La colère des terres de Gonesse et d’ailleurs avec un rassemblement Place de la République, Paris 22 mai 2021

L’arbitrage du gouvernement vient de tomber : dix-huit mois après l’abandon du projet de mégacomplexe EuropaCity, le Premier ministre Jean Castex a annoncé le 7 mai 2021 la bétonisation d’une centaine d’hectares des terres fertiles de Gonesse.

Alors que le gouvernement affirme, avec la loi Climat et Résilience, vouloir mettre un frein à l’artificialisation des sols, son premier acte consiste à vouloir saccager des terres devenues un symbole national de la résistance au béton.

La mobilisation citoyenne a permis d’obtenir en 2019 l’abandon du mégacomplexe commercial et de loisirs EuropaCity et de son absurde piste de ski artificielle.

Alors même que la crise climatique se fait de plus en plus sentir à travers des épisodes extrêmes plus rapprochés et que l’autonomie alimentaire de l’Île-de-France est très insuffisante, les terres agricoles aux portes des villes sont un patrimoine inestimable.

Il est encore possible de sauvegarder les terres agricoles de Gonesse. Rendez-vous le samedi 22 mai 2021 à partir de 11h pour exprimer LA COLÈRE DE LA TERRE, À GONESSE ET AILLEURS, pour demander le retrait de ce plan d’urbanisation du Triangle.

Le CPTG appelle à la mobilisation ce 22 mai, Nous vous y attendons nombreuses et nombreux.

Source : Collectif Pour le Triangle de Gonesse

Le report du défilé Napoléonien à Aulnay-sous-Bois serait-il dû à la météo ou à une raison politique ?

Napoléon fait partie intégrante de l’histoire de France, Aucun historien ne serait-ce qu’un peu sérieux n’oserait dire que l’empereur n’a pas marqué l’histoire de France. Alors que la France traversait une crise sans précédent avec la Révolution et les guerres déclenchées contre l’Europe entière, le militaire talentueux avait réussi à s’imposer grâce à sa stratégie astucieuse et son sens du commandement. L’espace d’un peu plus de 10 ans, la France était devenue la première puissance Européenne, dominant outrageusement le continent et dictant sa volonté aux nations asservies.

Mais voilà, Napoléon, c’est aussi des paradoxes, des erreurs politiques et des décisions aujourd’hui polémiques. Si Napoléon a instauré le code civil, l’état centralisateur avec ses préfets qui sont les donneurs d’ordre de l’exécutif, le baccalauréat pour sortir les Français de la misère intellectuelle et les départements qui existent encore aujourd’hui, c’est aussi l’homme qui a déclenché une répression horrible en Espagne et qui a restauré l’esclavage. Et c’est bel et bien ce dernier point, la restauration de l’esclavage, dont il est question aujourd’hui.

Bruno Beschizza est un admirateur de l’empereur, comme beaucoup de français. Et comme plusieurs personnalités politiques, ils souhaitent rendre un hommage prononcé à celui qui a modernisé le France et qui l’a poussée jusqu’à son apogée. Mais faire abstraction au côté sombre de Napoléon aurait pu avoir des répercussions politiques.

En effet, Aulnay-sous-Bois est une ville cosmopolite avec une communauté Antillaise et d’Afrique subsaharienne importante. Comme l’expliquait Sylvie Billard dans ses recherches, la communauté Africain subsaharienne a connu l’esclavage via le commerce triangulaire (via les puissances Européennes de l’époque), mais aussi la traite arabo-musulmane (qui a touché notamment la Tanzanie, la Centrafique, le Congo et le Burkina-Faso), sans oublier l’esclavage intra-africain (certaines civilisations Africaines pratiquaient l’esclavage). Honorer la mort de celui qui a rétabli l’esclavage en Europe aurait eu des plus mauvais effets à quelques semaines des élections départementales 2021, notamment pour la paire LR, ultra favorite. La Gauche n’aurait pas hésité à utiliser cet événement pour inciter les électeurs d’origine africaine et antillaise à se détourner du tandem Cannarozzo – Maroun (LR). On voit mal la grande armée Napoléonienne battre en retraite aux premières gouttes de pluie !

Bien entendu, cette commémoration en grandes pompes n’est que partie remise. Comme le dit le cabinet du Maire, cela se fera avant les grandes vacances…certainement après les élections départementales de juin 2021. En attendant, chacun appréciera ou pas l’investissement consenti à commémorer la mort d’un Empereur qui fut un grand homme, mais qui a comme tout un chacun commis des erreurs. On voit mal cependant une grande ville Espagnole honorer de la sorte la mort du général Franco, celui qui parvint à préserver l’Espagne de la seconde guerre mondiale et qui put remettre le pays sur l’échiquier des puissances moyennes Européennes, ou une ville Allemande faire des cérémonies fastueuses pour honorer la disparition d’Otto von Bismarck, le père de l’unité Allemande. Car ces hommes ont eux aussi eu de très gros défauts et fait des choix contestables…

 

Christelle Chat, Artiste et Ingénieure en informatique, candidate suppléante de la liste de rassemblement de la gauche et des écologistes

Bonjour Christelle Chat. Vous êtes candidate suppléante sur la liste de la gauche solidaire et écologiste pour les départementales. Pourriez vous vous présenter au lectorat d’Aulnaycap ?

Habitante de Seine-Saint-Denis depuis toujours, je trouve qu’il est important pour tous les citoyens de s’engager, chacun à son niveau dans la vie politique, au sens de la vie de la cité. Je me suis engagée en tant qu’élue des parents d’élèves au collège et au lycée, j’ai pu soutenir les élèves, les parents et les professeurs à conserver un cadre éducatif juste et adapté à notre territoire. Ensuite, J’ai souhaité m’engager dans un cadre démocratique innovant pour les élections municipales et je veux participer maintenant, au niveau départemental, à remettre l’humain et la nature au centre des décisions.

Pourquoi vous être engagée sur la liste de gauche écologiste ?

Le projet porté par la liste de rassemblement de la Gauche et des écologistes me semble juste et adapté, et je souhaite que cette union, déjà à l’œuvre depuis plusieurs années au Département, puisse continuer ses actions. A mon sens, les écologistes sont les plus à même de répondre aux alertes des scientifiques sur le dérèglement du climat, la mise en danger de la biodiversité, et donc du vivant. Il est de notre devoir de nous engager pour nos enfants, leur santé et la nôtre.

Il semble que vous soyez très sensible aux problématiques écologiques. Quelles sont vos propositions en ce domaine ?

La transition écologique doit être vue comme un pilier de la justice sociale. Nous souhaitons porter le développement des mobilités douces par un réseau cohérent sur tout le Département, soutenir également la protection des terres agricoles, ainsi qu’une alimentation saine et de proximité dans nos collèges et nos crèches.

La pandémie a mis en évidence des fractures au sein de notre société et placé sur le devant de la scène des populations davantage fragilisées.  Quel bilan tirez vous de ce constat ?

La crise sanitaire nous a effectivement démontré l’importance de la solidarité envers les jeunes et les séniors. Le Département est déjà acteur de cette solidarité, et souhaite aller encore plus loin pour soutenir financièrement les jeunes par un RSA qui leur serait dédié. Les séniors seront aidés dans leurs démarches par une « Maison de l’autonomie et des aidants ».

A Aulnay sous Bois en particulier, les citoyens de la société civile engagés dans leur citoyenneté se plaignent de n’être jamais associés aux grandes décisions de leur ville ni consultés sur des projets qui vont pourtant impacter leur quotidien. Proposez vous une autre méthodologie pour que les habitants ne se sentent plus écartés des décisions qui les concernent ?

L’écologie est un système complet, qui inclut naturellement la démocratie et la citoyenneté. Les citoyens et les citoyennes doivent être inclus et incluses dans les prises de décisions, avec davantage de démocratie participative et d’intelligence collective et donc moins de cumul de mandats.

L’écologie ne concerne pas que l’environnement, le vivant et la nature, mais également la manière d’envisager les relations humaines, et dans ce cas en effet, on parle d’écologie relationnelle, une notion souvent absente des discours de droite….

Toutes les raisons que je viens d’évoquer me semblent effectivement suffisamment fortes pour que nous votions pour le rassemblement de la gauche et des écologistes, pour Oussouf Siby, Adélaïde Gandji, Boubeka Mehdaoui et moi-même, pour conserver un Département écologique, solidaire et démocratique.

Encore un dernier mot, Christelle Chat.  Avant de nous quitter,  pourriez-vous évoquer votre pratique artistique ?

Élève pendant 15 ans de l’Ecole d’Arts Claude Monet, je pratique maintenant dans mon propre atelier, et je présente mon travail, essentiellement des portraits, lors d’expositions collectives.

Merci Christelle Chat pour cette Interview accordée à Aulnaycap.

Propos recueillis le  16  mai  2021  par  Catherine  Medioni

Une habitante d’Aulnay-sous-Bois fait des dons de pain à celles et ceux qui sont dans le besoin

Une lectrice nous informe qu’elle est volontaire pour donner pain, des baguettes traditionnelles, du pain complet ou du pain céréale, ainsi que des brioches et des viennoiseries à des personnes qui sont dans le besoin. Ces dons proviennent des invendus de la veille de la boulangerie.

Ce pain est encore frais et parfaitement comestible. Si vous êtes dans le besoin et que vous souhaitez obtenir gratuitement du pain, n’hésitez pas à vous rendre à son domicile à Aulnay-sous-Bois.
Bien entendu, ce pain est donné en priorité aux personnes dans le besoin. Pour faire part de votre souhait d’obtenir du pain gratuitement, écrivez à manel.paris2@hotmail.fr

Le Tweet de Valérie Pécresse contre les « terroristes du Hamas » et la riposte légitime d’Israël fait réagir

S’il y a de multiples conflits larvés dans le monde bien plus importants tant sur le plan humain que stratégique (Centrafique, Mozambique, Somalie, Myanmar, Arménie…), le Proche-Orient avec son conflit Israélo-Palestinien reste la véritable coqueluche des médias français et européens en général. A la moindre petite étincelle, à la moindre escarmouche, nos journaux télévisés en parlent dans la rubrique Internationale, souvent en première ligne. Avec la montée de la tension ces derniers jours entre Gaza et les territoire Palestinien d’un côté, et Israël de l’autre, toute l’actualité est focalisée sur cet endroit du globe.

Plus d’une centaine de Palestiniens sont morts ainsi qu’un dizaine côté Israélien, qui malgré la technologie largement supérieure, ne parvient pas à arrêter les centaines de roquettes qui pleuvent depuis la bande de Gaza. Des manifestations ont eu lieu dans une partie de l’Europe, avec des synagogues qui ont été attaquées notamment en Allemagne.

Sur le plan politique en France, certaines personnalités semblent avoir pris position. C’est le cas de Valérie Pécresse qui, dans un Tweet, n’hésite pas à parler de « riposte légitime » de l’état juif. Tweet qui a fait réagir sur les réseaux sociaux puisqu’un grand nombre de supporters de la cause palestinienne lui ont montré leur désaccord.

Le tract des Amis de la Majorité Municipale d’Aulnay-sous-Bois fait polémique chez les sympathisants de Gauche

A l’approche des élections départementales 2021 qui devraient, à Aulnay-sous-Bois, voir triompher la paire LR, les attaques sont de retour avec, pour une pas changer, des propos polémiques visant à cracher des voix auprès d’électeurs indécis.

Et pour le pas changer également, Bruno Beschizza et ses disciples ne tarissent pas de critiques vis-à-vis de la Gauche et de son programme au niveau national. Comme à chaque élection, la Droite Aulnaysienne agite le torchon rouge de la théorie du genre, théorie utilisée par les fondamentalistes musulmans et une partie de l’extrême-droite catholique pour faire peur aux parents sur le futur de l’éducation de leurs enfants à l’école. Cette stratégie avait remarquablement bien fonctionné en 2014, alors pourquoi par en 2021 ?

Il est vrai que l’on peut se demander, à en croire le tract, pourquoi la Gauche au niveau national se tire une balle dans le pieds en attaquant des fondamentaux qui sont ancrés dans la culture de France (suppression des crèches et des sapins de Noël, suppression de la viande à la cantine pour des motifs religieux…). Cependant, le tract des Amis de la Majorité Municipale d’Aulnay aurait été plus juste s’il avait également mis en évidence les dérives au Centre et à Droite contre l’unité nationale et l’ordre régalien (Yves Jégo, alors Maire de Montereau-Fault-Yonne et membre de l’UDI, avait voulu imposer le menu végétarien car, selon lui, il s’agirait d’un repas laïque. Egalement, le Maire LR d’Etampes avait organisé, aux frais du contribuables, une marche blanche en l’honneur de deux délinquants multirécidivistes qui se sont tués en roulant à contresens sur la RN20 en voulant fuir les gendarmes). Une analyse des dérives politiques de tous bords confondus aurait pu faire de ce tract un véritable plaidoyer pour les valeurs de la république et de la France. Dommage…

 

Pourquoi la CNIL a autorisé une société privée a utiliser nos données personnelles fournies par la carte vitale ?

IQVIA, une société privée considérée comme le leader mondial des data de santé dans le monde a en effet  obtenu l’autorisation de la CNIL de passer un partenariat avec les pharmacies. Ainsi donc à votre insu et sans que votre consentement n’ait jamais été éclairé ni obtenu, vos données personnelles sont collectées par cette société chaque fois que vous vous rendez à votre pharmacie pour y faire exécuter vos ordonnances, mais également chaque fois que vous achetez des produits de parapharmacie !

C’est Elise Lucet, connue pour ses enquêtes approfondies sur des sujets sensibles qui concernent tous les citoyens et les consommateurs qui révèle le pot aux roses ! Elle affirme que nos données personnelles enregistrées sur la carte vitale sont récupérées par des entreprises commerciales pour dresser votre profil d’acheteur-consommateur, et ensuite vous proposer des publicités ciblées et soi-disant adaptées à vos besoins ! Cette découverte a  » été une énorme surprise pour nous  » affirme Elise Lucet !

C’est Linda Bendali, membre de l’équipe de Cash investigation, qui aurait fait cette incroyable découverte, en fouillant et scrutant méticuleusement les dossiers de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) et en tombant sur cette autorisation accordée à une société privée !

 »  à chaque fois que vous présentez votre carte vitale dans une pharmacie, toutes les données de ce que vous achetez, médicaments ou parapharmacie, absolument tout, va dans un logiciel  »     Ajoute la Journaliste ! Selon Elise Lucet, il s’agit d’un véritable scandale puisque la loi stipule que le consentement explicite d’un patient doit être demandé….

Le sujet de la récupération de nos données personnelles obtenues à partir de nos cartes vitales fera donc l’objet d’un numéro de cash investigation le 20 mai prochain sur France 2

Article  rédigé  le  15  mai  2021  par  Catherine  Medioni

Départementales 2021, Mohamed BOUNOUA candidat de la liste Union Citoyenne Aulnaysienne s’exprime :

L’enjeu est de rassembler les aulnaysien.nes de notre canton autour de projets en lien direct avec l’amélioration de leur cadre de vie tout en mettant un point d’honneur au respect de l’environnement. J’en appelle à toutes celles et ceux qui souhaitent voir notre ville devenir une référence du vivre ensemble, un modèle en terme de protection de l’environnement, un exemple en terme d’accès à l’éducation et à la culture.  Nous pouvons tous agir et changer notre destin grâce à des projets concrets, réalistes et utiles.

En tant que citoyen Aulnaysien, j’ai grandi à Aulnay Nord dans le quartier de la Rose des Vents et je suis entrepreneur sur notre ville dans le secteur de l’immobilier.  Je suis également très investi auprès des jeunes, engagé auprès du personnel hospitalier et de plusieurs associations locales.  Je me porte donc candidat dans le canton d’Aulnay sous Bois avec mon binôme Marine Zaccardelli, dirigeante du club de Tennis de la Rose des Vents qui se distingue par son engagement contre les inégalités homme/femme, mais également contre l’isolement des publics fragiles et qui encourage la réussite scolaire des jeunes de tous nos quartiers.

Nos suppléants sont Martial Meyongo, Président  de l’association Entre-Aide Internationale et Nathalie Detoeuf, salariée gestionnaire d’une résidence sociale sis à Aulnay sous Bois  et membre de l’association laïque AFDAEIM, créée en 1962 à Stains (93) par un groupe de parents d’enfants et de jeunes adultes en situation de handicap.

Nous sommes tous des citoyens engagés pour notre ville, en prise directe avec la vie de nos concitoyens, qui avons à cœur de représenter l’union de notre canton. Nos candidatures ne sont pas celles d’un parti, mais celles de l’intérêt général et du bien commun.  Et c’est avec la même détermination et la même énergie que je souhaite m’engager pour le bien collectif, pour notre si belle commune Aulnay-Sous-Bois et pour notre département de la Seine Saint-Denis.

PARTAGEZ ET FAITES PARTAGER  NOTRE CANDIDATURE.

Aulnay, un modèle en Seine-Saint-Denis

unioncitoyenneaulnaysienne@hotmail.com                                                                                                                                                                                              

Propos  recueillis  le  15  mai  2021  par  Catherine  Medioni

L’intimidation judiciaire pour clore toute contradiction doit cesser

Avec l’arrivée de Bruno Beschizza aux manettes de notre ville en 2014, nous avons tous été les témoins sidérés d’une propension maladive et suspecte à attaquer systématiquement en justice et sous les chefs d’accusations calomnieux et infondés de  » diffamation et d’injures »  quantité d’associatifs, de citoyens impliqués dans la vie de leur cité et même d’opposants politiques.

Ces méthodes visant à instrumentaliser la justice pour intimider et faire faire tous les contradicteurs et tous ceux qui révèlent des transgressions au droit pénalisant l’intérêt général, ont pris de telles démesures que de nombreuses ONG s’associent pour exiger de la commission européenne qu’elle crée et adapte les lois afin de faire échec aux  » puissants  » qui, par excès de pouvoir et de fortune, abusent du droit de saisir la justice en attaquant des personnes qui ne disposent pas des moyens financiers et logistiques suffisants pour se défendre.

Une recrudescence des poursuites-bâillons à l’égard des journalistes, des lanceurs d’alerte ou de simples citoyens critiquant les politiques mises en place étant observée partout au sein de l’union européenne, environ 118 organisations non gouvernementales ont adressé une demande à la Commission Européenne pour faire avancer le droit qui protège les lanceurs d’alerte contre les poursuites-bâillons afin de protéger la démocratie et les droits fondamentaux partout en Europe.

Que sont les poursuites-bâillons ?

Une poursuite-bâillon est une action en justice intentée en vue de faire taire un lanceur d’alerte, un détracteur ou un opposant. La procédure judiciaire a généralement peu de chance d’aboutir et de faire condamner l’accusé : elle vise davantage à l’épuiser financièrement et moralement ou à l’effrayer pour qu’il ou elle autocensure. Le concept inclut également les menaces de poursuites ayant le même effet.

Les poursuites-bâillons constituent donc une menace pour l’ordre juridique de l’UE, et en particulier :

Une menace pour la démocratie et les droits fondamentaux.

L’UE est fondée sur l’État de droit et le respect des droits de l’homme parmi lesquels se trouve la liberté d’expression, la participation et la liberté d’association de ceux et celles qui s’expriment dans l’intérêt public, ce qui affecte in fine la capacité de tous et toutes à exercer leurs droits fondamentaux.

Une menace pour l’accès à la justice et la coopération judiciaire.

La coopération judiciaire transfrontalière repose sur les principes d’accès effectif à la justice dans toute l’Union et de confiance mutuelle entre les systèmes. Cette confiance doit être fondée sur le respect d’un socle normatif commun. Dans la mesure où elles faussent les procédures civiles et constituent un abus de celles-ci, les poursuites-bâillons sapent la confiance mutuelle entre les systèmes juridiques au sein de l’UE. Or, les États-membres doivent avoir la garantie que les décisions rendues par les tribunaux d’autres États-membres ne sont pas le résultat de stratégies abusives visant à faire taire des militants et journalistes, mais sont adoptées à l’issue d’une procédure équitable.

Une menace pour l’application du droit de l’UE, en particulier les règles budgétaires et fiscales et le droit du marché intérieur.

L’application effective du droit de l’UE, en particulier les règles budgétaires et fiscales et le droit du marché intérieur, repose sur la détection des comportements frauduleux, notamment ceux mis en lumière par les « chiens de garde » de la démocratie, tels que les médias et acteurs de la société civile. Par conséquent, l’absence de protection de ces personnes qui jouent un rôle crucial dans la détection des comportements frauduleux constitue une menace pour l’application du droit de l’UE. Le même raisonnement s’applique à la gestion des programmes et du budget de l’UE, dont la bonne gestion ne peut être placée sous le contrôle de la seule Commission Européenne.

Une menace pour la liberté de circulation.

L’absence de règles pour protéger ces « chiens de garde » de la démocratie des poursuites-bâillons a un impact sur l’exercice des libertés fondamentales prévues par les traités car elle affecte la capacité des médias, des organisations de la société civile et des prestataires de services d’information à exercer leur mission dans des États où le risque de poursuites-bâillons est élevé. Elle décourage les personnes de travailler pour des organisations qui peuvent être la cible de telles poursuites.

le 11 mai 2021, le parlement Européen accueillait La commission des affaires juridiques (JURI),  la commission des libertés civiles, et celle de la justice et des affaires intérieures (LIBE) pour préparer le rapport sur la lutte contre l’intimidation judiciaire que subissent des journalistes et des organisations de la société civile au sein de l’Union Européenne.

L’eurodéputée et co-rapporteure du rapport à venir nommé « anti-SLAPP », Roberta Metsola s’est engagée à soutenir les journalistes, les lanceurs d’alerte et les activistes de la société civile en faisant référence aux poursuites judiciaires destinées à les intimider et à les faire taire.

 » L’objectif de ces procédures n’est pas de gagner, mais de réduire au silence « , a souligné l’eurodéputé Roberta Metsola, expliquant qu’elles permettent à « ceux qui en ont les moyens » de mettre les journalistes face à un « choix » : « arrêter de rapporter les faits ou faire face à un procès long et coûteux ». Une menace qui peut également mener à de l’autocensure.

l’eurodéputé Tiemo Wölken, deuxième co-rapporteur du rapport, a quant à lui ajouté que :  » Les victimes de ‘SLAPPS’ sont poursuivies en justice pour avoir exercé leurs droits fondamentaux « . il défend une approche « holistique » ayant comme objectif de préserver la liberté d’expression et d’information, qui sont les « éléments clés de l’état de droit » selon lui.

La Commission doit donc présenter une proposition d’acte législatif global visant à établir des normes minimales contre la pratique des poursuites-bâillons dans l’ensemble de l’Union. Dans son plan d’action pour la démocratie européenne, l’exécutif a annoncé en décembre dernier qu’il introduirait une « initiative visant à limiter le recours abusif aux poursuites stratégiques altérant le débat public » avec l’objectif de renforcer la liberté et le pluralisme des médias.

Le recours abusif aux procédures judiciaires n’est pas réservé à certains pays européens, mais est bel et bien « de plus en plus utilisé par les États membres » sans distinction, note Tiemo  Wölken. La France n’est ainsi pas épargnée par la tendance.

Mme Costela quant à elle, plaide pour que les juges puissent prendre des « décisions a priori » ,c’est à dire  couper court aux procédures judiciaires manifestement malveillantes, et à établir un guichet unique qui viendrait accompagner les mis en cause. Et d’ajouter : « Il devrait y avoir des sanctions pour ceux qui abusent des lois sur la diffamation ».

Voilà qui pourrait peut-être calmer les ardeurs guerrières antidémocratiques de notre maire qui a désormais à son palmarès et grâce à l’argent public qu’il a illégalement détourné, 12 procès-baillons perdus !

Article  rédigé  le  14 et  15  mai  2021  par  Catherine  Medioni

Une Coalition et une plateforme pour contrer les procédures-baillons est crée

Bonne nouvelle pour les lanceurs d’alertes, les journalistes ou les citoyens de la société civile qui se retrouvent poursuivis en justice par des personnes en position de pouvoir en raison de leur statut ou de leur fortune, voire en raison des deux !

Une plateforme contre les procédures baillons est crée pour protéger la démocratie et les lanceurs d’alerte. Elle est le fruit d’une coalition d’organisations non gouvernementales (ONG )  pour contrer la multiplication des procédures judiciaires dites « bâillons » en permettant notamment aux lanceurs d’alertes et journalistes visés par ces poursuites, de leur fournir des moyens de défense et d’information.

Une trentaine d’associations parmi lesquelles RSF, Greenpeace, Transparency international, la Fédération européenne des journalistes, sont à l’origine de cette plateforme qui se fixe pour mission de « dénoncer et combattre l’utilisation des poursuites judiciaires pour intimider et réduire au silence » les voix critiques.

Dénommée par son acronyme CASE, pour  »  » Coalition Against Slapps in Europe  » en anglais et pour     » Coalition contre les procédures-bâillons en Europe  » en français, la plateforme, afin de contrer ces pratiques utilisées par les  » puissants  »  envisage de développer une stratégie en trois volets :

  • médiatisation des procédures abusives et de leurs initiateurs
  • aide juridique aux personnes visées
  • lobbying auprès des décideurs politiques

Parallèlement à la mise en place de cette stratégie,  CASE rappelle qu’elle porte un projet de directive européenne visant à protéger juridiquement les lanceurs d’alerte. Côté boîte à outils, le site fournit une cartographie européenne des services juridiques et des avocats  » pro bono « , donc acceptant de travailler à titre gracieux au bénéfice des personnes défavorisées ou modestes, afin de servir le bien public en défendant les  cibles et les victimes de procédures-bâillons.

Sur le plan médiatique, la coalition prévoit l’organisation le 18 mai prochain de la version européenne des prix « Slapp awards », pour désigner les entreprises et les personnalités politiques les plus procédurières…..

Avec ses 12 procès-baillons déjà perdus, et les prochains en attente de jugement et de verdict, pensez-vous que Bruno Beschizza pourrait dans un futur plus ou moins proche être éligible à ce prix et obtenir un  » slapp award  » ?

L’avenir nous le dira….

Article  rédigé  le  14  mai  2021  par  Catherine  Medioni