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La comédie de la démocratie de proximité à Aulnay-sous-Bois

A lire le règlement voté par le Conseil Municipal en juin 2014, les Conseils de quartier sont un modèle de participation  des citoyens à la vie de leur cité.

Les Conseils sont « un lieu d’échanges, de débats, d’expression libre» qui « élaborent des propositions pour  l’amélioration du cadre de vie » et « un moteur dans la concertation pour les projets concernant leur quartier »  (art4), « une force de proposition » (art 6). Pour cela, « Le rapporteur, l’élu référent, l’adjoint de quartier agissent dans un esprit de collégialité et veillent à harmoniser la contribution de chacun » (art.7)

A Aulnay, pas de force de proposition, mais une tribune des élus, bien verrouillée contre toute tentative de mise en œuvre du règlement. On sait cela depuis la première mandature, mais faut-il se résigner ? Faut-il se résigner à ce que des conseillers, un secrétaire et un rapporteur soient élus et ne servent à rien ?

Quel lieu d’échanges, de débats, d’expression libre ?

 En principe, les conseillers se réunissent tous les mois. Mais la Mairie refuse qu’ils aient connaissance des coordonnées, ni même de la liste de leurs collègues.  Il faut dire que les conseillers amis de la municipalité n’y mettent pas du leur : à la dernière réunion du Conseil des Prévoyants, seuls 4 conseillers élus sont présents, et ils refusent de communiquer leurs coordonnées au rapporteur, qu’ils considèrent n’être pas de leur bord politique. Et chacun sait qu’il ne faut surtout pas communiquer avec ces gens-là, la démocratie, ça ne se pratique qu’entre gens qui sont du même bord. Le prétexte ?  Il s’agit d’une information strictement privée ! Pourquoi ont-ils alors candidaté à une fonction représentative ? Ne voit-on pas que cela implique de sortir du domaine privé ? Ne sont-ils donc devenus conseillers que pour défendre leur propre et seul intérêt ? Et les absents ? Combien sont-ils ? On ne le saura jamais, il n’y a pas d’appel des présents, pas de mention des excusés, ni oralement, ni par écrit, car de la séance précédente, il n’y a pas eu de compte-rendu, pourtant prévu par le règlement.

Quelle force de proposition pour l’amélioration du cadre de vie ?

Logiquement les Conseillers doivent être connus des habitants pour recueillir leurs vœux, les rassembler en échangeant avec le rapporteur. Évidemment, pour l’instant, ils ne font remonter que leurs plaintes toutes personnelles, qui sont recueillies par la municipalité à l’entrée de la salle et jamais communiquées au rapporteur. Et comment proposer quand on n’est pas maître de l’ordre du jour, décidé par la municipalité et intangible, car aucune mention de « questions diverses » n’est prévue ? Ainsi tout un groupe d’habitants venus s’exprimer sur la circulation ont-ils été déboutés, et renvoyés à un exposé des responsables municipaux promis pour le prochain conseil.

Quel moteur dans la concertation pour les projets concernant leur quartier ?

Un projet qui touche directement le quartier, la disparition programmée de l’Espace Averino au profit d’un programme de 120 logements n’a jamais été porté à la connaissance du Conseil ! Où est la concertation ?  Un autre projet, la construction d’une résidence senior sur le terrain de la Croix Blanche a certes été présenté, mais aucune consultation avec les riverains n’est envisagée, alors que ceux-ci se sont mobilisés lors d’une précédente mandature contre un projet aussi massif que celui qui vient d’être présenté. Où est la concertation ?

Or des habitants en désaccord avec le rapporteur sur l’application du règlement ont rappelé leur souhait déjà exprimé dans le passé de la présence sur ce site d’une salle de réunion pour combler le manque criant de ce genre d’équipement dans le quartier, encore aggravé par la disparition des salles de l’Espace Averino. Le rapporteur a évidemment abondé dans ce sens, car quelles que soient les divergences d’opinion, c’est bien l’intérêt général qui est ici en cause. Voilà bien l’esprit dans lequel devrait pouvoir travailler le Conseil !

Quel esprit de collégialité ?

Malgré plusieurs demandes successives orales et écrites, aucune réunion n’a été organisée entre le rapporteur, le secrétaire et les élus pour préparer le second conseil. Et le soir du conseil, un habitant du quartier (qui tutoie le Maire) s’est autorisé à proférer des propos injurieux à l’adresse du rapporteur.

Sans aucune réaction des élus présents, en principe chargés de faire respecter la sérénité des débats.

C’est bien cela, l’Esprit village ?

Par René-Augustin BOUGOURD, rapporteur élu du Conseil des Prévoyants

René-Augustin Bougourd rappelle aux élus ce qu’est le règlement des conseils de quartier à Aulnay-sous-Bois

Voici le règlement des Conseils de quartier.

Il est hautement souhaitable que tous les conseillers élus prennent connaissance de ce document, pour exiger un changement du fonctionnement des Conseils.

On sera globalement surpris de constater que le fonctionnement actuel des Conseils de quartier ne correspond absolument pas à ce qui est préconisé par le texte réglementaire.

On est surpris que ce règlement n’ait pas été porté à la connaissance des candidats conseillers et pas davantage une fois qu’ils ont été élus.

On est surpris que les conseillers élus n’aient pas reçu d’invitation par mail en même temps que la liste des réunions était rendue publique par voie d’affiche.

On est surpris que les rapporteurs élus n’aient pas reçu très vite la liste des conseillers élus afin de préparer les réunions avec l’élu référent en transmettant les vœux des conseillers, reflet des contacts qu’ils établissent avec la population, comme c’est le rôle de tout élu, dans toute assemblée démocratique digne de ce nom.

Les Conseils de quartier, s’ils sont bien conformes au texte, sont « des lieux d’échange, de débats, d’expression libre, et élaborent des propositions pour l’amélioration du cadre de vie ». « Les conseillers de quartier sont force de proposition pour le développement de la démocratie de proximité. »

C’est bien ce qui est fait ici en rendant ce texte public. Mais pourquoi cela n’a-t-il jamais été fait ?

René-Augustin BOUGOURD, rapporteur élu du Conseil des Prévoyants

Le discours d’investiture de Bruno Beschizza laisse une profonde impression de malaise

D’abord, on ne peut qu’adhérer à sa profession de foi, lorsqu’il réitère son engagement  du 5 avril 2014, celui du « rassemblement » : «nous ne serons pas les élus d’un clan, ni d’un quartier, je serai le maire de toutes les Aulnaysiennes  et de tous les Aulnaysiens.»  

Dans son idéal de gestion de « bon père de famille », il revendique une attitude merveilleusement attentive : « la faute serait de ne pas écouter. Et nous écoutons, nous concertons, même imparfaitement. Il faut écouter, encore écouter, toujours écouter, être attentif à tous et agir pour chacun. La proximité, c’est le contact avec le réel, avec les vrais gens, des gens qui ont un visage, des gens qui ont une voix, des gens qui ont des sentiments, même quand ils sont finalement presque en colère, qui ont des expressions, des émotions. »

Mais brusquement le « bon père de famille » devient père fouettard lorsqu’il parle du « pire : des réseaux sociaux, ou de certains blogs. Ce petit monde de l’entre-soi qui ne parle qu’à lui-même et dans lesquels parfois malheureusement certains se prennent tout à la fois pour des spécialistes, des journalistes, des enquêteurs, des juges, des inquisiteurs, voire certains des bourreaux. Ce sont les nouveaux Marat. »

Cela veut-il dire que les membres de la municipalité mais aussi certains agents municipaux sont invités à déserter les réseaux sociaux et un certain blog où ils vantent à l’envie l’action municipale et utilisent tous les arguments propres à décrédibiliser le moindre désaccord avec les choix de la municipalité ? 

Cela veut-il dire qu’ils doivent tous montrer leur vrai visage en renonçant à l’usage peu courageux des pseudos ? Cela veut-il dire que ce blog fondé par un adjoint du maire est invité à sortir de l’ « entre-soi » en s’ouvrant aux commentaires critiques ?

Cela veut-il dire que si l’on n’est ni spécialiste, ni enquêteur, ni juge, on n’a pas le droit de s’exprimer ? Cela veut-il dire que toutes les personnes qui disent sur la toile leur désaccord avec un projet municipal sont des inquisiteurs et deviennent (peut-on en croire ses oreilles ?) des bourreaux ?! Et que faut-il comprendre dans cette référence historique qui arrive comme la cerise sur la gâteau, ou plutôt comme la tête sur le billot : ces gens-là seraient « de nouveaux Marat » !

Reprenons nos esprits : Jean-Paul Marat,  médecin et journaliste, s’est distingué sous la Révolution par un discours populiste d’une extrême brutalité, réclamant sans cesse que l’on coupe des têtes. Il encourageait une violence populaire qui s’est malheureusement de nombreuses fois déchaînée, en particulier lors des  tristement célèbres massacres de septembre 1792. Dans les blogs clairement visés par le Maire, en clair Aulnaycap et surtout MonAulnay, (qui eux laissent s’exprimer toutes les opinions), si l’on veut trouver un discours de violence, il est bien dans celui de certains commentaires particulièrement hostiles que l’on peut résumer ainsi : « vous avez été battus, maintenant taisez-vous !» Certes, il y a un progrès depuis Marat : il n’est plus question de couper des têtes, mais des langues. Notons au passage que les multiples procédures judiciaires engagées par le Maire visent précisément à la même chose, et que l’une d’entre elles a bien atteint son but : la disparition d’un blog. Peu importe d’être presque toujours finalement débouté : la pression psychologique générée par les procédures et le poids des frais de justice restent des moyens d’intimidation non négligeables.

Prêter à l’adversaire ce que l’on fait soi-même, chercher à discréditer et bâillonner toute opposition, c’est une pratique familière dans certains régimes politiques, ce n’est assurément pas un discours de ce rassemblement dont se réclame le Maire.

Nombreux sont ceux qui considèrent qu’il n’est pas nécessaire d’applaudir à toutes les initiatives de la municipalité pour mériter un statut de « vrais gens ».

Nombreux sont ceux qui se considèrent comme « des gens qui ont un visage, des gens qui ont une voix, des gens qui ont des sentiments »,  et qui revendiquent ce droit « d’être en colère, qui ont des expressions, des émotions » même si cela ne s’exprime pas exclusivement sur le terrain choisi par le Maire, oralement et au hasard d’une rencontre au marché, mais sur la toile, à visage découvert, sans le masque d’un pseudo, de façon argumentée et réfléchie. Et sans haine.

Le Maire s’honorerait de mettre en œuvre une conception de la démocratie qui tolère et respecte la contestation sous toutes ses formes, qui veillerait à recevoir les associations qui ont leur propre vision de l’avenir de la ville,  et répondrait à leurs courriers, comme il s’y était engagé en 2014. Une conception de la démocratie qui reposerait sur une écoute et une concertation réelle, une vraie prise en compte de tous les Aulnaysiennes et Aulnaysiens, passant par la recherche du compromis sinon du consensus, et qui se dispenserait de toute mise au pilori.

Source : René-Augustin Bougourd

Lettre ouverte au maire d’Aulnay-sous-Bois concernant un tract nauséabond sur Benjamin Giami

Monsieur le Maire,

En tant que simple citoyen, j’ai voulu exprimer sur les blogs toute mon attente d’un débat démocratique exempt de toute trace de sectarisme ou de mauvaise foi.

Cette fois, on vient de basculer dans l’ignoble. Des Aulnaysiens ont trouvé dans leur boîte aux lettres un tract titrant à propos d’un candidat de l’opposition municipale : « Menteur ou fraudeur ? », avec la reproduction de sa taxe d’habitation. Le but non seulement est de mettre en doute la légitimité d’un candidat à se prétendre Aulnaysien, mais de le salir.

Je pense que le premier magistrat doit être conscient que de tels procédés qui visent à salir une personne, salissent en vérité l’image de la commune.

Ce procédé nous rappelle effet les heures les plus sombres de notre histoire, lorsque les corbeaux s’en donnaient à cœur-joie. On donne une adresse privée, et l’on publie un document qui ne peut être communiqué qu’à la demande d’un habitant d’une autre commune, sans que la publicité en soit ainsi autorisée.  De fait, prudemment, le tract reste anonyme.

De qui émane ce document ?  Nous excluons qu’il puisse venir d’une liste qui revendique une charte éthique.  En revanche, nous reconnaissons un procédé que nous avons dénoncé dans les polémiques que les tenants de l’équipe municipale substituent au débat démocratique : au lieu de débattre sur les faits et les projets, on cherche systématiquement à décrédibiliser les contradicteurs.

Monsieur le Maire, je vous serai en tant que citoyen profondément reconnaissant de bien vouloir veiller à ce que les partisans de chacune des listes restent dans le cadre du respect qui, en République, doit être observé entre les citoyens. Cela serait en conformité avec le pacte de non-agression que votre équipe a conclu avec un candidat.

Mais nous n’avons pas seulement besoin de respect et de dignité, dans le cadre d’un débat où l’on doit confronter des projets, et qui ne s’appuie pas sur des attaques personnelles. Nous avons aussi besoin d’une équipe dont le programme corresponde aux attentes des Aulnaysiens, en particulier au niveau de l’urbanisme, une équipe réellement à l’écoute des citoyens et qui fait vivre une vraie démocratie locale, où l’on co-construit les projets avec la population et les associations, et où l’on rompt avec le clientélisme et le pouvoir personnel. 

Merci d’avance, Monsieur le Maire, de bien vouloir entendre ces souhaits d’un nombre grandissant d’habitants de votre commune.

Source : René-Augustin Bougourd

Réné-Augustin Bougourd répond à Frank Cannarozzo, adjoint au Maire à Aulnay-sous-Bois

Je ne sais pourquoi, le commentaire que j’avais rédigé sur le champ à M. Cannarozzo n’est pas paru. Fausse manœuvre de ma part ? Sur le coup, j’ai pensé qu’il valait mieux passer à autre chose. Et puis je me ravise, car même si peu de gens vont me lire avec ce délai, les écrits restent, et on risque de me dire « qui ne dit mot consent ». Il faut donc que je rétablisse les faits.

Cannarozzo, en guise de réponse, utilise deux procédés bien connus de polémistes : d’abord, répondre à côté. Le fond de mon article portait sur l’incapacité à reconnaître ses errements, et non sur les procédés des journalistes. On peut en penser ce que l’on veut, et lorsque l’on est interviewé, on doit presque toujours s’attendre à être déçu. Si l’on veut avoir strictement ce que l’on veut entendre, pour cela, il y a les porte-parole.

Un autre procédé, bien fait pour biaiser le débat, consiste à discréditer le contradicteur. D’abord, en lui prêtant des buts politiques, nécessairement louches. Si s’exprimer en tant que citoyen pour réclamer un débat démocratique sain, c’est faire de la politique, je ne vois pas ce qu’il y a là de critiquable. Si c’est le pouvoir qu’on vise, pour le conquérir, ou pour le conserver, c’est autre chose. Que M. Cannarozzo se rassure : je ne désire absolument pas prendre sa place. Simplement, je voudrais voir à la tête de ma commune une équipe qui tienne un autre discours et adopte des pratiques conformes à l’éthique, qu’elle soit « coaché par l’ancien maire », ou pas. Pourquoi pas la sienne, si elle instaure un vrai dialogue avec tous ceux qui ne sont pas systématiquement d’accord avec tout ce qu’elle fait, qui respecte son opposition, et ne considère pas le vote d’une minorité des électeurs inscrits comme la liberté de tout faire à sa guise sans accepter aucun compromis ? Comprenons par là : une attitude vraiment démocratique.

Une forme particulièrement désagréable de ce procédé consiste à prêter à son contradicteur des positions anciennes telles qu’il se trouve en contradiction avec lui-même. Un trop beau moyen d’escamoter le fond du débat. Ainsi M. Cannarozzo me prête un soutien au « projet de 62 logements sur la parcelle Croix Blanche, arbres abattus au passage ». Cela est faux. Lorsque j’ai assisté à la séance à l’école République où s’est déchaînée, dans une atmosphère d’une violence particulièrement malsaine, l’opposition au préprojet présenté par la municipalité d’alors, je n’avais sur tous ces problèmes aucune opinion arrêtée. Mais je m’honore d’avoir participé au Comité de pilotage (quand en mettrez-vous en place, conformément à vos anciennes promesses ?) où une poignée de gens de bonne volonté tentait d’échapper aux manœuvres de blocage. Dans ce comité, je me suis rallié au principe de « logement intermédiaire » collectif, de type « maison de ville » avec un projet inter-générationnel, et je me suis toujours opposé à l’idée d’un lotissement pavillonnaire, le plus coûteux pour les finances de la commune. Et qui surtout aurait placé ces arbres dans des propriétés privées, avec tout loisir pour les propriétaires de les abattre ! Je nourrissais l’espoir que la collectivité saurait mieux préserver ces magnifiques témoins de notre passé forestier. C’est la seule erreur que je reconnaisse, car les amis de M. Cannarozzo, en ne prenant aucune précaution pour protéger ce patrimoine lorsque le terrain a été transformé en base de travaux, ont su faire ce qu’il fallait pour précipiter la fin de plusieurs d’entre eux.   

Source : René-Augustin Bougourd

Frank Cannarozzo, adjoint au Maire à Aulnay-sous-Bois, répond aux affirmations de René-Augustin Bougourd

Je veux remercier monsieur Bougourd du fait que j’occupe largement ses pensées et qu’il m’oblige ici à un droit de réponse car des propos fallacieux sont tenus.

Ai-je droit d’être méfiant vis à vis des journalistes ? Si la profession n’est pas à mettre en cause, elle est nécessaire et utile, elle comporte aussi des gens qui font mal leur travail comme dans toutes les professions. Ici cet article publié dans un mensuel n’est que la copie conforme d’un article publié l’année dernière dans un hebdomadaire. Si être journaliste consiste à faire du copier-coller, alors je crains vraiment pour la profession. Ensuite on peut s’interroger sur le timing puisque la publication du rapport de la CRC date juin 2019. Que s’est-il donc passé pour que ce mensuel oublie ce sujet pendant 8 mois et se réveille a 1 mois de l ‘élection ? Hibernation ??? J’aime la naïveté de monsieur Bougourd mais ça s’appelle un article commandé réalisé par un presse-bouton. A qui cela profite est la question qui permet de savoir d’où ça vient.

Et si je suis un peu méfiant, c ‘est aussi que contrairement à monsieur Bougourd, j’ai un peu d’expérience avec les journalistes, des bons et des mauvais. 3 exemples pas récents mais significatifs. Quand en 2006, des jeunes du quartier rose des vents me disent qu’une grande TV nationale les payaient 30 euros pour durcir leurs propos devant les caméras lors des émeutes de 2005, oui je m’inquiète. Quand en 2006, des jeunes du quartier Ambourget me disent que d’autres journalistes d’une autre grande TV leur tendaient un foulard palestinien pour parler devant la caméra durant les émeutes de 2005, oui je m’inquiète. Quand en 2005, un journaliste d’une grande radio nationale passe une journée avec moi pour comprendre Aulnay et qu’il me dit « vous faites plein de trucs bien, c’est dommage que vous soyez touchés par ces émeutes » et que le lendemain, l’heure de radio consacrée à Aulnay ne fera jamais aucune mention de ces ‘trucs bien », oui je m’inquiète.

Mais je crois que ma méfiance est partagée par bon nombre de français quand on regarde les enquêtes d’opinions. Mais le mieux est encore de revoir Citizen Kane, monsieur Bougourd !

Quant aux magistrats de la CRC, là encore, je doute que monsieur Bougourd ait la moindre expérience. Personnellement j’y ai été confronté et je sais de quoi je parle. Je vais la encore donné deux exemples. Dans le précèdent rapport basé sur le contrôle de 2009, on peut lire que « la police municipale est mal perçue par les habitants ». Je m’interroge donc sur quoi est basée cette affirmation. Eh bien c’est écrit noir sur blanc, sur la déclaration de l’adjoint à la sécurité de M Segura. La CRC transforme une opinion en fait, et tout le monde trouve cela normal ? Mais il se trouve qu’en 2002, j’avais fait faire a l’échelle de la ville un sondage auprès de tous les foyers aulnaysiens sur leur appréciation en terme de sécurité. Résultat : appréciation de la police municipale par les habitants : 67% de positif ! J’ai donné ces documents à la CRC, les seuls connus, elle n’en a pas tenu compte. Elle a préféré une opinion. Ensuite, il est écrit que les premières cameras avaient été posées sans concertation avec la police nationale. Comment le sait-elle ? En demandant au commissaire de police de 2009. Sauf que c’est le commissaire de police de 2003-2004 qui a lui participé. J’ai fourni nom et coordonnées, il n’a jamais été contacté. Alors oui je ne prends pas pour argent comptant ce que disent ces magistrats qui sont contrôleurs et juges, la seule juridiction de notre pays qui ne travaille pas en procédure contradictoire. Une aberration selon moi.

Les critiques sont-elles recevables ? Pour être élu depuis 18 ans, j’ai un peu l’habitude la encore d’en recevoir. Mais si les élus n’ont pas raison parce qu’ils sont élus, les citoyens n’ont pas raison parce qu’ils sont citoyens. Et je préfère ne pas être élu en ne courbant pas l’échine devant ce que je considère comme injustifié plutôt que d’être élu en faisant des courbettes a de petits groupes comme ici.

Il se trouvent qu’élu n’est pas une profession et que j’ai la chance d’avoir une profession dans laquelle l’amélioration continue est une règle. Et si on pratique l’amélioration continue, c’est bien parce que les organisations aussi performantes soient-elles doivent sans cesse faire mieux. Et si la ville n’échappe pas à ce besoin d’amélioration, rien ne justifie cette atmosphère de lynchage publique déversée par des trolls et leurs alliés politiques.

Car le fait que monsieur Bougourd, s’exprime ainsi, décrédibilisant toute la neutralité politique de l’association qu’il préside, c’est pour des raisons politiques uniquement. Tout le monde sait qu’il soutient le candidat coaché par l’ancien maire. Ancien maire qu’il soutenait dans son projet de 62 logements sur la parcelle croix-blanche, arbres abattus au passage bien sûr. Mais ça c’était avant…

Source : droit de réponse de Frank Cannarozzo, adjoint au Maire à Aulnay-sous-Bois

René-Augustin Bougourd répond aux critiques de Frank Cannarozzo, adjoint à Aulnay-sous-Bois

Dernièrement, une déclaration de la liste AEC empreinte de sectarisme avait soulevé mon indignation de citoyen impatient d’entendre un autre discours politique, après toute une mandature de sectarisme éhonté. Aujourd’hui, en prenant connaissance du  commentaire de M. Cannarozzo sur un article relayant le rapport de la cour régionale des comptes, ce qui domine, c’est le haut-le cœur.

Nous sommes en plein « trumpisme » : il ne faut ni croire les journalistes, ni prendre au sérieux les magistrats. Aucune critique n’est recevable, il n’y a aucun compte à rendre. Pourrait-on imaginer qu’on reconnaisse la moindre faiblesse, et qu’on s’engage à mieux faire ? Pas du tout, pour une bonne raison : « les autres ont fait pire ! Et attention, on a des dossiers ! Si on nous pousse encore, on va les ouvrir, et on va voir ce qu’on va voir ! » 

Lorsque le discours politique se résout à aboyer et à menacer de mordre, que peut espérer le citoyen ?

En face de personnes qui s’estiment les seules légitimes à exercer le pouvoir, qui justifient le clientélisme et qui sont incapables de prêter à leurs adversaires le moindre mérite, qui manient sans cesse l’invective et l’adjectif injurieux, et qui à tout questionnement, répliquent : « circulez, y’a rien à voir ! », quel débat démocratique peut-on instaurer ?

À gauche et à droite, des listes nous promettent un comité d’éthique. C’est en effet une urgence ! Mais vous qui vous prétendez irréprochables, quel risque prendriez vous à récupérer cette idée ?

La vérité, c’est que tout pouvoir attire des parasites et des profiteurs. Les vieux amis se rappellent à votre bon souvenir, vantent tous les services qu’ils vous ont rendus, et vous promettent une rancune éternelle et des représailles immédiates si vous ne faites pas « ce petit geste »  bien normal entre amis. « C’est moralement discutable ? Vous n’allez pas nous « chercher des poux » ! LES AUTRES ONT FAIT PIRE ! » Donc, on n’en sortira jamais !

Comment échapper aux abus des « hommes de réseau », sinon en multipliant les garde-fous ? À Aulnay, ils sont allégrement contournés. Et voilà comment on dégoûte les citoyens de la politique et comment on fait de la démocratie un mot vide de sens.

Source : René-Augustin Bougourd

Nous avons besoin d’une médiathèque à Aulnay-sous-Bois !

Trois constatations préliminaires pour Aulnay :

  • Une vie culturelle intense, de par le nombre important d’associations et d’artistes locaux, et la qualité des grandes institutions : Conservatoire, École d’Art Claude Monet, CREA, Centre Prévert, Le Cap. Sans négliger l’existence d’événements comme la Fête de l’Arbre, les Futuriales ou les bals du dimanche.
  • L’indigence des équipements de base: une bibliothèque centrale qui n’ouvre que la moitié du temps et qui n’a que les dimensions d’une bibliothèque de quartier, une salle polyvalente qui n’est qu’un gymnase des années 30, des salles de réunion indigentes, sans équipement moderne, comme la vidéoprojection. La moindre commune de 20 000 habitants est mieux dotée que notre ville quatre fois plus peuplée. Les communes voisines possèdent une médiathèque moderne. Nous n’avons même pas de salle des fêtes.
  • Une politique culturelle actuellement quasi-inexistante. Entendons par là, à partir d’une réflexion globale, la coordination et l’encouragement à travailler ensemble insufflée par la municipalité, avec une équipe de médiateurs culturels. Quand l’ambition se résume à « l’esprit village », on ne peut s’étonner que nos équipements communaux concordent avec cette vision étriquée.

Nous avons besoin d’une équipe et d’un lieu pour mettre en œuvre cette politique culturelle.

La culture présente deux versants :

  • d’un côté, elle rassemble. Pour cela, il faut des lieux de partage. Il y a plusieurs décennies, le choix a été fait de créer un réseau de bibliothèques de quartier. Nul doute que les équipes de ces établissements font de leur mieux. L’avantage de ce choix est la proximité, mais c’est aussi l’inconvénient du morcellement des initiatives et de la dispersion des moyens, avec un rayonnement limité.
  • D’une autre côté, elle sépare. Chaque quartier, chaque communauté va valoriser ses spécificités, ses cultures propres. Chaque classe d’âge va se replier sur ses loisirs traditionnels. Car l’étendue de notre ville et la diversité des groupes humains ne facilitent pas les contacts. Il faut se garder d’une politique de clientélisme culturel qui ne conduit qu’à la concurrence entre les communautés.

Dans le contexte particulier d’Aulnay-sous-bois, une politique culturelle doit essentiellement viser à surmonter les fractures territoriales et culturelles.

Cette politique culturelle doit partir de l’existant : le réseau des équipements de quartier, en y ajoutant la structure qui permettra de créer une dynamique commune et de diffuser les initiatives. Cette structure, c’est la médiathèque centrale.

  • Idéalement, une médiathèque comprend outre des salles de lecture et de travail, un espace d’exposition, un auditorium pour des petits concerts et des conférences si possible un espace de restauration. Elle doit être ouverte tous les jours, tôt le matin et jusqu’en soirée. Mais elle doit aussi, d’une façon ou d’un autre, être en proximité de services autres que culturels, par exemple à caractère social ou administratif, de façon à ce que le public attiré par ces services franchisse plus facilement l’obstacle mental que peut représenter la culture, éventuellement perçue comme élitiste ou superflue. Une façon pour la culture d’aller vers son public.
  • Elle est dotée d’une équipe qui assure la liaison entre les activités des grandes institutions et avec la vie associative. Elle diffuse auprès du public qui vient avec une demande précise une information la plus exhaustive sur toutes les possibilités d’enrichissement personnel offertes par la culture, dans les quartiers et au-delà.

Une triste constatation : la ville a raté le coche. L’appauvrissement des moyens financiers ne permet pas actuellement de nous doter à court terme de cet équipement, d’autant que les choix récents ont été de se lancer dans d’autres dépenses de prestige, comme un centre nautique de loisirs qui ne correspond pas aux besoins réels de la population, ni à ses capacités financières, et qui pèsera lourdement sur les finances communales. 

Faisons alors un pari sur l’avenir, avec la création d’une médiathèque virtuelle. Virtuelle matériellement, mais pas humainement. Que la prochaine municipalité crée l’équipe qui mettra en œuvre cette politique :

  • en assurant par un bulletin culturel « Le Courrier de la Médiathèque » paraissant tous les quinze jours la diffusion de l’information sur toutes les activités et événements culturels
  • En organisant des rencontres régulières de tous les représentants du tissu associatif, et en sollicitant aussi régulièrement la population pour mieux connaître ses besoins, avec l’appui d’un Conseil des usagers de la Médiathèque
  • en encourageant des projets communs entre institutions, associations et acteurs culturels individuels. Par exemple, une exposition de prestige en mairie devrait être relayée dans les quartiers et les écoles par des expositions de club photo ou d’arts plastiques. Ce serait là le rôle des médiateurs culturels
  • en mettant un accent particulier sur les rencontres entre associations de culture et d’origine spécifique pour développer le « vivre ensemble »
  • en organisant des événements (expositions, concerts) qui pourront tourner d’un équipement de quartier à l’autre
  • en organisant un festival développé sur toute une saison sur un thème commun associant musique, cinéma, arts plastiques, cultures ethniques, et même clubs sportifs.

Il est temps que notre ville sorte du repli sur soi, et qu’elle  rayonne comme la 50e ville de France. Il est temps qu’Aulnay apparaisse dans l’actualité autrement que dans la rubrique des violences urbaines et les jugements sévères de la Cour Régionale des Comptes. Il est temps que les Aulnaysiens puissent être fiers de se revendiquer comme tels.

Faisons le pari qu’avec le temps, le travail de l’Équipe de la Médiathèque virtuelle rendrait évidente la nécessité de la création de l’équipement destiné à accueillir le public. Mais cela ne peut pas se faire en une seule mandature. Pour cela, il faudrait que disparaisse l’esprit politicien qui fait qu’arrivée au pouvoir, une municipalité va s’acharner, dans les faits et par sa propagande, à démolir et dénigrer ce qu’a fait la précédente, comme nous l’avons vu après les dernières élections. Il faut pour cela que l’intérêt général l’emporte sur les passions partisanes. Peut-on faire raisonnablement ce pari ?

R-A BOUGOURD

Exposition aux Pavillons-sous-Bois Les Visiteurs par René-Augustin Bougourd

René-Augustin BOUGOURD n’est pas seulement le président d’Aulnay Environnement, c’est aussi un homme d’images expérimenté. Il vous propose une exposition qui devrait vous séduire, et parfois, vous amuser.

Avec plus de 30 mètres de long, la Galerie Jean-Baptiste Claudot de l’Espace des Arts aux Pavillons-sous-Bois est un écrin exceptionnel pour une soixantaine de photographies grand format (jusqu’au 120×90) où se rencontrent l’art contemporain et dans l’art de se vêtir, notre modernité.

Vernissage le vendredi 10 janvier à 19h ». En introduction, rendez-vous sur le site : https://reneaugustinbougourd.com

 

Du sens des mots et de la vérité du langage, chronique des Tribunes par René-Augustin Bougourd

En tant que citoyen, je suis très sensible à la vérité du langage. Les mots ont un sens, et tout détournement m’apparaît comme une imposture intellectuelle, une insulte à l’intelligence du lecteur et partant, de l’électeur. Or les tribunes des porte-parole de l’actuelle majorité municipale offrent depuis des mois un très riche florilège de ce langage qui se soucie fort peu du sens des mots et de la vérité des faits. Pourquoi ne pas proposer chaque mois l’analyse de ces procédés et de ce langage biaisé dont on peut rêver qu’au jour de l’avènement d’un vrai débat démocratique, il passe dans les poubelles de l’histoire ?

Dans Oxygène de septembre, dès la seconde ligne de la tribune de notre première adjointe apparaît un bel exemple de cette « novlangue », lorsqu’elle prend la pose « face au petites polémiques politiciennes de ceux qui sont pour ce qui est contre et contre tout ce qui est pour ».

Que nous dit le Dictionnaire Historique  de la Langue Française d’Alain Rey, à l’article « polémique » ? « qui appartient à la dispute, au débat, tout en conservant une valeur de violence verbale ».  Le mot n’a donc au départ rien de désobligeant, sauf si on lui accole le qualificatif de « petit ». On comprend qu’à des admirateurs de Napoléon Bonaparte, rien ne convienne qui ne soit grand. Et pourtant, les effets sur la nappe phréatique d’un parking souterrain impliquant la disparition d’arbres centenaires et à terme, la transformation de tout un quartier, ou encore le projet de construire des logements sur le 5e d’un parc paysager entraînant l’abattage de près de 3000 arbres (voir le site du cabinet Richez), sujets sur lesquels nous avons cherché ou animé le débat, sont-ce de petites choses ?

Madame la Première Adjointe a-t-elle pensé aux implications de cette formule pour qualifier ses contradicteurs, « ceux qui sont pour ce qui est contre et contre tout ce qui est pour » ? Une véritable arme de destruction massive contre toute pensée libre portant la contradiction au discours convenu des gens de pouvoir. A-t-elle songé à ce qu’est un régime où tout le monde est invité à penser la même chose ? De toute évidence, Madame la Première Adjointe ne sait pas ce qu’est la démocratie : la confrontation des opinions et la recherche d’un minimum de consensus, ou plutôt, au moyen de concessions, la recherche du consentement. Or dans son discours, il n’y a pas le préliminaire, le consentement au débat : à la place, un grand mépris pour ceux qui sont d’un avis différent. Le mépris est une forme particulière de violence : en ce sens, c’est son discours qui est polémique. Et petit.

« Politicien » est emprunté à l’anglais et à la vie politique américaine «  une personne qui fait profession d’activités et d’intrigues politiques ». Les citoyens qui essaient d’instaurer  un débat sur l’avenir de la commune n’ont pas l’ambition de faire de la politique leur profession, à la différence, semble-t-il, de l’auteure de la tribune qui proclame à l’avant-dernière ligne : « nous resterons, quant à nous, professionnels ». C’est que nous ne nous réclamons d’aucun parti politique, et que nous ne recherchons aucun autre pouvoir que de participer à une co-construction des grands projets qui doivent affecter notre cadre et nos conditions de vie.  Pour reprendre une formule enfantine et pleine de bon sens, souvent pertinente pour décrypter le discours de cette équipe municipale, « politicien » « c’est celui qui dit qui y est ! »

René-Augustin Bougourd, simple citoyen

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