Ces motivations ne convainquent toutefois pas la Commission d’Expulsion (Comex), composée de magistrats, qui rend en janvier 2022 un avis défavorable à l’expulsion de Mousse B.
Le ministère de l’Intérieur décide néanmoins de passer outre (l’avis de la Comex étant purement consultatif) et prononce un arrêté ministériel d’expulsion en juillet 2022, conformément à la volonté de Gérald Darmanin d’expulser les étrangers dangereux. Mais pour autant, Mousse B. ne quitte pas la France. De source policière, il refuse à 8 reprises de se soumettre à un test PCR (nécessaire pour se rendre en Côte d’Ivoire) et fait ainsi annuler 7 retours programmés vers son pays d’origine. Ces multiples refus lui valent d’être déféré, jugé et condamné à de la prison ferme par le tribunal de Meaux pour « refus pas un étranger de se soumettre aux obligations sanitaires nécessaires à l’exécution d’une décision d’éloignement » indique à CNEWS une source judiciaire. Le 5 novembre 2022, à sa sortie de prison, il est placé au centre de rétention administrative (CRA) de Plaisir. Et reçoit alors le soutien de la député LFI Rachel Kéké, ainsi que d’un comité composé de ses proches et du militant de banlieue Hadama Traoré, fondateur de l’association La Révolution est en marche (Hadama Traoré avait déjà fait parler de lui après l’attentat dans la préfecture de Paris, en organisant une manifestation de soutien à Mikaël Harpon qu’il estimait injustement accusé de terrorisme).
Ce comité s’oppose à l’expulsion de Moussa B., qui serait selon eux injustifiée. Lundi 14 novembre au matin, la député LFI Rachel Kéké se présente ainsi au centre de rétention de Plaisir en compagnie d’une attachée parlementaire, pour rendre visite à Mousse B. La scène est d’ailleurs filmée via Facebook Live par le militant associatif Hadama Traoré. A noter que le commissariat de Plaisir (qui ne forme qu’un seul et même bâtiment avec le CRA) avait été alerté de cette « manifestation » par les services de renseignement. Même si les participants sont moins nombreux que prévu, la visite tourne dans un premier temps au vinaigre.
«Ils cherchaient clairement l’incident, surtout Hadama Traoré» raconte à CENWS un policier présent sur place. Selon cette source : Rachel Kéké n’aurait pas présenté le justificatif habituel faisant état de sa qualité d’élue; par ailleurs, Hadama Traoré filme et diffuse la scène contre l’avis des policiers présents sur place ; enfin, les membres du comité de soutien composés d’une demi-douzaine de personnes demandent à pouvoir rentrer tous ensemble, en même tps, dans le centre. La police les autorise finalement a rentrer au compte goute, et fait d’abord entrer la députée LFI et son assistante. Elles s’entretiennent plus d’une heure avec Mousse B., puis visitent l’établissement (qui comprend 26 places). Le lendemain, mardi 15 novembre, Hadama Traoré appelle sur les réseaux sociaux à «harceler» le standard du centre de rétention.
Selon le même militant, Rachel Kéké aurait par ailleurs contacté l’ambassade de Côte d’Ivoire à plusieurs reprises pour demander la suspension du laissez-passer consulaire octroyé à Mousse B.
Contactée à de nombreuses reprises par CNEWS, l’équipe de la députée LFI, n’a pas souhaité répondre à nos questions, et n’a donc pas confirmé ces propos.
Le mardi 15 novembre, l’expulsion de Mousse B. est prévue en toute discrétion. Les autorités françaises ont réussi à négocier son expulsion sans test PCR pour éviter un nouveau refus. Ce jour-là, il est simplement informé qu’il doit se rendre à Roissy pour signer des papiers.
Mousse B., qui se doute de quelque chose, passe des coups de fil à ses proches. Ces derniers décident de se rendre à l’aéroport pour faire barrage à son expulsion. Le militant associatif Hadama Traoré appelle sur les réseaux sociaux à se rendre au terminal 2E pour rejoindre le comité de soutien à Mousse B. Une fois dans l’aéroport, ils tentent de convaincre les passagers du vol pour Abidjan de refuser la présence de Mousse B dans l’avion, et ainsi faire échouer son expulsion. Mais ils se trompent de vol. Mousse B. est expulsé plus tard dans l’après-midi, vers 17h, avec une escorte de 4 policiers de la police aux frontières (PAF) qui font donc l’aller et retour en avion. Il atterrit dans la soirée en Côte d’Ivoire, son pays, le 15 novembre.
Le lendemain, l’association d’Hadama Traoré rédige une plainte à l’encontre du ministère de l’Intérieur, accusé d’islamophobie. Contacté par CNEWS, Hadama Traoré explique que les accusations de radicalisation visant Mousse B. ne sont pas fondées et qu’il s’agit de discrimination. Il indique par exemple que l’un des nombreux livres trouvés dans la cellule de Mousse B., dénommé « La citadelle du musulman » et jugé fondamentaliste par les renseignements, lui a été remis par son aumonier en prison. Contacté par CNEWS, un directeur de prison nous confirme que ce livre n’est pas interdit en prison et qu’il peut être remis par les aumoniers musulmans aux détenus qui le souhaitent. L’association invoque aussi les attaches familiales de Mousse B. en France, ainsi que le statut d’ancien combattant (non confirmé) de son grand-père.
La plainte contre le ministère de l’Intérieur aurait été remise en main propre par la sœur de Mousse B. à la députée LFI Danièle Obono, le 16 novembre dernier. L’association milite désormais pour le « rapatriement » de Mousse B. en France.
Source : Amaury Bucco, journaliste CNEWS

