Napoléon et le Code civil

Cher.e.s Aulnaysien.ne.s,

Pour faire simple, la droite l’idolâtre parce qu’il incarne l’ordre. La gauche le déteste pour la même raison. Je parle de Napoléon. Son code Civil est lui aussi très décrié. Moi, je veux que chacun.e assume son histoire dans ce qu’elle a de plus et de beaucoup moins glorieux, en toute objectivité et sans juger les siècles passés à l’unique aune de nos valeurs contemporaines.

Concernant le Code civil Napoléonien, et non, ce n’est pas lui qui a rédigé. Mais sa volonté et son autorité furent déterminantes dans l’aboutissement de son œuvre de codification. En 6 ans, il promulgua 5 codes : civil en 1804 (rebaptisé « Code Napoléon » en 1807), de procédure civile (1806), de commerce (1807), d’instruction criminelle (1808), pénal (1810).

Voltaire disait que lorsqu’on voyageait en France, on changeait aussi souvent de lois que de chevaux de poste. Napoléon réussit là où la monarchie absolue et la Révolution avaient échoué : l’adoption d’un Code des lois civiles bien rédigé, facile à interpréter, consacrant le triomphe du droit écrit sur les coutumes et imposant une vision de la société et de l’État.

Portalis, présentant au Corps législatif le « Code civil des Français », déclara : « Dans le calme de toutes les passions et de tous les intérêts, on vit naître un projet de Code civil, c’est-à-dire LE PLUS GRAND BIEN que les hommes puissent donner et recevoir. » Robert Badinter, ancien ministre de la Justice, expliqua dans « Le plus grand bien… » que « Toute entreprise de codification, pour réussir, requiert trois conditions : un moment favorable, des juristes de talent, une volonté politique ». Sous le Consulat et l’Empire, ces conditions furent réunies et le rôle de Napoléon essentiel.

La chute de l’Empire n’arrêta pas l’expansion du Code civil. En France, la poussée démocratique de 1848 lui donna un nouveau souffle et dans de nombreux pays du monde entier, il servit de modèle :

  • En Europe, Grèce (1821), Belgique (1804), Pays-Bas (1837), Portugal (1867), Italie (1865), Roumanie (1864), Espagne (1889), Luxembourg, Monaco, grand-duché de Varsovie créé par Napoléon pour redonner un État aux Polonais (1807), certains États allemands ;
  • À l’international au XIXe siècle : Égypte, République Dominicaine (1825), Haïti (1826), Bas-Canada (1866), tous les pays d’Amérique latine, île Maurice même après la conquête britannique, État de Louisiane aux États-Unis (1808), dans la plupart des pays de l’empire colonial français en Afrique du Nord, Afrique noire et Asie.

En 1960, plus de 70 États s’étaient inspirés du Code civil français. Il serait injuste de voir dans son adoption l’unique effet de la guerre ou de la colonisation : le Code jouissait d’un tel prestige, souvent lié à celui de la Révolution française, que beaucoup de juristes le réclamaient.

Cependant, son aura internationale laissa place à partir du milieu du XXe siècle à de fortes critiques sur certains de ses aspects : oublieux du sort des esclaves et des hommes libres de couleur, consacrant le statut de mineur des femmes mariées, instituant l’autorité absolue du père et du propriétaire, s’opposant à l’esprit d’association. Pour ces raisons, il fut qualifié de « législation bourgeoise et masculine » et de « condensé de l’idéologie bourgeoise ».

En France, il fallut attendre :

  • 1970 pour remplacer la fonction de chef de famille par l’« autorité parentale »,
  • 1972 pour reconnaître l’égalité des droits des enfants issus d’un couple marié ou non,
  • 1975 pour permettre le divorce par consentement mutuel.

Mais de nombreuses parties du Code civil furent peu modifiées. 

Sylvie Billard
L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s
Votre.elue.citoyenne@gmail.com

Rétablissons la vérité face aux mensonges éhontés de la majorité municipale d’Aulnay-sous-Bois

Une campagne électorale ne justifie pas tout. La municipalité d’Aulnay et le Maire en tête viennent de passer un cap avec leur dernier tract distribué dans toutes les boites aux lettres de notre ville.

Tout y passe : arguments grotesques, mensonges, propos orduriers et indignes.
Face à ces pratiques importées de Levallois Perret nous préférons nous intéresser :

  • aux jeunes sans perspectives d’avenir,
  • à nos seniors qui souffrent de l’isolement,
  • aux agent.e.s communaux.ales qui subissent des injustices et sont pénalisé.e.s par le clientélisme,
  • à nos enfants qui étudient dans des écoles vétustes,
  • aux habitant.e.s qui ne sont jamais consulté.e.s,
  • aux associations sous pression à qui la municipalité dénie le droit de penser autrement.

Nous n’avons aucune leçon à recevoir d’un Maire qui a reçu à Aulnay des amis politiques, qui remplissent l’actualité judiciaire : Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, François Fillon, Jean-François Copé…

Nous n’avons aucune leçon à recevoir d’un Maire qui travaille avec des personnes mises en examen pour « abus de confiance, faux et usage de faux » ou encore qui sont sur le coup d’une enquête judiciaire pour « corruption et abus de biens sociaux ».

Nous n’avons aucune leçon à recevoir d’un Maire qui utilise l’argent des aulnaysien.ne.s dans des procédures judiciaires abusives dans le seul but de faire taire toutes les personnes qui ne pensent pas comme lui.

Nous n’avons aucune leçon à recevoir d’un Maire qui a voulu augmenté illégalement ses indemnités de 66 000 euros en pleine pandémie, décisions retoquées par le Préfet.

Nous n’avons aucune leçon à recevoir d’un Maire qui met à la rue des femmes victimes de violences avec leurs enfants. Pire, pour masquer leur inhumanité et leur irresponsabilité lui et sa majorité font passer ces femmes et l’association qui les héberge légalement pour des squatteurs.

Nous n’avons aucune leçon à recevoir d’un Maire qui nie le changement climatique et les alertes des scientifiques.

Nous n’avons aucune leçon à recevoir d’un Maire qui glorifie Napoléon Bonaparte en occultant une partie de notre Histoire.

La démocratie réclame des débats construits et sérieux, des informations partagées, des citoyen.ne.s et associations respecté.e.s, écouté.e.s et associé.e.s aux décisions.

Pour notre part, nous gardons le cap républicain, chérissons la démocratie et agissons pour l’égalité.

Nous sommes le groupe d’élu.e.s qui propose, agit et s’oppose à cette municipalité sectaire, prêt à tout pour avoir la main mise sur notre ville.

Nous sommes des citoyen.ne.s engagé.e.s dans les élections départementales et régionales, où nous nous opposerons à de telles méthodes, pratiques et propos réactionnaires qui divisent au lieu de rassembler.

Sources : Elus Aulnay En Commun

 

Le rêve d’unité européenne

Cher.e.s Aulnaysien.ne.s,

En cette période de commémoration napoléonienne qui déchaîne les passions, je voulais partager avec vous cette réflexion sur le rêve d’unité qui habite les Européens depuis la chute de l’Empire Romain d’Occident en 476 après JC. Plusieurs monarques et empereurs européens s’y essayèrent par la guerre et les alliances matrimoniales (Charlemagne, Otton 1er, Charles Quint…). Napoléon n’est que l’un d’eux, mais lui seul est l’objet de toutes les critiques d’AEC [NDLR : Aulnay En Commun, groupe d’opposition municipale à Aulnay-sous-Bois]. Pourtant, nous célébrons également cette année la Commune de Paris, qui a fait suite à l’instauration d’un autre Empire, celui d’Allemagne, qui a annexé l’Alsace et la Lorraine. Pourquoi AEC critique Napoléon et pas Guillaume Ier de Prusse ?

L’Empire Carolingien (800-924)

Prolongeant le royaume des Francs, l’Empire Carolingien (800-924) s’affirmait continuateur de l’Empire Romain d’Occident. Pour faciliter les transactions commerciales, Charlemagne instaura une monnaie unique, entretint les routes, favorisa les foires. Il adopta également une politique culturelle ambitieuse : mise en place d’écoles et de bibliothèques, restauration de l’étude des auteurs latins et grecs, construction de cathédrales, unification de la langue officielle avec le latin…

Le Saint Empire Romain Germanique (962-1806)

Le Saint Empire Romain Germanique – qui dura 844 ans, 6 mois et 4 jours – se voulait également continuateur des Empires Carolingien et Romain. La dynastie des Ottoniens forma cet Empire à partir de l’ancienne Francie orientale carolingienne

Charles Quint, issue de plusieurs lignées royales européennes, est l’une des figures les plus connues de cet Empire qui prit fin avec les conquêtes napoléoniennes.

L’Empire Napoléonien (1801-1815)

Napoléon fut constamment tiraillé entre la volonté de libérer chaque peuple d’Europe en modernisant sa Nation conformément aux Lumières et celle de donner à la France une place hégémonique en Europe. « Nous avions alors pour but d’organiser un grand système fédératif européen (…) conforme à l’esprit du siècle ». Il voulait « les mêmes principes, le même système partout… une même monnaie sous des cours différents, les mêmes poids et mesures, les mêmes lois, etc. » (…) pour « qu’un même peuple et chacun, en voyageant partout se fût toujours trouvé dans la patrie commune ». Il voulait l’unité de chaque peuple, puis réaliser les États-Unis d’Europe ». Il voulait l’unité des codes, des principes, des opinions, des sentiments, des vues et des intérêts. « Alors peut-être à la faveur des lumières universellement répandues, devenait-il permis de rêver, pour la grande famille européenne, l’application du Congrès américain, ou celle des Amphictyons de la Grèce ; et quelle perspective alors de force, de grandeur, de jouissance, de prospérité ! Quel grand et magnifique spectacle ! ».

L’Empire Allemand (1871-1918)

L’unité allemande, voulue par Napoléon, se construisit à l’occasion de la guerre franco-prussienne de 1870. La défaite de Napoléon III à Sedan permit cette unification autour de la Prusse. L’Empire d’Allemagne qui en résulta disparut après sa défaite en 1918. L’Allemagne devint alors une république.

Pourquoi AEC résume-t-elle l’histoire de France au colonialisme et à l’esclavagisme ? Pourquoi critique-t-elle Napoléon et pas Charles Quint et Guillaume Ier de Prusse ? Pourquoi critique-t-elle les aspects négatifs de Napoléon et pas les positifs ? Pour ma part je n’apprécie pas son autoritarisme, mais il était propre à cette époque, et je souhaiterai que notre ville célèbre également la Commune.

Mais de grâce, que chacun.e assume son histoire en toute objectivité et construise pour tou.te.s un avenir de liberté, d’égalité et de fraternité.

Sylvie Billard

L’élue citoyenne de tou.te. s les Aulnaysiens. ne. s

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Commémoration de l’esclavage, de la traite négrière et de leur abolition : que chacun.e assume son histoire et construise pour tou.te.s un avenir de liberté, d’égalité et de fraternité (5/5)

Conclusion

Les soi-disant militants ‘antiracistes’ – habités par la haine des Blancs et leur désir insatiable de vengeance – condamnent uniquement la traite négrière mise en place par les Occidentaux entre les XVIe et XIXe siècles, avec la complicité d’Occidentaux adeptes de la repentance et de la ‘cancel culture’. Ces adeptes se situent souvent à gauche, dans cette gauche autrefois universaliste qui a sombré dans l’implosion, la fragmentation, le morcellement identitaire, la haine des uns contre les autres, si dangereuse pour la cohésion nationale. C’est notamment le cas d’une partie de la gauche à Aulnay-sous-Bois. Je ne m’y attendais pas.

Dans « Le Sanglot de l’homme blanc » (Paris, Grasset, 1983), Pascal Bruckner constatait déjà la ‘haine de soi’, le ‘masochisme occidental’, le devoir de repentance imposé uniquement à civilisation occidentale. Dans « La Tyrannie de la pénitence » (Paris, Grasset, 2006, Le Livre de Poche, 2017, p. 174), il s’étonna : ‘que les premières nations qui ont aboli l’esclavage, après en avoir grassement profité, soient aussi les seules qui fassent l’objet d’accusations et de demandes de réparations’

Pire, ces ‘antiracistes’ taxent de racisme les spécialistes de l’esclavagisme et font obstacle à la manifestation d’une vérité historique contraire à leur sectarisme. Historien de l’esclavage, Olivier Pétré-Grenouilleau le constate : ‘Au poncif raciste blanc – l’Occident civilisé face aux sauvages noirs – a succédé l’image tout aussi déformée de bourreaux uniquement Blancs face à des Noirs uniquement victimes’.

Il considère important de comprendre que « les Occidentaux, Orientaux ou Africains d’aujourd’hui ne sont nullement responsables des crimes commis par quelques-uns de leurs ancêtres, et qu’il ne sert à rien de monter certaines communautés les unes contre les autres ». Pour lui, « le travail de mémoire ne doit pas conduire au ressassement du passé ». Et pour l’écrivain béninois Marcus Boni Teiga, « cela n’excuse en rien la traite négrière du passé, mais la priorité c’est bien de combattre les trafics qui se déroulent aujourd’hui ».

C’est au dépassement de ce passé qu’il faut désormais œuvrer, afin de construire pour tou.te.s un avenir de liberté, d’égalité et de fraternité ! Au chemin du ressassement et de la haine, je préfère – pour nous tou.te.s – celui de la Paix, de l’Amour et de la Dignité.

Sylvie Billard
L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s
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3. L’esclavage et la traite de nos jours

Selon la fondation australienne Walk Free, l’esclavage touche aujourd’hui plus de 40 millions de personnes dans le monde, dont 9,2 millions en Afrique (3,4 au titre du travail forcé et 5,8 du mariage forcé). C’est en Afrique que la prévalence est la plus forte (7,6 victimes pour 1 000 personnes), suivie de l’Asie-Pacifique (6,1), de l’Europe et de l’Asie centrale (3,9)

Sylvie Billard

L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s

Votre.elue.citoyenne@gmail.com

Des PV abusifs pour délai de stationnement dépassé sur le boulevard de Strasbourg à Aulnay-sous-Bois ?

Le sang d’un de nos lecteurs n’a fait qu’un tour. Il a du mal à imaginer que la municipalité d’Aulnay-sous-Bois attribue une mission à un prestataire sans lui demander d’exercer un minimum de discernement. En tout état de cause, plusieurs automobilistes en viennent à se poser la question.

En 5 minutes de temps, un agent verbalise une bonne dizaine d’Aulnaysiens.  Pour la plupart le délai de stationnement n’a pas dépassé la dizaine de minutes. D’autant plus que l’agent voit la direction prise par les gens quittant leurs véhicules et pourtant il verbalise !

Ce mode de fonctionnement est désagréable et ne me parait pas à la hauteur de l’administration locale laissant une image équivoque. Quel cynisme ! Est-ce des méthodes soutenues par EFFIA , du commissionnement à l’acte sous toutes ces formes ?

Tout cela fait cher pour acheter un kilo d’oranges ou pour déposer un document à la banque, selon notre lecteur. Quid de l’heure de stationnement gratuit plusieurs fois fanfaronnée ? Ou alors faut-il délester les commerces du Boulevard de Strasbourg ? La solution ne sera-t-elle pas de positionner un disque sur le tableau de bord pour une courte durée de stationnement ?

Notre lecteur transmis à la société EFFIA un mail de réclamation et d’indignation. Bien entendu, il n’y a aucun retour.

Source : un lecteur mécontent

Commémoration de l’esclavage, de la traite négrière et de leur abolition : que chacun.e assume son histoire et construise pour tou.te.s un avenir de liberté, d’égalité et de fraternité (3/5)

2. La traite des blancs : la plus méconnue

Environ 4,5 millions de « blancs » ont été réduits en esclavage par les pirates barbaresques du Maghreb et les Ottomans entre le XVe et le XIXe siècle avec un apogée entre 1580 et 1680.

Déjà existante au XIIIe siècle, la traite barbaresque redoubla à la suite de l’expulsion des Maures d’Espagne qui – de retour au Maghreb – se lancèrent alors dans le djihad en razziant principalement les côtes méditerranéennes, mais également d’Angleterre, d’Irlande, des Pays-Bas et parfois d’Islande. Dans son ouvrage « Christian slaves, muslim masters: white slavery in the Mediterranean, the Barbary Coast, and Italy, 1500–1800 », Robert C. Davis estime qu’entre le XVIe et le XVIIIe siècle, les Barbaresques de Tunis, Alger et Tripoli réduisirent de 1 à 1,2 million de chrétiens européens blancs en esclavage et entre 1785 et 1815 environ 700 Américains. En 1816, après le bombardement d’Alger, le dey d’Alger signa un traité prévoyant la libération de tous les esclaves européens et l’abolition de la traite d’esclave. Mais c’est en 1830 que les troupes françaises libérèrent les captifs lors de la reddition d’Alger. En Tunisie, il est aboli en 1846. C’est la France qui a aboli l’esclavage dans les pays qu’elle a colonisés. Cette traite barbaresque, très lucrative, a permis notamment de financer les plus belles mosquées de ces pays. C’est le cas notamment de la Zitouna à Tunis.

Entre 1450 et 1700, l’Empire ottoman réduisit quant à lui en esclavage environ 2,5 millions européens. Les captifs étaient employés dans l’armée, la marine, les harems, au domicile des riches familles ou par des artisans. À partir du XIVe siècle, les Ottomans créèrent des unités d’élite constituées d’enfants de familles chrétiennes capturés comme esclaves qu’ils convertissaient à l’islam, encasernaient très jeunes, éduquaient en Turcs ottomans et qu’ils finissaient par émanciper en tant que janissaires, soldats d’élite de l’infanterie appartenant à la garde du sultan. En 1453, ces terribles soldats firent tomber « l’imprenable » Constantinople, dernier bastion de l’Empire romain d’Orient.

De 1500 à 1650, le nombre d’esclaves européens blancs dépassa largement celui des noirs africains déportés aux Amériques. La vie des esclaves blancs en Afrique ou en Turquie n’était guère meilleure que les pires conditions des esclaves noirs aux Amériques.

À quand une commémoration de l’esclavage, de la traite des blancs et de leur abolition au Maghreb, au Machrek et en Turquie ?

Sylvie Billard
L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s
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Commémoration de l’esclavage, de la traite négrière et de leur abolition : que chacun.e assume son histoire et construise pour tou.te.s un avenir de liberté, d’égalité et de fraternité (2/5)

1. La traite des noirs

Entre les VIIe et XXe siècles, les 3 traites asservirent environ 42 millions d’Africains :

  • L’atlantique, 11 millions sur 110 ans,
  • L’orientale, dont l’arabo-musulmane avec 17 millions sur 13 siècles,
  • L’intra-africaine, 14 millions majoritairement au XIXe siècle.

Traites occidentale et orientale des VIIe au XIXe siècles

1.1 La traite atlantique : la plus dénoncée

Pratiquée entre les XVIe et XIXe siècles, cette traite est la plus connue et la plus dénoncée. Prenant exemple sur les Espagnols et les Portugais, qui – les premiers – implantèrent l’esclavage aux Amériques, les Français s’y mirent également. Alors qu’en 1315 un Édit stipula que tout esclave touchant le sol français devait automatiquement libre, eut lieu en 1594 la première expédition négrière française. Louis XIII autorisa la traite en 1642. En 1685, Louis XIV édicta le Code noir qui réglementa la vie des esclaves dans les colonies françaises, leur dénia tout droit juridique et officialisa le statut des esclaves comme des « biens meubles », que l’on peut posséder, vendre ou échanger.

Nombre de captifs (en milliers) par pays ayant organisé leur déportation

Entre la fin du XVIIIe et le XIXe, un grand nombre d’États occidentaux décidèrent d’abolir la traite et l’esclavage.

Cette abolition – qui mis du temps à se traduire dans les faits – ne doit pas faire oublier qu’elle résulte certes des mouvements abolitionnistes européens, mais également des luttes menées par les esclaves eux-mêmes.

Le cas de Saint-Domingue (Haïti) est de ce point de vue emblématique. De 1791 à 1804, sous la direction de François Dominique Toussaint Louverture puis de Jean-Jacques Dessalines, tous deux anciens esclaves émancipés, l’île connue la première révolution anti-esclavagiste du continent américain, point d’orgue de la « chaîne des insurrections » aux Antilles.

En 1793, pour rétablir le calme et éviter que les esclaves ne livrent l’île aux Anglais en échange de leur affranchissement, l’esclavage fut progressivement aboli sur l’île avant de l’être à la Guadeloupe en 1794 par la Convention.

Mais en 1801, dans un contexte de guerre européenne pour la domination des Antilles et des Amériques, s’ajoutant aux guerres continentales, Napoléon – alors 1er Consul – fut pris de court par Toussaint Louverture qui, après sa victoire sur les Anglais, chassa les Espagnols, se nomma Gouverneur général à vie de l’île réunifiée et mena dès lors une politique indépendante. Saint-Domingue représentant plus de 50 % de la production mondiale de sucre (le pétrole de l’époque en termes d’importance économique), il était hors de question pour Napoléon de la perdre. Par ailleurs, la même année, en Guadeloupe, à Sainte-Anne et Pointe-à-Pitre, des officiers noirs se soulevèrent contre le pouvoir colonial. L’empire caraïbe était menacé. La réaction fut d’autant plus violente que Bonaparte était entouré d’un puissant lobby colonial et que les Anglais voyaient d’un mauvais œil cette abolition qu’ils n’envisageaient pas dans leurs colonies où ils craignaient un embrasement. Napoléon Bonaparte profita du répit continental suite à la signature de la paix à Lunéville avec l’Autriche en 1801, pour rétablir la souveraineté française sur Saint-Domingue et la Guadeloupe.

Après la paix d’Amiens de 1802 prévoyant la restitution par l’Angleterre à la France de la Martinique, Sainte-Lucie et Tobago non visés par le Décret de 1794, Napoléon maintint l’esclavage dans ces territoires récupérés, puis le rétablit en Guadeloupe, Guyane et Saint-Domingue. Pour l’historien Jean-Joël Brégeon, Napoléon était initialement défavorable au rétablissement de l’esclavage. Mais pour l’historien Jean-François Niort, Bonaparte – manipulé par le lobby esclavagiste – fut convaincu que le rétablissement de l’ordre en Guadeloupe et à Saint-Domingue nécessitait le rétablissement de l’esclavage. Il « réussit » en Guadeloupe, mais à Saint-Domingue l’expédition française fut défaite en 1803. La révolution de Saint-Domingue, devenue Haïti, constitua la première révolte d’esclaves réussie et Haïti devint en 1804 la première République noire indépendante du monde moderne.

Pour les historiens Pierre Branda et Charles-Eloi Vial même sans Napoléon, « le rétablissement de l’esclavage était assez probable » à l’époque. Par la suite, Napoléon dira qu’il avait commis une faute. À son retour d’exil de l’île d’Elbe durant les Cent-Jours, il ordonna en 1815 l’interdiction de la traite et de la vente d’esclaves. Battu à Waterloo, l’Empereur fut contraint d’abdiquer une deuxième fois.

Louis XVIII regagna son trône le 8 juillet et institua la Seconde Restauration. Tous les actes de « l’usurpateur » furent annulés. En 1817, Louis XVIII prohiba l’introduction d’esclaves noirs dans les colonies françaises. En 1818, la Loi renouvela l’interdiction de la traite. En 1827, la loi la qualifia de crime. En 1831, Louis-Philippe renforça les dispositions contre la traite.

Il faudra attendre 1848 pour que l’abolition de l’esclavage soit décrétée. L’abolition permit d’émanciper 250 000 esclaves des colonies françaises. Une Loi de 1849 prévoyait d’indemniser les anciens propriétaires d’esclaves « ayant dû appliquer l’interdiction de l’esclavage » et ainsi perdre leur main-d’œuvre gratuite… Loi abrogée en 2016 !

Bien que cette traite atlantique soit la plus connue et reconnue et qu’elle ait été abolie il y a 159 ans, elle est la plus dénoncée par les racialistes qui pour mieux dénoncer un soi-disant privilège blanc taisent les traites orientale et infra-africaine et plus encore celle des blancs.

1.2 La traite orientale ou arabo-musulmane : la plus taboue

La traite orientale désigne le commerce d’esclaves approvisionnant les Proche-Orient, Moyen-Orient et Orient durant l’antiquité. Le développement d’empires (Égypte, Assyrie, Babylone, Perse, royaumes hellénistiques, Carthage, Rome, Chine…) nécessitant une main-d’œuvre abondante et pas chère, des filières de commerce d’esclaves se mirent en place.

Le christianisme et l’islam ne proscrivirent que l’esclavage de leurs propres croyants, mais pas celui des « infidèles », bien que les noirs musulmans ne bénéficièrent pas de cette règle.

La traite arabo-musulmane, principale composante de la traite orientale a duré du milieu du VIIe siècle au début du XXe siècle, avec une intensification aux XVIIIe et XIXe siècles. Le monde musulman, à son apogée, s’étendant sur trois continents, de l’océan atlantique (Maroc, Espagne) à l’Inde et le sud de la Chine, la traite arabo-musulmane répondit aux besoins de main-d’œuvre et poursuivit les routes déjà empruntées durant l’Antiquité :

L’esclavage en terre d’islam a recouvert des réalités très diverses. Outre le fait que parmi les esclaves, les Africains étaient de loin les plus nombreux, les possibilités d’émancipation et d’ascension sociale différaient considérablement pour un Africain soumis au travail forcé, une Circassienne destinée à un harem ou un jeune des Balkans intégré de force dans l’armée, comme les janissaires.

La mortalité des esclaves noirs fut encore plus effroyable que dans le cadre de la traite atlantique pourtant déjà considérable. Outre les tués, les blessés ou faibles exécutés sur place lors des razzias, les décès lors du transport, pour une personne « exportée », trois ou quatre périssaient. Ensuite, le taux de survie et de reproduction des populations noires déportées dans le monde arabe – bien plus faible qu’aux Amériques où ils ont prospéré démographiquement – s’explique par leurs conditions de vie très dégradées et par la castration fréquente des captifs et l’infanticide afin que ces Africains ne fassent pas souche dans le monde arabo-musulman.

Pour l’anthropologue Franco-Sénégalais Tidiane N’Diaye, auteur du « génocide voilé » (Éditions Gallimard), la majorité des Arabes ont islamisé les peuples africains, le Coran d’une main, le couteau à eunuque de l’autre. Derrière le prétexte religieux, ils commettaient les crimes les plus révoltants et les cruautés les plus atroces.

« Cette traite, qu’il est difficile de ne pas qualifier de génocide de peuples noirs par massacres, razzias sanglantes puis castration massive, chose curieuse, très nombreux sont ceux qui souhaiteraient la voir recouverte à jamais du voile de l’oubli, souvent au nom d’une certaine solidarité religieuse, voire idéologique. »

En effet, entre musulmans on ne doit pas se critiquer. De plus, évoquer la traite arabo-musulmane reviendrait à minimiser la traite transatlantique qui lui est postérieure. Enfin, l’abolition de la traite et de l’esclavage en Afrique et en Afrique du Nord a été imposée par les puissances coloniales au XIXe et XXe siècles (remplaçant souvent l’esclavage par le travail forcé) et non suite à un mouvement abolitionniste arabo-musulman et africain.

1.3 La traite infra-africaine : la plus tue

« La question des traites internes au continent africain est un sujet quasi tabou en Afrique. Ibrahima Thioub témoigne de la sensibilité du sujet, lors d’une conférence organisée en 2001 à Bamako : “la réaction de la salle, en tout cas, du côté des Africains, a été d’une violence à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Il y a eu cette réaction épidermique, mais peu scientifique à ma communication. Quand je suis sorti de la salle, des Africains sont venus me voir […] pour me dire : ‘ce que vous dites là, c’est vrai, vous avez raison, on doit explorer cet aspect des choses, mais il ne faut pas le dire devant les blancs’ ».

Les traites orientale et atlantique ont pourtant été facilitées par la préexistence de traites internes au continent africain depuis l’Antiquité, destinées à satisfaire les besoins de main-d’œuvre de l’Afrique noire précoloniale. Selon Patrick Manning, la traite Infra-Africaine aurait concerné au moins 14 millions de personnes :

  • huit millions d’africains furent razziés en Afrique de l’Est, transportés par la route transsaharienne vers le Maroc ou l’Égypte ;
  • neuf millions furent déportés dans les régions de la mer Rouge ou de l’océan indien.

Ibrahima Thioub, chercheur sénégalais étudiant les responsabilités africaines dans la traite des esclaves, feint de s’interroger : « Est-ce à dire que les esclaves tombaient du ciel ? Il a bien fallu les produire. Il n’y a aucune puissance qui a les ressources pour venir sur les côtes africaines, pénétrer à l’intérieur du continent […] pour les exporter. Des élites africaines ont très bien compris l’avantage qu’elles pouvaient tirer de ce facteur externe qui arrive sur les côtes africaines », de ce commerce triangulaire développé entre l’Europe, l’Afrique et le continent américain.

Après leur capture à l’intérieur de l’Afrique, les esclaves étaient confiés à des caravaniers qui les ramenaient sur le littoral où ils étaient revendus en l’échange de tissus, alcool, matières brutes (métaux, tabac…), sel, épices, outils, quincailleries, verroteries très recherchées pour les parures, et les armes alimentant les guerres incessantes entre différents royaumes.

À partir du XVe siècle, les sociétés africaines répondirent à la traite Atlantique par une violence sans précédent. Entre le XVe et le XVIIIe siècle, plusieurs royaumes ont prospéré dans le golfe du Bénin grâce au commerce des esclaves.

Fin XVIIIe et courant XIXe, en raison de l’abolition de la traite atlantique, de nombreux États africains dépendants de la traite internationale des esclaves réorientèrent leurs économies vers l’exploitation d’esclaves dans les plantations domestiques.

Le géographe Yves Lacoste rappelle qu’une bonne partie des élites d’Afrique occidentale venues au pouvoir au XXe siècle appartiennent à des ethnies autrefois négrières.

« Sur la côte Atlantique, bien des bourgeoisies locales ont un lien de parenté étroit avec des rois ayant vendu des Africains aux Occidentaux. Aujourd’hui, encore, une partie de l’hostilité entre des ethnies côtières qui ont ‘collaboré’ et celles de l’intérieur du continent qui ont été déportées, est héritée de cette époque. D’autre part, de nombreux esclaves libérés se sont à leur tour livrés à la traite négrière, du Liberia en passant par la Sierra Leone ou le Bénin. (…)

Plus au nord, dans des pays comme le Sénégal et le Mali, le sujet est tout aussi délicat à aborder. Certaines ethnies, notamment les Peuls, se sont livrées à des razzias. Des ‘djihads’ qui n’aboutissaient pas uniquement à des conversions : il s’agissait aussi de fournir des esclaves au monde arabo-musulman. Aujourd’hui encore, de l’Afrique de l’Ouest au Darfour, des Africains sont vendus par des marchands d’esclaves».

Les populations locales sont d’autant moins choquées par les traites d’hier qu’elles persistent aujourd’hui encore. Pour toutes ces raisons, c’est donc naturellement que descendants de victimes et de bourreaux condamnent à l’unisson l’Occident.

Sylvie Billard
L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s
Votre.elue.citoyenne@gmail.com

Report des célébrations du bicentenaire de la mort de Napoléon BONAPARTE à Aulnay-sous-Bois

En raison des mauvaises conditions météorologiques annoncées pour le week-end du 15 et 16 mai, la célébration du bicentenaire de Napoléon Bonaparte, prévue sur le Boulevard de Strasbourg et au Parc Dumont, est annulée et reportée à une date ultérieure.

L’exposition, actuellement présente au Cours Napoléon Bonaparte, restera quant à elle installée pendant tout le week-end au même emplacement. Le public pourra donc continuer à la découvrir dans le Cours Napoléon Bonaparte.

Commémoration de l’esclavage, de la traite négrière et de leur abolition : que chacun.e assume son histoire et construise pour tou.te.s un avenir de liberté, d’égalité et de fraternité (1/5)

Introduction

En 2001, la loi Taubira reconnut comme crimes contre l’humanité, la seule traite négrière occidentale.

En 2004, l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau montra dans « Les traites négrières » qu’il existait non pas une, mais trois traites négrières : atlantique, arabo-musulmane et interafricaine, la dernière étant support des deux premières traites et de l’esclavagisme purement africain. Accusé de hiérarchiser les traites pour minimiser la responsabilité occidentale, il fit l’objet d’une plainte ensuite abandonnée.

En 2005, Jacques Chirac décida de faire du 10 mai la journée de « commémoration nationale de l’esclavage, de la traite négrière et de leur abolition ».

En 2006, à un journaliste qui l’interpellait sur son silence concernant la traite arabo-musulmane, Christiane Taubira répondit qu’il était préférable de ne pas l’évoquer pour que les « jeunes Arabes » « ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes »

Selon moi, toutes les formes de traites et d’esclavages – qui sont des abominations – doivent être dénoncées et combattues, quels qu’en soient leurs auteurs, leurs victimes, les époques. Les traites les plus connues sont celles subies par les Africains. Mais elles ont également touché des blancs. Quant à l’esclave, pratiqué par toutes les civilisations, seuls les Occidentaux ont décidé de l’abolir et ont mis les autres pays en situation de le faire notamment lors des colonisations européennes (également condamnables). Malheureusement, l’esclavage fait encore 40 millions de victimes dans le monde, l’Afrique subsaharienne étant la région la plus « esclavagiste ».

Contre les racialistes qui se victimisent sans cesse et crachent leur haine des blancs, je dis : que chacun assume son histoire dans ce qu’elle a de plus et de beaucoup moins glorieux et regarde de l’avant pour construire pour tou.te.s un avenir de liberté, d’égalité et de fraternité. Et cela passe – non pas par le rabâchage haineux et biaisé de faits anciens aussi atroces soient-ils -, mais par leur analyse rigoureuse et la lutte contre les faits présents.

Sylvie Billard
L’élue citoyenne de tou.te.s les aulnaysien.ne.s
Votre.elue.citoyenne@gmail.com