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Frank Cannarozzo, adjoint au Maire à Aulnay-sous-Bois, répond aux affirmations de René-Augustin Bougourd

Je veux remercier monsieur Bougourd du fait que j’occupe largement ses pensées et qu’il m’oblige ici à un droit de réponse car des propos fallacieux sont tenus.

Ai-je droit d’être méfiant vis à vis des journalistes ? Si la profession n’est pas à mettre en cause, elle est nécessaire et utile, elle comporte aussi des gens qui font mal leur travail comme dans toutes les professions. Ici cet article publié dans un mensuel n’est que la copie conforme d’un article publié l’année dernière dans un hebdomadaire. Si être journaliste consiste à faire du copier-coller, alors je crains vraiment pour la profession. Ensuite on peut s’interroger sur le timing puisque la publication du rapport de la CRC date juin 2019. Que s’est-il donc passé pour que ce mensuel oublie ce sujet pendant 8 mois et se réveille a 1 mois de l ‘élection ? Hibernation ??? J’aime la naïveté de monsieur Bougourd mais ça s’appelle un article commandé réalisé par un presse-bouton. A qui cela profite est la question qui permet de savoir d’où ça vient.

Et si je suis un peu méfiant, c ‘est aussi que contrairement à monsieur Bougourd, j’ai un peu d’expérience avec les journalistes, des bons et des mauvais. 3 exemples pas récents mais significatifs. Quand en 2006, des jeunes du quartier rose des vents me disent qu’une grande TV nationale les payaient 30 euros pour durcir leurs propos devant les caméras lors des émeutes de 2005, oui je m’inquiète. Quand en 2006, des jeunes du quartier Ambourget me disent que d’autres journalistes d’une autre grande TV leur tendaient un foulard palestinien pour parler devant la caméra durant les émeutes de 2005, oui je m’inquiète. Quand en 2005, un journaliste d’une grande radio nationale passe une journée avec moi pour comprendre Aulnay et qu’il me dit « vous faites plein de trucs bien, c’est dommage que vous soyez touchés par ces émeutes » et que le lendemain, l’heure de radio consacrée à Aulnay ne fera jamais aucune mention de ces ‘trucs bien », oui je m’inquiète.

Mais je crois que ma méfiance est partagée par bon nombre de français quand on regarde les enquêtes d’opinions. Mais le mieux est encore de revoir Citizen Kane, monsieur Bougourd !

Quant aux magistrats de la CRC, là encore, je doute que monsieur Bougourd ait la moindre expérience. Personnellement j’y ai été confronté et je sais de quoi je parle. Je vais la encore donné deux exemples. Dans le précèdent rapport basé sur le contrôle de 2009, on peut lire que « la police municipale est mal perçue par les habitants ». Je m’interroge donc sur quoi est basée cette affirmation. Eh bien c’est écrit noir sur blanc, sur la déclaration de l’adjoint à la sécurité de M Segura. La CRC transforme une opinion en fait, et tout le monde trouve cela normal ? Mais il se trouve qu’en 2002, j’avais fait faire a l’échelle de la ville un sondage auprès de tous les foyers aulnaysiens sur leur appréciation en terme de sécurité. Résultat : appréciation de la police municipale par les habitants : 67% de positif ! J’ai donné ces documents à la CRC, les seuls connus, elle n’en a pas tenu compte. Elle a préféré une opinion. Ensuite, il est écrit que les premières cameras avaient été posées sans concertation avec la police nationale. Comment le sait-elle ? En demandant au commissaire de police de 2009. Sauf que c’est le commissaire de police de 2003-2004 qui a lui participé. J’ai fourni nom et coordonnées, il n’a jamais été contacté. Alors oui je ne prends pas pour argent comptant ce que disent ces magistrats qui sont contrôleurs et juges, la seule juridiction de notre pays qui ne travaille pas en procédure contradictoire. Une aberration selon moi.

Les critiques sont-elles recevables ? Pour être élu depuis 18 ans, j’ai un peu l’habitude la encore d’en recevoir. Mais si les élus n’ont pas raison parce qu’ils sont élus, les citoyens n’ont pas raison parce qu’ils sont citoyens. Et je préfère ne pas être élu en ne courbant pas l’échine devant ce que je considère comme injustifié plutôt que d’être élu en faisant des courbettes a de petits groupes comme ici.

Il se trouvent qu’élu n’est pas une profession et que j’ai la chance d’avoir une profession dans laquelle l’amélioration continue est une règle. Et si on pratique l’amélioration continue, c’est bien parce que les organisations aussi performantes soient-elles doivent sans cesse faire mieux. Et si la ville n’échappe pas à ce besoin d’amélioration, rien ne justifie cette atmosphère de lynchage publique déversée par des trolls et leurs alliés politiques.

Car le fait que monsieur Bougourd, s’exprime ainsi, décrédibilisant toute la neutralité politique de l’association qu’il préside, c’est pour des raisons politiques uniquement. Tout le monde sait qu’il soutient le candidat coaché par l’ancien maire. Ancien maire qu’il soutenait dans son projet de 62 logements sur la parcelle croix-blanche, arbres abattus au passage bien sûr. Mais ça c’était avant…

Source : droit de réponse de Frank Cannarozzo, adjoint au Maire à Aulnay-sous-Bois

René-Augustin Bougourd répond aux critiques de Frank Cannarozzo, adjoint à Aulnay-sous-Bois

Dernièrement, une déclaration de la liste AEC empreinte de sectarisme avait soulevé mon indignation de citoyen impatient d’entendre un autre discours politique, après toute une mandature de sectarisme éhonté. Aujourd’hui, en prenant connaissance du  commentaire de M. Cannarozzo sur un article relayant le rapport de la cour régionale des comptes, ce qui domine, c’est le haut-le cœur.

Nous sommes en plein « trumpisme » : il ne faut ni croire les journalistes, ni prendre au sérieux les magistrats. Aucune critique n’est recevable, il n’y a aucun compte à rendre. Pourrait-on imaginer qu’on reconnaisse la moindre faiblesse, et qu’on s’engage à mieux faire ? Pas du tout, pour une bonne raison : « les autres ont fait pire ! Et attention, on a des dossiers ! Si on nous pousse encore, on va les ouvrir, et on va voir ce qu’on va voir ! » 

Lorsque le discours politique se résout à aboyer et à menacer de mordre, que peut espérer le citoyen ?

En face de personnes qui s’estiment les seules légitimes à exercer le pouvoir, qui justifient le clientélisme et qui sont incapables de prêter à leurs adversaires le moindre mérite, qui manient sans cesse l’invective et l’adjectif injurieux, et qui à tout questionnement, répliquent : « circulez, y’a rien à voir ! », quel débat démocratique peut-on instaurer ?

À gauche et à droite, des listes nous promettent un comité d’éthique. C’est en effet une urgence ! Mais vous qui vous prétendez irréprochables, quel risque prendriez vous à récupérer cette idée ?

La vérité, c’est que tout pouvoir attire des parasites et des profiteurs. Les vieux amis se rappellent à votre bon souvenir, vantent tous les services qu’ils vous ont rendus, et vous promettent une rancune éternelle et des représailles immédiates si vous ne faites pas « ce petit geste »  bien normal entre amis. « C’est moralement discutable ? Vous n’allez pas nous « chercher des poux » ! LES AUTRES ONT FAIT PIRE ! » Donc, on n’en sortira jamais !

Comment échapper aux abus des « hommes de réseau », sinon en multipliant les garde-fous ? À Aulnay, ils sont allégrement contournés. Et voilà comment on dégoûte les citoyens de la politique et comment on fait de la démocratie un mot vide de sens.

Source : René-Augustin Bougourd

Nous avons besoin d’une médiathèque à Aulnay-sous-Bois !

Trois constatations préliminaires pour Aulnay :

  • Une vie culturelle intense, de par le nombre important d’associations et d’artistes locaux, et la qualité des grandes institutions : Conservatoire, École d’Art Claude Monet, CREA, Centre Prévert, Le Cap. Sans négliger l’existence d’événements comme la Fête de l’Arbre, les Futuriales ou les bals du dimanche.
  • L’indigence des équipements de base: une bibliothèque centrale qui n’ouvre que la moitié du temps et qui n’a que les dimensions d’une bibliothèque de quartier, une salle polyvalente qui n’est qu’un gymnase des années 30, des salles de réunion indigentes, sans équipement moderne, comme la vidéoprojection. La moindre commune de 20 000 habitants est mieux dotée que notre ville quatre fois plus peuplée. Les communes voisines possèdent une médiathèque moderne. Nous n’avons même pas de salle des fêtes.
  • Une politique culturelle actuellement quasi-inexistante. Entendons par là, à partir d’une réflexion globale, la coordination et l’encouragement à travailler ensemble insufflée par la municipalité, avec une équipe de médiateurs culturels. Quand l’ambition se résume à « l’esprit village », on ne peut s’étonner que nos équipements communaux concordent avec cette vision étriquée.

Nous avons besoin d’une équipe et d’un lieu pour mettre en œuvre cette politique culturelle.

La culture présente deux versants :

  • d’un côté, elle rassemble. Pour cela, il faut des lieux de partage. Il y a plusieurs décennies, le choix a été fait de créer un réseau de bibliothèques de quartier. Nul doute que les équipes de ces établissements font de leur mieux. L’avantage de ce choix est la proximité, mais c’est aussi l’inconvénient du morcellement des initiatives et de la dispersion des moyens, avec un rayonnement limité.
  • D’une autre côté, elle sépare. Chaque quartier, chaque communauté va valoriser ses spécificités, ses cultures propres. Chaque classe d’âge va se replier sur ses loisirs traditionnels. Car l’étendue de notre ville et la diversité des groupes humains ne facilitent pas les contacts. Il faut se garder d’une politique de clientélisme culturel qui ne conduit qu’à la concurrence entre les communautés.

Dans le contexte particulier d’Aulnay-sous-bois, une politique culturelle doit essentiellement viser à surmonter les fractures territoriales et culturelles.

Cette politique culturelle doit partir de l’existant : le réseau des équipements de quartier, en y ajoutant la structure qui permettra de créer une dynamique commune et de diffuser les initiatives. Cette structure, c’est la médiathèque centrale.

  • Idéalement, une médiathèque comprend outre des salles de lecture et de travail, un espace d’exposition, un auditorium pour des petits concerts et des conférences si possible un espace de restauration. Elle doit être ouverte tous les jours, tôt le matin et jusqu’en soirée. Mais elle doit aussi, d’une façon ou d’un autre, être en proximité de services autres que culturels, par exemple à caractère social ou administratif, de façon à ce que le public attiré par ces services franchisse plus facilement l’obstacle mental que peut représenter la culture, éventuellement perçue comme élitiste ou superflue. Une façon pour la culture d’aller vers son public.
  • Elle est dotée d’une équipe qui assure la liaison entre les activités des grandes institutions et avec la vie associative. Elle diffuse auprès du public qui vient avec une demande précise une information la plus exhaustive sur toutes les possibilités d’enrichissement personnel offertes par la culture, dans les quartiers et au-delà.

Une triste constatation : la ville a raté le coche. L’appauvrissement des moyens financiers ne permet pas actuellement de nous doter à court terme de cet équipement, d’autant que les choix récents ont été de se lancer dans d’autres dépenses de prestige, comme un centre nautique de loisirs qui ne correspond pas aux besoins réels de la population, ni à ses capacités financières, et qui pèsera lourdement sur les finances communales. 

Faisons alors un pari sur l’avenir, avec la création d’une médiathèque virtuelle. Virtuelle matériellement, mais pas humainement. Que la prochaine municipalité crée l’équipe qui mettra en œuvre cette politique :

  • en assurant par un bulletin culturel « Le Courrier de la Médiathèque » paraissant tous les quinze jours la diffusion de l’information sur toutes les activités et événements culturels
  • En organisant des rencontres régulières de tous les représentants du tissu associatif, et en sollicitant aussi régulièrement la population pour mieux connaître ses besoins, avec l’appui d’un Conseil des usagers de la Médiathèque
  • en encourageant des projets communs entre institutions, associations et acteurs culturels individuels. Par exemple, une exposition de prestige en mairie devrait être relayée dans les quartiers et les écoles par des expositions de club photo ou d’arts plastiques. Ce serait là le rôle des médiateurs culturels
  • en mettant un accent particulier sur les rencontres entre associations de culture et d’origine spécifique pour développer le « vivre ensemble »
  • en organisant des événements (expositions, concerts) qui pourront tourner d’un équipement de quartier à l’autre
  • en organisant un festival développé sur toute une saison sur un thème commun associant musique, cinéma, arts plastiques, cultures ethniques, et même clubs sportifs.

Il est temps que notre ville sorte du repli sur soi, et qu’elle  rayonne comme la 50e ville de France. Il est temps qu’Aulnay apparaisse dans l’actualité autrement que dans la rubrique des violences urbaines et les jugements sévères de la Cour Régionale des Comptes. Il est temps que les Aulnaysiens puissent être fiers de se revendiquer comme tels.

Faisons le pari qu’avec le temps, le travail de l’Équipe de la Médiathèque virtuelle rendrait évidente la nécessité de la création de l’équipement destiné à accueillir le public. Mais cela ne peut pas se faire en une seule mandature. Pour cela, il faudrait que disparaisse l’esprit politicien qui fait qu’arrivée au pouvoir, une municipalité va s’acharner, dans les faits et par sa propagande, à démolir et dénigrer ce qu’a fait la précédente, comme nous l’avons vu après les dernières élections. Il faut pour cela que l’intérêt général l’emporte sur les passions partisanes. Peut-on faire raisonnablement ce pari ?

R-A BOUGOURD

Exposition aux Pavillons-sous-Bois Les Visiteurs par René-Augustin Bougourd

René-Augustin BOUGOURD n’est pas seulement le président d’Aulnay Environnement, c’est aussi un homme d’images expérimenté. Il vous propose une exposition qui devrait vous séduire, et parfois, vous amuser.

Avec plus de 30 mètres de long, la Galerie Jean-Baptiste Claudot de l’Espace des Arts aux Pavillons-sous-Bois est un écrin exceptionnel pour une soixantaine de photographies grand format (jusqu’au 120×90) où se rencontrent l’art contemporain et dans l’art de se vêtir, notre modernité.

Vernissage le vendredi 10 janvier à 19h ». En introduction, rendez-vous sur le site : https://reneaugustinbougourd.com

 

Du sens des mots et de la vérité du langage, chronique des Tribunes par René-Augustin Bougourd

En tant que citoyen, je suis très sensible à la vérité du langage. Les mots ont un sens, et tout détournement m’apparaît comme une imposture intellectuelle, une insulte à l’intelligence du lecteur et partant, de l’électeur. Or les tribunes des porte-parole de l’actuelle majorité municipale offrent depuis des mois un très riche florilège de ce langage qui se soucie fort peu du sens des mots et de la vérité des faits. Pourquoi ne pas proposer chaque mois l’analyse de ces procédés et de ce langage biaisé dont on peut rêver qu’au jour de l’avènement d’un vrai débat démocratique, il passe dans les poubelles de l’histoire ?

Dans Oxygène de septembre, dès la seconde ligne de la tribune de notre première adjointe apparaît un bel exemple de cette « novlangue », lorsqu’elle prend la pose « face au petites polémiques politiciennes de ceux qui sont pour ce qui est contre et contre tout ce qui est pour ».

Que nous dit le Dictionnaire Historique  de la Langue Française d’Alain Rey, à l’article « polémique » ? « qui appartient à la dispute, au débat, tout en conservant une valeur de violence verbale ».  Le mot n’a donc au départ rien de désobligeant, sauf si on lui accole le qualificatif de « petit ». On comprend qu’à des admirateurs de Napoléon Bonaparte, rien ne convienne qui ne soit grand. Et pourtant, les effets sur la nappe phréatique d’un parking souterrain impliquant la disparition d’arbres centenaires et à terme, la transformation de tout un quartier, ou encore le projet de construire des logements sur le 5e d’un parc paysager entraînant l’abattage de près de 3000 arbres (voir le site du cabinet Richez), sujets sur lesquels nous avons cherché ou animé le débat, sont-ce de petites choses ?

Madame la Première Adjointe a-t-elle pensé aux implications de cette formule pour qualifier ses contradicteurs, « ceux qui sont pour ce qui est contre et contre tout ce qui est pour » ? Une véritable arme de destruction massive contre toute pensée libre portant la contradiction au discours convenu des gens de pouvoir. A-t-elle songé à ce qu’est un régime où tout le monde est invité à penser la même chose ? De toute évidence, Madame la Première Adjointe ne sait pas ce qu’est la démocratie : la confrontation des opinions et la recherche d’un minimum de consensus, ou plutôt, au moyen de concessions, la recherche du consentement. Or dans son discours, il n’y a pas le préliminaire, le consentement au débat : à la place, un grand mépris pour ceux qui sont d’un avis différent. Le mépris est une forme particulière de violence : en ce sens, c’est son discours qui est polémique. Et petit.

« Politicien » est emprunté à l’anglais et à la vie politique américaine «  une personne qui fait profession d’activités et d’intrigues politiques ». Les citoyens qui essaient d’instaurer  un débat sur l’avenir de la commune n’ont pas l’ambition de faire de la politique leur profession, à la différence, semble-t-il, de l’auteure de la tribune qui proclame à l’avant-dernière ligne : « nous resterons, quant à nous, professionnels ». C’est que nous ne nous réclamons d’aucun parti politique, et que nous ne recherchons aucun autre pouvoir que de participer à une co-construction des grands projets qui doivent affecter notre cadre et nos conditions de vie.  Pour reprendre une formule enfantine et pleine de bon sens, souvent pertinente pour décrypter le discours de cette équipe municipale, « politicien » « c’est celui qui dit qui y est ! »

René-Augustin Bougourd, simple citoyen

La mélodie de nos rues à Aulnay-sous-Bois

Ce fut l’un des maîtres mots de Bruno Beschizza : « Je veux du « beau » pour les Aulnaysiens ». On pourrait se demander pour quels Aulnaysiens, mais ce n’est pas là l’essentiel.  S’agissant de notre paysage urbain, peut-on parler de « beauté » pour Aulnay ? Il est vrai que beaucoup d’habitants sont attachés à leur cadre de vie, rehaussé par ce qu’on peut considérer comme des éléments patrimoniaux : bâtiments dotés d’une véritable qualité architecturale, jardins, parcs, arbres isolés ou alignements remarquables.

Cependant Aulnay est marqué par un profond contraste entre deux espaces urbains : celui du sud et du Vieux Pays, où domine l’habitat pavillonnaire, souvent d’avant-guerre, et le nord, caractérisé par un habitat collectif avec des immeubles de grande taille construits à partir de la deuxième moitié du XXe siècle. Ces « grands ensembles » qui avaient leurs qualités, sont souvent dégradés, et dans leur conception, généralement dépréciés. La réhabilitation, voire la destruction, sont de mise pour les plus anciens, tandis que de nouvelles constructions, aux formes moins monotones, apparaissent, principalement dans le cadre d’un grand projet de « rénovation urbaine ».  Cette transformation matérielle pose principalement le problème des évolutions sociales, ce qui n’est pas le sujet de la présente réflexion. La question de la beauté de ces quartiers en mutation ne peut être abordée avant la fin de cette phase de transformation. Mais elle appartient essentiellement aux habitants eux-mêmes, et passe par la réponse à deux questions : aiment-ils leur quartier, et si oui, pourquoi ? On peut déjà imaginer que dans cet habitat collectif très dense, l’intensité des relations humaines, porteuses de plaisirs  ou de désagréments, prime sur toute considération esthétique.

On peut aussi poser comme corollaire que dans l’habitat individuel, la part des relations humaines est moins grande dans l’appréciation du cadre de vie, chacun pouvant rester sur son « quant à soi » et privilégier les relations humaines choisies. Dans ce milieu démographiquement beaucoup moins dense, le plaisir du promeneur est un élément fondamental de l’appréciation du cadre de vie. D’où vient ce plaisir, en dehors de l’imprégnation de certains lieux par des souvenirs d’épisodes plus ou moins heureux ?  Quel est la part du plaisir esthétique ?

La différence fondamentale entre le promeneur et l’urbaniste, c’est que pour le second, le plan est essentiel. Il voit d’abord les choses d’en haut, le tracé des rues. Le promeneur, lui, ne voit que l’horizontalité des choses, le profil des rues. Et c’est dans ce profil qu’on peut chercher quelque chose qui s’apparente à la beauté. Pour cette recherche, une métaphore musicale peut être féconde. Les notions de « fausse note » ou de « dissonance » sont déjà naturelles pour désigner une incongruité dans un processus linéaire. Mais on peut aller beaucoup plus loin et proposer une grille d’interprétation fondée sur la comparaison entre la rue et une portée musicale.

Considérons d’abord que les notes sur une portée sont de hauteur variable. Si elles étaient de hauteur identique, il n’y aurait pas de mélodie, on n’aurait affaire qu’à un son continu, presque un bruit. Rondes, blanches, noires ou croches, elles sont aussi de durée variable. Il en est de même avec une rue d’un quartier pavillonnaire : les variations d’espacement et de taille des maisons sont une donnée fondamentale. Ces quartiers déjà relativement anciens n’ont rien à voir avec les lotissements récents de la périphérie et du périurbain, généralement une répétition d’un modèle unique, avec de faibles variations. L’uniformité et la monotonie sont étrangères aux quartiers pavillonnaires d’Aulnay. Comme la construction de ces pavillons s’étire sur un siècle et demi de grignotage des espaces agricoles et forestiers, toutes les époques, tous les styles se côtoient, et le seul point commun de ce paysage de banlieue avec celui de la ville centre, c’est qu’on peut, comme à Paris, s’amuser à deviner à quelle époque appartient chaque bâtiment. Le plaisir du promeneur est donc d’abord l’extrême diversité de ce bâti, chaque maison ayant sa personnalité, et l’on peut se prendre à rêver en se demandant si elle reflète la personnalité du propriétaire, ou si c’est le caractère de la maison qui influe sur celle du propriétaire.

Sur une portée figurent aussi des variations d’intensité, forte ou piano, crescendo ou decrescendo. Une rue peut ainsi être affectée par une soudaine inflexion, la présence d’un immeuble de grande hauteur. Pourvu qu’il n’ait pas été construit dans une époque de profonde pauvreté architecturale, cela peut être une rupture bien venue, un point de repère sur une horizontalité de faible hauteur. 

Un élément essentiel de l’écriture mélodique, ce sont les silences, sans lesquels il n’y a pas de respiration. Ainsi dans une rue, il y a des espaces non construits. Un soupir, c’est un jardin, une demi-pause, un arbre isolé, une pause, un petit parc. Ces ruptures du front bâti jouent un rôle déterminant dans l’agrément des rues, en leur donnant un rythme fondé sur le jeu des ombres et des lumières. Dans la circulation de la lumière se joue l’âme d‘une rue. Faire la chasse aux « dents creuses » et privilégier un front bâti uniforme et continu est une erreur fondamentale, qui selon l’orientation, l’heure de la journée et la saison, va plonger une rue dans la pénombre ou l’éblouissement. Au contraire, il faut être attentif à partout laisser des trouées de lumière ou de verdure.

Enfin toute mélodie s’inscrit dans une tonalité, définie par les altérations inscrites à la clé, de do majeur à si mineur. La tonalité d’un paysage urbain est déterminée par des matériaux et des procédés de construction. Les pavillons les plus typiques d’Ile de France associent meulière, brique, linteaux en fonte et carrés de céramique colorée. Il en est de même pour les immeubles collectifs de la fin du XIXe siècle jusqu’à l’entre-deux guerres. Les toitures en encorbellement avec corbeaux entretoisés sont une autre caractéristique de beaucoup de faîtages influencés par le style balnéaire. Introduire dans cet ensemble un prétendu style Ile-de France, avec des combles faussement mansardés à pans façon ardoise n’est qu’un alibi de promoteur pour optimiser les greniers et en faire des appartements. Des façades lointainement inspirées du style haussmannien, agrémentées de coupoles d’angle apportent une dissonance proche du kitsch. Le parement de pierre de taille, totalement étranger au caractère de nos rues dénote surtout une prétention « nouveau riche ».  Toute architecture nouvelle devrait comporter au moins quelques citations du style traditionnel, quelques surfaces en meulière ou brique d’une couleur voisine de celles des anciennes constructions. Ces préconisations ne font qu’illustrer l’article 1 du règlement d’urbanisme repris au début des règles définies pour chaque zone.

À moins que l’architecte ait assez de talent et de liberté pour refuser le pastiche et créer un immeuble en totale rupture, mettant en œuvre une façon vraiment contemporaine d’agencer les volumes, les matériaux et les couleurs, et apportant ainsi une note inattendue qui va donner à la mélodie de la rue une forte personnalité, sans doute sujette à controverse, mais riche d’intérêt.  

L’avantage de cette grille de lecture est d’évacuer la notion de beauté qui conduit tout droit à l’impasse « des goûts et des couleurs, etc. » qui rend impossible toute définition et tout accord. Ce qui est possible, c’est de considérer une rue dans son ensemble, de réaliser des préemptions pour maintenir des respirations et des trouées de lumière, de pousser les promoteurs et les architectes à faire preuve soit d’imagination, soit de respect pour le bâti existant. Mais cela ne fera jamais des mélodies de nos rues des chefs-d’œuvre absolus de la musique symphonique. Ce ne sera jamais que de la musique populaire, qui a aussi son charme. Ce à quoi on peut et doit veiller, c’est qu’elle soit bien écrite.

Source : René-Augustin Bougourg, président de l’association Aulnay Environnement

René-Augustin Bougourd : IMPÉRIAL HOMMAGE à Aulnay-sous-Bois

Les réalisations municipales en cours donnent à nouveau au Maire l’occasion de montrer son savoir faire en matière de dénomination des lieux et édifices publics. N’oublions pas qu’il a commencé sa mandature par un coup d’éclat, la débaptisation de la place Camélinat et l’effacement de plus de 70 ans d’histoire de ce quartier, puisque ce nom avait été choisi par une municipalité de Front Populaire à la fin des années 30.  

Naguère la proposition était faite par une commission municipale, mais selon ses propres dires, M. Beschizza n’aime pas les « comités Anatole ». Le choix des noms est à présent exclusivement le fait du Prince. Pour l’ex-annexe Barrès du collège du Parc devenue une école élémentaire et maternelle,  comme pour le futur parc de la rue Jules Princet, quels noms seront choisis ?

La tradition est d’honorer soit une personnalité qui a marqué l’histoire de la ville, soit une célébrité nationale récemment disparue. L’école de la rue Louis Barrault deviendra ainsi l’école « Jean d’Ormesson ». Pourquoi pas ?  Le choix de l’homme, écrivain prolixe et académicien, qui a su incarner avec beaucoup de charme et d’esprit la réaction post-soixantehuitarde a sa logique.

Mais la logique des temps est aussi de promouvoir la parité homme-femme (moins d’une dizaine de personnalités féminines sur 500 noms de rues à Aulnay !). Pour le parc de la rue Jules Princet, on aurait pu penser par exemple à Agnès Varda, magnifique incarnation d’un autre versant du charme, de l’esprit et du talent.

Mais non ! Il vaut mieux rester assis pour lire ceci : ce sera « Napoléon Bonaparte » !

 Il est vrai que cet homme-là méritait d’être sauvé de l’anonymat !  Mais quelle mouche (ou quelle abeille) a donc piqué notre premier édile ? Un anniversaire ? Le bicentenaire de la mort, ce ne sera qu’en  1821.  Un hommage déguisé à notre président, peut être ? Ou bien est-ce la fascination pour l’organisateur d’un pouvoir étroitement contrôlé par la police et la censure qui dès 1800, réduit à Paris le nombre de journaux autorisés de 73 à 13, à 10 peu après, à 4 en 1814 ? Quel rêve pour celui qui, aux frais du contribuable, poursuit en justice les blogs qui ne chantent pas systématiquement ses louanges !

La glorieuse cité d’Aulnay-sous-bois, bien connue pour le style impérial de son urbanisme, rendra donc hommage au plus grand génie militaire du XIXe siècle. On peut se consoler en se disant qu’au moins le ridicule, lui, ne tue pas !

Source : tribune de René-Augustin BOUGOURD

8ème festival de l’image projetée de Chelles du 2 au 4 mars avec René-Augustin Bougourd

Du vendredi 2 au dimanche 4 mars 2018.

Au 38ème festival de l’image projetée (Multiphot) de Chelles, en marge de la soirée d’ouverture de vendredi En quête d’un monde sauvage, des Rencontres de l’image projetée  et de la soirée de gala du samedi, ou encore du spectacle de dimanche Au fil de l’eau, de Moscou à Saint-Pétersbourg.

Je présente Tour à Tour, une immersion photographique dans le monde des tours de Manhattan, par des panoramiques à 180° horizontaux ou verticaux ouvrant une très grande profondeur de champ. La pièce maitresse est une structure triangulaire de trois mètres de haut en forme de tour à trois niveaux. Sur le niveau central, des photomontages mettent en scène le chaos de la rue, l’atmosphère  haute en couleurs du Subway et du Rockefeller Center. A la base, des mosaïques associant des détails d’architecture : les murs de verre, les touches d’archaïsme, les lumières de la nuit.

Structurée par l’opposition jour-nuit, l’exposition dit l’émerveillement du photographe face à l’incroyable diversité de cet univers minéral et sa magie nocturne.

Et en prime, à la soirée de gala de samedi, mon montage du même nom (Trophée de Paris 2014) sera exceptionnellement programmé!

Source : communiqué de René-Augustin Bougourd

Semaine de la Photo aux Pavillons-sous-Bois par René-Augustin Bougourd

Je suis heureux d’inviter tous les amoureux de la photo à la Semaine de la Photo du Photo-Club des Pavillons-sous-bois que j’ai l’honneur de présider. Pour donner le maximum d’impact à cet ensemble d’expositions, (600 images environ) nous avons choisi comme thème majeur, le Japon.

Samedi 25 novembre, à 14 heures et en liaison avec ce thème, je présenterai une conférence « S’inspirer d’Hokusaï », ouvrant une réflexion sur le rapport à l’image en Orient Extrême et en Occident à partir de l’idée que l’histoire de la peinture fonde en bonne partie notre rapport à l’image photographique.

Et le 1er décembre, c’est le Gla de la 3e Image. 2017 sera l’année du Gala des coups de cœur pour la tendresse d’Une Maman ou pour L’élégance du grisIl yaura aussi un coup de sang contre laViolence des licenciements boursiers et un coup de poing contre l’exploitation de L’enfant soldatIronique avec Gilbert, pudique avec J’avais 12 ans, le montage audiovisuel montrera une nouvelle fois qu’avec la puissance des images et la créativité de la bande son, il est à même de tout dire sur le monde d’aujourd’hui.

 René-Augustin BOUGOURD

La mort programmée de l’Office de Tourisme d’Aulnay-sous-Bois ?

expo office tourisme 1 001Extraits de la délibération n°14 proposée au vote du conseil municipal du 22 juin 2016:


« Considérant que la forme associative ne permet pas la mise en œuvre d’une politique municipale dynamique en matière de tourisme, le conseil municipal abroge la délibération n°13 du 18 avril 2013 confiant le service public touristique local à l’association « office de tourisme d’Aulnay-sous-bois », et décide d’exercer en interne le service public touristique local du tourisme à compter du 1er juillet 2016. »

Peut-on partager cette appréciation extrêmement désobligeante à l’égard de l’équipe qui a conduit l’office de Tourisme ces dernières années? Sur quels critères la municipalité s’appuie-t-elle pour juger  que son action « manquait de dynamisme? »

Aulnaysiens et non-Aulnaysiens, dans un lieu de centralité facilement accessible ont toujours trouvé auprès d’un personnel qualifié un accueil sympathique pour recevoir:

  • une information pratique, générale et transversale sur la ville, avec une large amplitude d’ouverture au public
  • une mise en valeur des acteurs économiques en lien avec le tourisme et tourisme d’affaires (restaurants, hôtels, chambres d’hôtes…)
  • une promotion des activités municipales et associatives

Aulnaysiens et non-Aulnaysiens, grâce à la mise en place d’expositions très variées, ont pu découvrir des pans du dynamisme aulnaysien qu’aucune autre institution communale ne donnait à voir, celui des habitants qui développaient une activité artistique indépendante et souvent très originale

Mais surtout: en quoi une forme associative serait-elle inadaptée?

Ne serait-ce pas là justement que le bât blesse? Une association, ce n’est pas une administration « aux ordres ».

Et rien n’empêchera plus de faire disparaître cette belle vitrine de notre commune.

S’il y a une chose à changer, cela serait de doter cette association d’un local plus à la mesure d’une ville de 82000 habitants!

Ce n’est pas ainsi qu’en tant que citoyen et exerçant une pratique artistique (la photographie), je conçois la vie communale. J’aimerais que notre municipalité nous « lâche un peu la bride », respecte le pluralisme et nous offre des espaces de liberté, que notre commune ne devienne pas une variante de la caserne.

Source : communiqué de René-Augustin Bougourd, aulnaysien, membre de l’association « Office du Tourisme » et président d’un club Photo.

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