Archives de Catégorie: Sécurité
Les nouvelles résidences des 3000 à Aulnay-sous-Bois, le symbole d’un plan de rénovation raté ?
En 2004, le quartier de la Rose des Vents, dit quartier des 3000, était une suite d’immeubles de qualité disparate, avec en son centre la fameuse barre du Galion, sous laquelle se trouvait la galerie marchande du centre commercial du même nom. Sous l’impulsion de Jean-Louis Borloo, alors Ministre délégué à la ville sous la présidence de Jacques Chirac, et de Gérard Gaudron, Maire d’Aulnay-sous-Bois, un vaste plan de rénovation urbaine fut décidé avec plusieurs centaines de millions d’euros investis. Objectifs : désenclaver le quartier de la Rose des Vents, détruire les tours et immeubles de qualité médiocre et construire du neuf, du beau, de l’aéré.
Quelques années plus tard, et ce malgré un premier îlot plutôt coquet, d’imposants immeubles ont vu le jour le long de la RN2 avec notamment les monstres de béton que sont les îlots Le Sisley et Bouygues. Aujourd’hui, d’anciens habitants de ce quartier expriment leur tristesse en voyant ces blocs non cohérents qui ont dévisagé à jamais tout un pan de la ville d’Aulnay-sous-Bois
Si l’arrivée prochaine du Grand Paris Express a boosté un peu le marché de l’immobilier, les problèmes sont restés dans ce quartier, selon les dires d’habitants ou d’ex habitants : insécurité, drogue, chômage, pauvreté. Si bien que des commerces ont même plié bagages, abandonnant les habitants à leur triste sort.
Le Plan de Rénovation Urbaine (PRU) à Aulnay-sous-Bois, ne serait-ce pas, comme le disent certaines, une victoire perdue ?
Toujours aucune sécurisation aux abords du collège Simone Veil à Aulnay-sous-Bois
Nous l’indiquions dans un précédent article, les bordures du rond-point situé à proximité du collège Simone Veil à Aulnay-sous-Bois ne sont toujours pas réparées avec des pierres accessibles à même le sol. Les poteaux sont toujours défoncés, et aucune activité ne laisse penser que les réparations auront lieu bientôt.
De plus, les poubelles débordaient encore hier, ce qui cause des problèmes d’hygiène. Les riverains espèrent que la situation s’améliorera prochainement car si toutes et tous sont conscients des contraintes sanitaires, la sécurisation des lieux n’en est pas moins une priorité majeure.
L’un des policiers agressés à Aulnay-sous-Bois estime qu’on voulait les tuer, un individu a lancé sur eux une barrière !
On commence à en savoir un peut plus sur les éléments qui ont débouché, dimanche dernier, sur l’agression des policiers dans le quartier dit des 3000 à Aulnay-sous-Bois (en fait, le quartier de la Rose des Vents). Tout commence par un banal contrôle routier avec l’interpellation d’un scooter avec 2 personnes dont le chauffeur n’avait pas les papiers. Le passager se propose alors d’aller récupérer les papiers chez son ami mais, au lieu de cela, arrive avec du renfort pour en découdre avec les deux agents. Au total, 15 individus arrivent pour bastonner les policiers.
Rapidement pris pour cible, les deux agents de police sont d’abord plaqués au sol puis reçoivent une pluie de coups. Selon l’agent interviewé par LCI, les individus voulaient leur faire mal voire les tuer. L’agent reçoit un coup de barrière de séparation dans le visage alors qu’il est à terre, les deux agents reçoivent des voups dans le dos et sur les côtes.
La personne qui a filmé la scène n’était pas neutre : elle encourageait les individus tout en insultant les policiers.
Valérie Pécresse réagit à l’agression des policiers à Aulnay-sous-Bois et … réclame plus d’effectifs de police ?!
L’agression des deux policiers à Aulnay-sous-Bois continue de faire couler beaucoup d’encre et, à défaut de la réaction du Maire Bruno Beschizza, d’autres personnalités politiques ou médiatiques s’en donnent à cœur joie.
C’est au tour de Valérie Pécresse, présidente du Conseil Régional Île-de-France qui, dans un Tweet, n’hésite pas à critiquer avec véhémence la politique gouvernementale :
« Encore une fois des policiers lynchés alors qu’ils ne faisaient que leur métier! #Aulnay. Face à ces images intolérables que fait l’Etat pour renforcer les effectifs manquants et prononcer enfin des sanctions vraiment dissuasives et exécutées?«
Ce qui est étonnant dans cette phrase est le terme « que fait l’Etat pour renforcer les effectifs manquants« . Pour rappel, Valérie Pécresse a été porte-parole du gouvernement de 2011 à 2012 sous Nicolas Sarkozy, ainsi que la ministre du budget. Elle a donc, directement ou indirectement, accepté les réformes du gouvernement et la directive du président UMP de l’époque.
S’il est vrai que la France sortait d’une crise terrible (crise financière de 2009-2009) avec une dette qui a explosé, Nicolas Sarkozy et son premier ministre François Fillon ont pris l’initiative de ne pas renouveler un fonctionnaire sur deux. Finalité, les effectifs de police ont fondu comme neige au soleil, comme l’indique le graphique ci-dessous en provenance du Sénat :
On voit bien qu’entre 2007 et 2012, les effectifs ont fondu d’environ 2000 postes, avant de se stabiliser puis d’augmenter fortement après 2015 (suite aux attentats).
Il aurait été honnêtement intellectuellement de regretter d’abord cette baisse d’effectif puis de souligner l’importance de recruter rapidement de nouveaux gendarmes et policiers, tout en acceptant de nouvelles dettes ou de nouveaux impôts. Valérie Pécresse risque donc d’être taclée par ce Tweet malencontreux.
D’autres estiment qu’il ne sert à rien de renforcer les forces de police dans la mesure où les policiers n’ont que peu de marge de manœuvre pour interpeller les individus récalcitrants, et que la justice ne suit pas (nombreux délinquants sont relâchés rapidement sans même être inquiétés financièrement). Là aussi, le problème de date pas d’hier, même si l’actuel ministre de la Justice ne semble pas vouloir prendre le problème à bras le corps…
Pour Jean Messiha, les deux policiers agressés à Aulnay-sous-Bois représentent la haine de la France par la diversité
Jean Messiha, ancien membre du Rassemblement National et chroniqueur sur la chaîne CNEWS, ne mâche pas ses mots concernant l’agression des deux policiers dans le quartier de la Rose des Vents à Aulnay-sous-Bois. Selon lui, il ne s’agirait pas d’un acte criminel, mais de « l’expression inextinguible de la France par une partie de la diversité islamisée ».
Des propos chocs qui vont certainement faire réagir une partie de la classe politique Française.
La vidéo des deux policiers lynchés dans le quartier des 3000 à Aulnay-sous-Bois, preuve du mal qui couve dans les cités ?
La vidéo prise sur le vif hier lors d’un banal contrôle routier qui a mal tourné dans le quartier de la Rose des Vents à Aulnay-sous-Bois a beaucoup fait réagir les réseaux sociaux. Entre les personnes qui exigent une réponse forte pour venir à bout des agresseurs et ceux qui sont plutôt compatissants avec la quinzaine de jeunes qui se sont rués sur les policiers, la société se divise et s’interroge.
Dans la vidéo, on entend bel et bien des complices inciter leurs camarades de « shooter » dans la tête des deux policiers, dont un est à terre. Ces derniers ont fait preuve d’un certain sang froid, décidant de battre en retraite sans utiliser leur arme de service (reste à savoir si, en cas d’usage, la légitime défense aurait été acceptée par les juges).
Dans un quartier qui semble, en partie, échapper au pouvoir régalien, quelle sera la réponse de la municipalité d’Aulnay-sous-Bois ? Est-ce que le ministre de l’intérieur va réagir et venir pour soutenir les policiers ?
D’autres propos surprenants ont été aperçus sur les réseaux sociaux. L’un estime que le jeune homme interpellé aurait été « sauvé » car l’un des policiers l’aurait plaqué à terre et était sur le point de l’étouffer, comme dans l’affaire George Floyd. Etait-ce cependant une raison suffisante pour agresser les policiers ?
On compare souvent le mal des cités à la pauvreté et manque de moyens qui sont accordés aux jeunes. Cependant, dans les quartiers populaires Français des années 50s jusqu’au début des années 80s, notamment dans les corons du Nord-Pas de Calais où beaucoup de foyers n’avaient pas de télévision et dont les toilettes se trouvaient à l’extérieur, il n’y avait pas ce genre de rébellion. Il est difficile d’imaginer que seule la pauvreté et le désespoir seraient la cause de ces agressions.
Le ministre de l’Intérieur demande aux préfets de ne pas communiquer sur le nombre de voitures brûlées la nuit de la Saint-Sylvestre
C’est une triste tradition qui a lieu chaque année le soir du 31 décembre avec plusieurs centaines de véhicules brûlés en France notamment dans les cités sensibles. Pour éviter un effet concours, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a demandé aux préfet et aux forces de police de ne pas communiquer sur le nombre de voitures brûlées la nuit de la saint Sylvestre.
Pour ses opposants, Gérald Darmanin cache le thermomètre pour ne pas ternir son bilan. Cependant, beaucoup craignent une flambée de violence la nuit du réveillon malgré l’interdiction de se rassembler sur la place publique.
Les caméras-piétons de la police municipale d »Aulnay-sous-Bois efficaces, réaction surprenante de l’opposition de Gauche
Depuis environ 5 ans, la police municipale d’Aulnay-sous-Bois a équipé ses agents de caméras-piétons pour filmer les interventions. Cette caméra posée systématiquement à l’avant du policier n’est activée que sur demande par l’agent.
Un reportage France Info montre que ce dispositif a un succès non négligeable : les policiers municipaux constatent moins d’outrage (baisse d’environ 25%), et pour de nombreux habitants, cela permet de se sentir en sécurité.
Alors qu’une partie de l’opposition de Gauche, surtout chez les écologistes, l’utilisation de caméras est décriée (notamment la vidéo-surveillance), Oussouf Siby, conseiller municipal d’opposition de Gauche (Aulnay En Commun) souhaite que la caméra soit systématiquement activée dès le début de l’intervention. Un changement notable qui pourrait, peut-être, unir tout le conseil municipal derrière l’extension des moyens de vidéo-surveillance.
Loi Sécurité Globale, ce qui va changer et pourquoi les députés dont Alain Ramadier ont voté pour
Menaces terroristes, agressions à répétition sur les forces de l’ordre, troubles à l’ordre public, zones de non-droit : les mandats présidentiels se suivent et se ressemblent dans leur bilan sur la lutte contre l’insécurité. Emmanuel Macron et le gouvernement mené par Jean Castex tentent de trouver une solution pour renforcer cette sécurité en proposant une nouvelle loi appelée « Sécurité Globale ». Si l’article 24 de cette loi fait polémique (encadrement ou restriction sur la possibilité de filmer les policiers en pleine action), cette loi apporte quelques outils supplémentaires. Voici les principales « avancées » :
- Les policiers municipaux pourront participer à la sécurisation de manifestations sportives, récréatives ou culturelles
- Les policiers municipaux pourront constater davantage d’infractions comme l’ivresse publique, la vente à la sauvette, la conduite sans permis ou sans assurance, les squats de halls d’immeubles, les tags ou encore l’occupation illégale d’un terrain communal
- La police municipale pourra également immobiliser et mettre en fourrière un véhicule
- Le périmètre des missions des agents de sécurité privés va s’élargir (exemple : opérations de palpation de sécurité)
- Les policiers et les gendarmes seront autorisés à accéder à des établissements recevant du public avec leur arme de service (boites de nuit, concert…)
- Le bénéfice des crédits de réduction de peine est supprimé pour les personnes condamnées à la suite de certaines infractions
- L’achat, la détention, l’utilisation et la vente d’articles pyrotechniques par des particuliers seront sanctionnés pénalement
- Les policiers pourront filmer les individus interpellés et transmettre les images en temps réel au centre de commandement
- Les drones pourront être utilisés par les forces de l’ordre pour surveiller un périmètre
Bien entendu, cette loi n’est pas parfaite et certains articles font débat. Ceci étant, l’adage dit qu’il est plus facile de critique que de proposer des solutions. Il serait bon que les détracteurs de cette loi, notamment chez les écologistes, puissent nous proposer leur solution afin de combattre les zones d’insécurité et de limiter les agressions sur les forces régaliennes.


